samedi 14 juillet 2012

«La Marmite» [Carnet de production]

Voici le compte-rendu critique de La Marmite (du Théâtre 100 Masques) publié ce matin dans le Quotidien sous le titre L'avarice sous un nouveau visage et sous la plume d'Anne-Marie Gravel:


CHICOUTIMI - Prendre un texte deux fois millénaire et le rendre attrayant pour  un public de 2012, tout ça en le confiant à une troupe de six comédiennes qui se partagent tous les rôles, dont la plupart sont masculins. Voilà le défi que le relève le Théâtre 100 Masques en présentant la pièce La Marmite. Une 13ième production estivale pour la compagnie qui permet de mettre un nouveau visage sur l'avarice.

La Marmite a été présentée devant une salle Murdock du Centre des arts et de la Culture de Chicoutimi pratiquement comble ce jeudi. La pièce de l'auteur latin Plaute, qui traite du rapport entre les gens et l'argent, a su divertir les quelque 70 personnes présentes.

La Marmite, c'est l'histoire d'un avare, Euclion. En apparence très pauvre, le vieil homme cache une marmite remplie d'or qu'il a découverte chez lui. L'homme est obsédé par son avoir, hanté par la crainte de se le faire prendre. Il veut protéger sa marmite à tout prix, de dangers réels comme imaginaires. Pendant ce temps, Mégadore, son voisin riche et puissant, souhaite épouser sa fille. Après avoir craint que ce dernier connaisse son secret, Euclion accepte de lui accorder sa main. Pourvu que sa marmite demeure secrète. Mais les évènements s'enchaînent et toute une série de personnages plus colorés les uns que les autres compliquent les choses pour l'avare.

Euclion, personnage central de la pièce, est campé avec brio par Isabelle Boivin. Marilyne Renaud, interprète de Mégadore, offre elle aussi une performance notable, tout comme Émilie Gilbert-Gagnon, Andrée-Anne Giguère, Cynthia Bouchard et Valérie Essiambre, qui complètent la distribution toute féminine.

Seul bémol, les spectateurs perdent quelques mots du Dieu Lare qui livre l'histoire en début de représentation, en raison de la tête de bélier dont est muni le personnage.

Le Théâtre 100 Masques a confié la mise en scène à une jeune metteure en scène de la relève, Elaine Juteau. 

Cette dernière a joué avec les différence du langage et le changement de ton. Elle s'est aussi permis d'ajouter quelques chansonnettes grivoises qui font sourire les spectateurs et donnent une toute autre allure à la pièce.

Le langage est cru, les grossièretés et obscénités abondent, sans être trop dérangeantes, même si on pourrait parfois en questionner l'utilité.

Le décore efficace permet aux spectateurs d'orienter leur regard dans différentes directions tout au long de la représentation.

La scène est occupée par une montagne de débris sous laquelle se cache une maison miteuse, dans laquelle évolue des personnages non moins miséreux. Les costumes contribuent eux aussi à permettre le voyage dans l'univers de Plaute.

Avec La Marmite, le Théâtre 100 Masques offre un divertissement estival agréable, qui fait sourire. Il utilise un texte antique pour en faire une pièce accessible, qui saura certainement égayer les soirées pluvieuses que nous servira Dame nature au cours de l'été.

Pour se faire une idée sur l'esthétique privilégiée et l'apport des différents collaborateurs, le type de jeu, les choix de mise en scène, une virée dans la salle sera la bienvenue!
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Par ailleurs, cette semaine, Anick Martel publiait, sur Mauvaise Herbe (le collectif d'auteurs qui remplace l'édition papier du Voir Saguenay-Alma), un autre texte d'opinion titré C'est dans les vieilles marmites qu'on fait les meilleures soupes.



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