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mardi 31 juillet 2012

«La Marmite» - Bilan



Photo prise par Joannie Harvey, journaliste au journal Le Courrier du Saguenay, juin 2012
De gauche à droite: Elaine Juteau (metteure en scène), Isabelle Boivin et Andrée-Anne Giguère (comédiennes) puis moi.


Hier, Julie Bernier et moi (avec l'aide d'Alex, Alexandre, Alexandre et Sophie que je remercie) avons réussi à mettre toute la scénographie de La Marmite dans un container... levant, au passage, un grand nuage de poussière... laissant, à l'occasion, quelques gouttes de sang. Et c'en était fait.

La production estivale 2012 du Théâtre 100 Masques est maintenant chose du passé.

Une production qui m'a plu... même si, comme toute production théâtrale, elle n'a pas fait l'unanimité (avec des moments plus dérangeant... comme indiqué dans ce billet!)... Avec une metteure en scène dynamique et impliquée. Avec de bonnes comédiennes (une mention honorable à Isabelle Boivin qui a créé un Euclion tout à fait charmant). Un texte surprenant (quoiqu'avec quelques longueurs) qui  pose de réels défis (le répertoire antique est loin de se donner avec facilité). Une belle esthétique générale...

Mes réserves - la metteure en scène les connaît - sont principalement de deux ordres depuis le début: les longueurs de certaines scènes/tableaux (j'en ai ciblé trois) et l'intégration des chansons grivoises. Bien qu'intéressants, ces deux points ralentissaient un peu, à mon sens, le développement scénique...

Points somme toute assez mineurs... parce que dans l'ensemble, je suis bien satisfait de tout ce travail.

Mais le sujet de ce billet est ailleurs... 

Je revu La Marmite samedi, quasi en entier, pour la première fois depuis la première... et j'ai été surpris par un truc: l'enflure de certaines scènes par l'improvisation, l'ajout de jeux scéniques au fil des soirs. 

Et j'ai compris... 

Au départ, ce spectacle durait une heure trente minutes. Avec le Panégyrique qui durait douze minutes (ce passage obligé que nous nous fixions depuis cinq ans - mais dont, je l'annonce, c'est la dernière édition), tout était fini vers 21h45. 

Or... Lors du passage des Français, la semaine dernière, nous avons enlevé cette introduction pour gagner du temps mais - ô surprise! - la représentation a quand même terminé à la même heure.

Un quart d'heure donc, d'ajouts. C'est assez «consistant». Tous heureux? Hmm. 

L'aisance des comédiennes et le plaisir y sont pour quelque chose. Il y là pourtant un risque véritable: faire dévier la mise en scène, l'affadir au lieu de la relever. Personnellement, je ne suis pas amateur de ces moments priorisant plutôt l'inverse pour dynamiser une scène: retrancher le plus possible pour atteindre l'efficacité dramatique. 

Le théâtre est un art vivant, oui... Évolutif? D'une certaine façon... Il y a là tout un travail à faire avec, en tête, l'incessante question: est-ce que cet ajout amène quelque chose de nouveau, de mieux... et surtout, d'efficace? Souligne-t-il trop une action, un sous-texte?

Voilà.

Bref, artistiquement, je suis, comme directeur de la compagnie, content de cette autre incursion dans le théâtre antique. Je déplore (comme beaucoup de compagnies depuis quelques temps) cependant la faible assistance que nous avons eu. Avec 421 spectateurs seulement, il s'agit d'une baisse significative par rapport aux chiffres des années antérieures. Le plus dommage, c'est que ce 421 ne s'est pas étalé également sur les 12 soirs: des jeudis presque complet, des vendredis moyens et des samedis bien rachitiques! Faudra y remédier...

Mais c'est fait.

À tous les artistes de cette création - Elaine, Isabelle, Marilyne, Valérie, Cynthia, Émilie, Andrée-Anne, Carol, Julie, Sophie, Alexandre - je souhaite un bon repos.

samedi 28 juillet 2012

«La Marmite» [Carnet de production]


Ça y est. Ce soir sera le dernier tour de piste des Euclion, Staphyla, Phaedra, Mégadore, Eunomie, Lyconide, Strobile, Congrion, Anthrax et les autres. Après les saluts, à la fin de la représentation, La Marmite du Théâtre 100 Masques aura vécue.

Une dernière, c'est une dernière... comme Philippe Torreton (l'auteur du Petit lexique amoureux du théâtre) le dit: La dernière est l'ultime représentation d'un spectacle, elle peut être souhaitée dans certaines circonstances où l'ambiance entre acteurs est exécrable ou que la qualité du spectacle n'est pas totalement au rendez-vous mais, la plupart du temps, c'est avec beaucoup d'émotion et de fébrilité que l'on aborde la dernière représentation. Il n'est pas rare de ressentir alors un trac particulier ressemblant à s'y méprendre au trac des premières. C'est la fin d'un projet qui a canalisé les énergies de toute une équipe de créateurs (metteure en scène, concepteurs, régisseure, comédiennes) depuis déjà plusieurs mois...

Maintenant place au repos... demain!

samedi 14 juillet 2012

«La Marmite» [Carnet de production]

Voici le compte-rendu critique de La Marmite (du Théâtre 100 Masques) publié ce matin dans le Quotidien sous le titre L'avarice sous un nouveau visage et sous la plume d'Anne-Marie Gravel:


CHICOUTIMI - Prendre un texte deux fois millénaire et le rendre attrayant pour  un public de 2012, tout ça en le confiant à une troupe de six comédiennes qui se partagent tous les rôles, dont la plupart sont masculins. Voilà le défi que le relève le Théâtre 100 Masques en présentant la pièce La Marmite. Une 13ième production estivale pour la compagnie qui permet de mettre un nouveau visage sur l'avarice.

La Marmite a été présentée devant une salle Murdock du Centre des arts et de la Culture de Chicoutimi pratiquement comble ce jeudi. La pièce de l'auteur latin Plaute, qui traite du rapport entre les gens et l'argent, a su divertir les quelque 70 personnes présentes.

La Marmite, c'est l'histoire d'un avare, Euclion. En apparence très pauvre, le vieil homme cache une marmite remplie d'or qu'il a découverte chez lui. L'homme est obsédé par son avoir, hanté par la crainte de se le faire prendre. Il veut protéger sa marmite à tout prix, de dangers réels comme imaginaires. Pendant ce temps, Mégadore, son voisin riche et puissant, souhaite épouser sa fille. Après avoir craint que ce dernier connaisse son secret, Euclion accepte de lui accorder sa main. Pourvu que sa marmite demeure secrète. Mais les évènements s'enchaînent et toute une série de personnages plus colorés les uns que les autres compliquent les choses pour l'avare.

Euclion, personnage central de la pièce, est campé avec brio par Isabelle Boivin. Marilyne Renaud, interprète de Mégadore, offre elle aussi une performance notable, tout comme Émilie Gilbert-Gagnon, Andrée-Anne Giguère, Cynthia Bouchard et Valérie Essiambre, qui complètent la distribution toute féminine.

Seul bémol, les spectateurs perdent quelques mots du Dieu Lare qui livre l'histoire en début de représentation, en raison de la tête de bélier dont est muni le personnage.

Le Théâtre 100 Masques a confié la mise en scène à une jeune metteure en scène de la relève, Elaine Juteau. 

Cette dernière a joué avec les différence du langage et le changement de ton. Elle s'est aussi permis d'ajouter quelques chansonnettes grivoises qui font sourire les spectateurs et donnent une toute autre allure à la pièce.

Le langage est cru, les grossièretés et obscénités abondent, sans être trop dérangeantes, même si on pourrait parfois en questionner l'utilité.

Le décore efficace permet aux spectateurs d'orienter leur regard dans différentes directions tout au long de la représentation.

La scène est occupée par une montagne de débris sous laquelle se cache une maison miteuse, dans laquelle évolue des personnages non moins miséreux. Les costumes contribuent eux aussi à permettre le voyage dans l'univers de Plaute.

Avec La Marmite, le Théâtre 100 Masques offre un divertissement estival agréable, qui fait sourire. Il utilise un texte antique pour en faire une pièce accessible, qui saura certainement égayer les soirées pluvieuses que nous servira Dame nature au cours de l'été.

Pour se faire une idée sur l'esthétique privilégiée et l'apport des différents collaborateurs, le type de jeu, les choix de mise en scène, une virée dans la salle sera la bienvenue!
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Par ailleurs, cette semaine, Anick Martel publiait, sur Mauvaise Herbe (le collectif d'auteurs qui remplace l'édition papier du Voir Saguenay-Alma), un autre texte d'opinion titré C'est dans les vieilles marmites qu'on fait les meilleures soupes.



jeudi 5 juillet 2012

«La Marmite» [Carnet de production]

Voici quelques photos de la scénographie (une réalisation de Carol Émond et moi), quelques heures avant la première, ce soir... Imaginez maintenant en vrai ce que ça donne avec les éclairages d'Alexandre Nadeau, les costumes et les comédiennes!




lundi 2 juillet 2012

«La Marmite» [Carnet de production]

 Jean Naudet

Voici, à quelques jours de la première de La Marmite du Théâtre 100 Masques, la préface de la pièce écrite, au milieu du XIXième siècle par le traducteur retenu, Jean Naudet... Un avant-propos marquant, qui met la table pour la pièce à venir.

(Avant de commencer, il faut savoir que pendant quelques temps, nous avons jonglé avec l'idée de nommer la pièce de son nom latin (plus connu mais moins vendeur): Aulularia...)

La Marmite! pourquoi déroger à l'usage, et remplacer par ce mot trivial et bas l'ancien titre plus savant et plus connu? Plus connu, oui; mais compris? et c'est à l'être qu'un traducteur aspire avant tout. Qu'est-ce que ce nom Aululaire, latin dans son thème, français par sa terminaison, et qui n'appartient en propre à aucune langue, et n'a par lui-même aucun sens? Est-il bien sûr encore qu'au siècle d'Auguste, tout le monde, même à Rome, entendit la signification du terme aulularia, sans qu'un Varron, un Verrius Flaccus expliquât comment ce meuble de cuisine, appelé olla, avait eu nom aula chez les anciens, lorsqu'on ne voulait point de doublement de consonne; et comment aulularia provenait du diminutif de aula, parceque les vieux Romains aimaient beaucoup les diminutifs; ce qu'on n'aurait guère attendu de la rudesse de leurs mœurs?

La Marmite
, voilà le vrai titre en français de la pièce de Plaute. J'y tiens beaucoup, non de cette affection que le bonhomme Chrysale portait en son cœur aux choses de cette espèce, quoique je prise fort son bon sens et ses discours; je tiens à mon titre par un motif de raison et d'équité. C'est la Marmite qui, avec Euclion, occupe le plus constamment la scène; c'est elle qui, avec lui, joue le rôle le plus important; elle est le personnage moral du drame. Que le vieillard pousse comme un furieux sa servante dans la rue; c'est qu'il veut visiter sans témoins, avant que de sortir, sa marmite pleine d'or. Qu'il s'afflige de quitter un moment son logis, même pour aller chez le magistrat de la curie chercher sa part d'un congiaire; c'est sa marmite qui le met en peine. Que l'affabilité de l'honnête Mégadore, et l'empressement de ce riche pour un pauvre homme tel que lui, le troublent et l'alarment; c'est pour sa marmite qu'il tremble. Qu'au bruit des ouvriers travaillant dans la maison du voisin, il rompe l'entretien brusquement, et coure chez lui tout effaré; c'est encore sa marmite qu'il va sauver des voleurs. Pourquoi chasse-t-il à grands coups de bâton les cuisiniers que son gendre futur a envoyés chez lui en son absence pour apprêter le festin de noces, un festin qui ne doit lui rien coûter? Et sa marmite! comment la tenir cachée avec de pareils fripons? Cette marmite est comme l'Achille de l'Iliade; dans son repos, elle domine toute l'action, toujours présente et invisible. Mais la voici enfin qui paraît. Euclion la porte en ses bras; il lui cherche un asile plus sûr. Le bois sacré de Sylvain est tout proche; il l'y enfouit. Mais de noirs pressentiments, mais le cri du corbeau et la rencontre d'un maraud d'esclave, ne lui laissent point de sécurité. Malgré les difficultés et les périls du déplacement, il faut choisir un autre dépositaire. La marmite reparaît encore pressée contre le sein d'Euclion, et c'est la Bonne Foi qui la reçoit dans son temple, sans pouvoir elle-même se flatter d'inspirer à l'avare une confiance entière. Le coquin d'esclave le guettait, et la cachette est éventée. Entendez les cris d'Euclion, voyez ce masque grimaçant une colère qui va jusqu'à la rage, une douleur qui va jusqu'à la démence. C'est sa marmite qu'il redemande aux dieux et aux hommes, et pour laquelle il ferait pendre amis et ennemis, et lui-même après eux; cette marmite plus chère à son cœur que sa fille, dont il apprend, pour comble de désespoir, le déshonneur en ce moment même. Ainsi la marmite, ou son image, est attachée après lui, comme son génie malfaisant, comme sa Furie, en punition de sa dureté pour les siens, de sa folie cruelle pour lui-même. Elle l'agite, elle le torture sans relâche par des transes mortelles, jusqu'à ce qu'enfin il n'y ait plus pour lui de nouveau malheur, de nouveau chagrin possible; et ce terrible supplice ne cesse d'être le spectacle parfois le plus bouffon, presque toujours le plus comique.

Que Plaute eût été bien inspiré, s'il n'eût pas voulu ajouter à cette moralité un miracle incroyable, la métamorphose de l'avare en un bon père affectueux et libéral! Ce qui se tolère en un conte d'enfants pour l'édification des lecteurs, au théâtre n'est point admis par les hommes.

Ce fut néanmoins une conception hardie et puissante, une œuvre habile de l'art, que de renfermer, dans la simple peinture d'un caractère, l'intérêt d'une grande comédie, et de soutenir l'action exempte de monotonie et de langueur, sans les accessoires d'une intrigue amoureuse ou des fourberies d'un esclave. Servante, cuisiniers, voisins, tous les personnages de la pièce se groupent autour d'Euclion sans l'éclipser un instant, et ne tendent qu'à mettre son vice en saillie et en lumière, la vieille Staphyle par ses doléances, Mégadore par sa générosité, les cuisiniers par leurs récits, l'amant par ses aveux mal interprétés, tous par les tribulations qu'ils lui causent.

Gardons-nous donc de renvoyer cette œuvre aux tréteaux des bateleurs, comme l'insinuerait un certain critique, sans que notre admiration toutefois aille jusqu'à la préférer à l'imitation originale et féconde de Molière. Entre l'enthousiasme érudit et systématique de M. Schlegel et le dédain superficiel de La Harpe, il est possible de porter un jugement plus équitable, si l'on a égard aux conditions diverses de la comédie latine et du théâtre français, soit pour le rôle que jouent les femmes, soit pour les bienséances des temps et des lieux, soit pour la déclamation, qui augmente ou diminue, selon qu'elle est plus ou moins chantante, l'étendue , des poèmes et la complication des fables.

La composition et le sujet nous induiraient à penser que cette production appartenait à la maturité de l'auteur, lors même que des conjectures assez positives ne nous en donneraient pas à peu près la certitude.

L'an 559 de Rome, on se reposait à peine de la seconde guerre punique, lorsqu'un grand débat agita la ville. La loi d'Oppius avait interdit, vingt ans auparavant, aux dames romaines, les bijoux, les robes brodées et les voitures. Deux tribuns proposèrent de l'abroger, deux autres voulaient qu'elle fût maintenue. Caton était alors consul; on pense bien de quel côté il se rangea. Les femmes assiégeaient les maisons des magistrats, remplissaient le Forum et ses abords, lâchant de gagner des protections et des suffrages; et même il accourait à Rome de tous les lieux voisins des solliciteuses; c'était presque une émeute. Caton n'arriva qu'à grand'peine" murmurant et grondant, à la tribune; il lui avait fallu traverser une armée de femmes qui l'étourdissaient de leurs plantes, peut-être aussi de leurs imprécations, lorsqu'elles croyaient n'être pas reconnues dans la foule et le bruit. L'éloquence du consul fut vaincue avec la loi.

N'était-on pas encore échauffé par ces disputes ou par un souvenir récent, lorsque les réflexions du sage Mégadore sur le luxe des femmes, sur l'usage des chars et sur l'abus des parures, venaient s'accorder si bien avec les véhémentes harangues de Caton? Plaute fut le poêle des plébéiens, comme Caton en était l'orateur. Ils ont signalé en plus d'une occasion, l'un et l'autre, cette lutte de la vieille pauvreté latine contre les nouvelles richesses et les nouvelles voluptés apportées de la Grèce par la victoire. Cette pièce ne dut pas être donnée plus de dix ou douze ans avant la mort de Plaute, qui n'atteignit pas la vieillesse.

Il ne nomme point l'auteur dont il s'est approprié l'ouvrage. On cite, parmi les pièces de Ménandre, le Trésor, ainsi que parmi celles de Philémon et d'Anaxandride. Ménandre avait fait aussi YHydria (la Cruche), et il s'y agissait d'un trésor. Leurs sujets étaient-ils semblables à celui de Plaute? Dioxippe, et, après lui, Philippide, deux poêles athéniens, avaient composé des pièces intitulées l'Avare. On a conservé un vers d'une Aulularia de Névius. Mais qu'avaient-ils à revendiquer ici? on n'en sait rien.

Peut-être le silence de Plaute vient-il de la conscience de son plein droit sur sa comédie. Il l'avait faite toute romaine, toute à lui, en la transportant sur la scène de Rome. C'était une conquête, et non un larcin.

jeudi 28 juin 2012

«La Marmite» [Carnet de production]

À quelque jours de la première, il reste quelques dossiers à finaliser: des détails de costumes à finir, des éléments de la scénographie à peaufiner, et une promotion à mettre en branle.

Pendant ce temps, les comédiennes et la metteure en scène sont entrées dans une série d'enchaînements qui culmineront, dans quelques jours, par les générales... elles aussi ajustant, détaillant, peaufinant leurs actions.


mercredi 27 juin 2012

«La Marmite» [Carnet de production]

Voici un premier aperçu d'un bout de la scénographie de La Marmite... La photo est d'Isabelle Boivin. Sur la scène, un immense dépotoir d'un côté... un hammam de l'autre! Le décalage entre les pauvres et les riches!  Un espace gigantesque...


vendredi 8 juin 2012

«La Marmite» [Carnet de production]

Voici, en primeur, l'affiche de la prochaine production estivale du Théâtre 100 Masques qui débutera dans quelques semaines. C'est une conception collective réalisée par Julie Bernier qui devrait partir à l'impression dans quelques minutes.


Dans un tout autre ordre d'idées, nous avons fait hier notre entrée en salle - soit la Salle Murdock. Déjà nous avons installé la scène dans un rapport frontal sur toute la largeur, de la coulisse à la régie englobée dans l'aire de jeu... à l'instar du schéma ci-dessous (qui n'est absolument pas à l'échelle!):

Aujourd'hui, nous devons construire toutes les structures qui nous permettront de l'habiller selon l'esthétique choisie. Une scénographie qui sera somme toute assez simple... malgré son apparence chargée (enfin, si nous arrivons à réaliser nos ambitions!).

mardi 5 juin 2012

«La Marmite» [Carnet de production]


 C'est cette semaine que la production La Marmite doit prendre ses quartiers dans la Salle Murdock du Centre des Arts et de la Culture de Chicoutimi.

Après une petite pause de quelques jours, suite au premier enchaînement du 28 mai dernier - qui a su démontrer la mise en scène, les personnages, les enjeux -, les comédiennes ont repris, hier, les répétitions pour un dernier droit puisque nous voici à un mois, jour pour jour, de la grande première. Ce sera là une production très drôle dont les liens avec notre contemporanéité, quelques deux mille quatre cent ans plus tard, sont frappants.

Pendant ce temps, il y a tout un autre travail en cours: les costumes. Peu à peu se définit le principe directeur et l'ensemble esthétique. Par tâtonnement. Par propositions. Par essais. Les personnages - il y en a dix, si je me souviens bien - sont divisés en trois familles: le clan d'Euclion (le riche qui veut avoir l'air pauvre et son esclave), le clan de Mégadore (le riche qui porte les marques de sa fortune, sa soeur, son neveu et son esclave) puis les personnages accessoires (le dieu Lare, les cuisiniers, la joueuse de flûte). Les deux premiers regroupements sont relativement sur la bonne voie. Les autres demandent encore de la réflexion... même si de nouvelles propositions seront fixées aujourd'hui.

Le chantier scénographie sera mis en branle à compte de jeudi après-midi, selon toute vraisemblance.

Reste maintenant le matériel promotionnel (affiches et feuillets) à produire. Enfin... il est en cours de création et devrait théoriquement être en impression d'ici demain ou jeudi.

Le sprint commence.

lundi 28 mai 2012

«La Marmite» [Carnet de production]


La production de ce spectacle estival va bon train. Les choses se placent de plus en plus du côté esthétique, principalement en ce qui a trait aux costumes (alors que la scénographie, bien que réfléchie, ne sera en chantier qu'à compter de la semaine prochaine compte-tenu de sa nature). La grande ligne, pour tous ces éléments scéniques, est, je dirais, la matière brute. Une certaine simplicité dans l'exécution, un certain ascétisme faussé par une impression de plénitude.

Pendant ce temps, la mise en scène se poursuit à une cadence assez prodigieuse. Ce soir, d'ailleurs, les comédiennes feront leur premier enchaînement de toute la pièce.Un premier enchaînement (un premier débroussaillage) qui survient à près d'un mois et demi avant la première et qui permettra une globalisation, une reprise de tout le travail avec une vue d'ensemble. Je crois beaucoup à cette méthode: partir du début de la pièce et placer rapidement les scènes, les unes à la suite des autres pour aboutir à un premier résultat. Par exemple, ce soir, il sera possible de bien mesurer le ton de ce spectacle, de valider l’intérêt de chaque scène, de pouvoir pointer les forces et les faiblesses, de saisir le rythme et la dynamique sur lesquels repartir le chantier.

Ce premier enchaînement se fera devant quelques personnes (dont les collaborateurs et moi). J'y reviendra sans doute dans les prochains jours...


lundi 14 mai 2012

«La Marmite» [Carnet de production]

Ah! L'envie me tenaille alors que les répétitions officielles débutent présentement dans la salle Marguerite-Tellier du Centre des arts et de la culture...

L'envie de me colletailler avec ce texte de La Marmite qui, malgré son âge deux fois millénaire, renferme une truculence merveilleuse... qui résonne encore plus après l'avoir entendue de la bouche des deux comédiennes en préparation au travail (donc, en italienne...). L'envie de mettre en scène ces personnages loufoques - dans la présente scène, il s'agit d'un homme riche et de sa soeur qui discutent de mariage - dans cet esprit si caractéristique au genre antique... grivois et paillard. L'envie de rires et de divaguer dans cet espace...

Il s'agit là de l'envie (loin d'être malsaine!) du créateur en moi devant un objet en construction! Une envie qu'il fait bon cultiver... surtout que ce projet est entre bonnes mains avec cette équipe de comédiennes et leur metteure en scène! 

Et une envie qui sera tout de même satisfaite puisque j'ai à charge les éléments esthétiques avec ma propre équipe... en plus de demeurer quand même (et là, il me faut bientôt circonscrire les limites de la tâches!) directeur artistique de cette production...

Une envie, donc, sans regret et sans remord... plus stimulante qu'autre chose!

J'ai bon espoir d'avoir, cet été, un spectacle surprenant et franchement très drôle! Aux spectateurs, maintenant, d'oser le rire antique!


lundi 23 avril 2012

«La Marmite» [Carnet de production]


 Ce soir débute véritablement les répétitions (bien que ça reste encore dans le champ du travail de table) de La Marmite de Plaute entre les comédiennes et la metteure en scène.

Il y a quelques jours, une première lecture nous a permis d'entendre le texte et d'en saisir la mesure éminemment comique. Des personnages tordus, cruels. De la mauvaise foi. De la grossièreté. Des mots crus. Des coups de gueules et quelques coups de bâtons! Des situations rocambolesques et des discours sur la richesse - deux fois millénaire! - qui acquièrent une nouvelle résonance dans notre contemporanéité... comme celui-ci qui, dans une verve pittoresque et truculente vilipende, en quelques sortes, la surconsommations et les achats à crédit. Il est tenu, en secret, par Mégadore, le riche voisin, qui veut épouser la fille d'Euclion, un avare de la pire espèce, qui l'écoute et qui tombe sous le charme de ce laïus!

J’ai fait part à plusieurs amis de mon projet de mariage. Ils disent tous du bien de la fille d’Euclion; ils m’approuvent fort : C’est, disent-ils, une idée très sage. En effet, si tous les riches en usaient comme moi, et prenaient sans dot les filles des citoyens pauvres, il y aurait dans l’état plus d’accord, nous exciterions moins de haine, et les femmes seraient plus contenues par la crainte du châtiment, et nous mettraient moins en dépense.

[...]

Une femme ne viendrait pas vous dire : Ma dot a plus que doublé tes biens ; il faut que tu me donnes de la pourpre et des bijoux, des femmes, des mulets, des cochers, des laquais pour me suivre ; des valets pour mes commissions, des chars pour mes courses. 

[...]

À présent il n’y a pas de maison de ville où l’on ne trouve plus de chariots, qu’il n’y en a dans celles des champs. Mais ce train est fort modeste encore, en comparaison des autres dépenses. Vous avez le foulon, le brodeur, le bijoutier, le lainier, toutes sortes de marchands, le fabricant de bordures pailletées, le faiseur de tuniques intérieures, les teinturiers en couleur de feu, en violet, en jaune de cire, les tailleurs de robes à manches, les parfumeurs de chaussures, les revendeurs, les lingers, les cordonniers de toute espèce pour les souliers de ville, pour les souliers de table, pour les souliers fleur de mauve. Il faut donner aux dégraisseurs, il faut donner aux raccommodeurs, il faut donner aux faiseurs de gorgerettes, aux couturiers. Vous croyez en être quitte ; d’autres leur succèdent. Nouvelle légion de demandeurs assiégeant votre porte ; ce sont des tisserands, des brodeurs de robes, des tabletiers. Vous les payez. Pour le coup vous êtes délivrés. Viennent les teinturiers en safran, ou quelque autre engeance maudite, qui ne cesse de demander. 

[...]

Quand on a satisfait tous ces fournisseurs de colifichets, arrive le terme de la contribution pour la guerre. Il faut payer. On va chez son banquier, on compte avec lui. Le soldat se morfond à vous attendre, dans l’espoir de toucher son argent. Mais, tout compte fait, il se trouve que vous êtes débiteur de votre banquier. On renvoie le soldat à un autre jour, avec des promesses. Et je ne dis pas encore tous les ennuis, toutes les folles dépenses qui accompagnent les grandes dots. Une femme qui n’apporte rien, est soumise à son mari ; mais une épouse richement dotée, c’est un fléau, une désolation. Eh ! voici le beau-père à sa porte. Bonjour, Euclion.

C'est un bel exemple de la teneur de cette pièce écrite au IIIième siècle avant Jésus-Christ.  Un bel exemple de l'écriture de Plaute (enfin... connu par une traduction...). Voici, en ce sens, ce qu'en dit R. Pichon dans son Histoire de la littérature latine parue en 1987: Plaute possède deux dons innés, celui de la scène et celui du style. C'est un inventeur inépuisable, un dénicheur de situations et d'expressions. Il lui manque la science des préparations, des transitions, des développements logiques; mais il possède l'art de camper ses personnages en face l'un de l'autre dans des situations imprévues. Au plus bas degré, ce sont les trucs du vaudeville. Un peu plus haut, ce sont les artifices de la comédie d'intrigue. Plaute sait tirer profit des contrastes.

J'aime bien ce point: Plaute comme précurseur de la commedia dell'arte, ça va de soit à lecture (alors qu'on reconnait les Arlequino, Pantalone et autres personnages typés)... mais précurseur (façon de parler) du vaudeville? Fort intéressant. Une riche matière que ce théâtre antique!

lundi 9 avril 2012

«La Marmite» [Carnet de production]


Ce soir seront réunies les six comédiennes - Andréanne Giguère, Émilie Gilbert-Gagnon, Isabelle Boivin, Valérie Essiambre, Cynthia Bouchard et Marilyne Renaud - qui interprèteront les personnages de La Marmite de Plaute et la metteur en scène, Élaine Juteau, pour la première lecture du texte...Cette rencontre lancera officiellement la production.

Un retour au théâtre antique après Aristophane...

Outre la forme même de ce théâtre (cette écriture pointue et éclatée qui se lit, de nos jours, comme des fragments), c'est, par Plaute, un quasi retour aux sources de la commedia dell'arte (de l'atellane), de la comédie de caractère, du quiproquo qui fera les bons jours du vaudeville. 

Le théâtre latin (bon, le détour sera un peu court... mais quand même) est, en quelque sorte, le dernier théâtre littéraire profane avant le Moyen-Âge où, pendant quelques siècles, il sera relégué aux bouffonneries de foire alors que les mystères religieux reprendront le relais... et un peu plus tard, les farces et les jeux.

Mon choix artistique de programmer ce projet se nourrit donc de toutes ces raisons.

Cependant, il est entendu que nous ne cherchons pas à faire du théâtre archéologique. Non. Et sans tomber dans la contemporanéisation à tout crin, l'objectif est de faire entendre la modernité de ces propos plus que deux fois millénaire.

mercredi 15 février 2012

«La Marmite» [Carnet de production]

 
Ce matin, j'ai rencontré la metteure en scène, Élaine Juteau, pour une première séance de travail de conception... Assis dans la salle Murdock où se tiendra la production, elle nous (à moi et à Carol Émond... tous deux en charge de l'esthétique... en plus d'Alexandre Nadeau qui se joindra à nous pour la lumière) a parlé de ce qu'elle souhaitait, de ses envies d'espace, de sa vision de la pièce.

Ainsi donc, c'est reparti dans la conception... avec un espace - ma foi! - éclectique et très différent des espaces des dernières années. Un espace multiple. Un espace-paysage. Un véritable in situ qui donnera une nouvelle fois une toute autre allure à la petite salle. Maintenant, à nous d'élaborer et de proposer des alternatives aux défis posés. Une collaboration s'enclenche.

Il est rare que je prenne officiellement le titre de concepteur... bien que généralement, j'agis comme tel sur la plupart de mes productions. La différence? Habituellement, je travaille pour moi et non pour un autre. L'expérience sera intéressante!

jeudi 22 décembre 2011

«La Marmite» [Carnet de production]


Nouvel intitulé de billets, parce que je ne signerai pas la mise en scène de la prochaine production estivale du Théâtre 100 Masques. Non. J'ai confié les rênes - ou plutôt l'anse! - de La Marmite de Plaute à Élaine Juteau, qui a terminé l'an dernier au BIA en théâtre de l'UQAC. 

Et aujourd'hui, après qu'elle ait fixé ses besoins et qu'on ait fait quelques appels, je peux annoncer officiellement la distribution de ce prochain spectacle tout féminin, encore une fois... : Isabelle Boivin, Émilie Gilbert-Gagnon, Cynthia Bouchard, Valérie Essiambre, Marilyne Renaud et Andrée-Anne Giguère.

Cette gang de filles se lanceront donc dans la comédie antique... la seconde de la compagnie (après L'Assemblée des femmes d'Aristophane, il y a deux ans).
Pour ma part, j'agirai à titre de concepteur esthétique (l'équipe reste à combler pour le moment) et, bien entendu, à titre de directeur artistique (et, par extension, à titre de producteur). 

D'où le glissement de [Carnet de mise en scène] à [Carnet de production].

Pour terminer, ça n'a absolument aucun rapport, mais voici le vidéo du grand succès de Dario Moreno, La Marmite.