dimanche 26 avril 2020

Que faire de la dépouille de Molière?


La mort de Molière, Pierre-Antoine-Augustin Vafflard, 1806

Comment, dans les récits mortuaires et les tribulations ecclésiastiques, passer à côté de ceux concernant Molière? Bien sûr, j'ai déjà fait un billet sur la description de sa mort par La Grange dans son fameux registre (ici). 

La Grange l'enterre rapidement et donne peu de détails. Pourtant, des détails, il y en a!

Mourant, Molière demande, semble-t-il, les derniers sacrements. Sa femme et ses amis vont chercher le curé de la paroisse Saint-Eustache... qui refuse. Après tout, il s'agit de l'auteur du Tartuffe! Quand ils finissent par en trouver un, trop tard: il est mort. Son corps ne pourra donc être enterré en terre chrétienne.

Voici, par diverses références (que j'ai trouvées dans le très intéressant bouquin Et Molière devint dieu de Claude Alberge paru en 2009) ce qui se passa...

D'abord une note de l'Épître VII de Boileau:


Allons dans le détail... Voici la requête qui fut déposée à l'Archevêque de Paris, François Harlay de Champvallon (petite biographie ici) après qu'Armande fut allée voir le Roi:


Et voici, suite à cette requête, l'ordonnance de l'Archevêque:


Le 21 février 1673 (Molière est mort le 17), on peut donc l'enterrer. Voici maintenant une lettre d'un auteur inconnu qui donne d'autres informations sur le déroulement de cet événement (pris dans les Considérations historiques et artistiques des monnaies de France):


Je termine ce long billet par un extrait de l'Épitre VII (mentionné plus haut) de Boileau, destiné à Racine, qui y fait, en quelques sortes, un éloge mortuaire:


(Il est possible, aujourd'hui, de voir les tombes de Molière et de Lafontaine au Père-Lachaise... mais ça, c'est une autre histoire.)

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