dimanche 24 janvier 2021

Le plaisir du mélodrame!

L'effet du mélodrame, Louis-Léopold Boilly, 1830

Ce weekend, je me suis (re)lancé dans la lecture compulsive de textes extraits d'un genre particulièrement aimé en cette première moitié du XIXe siècle: le mélodrame, règne de la douleur et de la misère, d'un pathos assumé et cliché. Orphelin-e-s, faillites, amours contrariées, trahisons, reniements, malédictions... dans ces pages, le destin n'a qu'un but: s'acharner sur le ou la pauvre protagoniste principal. Les situations, manichéennes sous un vernis plus souvent qu'autrement aristocratiques, sont rocambolesques.On y reçoit des révélations affreuses. On y meurt d'un évanouissement. On y découvre par hasard famille et fortune. On y accède enfin à une fin heureuse (même si parfois, c'est la Mort qui attend au détour) après avoir passé une heure de malheurs en malheurs! De quoi attaquer durement la santé mentale de quiconque... sauf au théâtre!

Les spectateurs y accourent pour s'émouvoir et s'épancher dans la pitié pour ces êtres et ces histoires finalement construits sur des canevas éprouvés et repris en de multiples variantes!

Ce sont là, en quelques sortes, les ancêtres des soaps et des téléfilms (notamment ceux de la collection Hallmark). Prévisibles. Truffés de bons sentiments. 

Mais ô combien amusants avec le recul!

Voici les quelques textes que j'ai lus:
  • Le Mont Sauvage ou Le solitaire de René-Charles Guilbert de Pixérécourt (l'un des dramaturges les plus populaires de son époque, considéré comme le père du genre, avec ses pièces jouées des milliers de fois - on avance même le chiffre difficile à croire de 30 000 - entre 1800 et 1830)
  • Edmond ou Imprudence et perfidie de Laurent
  • Saphira ou L'Épouse d'un jour de Philippe-Jacques de Laroche de Letoile
  • La morte vivante de Louis-Charles Caigniez
  • La fille coupable et repentante de E. Varez
En voici d'autres que je me promets de lire sous peu:
  • Nelly ou La fille bannie de Laqueyrie
  • La fille adoptive ou Les deux mères de Caigniez
  • L'honneur ou l'échafaud de Hubert Haddot
  • Jules ou Le toit paternel de Hubert Haddot... 
Il y a là une riche matière... avec des dizaines et des dizaines de dizaines d'oeuvres oubliées (parce que  oui, la valeur littéraire est quelque peu discutable et parce que le genre devient vite redondant), d'auteurs obscurs aujourd'hui qui ont pourtant ardemment brillé en leur temps. 

Il ne m'en faut guère plus pour que la machine à projets s'emballe! 

Aucun commentaire:

Publier un commentaire

Si vous avez un commentaire à faire, ça peut se passer ici: