lundi 14 janvier 2008

LE RIRE DE LA MER...journal d'une mise en scène - 1


La première fin de semaine de répétitions est passée au Mic-Mac. Il est si difficile de commencer un projet... et si grisant lorsque celui-ci est mis en marche.

Après une réunion de production soutenue et stimulante, une réunion qui a vite fait place à l'emportement et aux idées de grandeurs (de celles qui font qu'un projet garde toujours en mode «recherche»!), nous avons exploré l'idée du vide théâtral comme principe scénographique... pour finir avec une scène couverte de 450 boîtes (d'après un calcul savant)! Les incidences d'un tel revirement se sont vite manifestées l'heure suivante lorsque la mise en scène s'est esquissée: l'espace est non seulement réduit... mais il est extrêmement massif... surtout quand les treize (vive les superstitions!) comédiens entrent en scène. De cette réunion sont sorties aussi quelques images, quelques références qui serviront de cadre: le théâtre d'Épidaure, la bande dessinée, Harry Potter, les blocs d'enfants... le tout conjugué avec ce que je veux faire de ce spectacle, véritable exercice d'imagination et de conception

Bref, il a fallu apprivoiser l'idée.

Le début d'un tel chantier se voit aussi investi d'une mission fondamentale: vendre le projet aux participants, les allumer, leur donne envie de s'investir dedans. Il faut donc aplanir les rancunes et/ou les envies non-comblées, négocier les présences, expliquer les motifs de long en large, répondre aux soupirs, aux questions, ouvrir les esprits... tout en demeurant enjoués, sensés, cohérents et dynamiques. Il faut créer l'ambiance, devenir une source de plaisir (!), être à l'écoute de tout ce qui se passe dans la salle. Il faut par la suite tester les idées de départ... et réagir au besoin.

Bref, la première journée fut animée... pour se terminer malencontreusement dans le doute.

Car ce spectacle, Le rire de la mer de Pierre-Michel Tremblay, offre la possibilité (que nous avons prise!) de travailler le choeur. L'utilisation de celui-ci reste à définir... disons plutôt à peaufiner. Je veux un choeur. Je veux que celui-ci devienne aussi scénographie, interlocuteur, accessoire... Toutefois, après quelques heures de travail, de création chorégraphique, de création sculpturale comme je peux parfois le faire, il m'est apparu de façon viscérale que je faisais fausse route, que le départ se faisait sur une mauvaise base... que ce qui se créait était non seulement rigide... mais aussi déjà-vu (dans mon travail).

Une insomnie... un nouveau matin...

Dimanche, nous avons recommencé. Nous avons clarifié et testé autrement le rôle du choeur, sa façon d'être sur scène, sa personnalité. Nous avons esquissé de nouvelles mises en place scène/choeur... et surtout, nous avons beaucoup ri... Déjà, une esthétique se dessine, un ton s'impose peu à peu.

Après deux jours de répétition, sont placés le prologue ainsi que les scènes 1 à 4... Des questions sont encore en suspens: le décor (les boîtes... du moins, la forme de leur présence scénique!), la musique (j'hésite entre le Dean Martin du texte ou autre chose... ou le rien...)... Prochaines répétitions: 26-27 janvier...

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