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lundi 15 juin 2009

Meilleure scénographie!

Christian Roberge, Céline Gagnon, Réjean Gauthier, Francine Joncas et Gervais Arcand

Des représentants du Théâtre Mic Mac de Roberval étaient présents, samedi dernier (le 13 juin) pour la remise des prix lors du second Gala des Arlequins organisé par la Fédération du Théâtre Amateur du Québec... Trois nominations: Meilleure comédienne pour Céline Gagnon, Meilleure production 2008 et Meilleure scénographie pour Christian Roberge.

Si les deux premiers prix ont échappé à la troupe, Christian Roberge a raflé le prix dans la catégorie Meilleure scénographie pour la production Le rire de la mer que j'ai eu le plaisir de diriger en 2008!

La scénographie, je le rappelle, était constituée de 200 boîtes manipulées comme un immense jeu de Legos pour construire, grâce à l'inventivité de Christian, un bureau de docteur, un musée, une chambre d'hôtel, un palais grec, un centre de tatouage, un bistro breton, le théâtre d'Épidaure! Un gigantesque puzzle qui avait une place prépondérante et qui a causé bien des maux (tant dans sa manipulation que dans sa solidité!).

Félicitation!

dimanche 4 mai 2008

LE RIRE DE LA MER [Histoire d'une mise en scène|... ÉPILOGUE

Le Rire de la mer s'est tu hier soir. Le rideau est tombé. Les boîtes redeviennent des boîtes sans poésie.

Définitivement, l'aventure robervaloise s'est terminée dans le plaisir et l'émotivité... dans la mesure où je sais me laisser aller à ce sentiment!

La dernière représentation n'a pas la même magie que la première. Elle ne revêt plus, en coulisse, la même fébrilité. Comme si, pour la première fois, la lucidité, la sensation de prendre son personnage pour un dernier tour de piste et le plaisir de se retrouver tous ensemble jusuq'à un prochain rendez-vous encore inconnu, teintent ce spectacle d'une douceur, d'une extrême sensibilité qui se ressent même dans le public.

Et pour moi, c'est le rôle ultime du spectateur... car demain, pas de notes. Pas de retour. Pas de changements. Ce soir de dernière, pas de stress... juste un pincement au coeur qui prend de l'ampleur au même rythme que passent les tableaux pour faire place au vide et à l'absence.

Bien sûr, ce n'est pas parfait. Mais qu'importe. C'est la soirée de la reconnaissance, de la fierté, de la camaraderie exacerbée par la fatigue et le deuil de cette production.

Et maintenant que tout est fini, vient le moment du bilan... Bilan qui durera plusieurs jours, plusieurs mois, voire plusieurs années.

Oui. Je dois l'admettre. Le Rire de la mer fut une production éprouvante à différents égards (de ce fait, cette production est sans doute porteuse d'innombrables richesses à découvrir...): météo affligeante, distribution d'envergure qui augemente la discipline, tensions de toutes sortes, gestion de stress ardue (temps de répétitions, boîtes et changements de décors) et angoisse personnelle propre à la mise en scène. La machine fut parfois très lourde à porter. De tous mes projets, probablement le plus difficile que j'aie fait. Celui qui m'a le plus fait douté...

Tout au long des représentations, et ce malgré les critiques louangeuses, j'ai eu l'impression de n'avoir pas su transmettre la passion du projet à toute l'équipe. D'avoir frappé un stade que je n'ai pas su surmonter. D'avoir, en quelques sortes, perdu un temps précieux à des moments stratégiques, de n'avoir pas su aller là où on aurait dû se rendre...

Et pourtant...

Le Rire de la mer a permis, en même temps, l'éclosion de moments magiques. De véritables minutes, heures, journées de plaisir, de fous rires, de comédie pure. Des surgissements de folies incontrôlés et incontrôlables. De bonne entente et de confidences... Des liens se sont tissés (et raffermis) avec les gens du Mic-Mac. Des amitiés se sont consolidées. Et la complicité a su encore s'établir pour nourrir la construction de ce spectacle. Le travail y a été exigeant... ce qui, paradoxalement, laisse un sentiment de devoir bien accompli... de réussite...

Et pour tout cela, je remercie profondément tous mes acteurs qui m'ont suivis (plusieurs parmi eux depuis près de quatre ans), tous mes concepteurs qui se sont évertués à être imaginatifs et à répondre aux moindres de mes désirs, tous les intervenants autour de cette production pour leur confiance, leur soutien et leur dévouement. Merci à tous ces gens du Théâtre Mic Mac de m'avoir permis une nouvelle fois de m'investir dans un grand et beau projet en leur fidèle compagnie. Oui. L'instant présent appartient encore aux sourires et aux souvenirs. Et puissent-ils le demeurer encore longtemps...


Probablement des gens se demanderont pourquoi cette musique... C'était la musique finale du spectacle, l'apothéose, pendant la construction (littérale) du théâtre d'Épidaure...

samedi 26 avril 2008

LE RIRE DE LA MER [Histoire d'une mise en scène]


Ce qu'il y a de plus particulier avec une production qui tient l'affiche à près de 120 km de son lieu de résidence, c'est le fait de ne pas pouvoir assister à toutes les représentations. C'est l'obligation, en quelques sortes, de lâcher prise et de donner la régence du spectacle à d'autres que soi. Si, d'une part, le détachement se fait de lui-même compte tenu des distances, le désir (parfois tyrannique) de garder le contrôle scénique, le sentiment d'impuissance ressenti lorsqu'est venu le temps de jouer tant bien que mal le rôle de spectateur, ne s'estompent malheureusement pas et deviennent de véritables supplices. Car rien n'échappe à l'acuité du regard d'un metteur en scène (même son contrat officiellement terminé!): les bons coups comme les moins bons, les erreurs, les essais, les manquements, les moments magiques...

Au gré des représentations, Le Rire de la mer évolue... et je n'en fais pas partie (ou si peu)... C'est vivre avec l'impression de devoir abandonner (façon de parler peut-être un peu drastique, mais bon...) le travail au moment même où le travail des représentations commence (le véritable travail théâtral puisqu'il prend soudainement en compte le caractère essentiel du théâtre: faire acte de communication avec le public!). C'est de ne pouvoir apporter qu'un soutien bien lointain.

J'étais à nouveau assis dans la salle lors de la représentation d'hier. Et, regardant le spectacle, je prenais des notes sur ce que je pourrais changer, modifier, ajuster... Je me suis pris mentalement à refaire de nouvelles entrées chorales, à recréer une mise en place imaginaire, à redessiner les contours de certains personnages, à en redresser la ligne dramatique... Et c'est là que le bât blesse. Je n'aurai ni le temps, ni l'occasion de pouvoir passer aux actes... Ce besoin de rester en contact direct avec la production, de maintenir actif ce corps-à-corps créatif, se manifeste en vain: je ne peux faire ce genre de travail par échange de courriels ou par téléphone... Il faut une présence effective. Une présence à l'écoute et à l'affût de toutes propositions. Une présence qui n'est pas de passage. Et de la volonté!

Ma plus intime conviction théâtrale m'affirme avec force qu'un spectacle doit demeurer un chantier jusqu'à la dernière représentation... jamais il ne doit être considéré comme étant un produit fini. Jamais il ne peut être fini.

Malgré tout, hier soir, j'ai regardé avec plaisir mes comédiens s'évertuer (avec succès) à tenir le fort... et dans ces moments, la fierté (toute aussi narcissique puisse-t-elle être!) prend le dessus et remise alors (heureusement!) tout autre questionnement.



vendredi 11 avril 2008

LE RIRE DE LA MER [Histoire d'une mise en scène]

Jeudi soir passé (soit hier...), je suis allé à Roberval pour assister à la reprise des représentations du Rire de la mer au Mic-Mac.

Quand le metteur en scène devient spectateur...

J'ai déjà annoncé mes couleurs: j'ai beaucoup de difficulté à regarder mon travail sans vouloir, à tout coup, remonter sur la scène, arrêter les comédiens, les faire reprendre, ajuster des réactions. J'aime le spectacle, oui. Je suis très content des critiques et de ce qui se dit à son propos, bien entendu (qui ne le serait pas?). Cependant, je dois avouer que plus les critiques sont bonnes et positives (euphémisme!), plus mes exigences se font insistantes.

Donc, me voilà dans la salle (dans la régie pour être plus précis... ce qui doit quand même stresser un peu le jeune régisseur, Sébastien, gagnant d'Expo-Science 2008, qui s'en tire, par ailleurs, fort bien). Je vis littéralement avec les acteurs. Un peu plus et je bougerais comme eux. Je remarque tout: les accrochages de texte, les répliques sautées, les manques dans les éclairages, dans les déplacements, la façon dont ils manipulent les boîtes, les intentions floues, les baisses d'énergie. Je deviens en fait, un sur-spectateur. Je connais le spectacle intimement. Tel qu'il a été fait, tel qu'il est, tel qu'il devrait être... Bref, je ne regarde pas, je scrute! Et les idées affluent... seulement, je n'ai pas le temps de les concrétiser...

C'est d'autant plus vrai que dans le cas du Mic-Mac, je suis loin et ne peux assister à toutes les représentations. Quand la chance se pointe, je tente de maximiser mon temps là-bas. Et mes comédiens reçoivent, dès le lendemain, une série de notes. J'espère qu'ils les reçoivent avec plaisir (!) et non en bougonnant! Je ne leur ai jamais vraiment demandé je crois... C'est comme un rappel constant que je suis avec eux. Que je ne les laisse pas tomber... Ça ressemble à cela (ne soyez pas perdus, c'est presque un langage codé qu'eux devraient comprendre!):

Bonjour tout le monde (ou plutôt, bonsoir)! Encore une fois, j'ai passé une belle soirée hier. C'était relativement une bonne représentation (compte-tenu du fait que c'est la première reprise!). Voici donc mes quelques notes:

Généralement, les choeurs se sont foutument améliorés... Il reste encore cependant deux endroits où ça accroche: 1- le choeur venant tout de suite après le cimetière: après «4ème histoire», vous enlevez vos casquettes... mais ça se fait toujours tellement dans un vide... essayez d'y mettre un peu de vie. Je vous l'ai déjà dit, à ce moment, vous vous interrogez sur votre rôle... 2- les choeurs avant et après le tatoueur: tout y est un peu mou, décousu, et surtout pas précis!!! Ce n'est pas une régression que de prendre 10 minutes, dans la salle, s'il le faut, pour vérifier ensemble, sur scène, toutes vos réactions de cette partie. Le spectacle y gagnerait, croyez-moi! Plus le temps va passer, plus vos réactions entreront dans une mécanique (et plus vous en oublierez... ou bien vous allez juste cesser de les marquer...) qu'il vous faudra surveiller. Je vous en conjure, prenez le temps d'une italienne s'il le faut, mais réviser, tableau par tableau, ce que le choeur fait, à quel mot, à quelle vitesse...

Pour rester dans ce thème choral, je trouve que toutes les réactions dans les tableaux devraient être revues (dans le sens de repasser une par une). Elles doivent être vives, brèves, surprenantes. Ce sont des «flashs», des ponctuations! Hier, je trouvais que vous les étiriez un peu. C'était légèrement languissant. De ces ponctuations, vous en faisiez presque des phrases. Donc, attention.

Sinon, les personnages en tant que tels furent plutôt bien contrôlés hier soir. Attention encore une fois à ceux qui ont tendance à baisser le volume... C'était parfois limite. Surtout lorsque vous êtes seulement deux (ex.: docteur-Péné., Alex-Péné., Tatoueur-Péné.)

Les changements de décors semblent bien se dérouler. Ils m'apparaissent assez fluides. Je le redis et le répète, voyez-les comme des défis que vous vous lancez aux autres, au public. (d'ailleurs, pendant que j'y pense, Claude... durant le mur des bretons, ne dis surtout pas au public «soyez patients...». Il ne faut en aucun cas que ça ait l'air long ou que ça sonne comme une excuse. Vas-y d'un «ils sont bons, hein...» ou d'un «c'est plutôt joli» ou que sais-je!). Ne précipitez rien. Ce n'est jamais un concours de vitesse. Quelques remarques de boîtes:

Construction cimetière: la petite tombe à jardin était longue à faire... Les deux petites tombes devraient se terminer en même temps...
Déconstruction cimetière (construction mur breton): Gervais, aide Ursule à débarrasser le monument central avant de défaire ta petite tombe, pour faire une symétrie agréable à regarder. Quand vous vous lancez des boîtes pour construire le mur, assurez-vous qu'il y ait un receveur parce que voir valser des boîtes qui atterriront n'importe où ne me plaît guère...
Construction tatoueur: les filles (Sonia et Jocelyne)... assurez-vous que votre devant soit placé au centre du bloc de derrière... Attendez, s'il le faut, que ceux de derrière aient placés leur base avant de sortir, juste pour vous assurer que tout est en ordre. Hier encore, le divan du tatoueur était tout croche (et quand il n'est pas centré, je le répète, la scène d'après, «Ste-Rose», n'est pas dans son éclairage...).
Construction Épidaure: C'est bien! Quand la musique arrête et que vous regardez Sébastien, pouvez lui crier: «Hey! On n'a pas fini!»... Sinon, n'oubliez pas que c'est l'apothéose ce changement. C'est la finale du spectacle. Ça doit se faire dans l'allégresse, tout le monde s'aime, tout le monde il est bon, tout le monde il est beau.

Tout d'abord, Céline, n'oublie pas que tu dois t'amuser, que tu dois te nourrir de toutes ces démesures sorties de l'imagination de Pénéloppe. Ce n'est pas un personnage simple et banal: elle est en face de grandes figures historiques, dans des contextes un peu fous et tordus... au grand jamais elle n'est dans un réel, un quotidien fade... Vie et plaisir! Go Céls go! Tu es au centre de tout. Dresse-toi au milieu d'eux comme la maître(sse)-d'oeuvre de l'imagination!

Prologue: c'est bien. Un peu vite mais très bien.
Docteur: belle scène. Hier, à mon avis, c'était le meilleur docteur... Le mur manquait un peu d'élégance quand il s'est construit mais bon...
Musée: C'était bien. Réjean, essaie de faire une entrée en douceur... et juge si c'est mieux... Attention Céline et Réjean, vous étiez un peu trop dans le fond. Réactions du choeur un peu hésitantes... et un peu déphasée par moment. Au «TAXI!», sursaut... et le changement pour aller vers le taxi doit être plus rapide que ça... vous le languissez un peu aussi celui-là.
Taxi: ok... un peu long votre entrée Gervais et Marie...
Lit: demande spéciale: les filles, accordez-vous pour la mise du drap rouge... essayez, du moins, de chanter le même air. Réactions du choeur trop longues (et lentes quand il ne s'agit que de mouvements).
Cauchemard: Tête de lit, vous commencez trop vite et trop fort votre musique distordue et effrayante. Laissez à Péné. le temps de dormir... et le rêve s'insinue doucement, pas brusquement! Sonia, quand t passes sous les arches, n'hésite pas à commenter ton beau jeu (de croquet!)... et Céline, pendant que ta soeur passe sous ses arches, sois complètement éberluée... pour combler un peu les temps morts.
Cimetière: Gardien et choeur manquaient de complicité... C'est si beau quand la chimie passe entre vous... Ensemble, révisez vos actions. Molière manque définitivement de vivacité. Il est bien présentement... alors imagine quand il est extravagant! La fatigue peut-être...
Bretons: Chers Bretons, ça marchait assez bien. N'oubliez pas la tenue de vos personnages, les gestes «toutous»... ne jouez pas trop avec la table, parce qu'elle brasse beaucoup... «Q» pour Sébastien (et pour vous les Bretons: les «blacks» dans les entre-scènes sont peut-être un peu trop longs...
Ulysse: Attention au texte... Il y a eu plusieurs répliques escamotées... Outre ces accrocs, j'aimais bien. Toutefois, ça piétine un peu... Ulysse et Télémaque. Euryclée crie un peu trop sur «Il va falloir tout nettoyer». Beau Tit-Coq, un peu trop à cour par exemple...
Tatoueur: J'ai trouvé cette scène un peu confuse: les choeurs surtout (et le décor). C'était très très mou. Rien n'était synchro... Céline, quand tu arrives, tu ne dois pas rester près de la colonne, tu es dans le noir! Ange ok. Pendant Dieu, le choeur semblait à cours d'énergie!
Ste-Rose: Belle scène encore les amis. Sauf que vous ne parliez pas assez fort.
Finale: Elle était très bien.

Bref, une belle soirée... et comme le dis notre Rita de Verdun dans le tatouer: «J'étais quasiment ému, câl...»... Ce soir, amusez-vous encore une fois, rester à l'écoute de ce qui se passe. Ne prenez rien pour acquis, c'est le pire ennemi du théâtre! MERDE MERDE ET REMERDE!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Je suis très fier d'eux, de ce qu'ils accomplissent... Ce n'est pas facile, c'est un spectacle de longue durée qui demande beaucoup physiquement.

lundi 7 avril 2008

LE RIRE DE LA MER [Histoire d'une mise en scène]

Commentaire paru dans le journal L'Étoile du Lac, le samedi, 5 avril 2008.

Un autre commentaire est paru dans le journal Le Quotidien, de ce même samedi, sous la plume de Louis Potvin:

Céline Gagnon (Pénéloppe) et Claude Ouellet (Alex)
Photographie: Christian Roberge, 2008

L'AMOUR DU THÉÂTRE ET DE LA VIE

ROBERVAL - Tant qu'à mourir, vaut mieux que le théâtre y mette son nez pour rendre la mort acceptable. Fou. Joyeux. Touchant. Ingénieux. Enfin... c'est l'amour du théâtre et de la vie qui résume le mieux «Le Rire de la mer», la 58e production du Théâtre Mic-Mac. Un spectacle éblouissant!

Un texte de Pierre-Michel Tremblay savoureux et sarcastique. Une mise en scène astucieuse et terriblement inventive de Dario Larouche. Des comédiens à l'énergie débordante , au jeu inspiré. Trois ingrédients qui font de cette comédie une délectable réussite.

Pénéloppe a le cancer. Elle s'invente donc des histoires fantaisistes, mais aussi cauchemardesques pour cheminer et accepter la mort. À la manière des tragédies grecques, un choeur vient fixer son destin, sauf que le choeur en question est plutôt cabotin et désinvolte.

«Le Rire de la mer», comédie grinçante avec un soupçon de gravité, se veut un voyage dans le monde fantastique du théâtre. Durant son chemin de Dams, Pénéloppe rencontre des personnages hilarants et grotesques ainsi que des figures marquantes du théâtre telles Molière, Ulysse et Tit-Coq. À la fin, elle découvre même Dieu. Un Dieu complètement fou braque, absurde comme les pesrsonnages d'Ionesco.

Une mise en scène efficace

Pendant toute la pièce, les treize comédiens restent sur scène. Ils forment un choeur ponctuant et amplifiant la drôlerie des tableaux. Chacun y va de son numéro d'acteur dans les rêves/histoires de Pénéloppe.Que ce soit dans le bureau du médecin, dans un musée d'histoire naturelle, chez Alice au pays des «Flamands roses», au cimetière du Père-Lachaise ou dans la Grèce antique, l'ambiance est toujours surréaliste.

Le texte de Pierre-Michel Tremblay est mordant et drôle. Les jeux de mots réussis ou douteux qu'il prête à Molière font mouche. «Une n'attend pas l'autre», comme le fait ironiquement remarquer Pénéloppe. L'impasse de la souveraineté trouve son écho chez les Bretons. Deux marins indépendantistes bretons veulent en savoir plus sur le FLQ. Cette scène clownesque est la plus brillante de la pièce.

Dario Larouche déploie tout son talent dans cette production. Sa direction d'Acteur est judicieuse et parfaitement maîtrisée. Mais c'est surtout dans l'uilisation des centaines de boîtes que les comédiens manipulent qui démontre la grande créativité du metteur en scène. En un tour de main, les boîtes servent à planter le décor du cimetière du Père-Lachaise à Paris ou à reproduire un taxi londonien. Une chorégraphie relevée avec brio par les acteurs.

Un jeu inspiré

Les comédiens en mettent plein la vue. Ça prend beaucoup de rigueur pour rester immobile de longues minutes pour simuler les clients d'un boui-bui breton. D'ailleurs, les trois Bretons personnifiés par Denis Lavoie, Stéphane Doré et Marie Bergeron sont hilarants. Alain Bilodeau surprend dans un Ulysse ubuesue qui a l'air un peu «paqueté». Le Molière de Gervais Arcand est à la hauteur de son talent. Le crooner de Réjean Gauthier est craquant. L'énergie de Sonia Tremblay offre un Dieu hystérique et exalté. Ursule Garneau propose un fossoyeur irrésistible. Joan Lespérance, Jocelyne Simard et Joan Tremblay complètent le tableau avec des personnages loufoques très bien campés.

Parmi ses personnages complètement déjantés, Céline Gagnon incarne une Pénéloppe nuancée et naturelle contrastant parfaitement avec le jeu survolté des autres comédiens. Son chum Alex, discret Claude Ouellet, frappe juste dans les moments plus dramatiques.

Le Théâtre Mic-Mac réussit encore une fois à nous faire découvrir un auteur moins connu de la dramaturgie québécoise, par surcroît originaire de la région.

Oui, ça fait plaisir. Et ça stimule les comédiens... Pour ma part, je prends ce compte-rendu avec un grain de sel... et comme metteur en scène, sans rien enlever au travail et à l'effort de personne, je considère encore (avec mes exigences élevées) que ce spectacle possède des moments critiques à redéfinir... des poses à modifier... du travail de profondeur à faire... des correctifs à apporter... Maintenant que le test du public est passé, j'aimerais pouvoir retourner en salle de répétition avec, comme base principale, les réactions des spectateurs.

Rien n'est acquis et il faut tous rester vigilants.

Le théâtre est un art éphémère instable. Et si oui il faut de la confiance en soi, celle-ci doit être attentive pour ne pas devenir aveugle et ainsi laisser carte blanche aux écueils de la scène.

jeudi 3 avril 2008

LE RIRE DE LA MER [histoire d'une mise en scène]

C'est ce soir que débutent les représentations du Rire de la mer de Pierre-Michel Tremblay, au Théâtre Mic-Mac, de Roberval. Merde à toute l'équipe!

La dernière semaine fut lourde: lumières, enchaînements, enchaînements techniques, générales... La fatigue devient un peu un frein à la réceptivité de part et d'autre... Le recul est pratiquement inexistant. Pour le bien du spectacle, il importe pourtant que tous fassent preuve de persévérance, d'écoute et de précision.

Présentement, à quelques heures de la première, c'est la période du doute... Non pas que tout soit remis en cause... Non pas que ça ne marche pas... Il s'agit du malaise (commun et habituel à toutes les premières) de laisser aller soudain le projet sur scène, devant le public... d'anticiper sa réaction... de souffrir à les écouter (c'est toujours un supplice pour moi de voir un de mes spectacles parmi les spectateurs)...

Il ne faut qu'une seule chose, au fond: la confiance... J'y reviens sans cesse... comme un mantra...
juste pour me convaincre!

Mais bon, le tout semble prêt... on se croise les doigts... ne reste qu'à se frotter au plaisir de tout ceux qui prendront place dans la salle Lionel-Villeneuve, à compter de 20h...

6 commentaires:

marilune a dit…

Un gros merde à vous tous!!!

Dario, tu as pensé filmer en direct tes premières pour les écouter dans une autre salle???

:P
3 avril 2008 09:58

Yoyo a dit…

Non... mais l'effet reste le même... juste savoir que c'Est du direct, je virerais fou!
3 avril 2008 10:03

Yoyo a dit…

En contexte de représentations, à partir du moment que le spectacle prend vie tout seul, je suis incapable de changer de position (de metteur en scène à spectateur)... Pire! Mon côté critique s'exacerbe, s'amplifie... parce qu'il est aussi conditionné par les réactions de la salle... Je pourrais tout changer... retourner en répétition pour corriger des trucs... parce que oui! les erreurs, les manques, les faiblesses me sont soudainement criantes!

Voilà la raison (pour tous ceux qui se posent des questions) pour laquelle je reviens rarement sur mes productions après coup.
3 avril 2008 10:23

marilune a dit…

Peut-être que pour toi ce serait la même chose, mais qu'en est-il des comédiens qui te vois fondre au fond de la salle?!
3 avril 2008 11:14

marilune a dit…

Enfin, chacun sa manière de vivre les choses!!!

J'ai déjà fait une mise en scène, lorsque j'étais en secondaire 4, avec des élèves de secondaire 1 et 2 et à la représentation, je faisais la régie des coulisses où se trouvait les comédiens et ça été insupportable!!! Je n'ai jamais vécu un stress aussi intense, même avant de monter sur scène en tant que comédienne!

Donc, tout ça pour dire que je ne faisais que te taquiner!
3 avril 2008 11:17

Yoyo a dit…

Le fait est que lorsqu'ils sont sur scène, les comédiens ont donc un certains contrôle, du moins sont-ils en activité! À compter de ce moment, ce sont les concepteurs, le metteur en scène, qui se retrouvent tout à coup sans aucun pouvoir... le temps du spectacle... et c'est ce qui est le plus difficile à vivre.
3 avril 2008 11:20

mardi 25 mars 2008

LE RIRE DE LA MER [Histoire d'une mise en scène]

Le rire de la mer entame sa dernière semaine de travail... du moins, pour la partie répétitions.


La dernière fin de semaine a été quelque peu chamboulée par la tempête et, puisque Pâques a décidé d'être en mars cette année, par les soupers, rencontres de toutes sortes et congés fériés. Rien pour calmer la nervosité et le stress des fins de production!

Toujours est-il que nous nous en sommes bien tirés malgré tout. Pas comme prévu... mais tout de même. Samedi, nous avons entrepris de répéter tous les changements de décors avec musique. Et ce n'est pas une sinécure! Nos deux cents boîtes voyagent sur cette petite scène autant que faire se peut. Ces boîtes dont la moitié sont renforcies... et l'autre moitié servant de rangement. Imaginez alors le plaisir: faire un décor... replacer le tout selon l'emplacement d'avant pour tester le changement (en prenant en compte de bien presetter les boîtes utilitaires!), jouer, et recommencer... jusqu'à l'obtention d'une certaine fluidité dans le mouvement! Vivement l'enchaînement du spectacle en entier pour en valider l'intérêt!

Dimanche, entre deux bouchées de chocolat (merci Francine!), nous nous sommes penchés sur trois scènes...

Lundi, des boîtes et encore des boîtes...

Maintenant, il faut passer à la finalisation de cette production. Les éclairages (et l'intégration de la musique) sont prévus pour cette fin de semaine... et si le temps nous le permet (le temps dans le sens de durée... et non de température, parce que je ne m'y fie plus!), nous nous paierons même le luxe de faire quatre enchaînements! Mais, je le sais, il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant que de ne l'avoir tué... il faut traverser le pont rendu à la rivière... il ne sert à rien de sortir le rôti du four avant qu'il ne soit cuit.

De ce projet, deux ou trois choses me semblent essentielles... Outre le travail de recherche habituel (sur le personnage, j'entends), il doit y avoir le plaisir et la confiance. Sans ces deux éléments, le théâtre n'est qu'un métier. Et lorsque le théâtre n'est plus qu'un métier, il ne sert plus à rien.

La semaine prochaine, ce seront déjà les générales et la fameuse première... Euh... oui.

mardi 18 mars 2008

LE RIRE DE LA MER [Histoire d'une mise en scène]

Maintenant que le Mic Mac a posté son affiche sur son site internet (www.theatremicmac.com), je me permets désormais de faire de même dans cet espace:


Affiche: Christian Roberge, Le Groupe Proconcept

Les affiches nous rappellent inexorablement que la première approche!

mardi 11 mars 2008

LE RIRE DE LA MER [histoire d'une mise en scène]

La mise en scène de cette toute nouvelle production du Théâtre Mic Mac roule bien. La mécanique s'installe petit à petit... Les personnages émergent peu à peu du magma littéraire... Les boîtes (les foutues boîtes!) se dressent comme tout autant de défis lancer aux comédiens...

Nous sommes prêts à enchaîner tout le spectacle, d'un bout à l'autre, pour avoir une bonne idée de l'ensemble. Ensemble que j'aime bien, soit dit en passant!

Généralement, le plaisir est au rendez-vous et les rires n'attendent que fort peu de temps avant de fuser de toute part...

Toutefois, et c'est l'une des plus grande difficulté de ce genre de travail «en concentré» (nous n'avons, en fait, je le rappelle, que huit week-ends pour travailler ce spectacle... soit 16 jours!), nous faisons face constamment à... disons... un ennemi tenace: la pression. Je m'explique...

Présentement, oui, tout est à peaufiner... à solidifier... bref, à répéter - et, ô magie! c'est le propre du théâtre! Dans les faits, il nous reste deux fin de semaines... 4 jours... Pris dans ce sens, le constat effraie et jette un peu l'inquiétude (néfaste à la confiance nécessaire dans ce genre de projet...) et le désarroi tant chez les interprètes et les concepteurs. Je suis, moi, d'un naturel plus optimiste (je n'en suis pas à mon premier paradoxe!). Remis en contexte, ce constat se pose différemment: ces 4 journées représentent, à vrai dire, le quart des répétitions prévues. C'est assez pour donner de bons résultats (plus serait toujours le bienvenu... mais bon).

Donc, cette pression, dis-je, deviens parfois difficile à gérer... (à ce sujet, voir le billet du 2 décembre dernier)... surtout avec un frigo expiré, une voiture défectueuse, un compte à sec et un stress personnel qu'il me faut reléguer en second plan. Une mise au point, était, à mon avis, nécessaire... pour le bon déroulement (avec efficacité!) du temps qu'il nous reste...


N.B.: L'affiche de la production est prête (conception: Christian Roberge)... et je pourrai probablement la placer sur mon blogue sous peu!

lundi 25 février 2008

LE RIRE DE LA MER [histoire d'une mise en scène]



Nous poursuivons donc notre aventure, au Mic Mac de Roberval.

Après quatre fins de semaines intensives, nous avons fait un débroussaillage de tout le texte - Le rire de la mer de Pierre-Michel Tremblay - et nous avons placé (de façon encore bien fragile), ébauché toutes les scènes. Le véritable travail peut maintenant commencer...

Ce week-end, nous nous sommes concentrés sur le choeur (au centre de tout ce projet!), ses actions, ses poses, ses mécanismes. Le choeur est parfois considéré (je ne me souviens plus du nom de ce théoricien...) comme étant le plus haut niveau d'action dramatique sur scène... ce pourrait être questionnable... et peut-être pas.

Ce spectacle ne sera pas un spectacle visuel... bien que l'illusion et la théâtralité seront omniprésentes. Ce spectacle ne sera pas un spectacle de technique... bien que le minimum utilisé y sera maximisé... Ce spectacle n'est pas un spectacle où l'acteur fait des prouesses... bien que chaque tableau renferme des scènes fortes... Ce spectacle doit reposer sur deux choses intimement liées: un lien fort unissant 15 personnes ensemble... et surtout, le plaisir... le plaisir du théâtre. Les tableaux qui se succèdent ne sont que prétextes à ces deux éléments.

Le plus difficile, pour le moment, c'est de conserver la concentration et le sérieux de tout le monde en scène. Pour la plupart, les scènes sont vues pour la première fois. Le potentiel comique de chacune de celles-ci devient, en quelque sorte, le pire obstacle. Mais bon...

Sinon, quoi d'autres... Mon équipe de conception (Francine Joncas à l'assistance, Christian Roberge et Vicky Tremblay aux costumes et accessoires, Gervais Arcand aux éclairages) est efficace, très présente... et les propositions fusent de toutes parts... et tout se meut à une vitesse assez surprenante... Esthétiquement, nous avons une ligne directrice... et nous tentons de la suivre... La complicité et la proximité de l'équipe nous permettant d'y aller sur le mode essais-erreurs...

En gros, nous en sommes là... À un mois et une semaine de la première... Le premier enchaînement d'hier (les deux tiers, en fait...) nous permet de croire à un spectacle d'environ 1h45... Le stress se gère encore assez bien... selon le point de vue où l'on se place! C'est toujours la même sempiternelle hisoire: voir le verre à moitié vide... ou à moitié plein!

LE RIRE DE LA MER [histoire d'une mise en scène]


Nous poursuivons donc notre aventure, au Mic Mac de Roberval.

Après quatre fins de semaines intensives, nous avons fait un débroussaillage de tout le texte - Le rire de la mer de Pierre-Michel Tremblay - et nous avons placé (de façon encore bien fragile), ébauché toutes les scènes. Le véritable travail peut maintenant commencer...

Ce week-end, nous nous sommes concentrés sur le choeur (au centre de tout ce projet!), ses actions, ses poses, ses mécanismes. Le choeur est parfois considéré (je ne me souviens plus du nom de ce théoricien...) comme étant le plus haut niveau d'action dramatique sur scène... ce pourrait être questionnable... et peut-être pas.

Ce spectacle ne sera pas un spectacle visuel... bien que l'illusion et la théâtralité seront omniprésentes. Ce spectacle ne sera pas un spectacle de technique... bien que le minimum utilisé y sera maximisé... Ce spectacle n'est pas un spectacle où l'acteur fait des prouesses... bien que chaque tableau renferme des scènes fortes... Ce spectacle doit reposer sur deux choses intimement liées: un lien fort unissant 15 personnes ensemble... et surtout, le plaisir... le plaisir du théâtre. Les tableaux qui se succèdent ne sont que prétextes à ces deux éléments.

Le plus difficile, pour le moment, c'est de conserver la concentration et le sérieux de tout le monde en scène. Pour la plupart, les scènes sont vues pour la première fois. Le potentiel comique de chacune de celles-ci devient, en quelque sorte, le pire obstacle. Mais bon...

Sinon, quoi d'autres... Mon équipe de conception (Francine Joncas à l'assistance, Christian Roberge et Vicky Tremblay aux costumes et accessoires, Gervais Arcand aux éclairages) est efficace, très présente... et les propositions fusent de toutes parts... et tout se meut à une vitesse assez surprenante... Esthétiquement, nous avons une ligne directrice... et nous tentons de la suivre... La complicité et la proximité de l'équipe nous permettant d'y aller sur le mode essais-erreurs...

En gros, nous en sommes là... À un mois et une semaine de la première... Le premier enchaînement d'hier (les deux tiers, en fait...) nous permet de croire à un spectacle d'environ 1h45... Le stress se gère encore assez bien... selon le point de vue où l'on se place! C'est toujours la même sempiternelle hisoire: voir le verre à moitié vide... ou à moitié plein!


lundi 4 février 2008

LE RIRE DE LA MER [journal d'une mise en scène]...2

Cette fin de semaine, nous avons commencé à répéter LE RIRE DE LA MER, au Théâtre Mic Mac, avec toutes nos boîtes (d'ailleurs, nous sommes passé d'une dizaine de boîtes... à 450... à 100... pour finir 200). La scène est vite devenue un immense jeu de construction (wouhou! premières images!) :

Il y a huit lieux différents à construire... et à habiter...

Je n'ai jamais été aussi nerveux. Chaque répétition est une source de stress constante. Pourtant, on rit encore beaucoup. Les répétitions vont rondement... et si tout va comme prévu, la prochaine fin de semaine, nous aurons déjà une vue d'ensemble de tout le spectacle. Nous aurons assez de matériel pour faire un enchaînement (très!) mécanique... un peu carrée! Tout demande encore à être affiné, peaufiné, creusé, travaillé.

Maintenir en action (et en intérêt) une équipe de 13 comédiens gruge un peu beaucoup l'énergie... par chance, je suis soutenu par une équipe de conception très présente...

lundi 14 janvier 2008

LE RIRE DE LA MER...journal d'une mise en scène - 1


La première fin de semaine de répétitions est passée au Mic-Mac. Il est si difficile de commencer un projet... et si grisant lorsque celui-ci est mis en marche.

Après une réunion de production soutenue et stimulante, une réunion qui a vite fait place à l'emportement et aux idées de grandeurs (de celles qui font qu'un projet garde toujours en mode «recherche»!), nous avons exploré l'idée du vide théâtral comme principe scénographique... pour finir avec une scène couverte de 450 boîtes (d'après un calcul savant)! Les incidences d'un tel revirement se sont vite manifestées l'heure suivante lorsque la mise en scène s'est esquissée: l'espace est non seulement réduit... mais il est extrêmement massif... surtout quand les treize (vive les superstitions!) comédiens entrent en scène. De cette réunion sont sorties aussi quelques images, quelques références qui serviront de cadre: le théâtre d'Épidaure, la bande dessinée, Harry Potter, les blocs d'enfants... le tout conjugué avec ce que je veux faire de ce spectacle, véritable exercice d'imagination et de conception

Bref, il a fallu apprivoiser l'idée.

Le début d'un tel chantier se voit aussi investi d'une mission fondamentale: vendre le projet aux participants, les allumer, leur donne envie de s'investir dedans. Il faut donc aplanir les rancunes et/ou les envies non-comblées, négocier les présences, expliquer les motifs de long en large, répondre aux soupirs, aux questions, ouvrir les esprits... tout en demeurant enjoués, sensés, cohérents et dynamiques. Il faut créer l'ambiance, devenir une source de plaisir (!), être à l'écoute de tout ce qui se passe dans la salle. Il faut par la suite tester les idées de départ... et réagir au besoin.

Bref, la première journée fut animée... pour se terminer malencontreusement dans le doute.

Car ce spectacle, Le rire de la mer de Pierre-Michel Tremblay, offre la possibilité (que nous avons prise!) de travailler le choeur. L'utilisation de celui-ci reste à définir... disons plutôt à peaufiner. Je veux un choeur. Je veux que celui-ci devienne aussi scénographie, interlocuteur, accessoire... Toutefois, après quelques heures de travail, de création chorégraphique, de création sculpturale comme je peux parfois le faire, il m'est apparu de façon viscérale que je faisais fausse route, que le départ se faisait sur une mauvaise base... que ce qui se créait était non seulement rigide... mais aussi déjà-vu (dans mon travail).

Une insomnie... un nouveau matin...

Dimanche, nous avons recommencé. Nous avons clarifié et testé autrement le rôle du choeur, sa façon d'être sur scène, sa personnalité. Nous avons esquissé de nouvelles mises en place scène/choeur... et surtout, nous avons beaucoup ri... Déjà, une esthétique se dessine, un ton s'impose peu à peu.

Après deux jours de répétition, sont placés le prologue ainsi que les scènes 1 à 4... Des questions sont encore en suspens: le décor (les boîtes... du moins, la forme de leur présence scénique!), la musique (j'hésite entre le Dean Martin du texte ou autre chose... ou le rien...)... Prochaines répétitions: 26-27 janvier...