samedi 10 avril 2010

La Défonce [Carnet de notes]

Voici un compte-rendu de Laura Lévesque (dans Le Quotidien de ce matin) à propos de La Défonce de Pascal Chevarie dont je signe la mise en scène au Théâtre Mic-Mac de Roberval. Mme Lévesque a assisté à la première représentation, le 1er avril dernier.


Troublante 60e production du Théâtre Mic-Mac de Roberval

«La Défonce» transpire la violence



(LAURA LÉVESQUE)

ROBERVAL - Troublante, la 60e production du Théâtre Mic-Mac de Roberval dévoile les côtés sombres de l'être humain. Encore plus troublante lorsqu'on sait que «La Défonce» de Pascal Chevarie s'inspire d'un fait vécu.

Comme le dit si bien le metteur en scène de cette nouvelle production, Dario Larouche, «­"La Défonce" se rapproche du véritable sens de la tragédie, d'une tragédie aux accents contemporains.»

Une forêt, la nuit, les phares d'un camion allumés, une vieille chanson et l'écho d'un cri étouffé, trois jeunes hommes viennent de commettre l'irréparable. Un acte qui se dévoile graduellement, gardant du coup le spectateur en alerte.

Pascal Chevarie s'est inspiré du meurtre d'Aylin Otano-Garcia, survenu le 12 juin 2000 à Chatham, près de Lachute, pour écrire une de ses première «vraies» pièces. Une histoire sordide qui a fait les manchettes à cette époque.

La jeune adolescente d'origine cubaine avait suivi un camarade de classe dans un bois. Un autre adolescent de 15 ans les attendait. Ce dernier a battu à mort la jeune femme à l'aide d'un bâton de baseball. Le crime a été qualifié de haineux.

Et la haine, on la sent dans «La Défonce». La délinquance des trois jeunes hommes, interprétés bénévolement, faut-il le rappeler, par Benoît Brassard, Jean-Sébastien Montpetit et Charles Rousseau-Dubé, rappelle celle des personnages du film de Stanley Kubrick «Orange Mécanique», une bande obsédée par la violence et la drogue.

Têtes rasées, manteaux de style militaire et imposante bottes, les trois amis dans «La Défonce» sont «frères». Xénophobes, ils se réunissent en forêt pour se «défoncer».

Pénélope, surnommée «la vache» par les hommes, se trouve au mauvais endroit au mauvais moment. Interprétée avec audace par Joan Tremblay, Penn veut montrer à tout prix qu'elle est une femme forte.

Et dans toute cette jeunesse, un ermite, campé par Réjean Gauthier, fait un passage bref, mais remarqué. Hanté par son passé, le vieil homme se sent envahi dans «sa» forêt.

«Cette pièce ne s'inscrit pas dans le genre de divertissement que certains spectateurs auraient souhaité, mais chose certaine, "La Défonce" ne laissera personne indifférent», souligne avec raison la présidente du Mic-Mac, Francine Joncas.

En effet, la 60e production de la troupe bouleverse. Aucun rire ne se fait retentir pendant «La Défonce».

La mise en scène, brillamment réalisée par Dario Larouche, également directeur général du Théâtre des 100 Masques à Chicoutimi, renforce par ailleurs le texte cru de Chevarie.

Dès l'entrée en salle, le spectateur fait face à une mystérieuse scène centrale. Plates-formes de bois industrielles et rideaux de plastiques comme on en voit dans les abattoirs, le décor accentue la tension dramatique.

Présentée en première québécoise, «La Défonce» se poursuit jusqu'au 1er mai prochain à la salle Lionel-Villeneuve de Roberval, tous les jeudis, vendredis et samedis.


Voilà. Petite note: ce texte d Chevarie sera «officiellement» créé dans quelques semaines (si je ne m'abuse) à Bruxelles.

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