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mardi 15 novembre 2011

''La Défonce'' [Carnet de mise en scène]

Sur scène: Réjean Gauthier, Dario Larouche, Charles Rousseau-Dubé
Derrière le panneau: Joan Tremblay. À droite: Jean-Sébastien Montpetit et Sonia Tremblay


Les deux photos ci-dessus nous montre, toute l'équipe de La Défonce, en plein travail de répétition (enfin, de notes) dans la Salle Jacques-Tati, à Orsay, lundi le 7 novembre dernier.

Avant ce moment capté sur image (il y a aussi un petit vidéo du même moment - où l'on me voit en pleine action, gesticulant à qui mieux mieux - que je tenterai de poster un de ces jours...), dans un décor somme toute assez semblable à ce que l'on avait à Roberval, il a fallu faire preuve d'ingéniosité.

En débarquant à la salle, dimanche le 6, je tombe nez à nez avec les techniciens de l'endroit (Hervé et Xavier, que je salue encore pour tout ce qu'ils ont fait pour nous) qui m'expliquent que nous avons quelques problèmes: ils n'avaient pas compris le principe mobile de la scénographie et, du coup, il n'y avait rien pour accrocher nos panneaux. Sous le coup du décalage (et sans sommeil depuis une trentaine d'heures!), nous avons passé le reste de la journée à faire des tentatives, trouver des solutions (dont celles consistants à trouver des équivalents à nos trucs électriques - sans adaptateur - glissés dans le plancher).

Puis, dès le lendemain, nous avons terminé le montage des décors (les palettes constituant le plancher étaient sur place) et le montage des éclairages (accrochage et focus) avant que de s'accorder un temps de répétition (les dites photos...). Ça me fascine toujours de constater à quel point la mémoire est solide... Les choses se plaçaient d'elles-mêmes.Comme si nous avions joué la semaine d'avant...

Le mardi, au matin, nous nous sommes appliqués à faire les intensités avant que de ne poursuivre, en après-midi, avec un enchaînement rapide (un cue-to-cue) et un premier filage avec l'ensemble des éléments esthétiques.

Tout de suite après, nous avons été reçus par la mairie d'Orsay (sans compter toutes les réceptions qui ont ponctuées ces mêmes jours!) avant que de ne faire une générale devant les gens du conseil municipal et de ceux de la troupe qui nous recevait (en tout, une vingtaine de personnes). Une belle représentation (la meilleure des deux).

 Jean-Sébastien Montpetit (Fred) pendant la générale du mardi 8 novembre au soir
Photographie: Christian Roberge

Le lendemain, toute l'équipe a pris la direction de Paris (c'est la photo ci-dessous) pour visiter la ville. Le seul hic, c'est que les trains sont souvent en grève... et voilà que nous sommes pris (bon, ça pourrait être pire!), là-bas, à quelques heures de la représentation officielle.

Toute l'équipe du voyage devant la cathédrale Notre-Dame-de-Paris.
Devant: Christian Roberge (scéno.), Joan Tremblay (Pen), Sonia Tremblay (ass. m.e.sc.), Réjean Gauthier (Le vieux).
Derrière: Charles R.-Dubé (Didi), J-Sébastien Montpetit (Fred), Sylvain Gaudreault, moi et Benoît Brassard (Jay)

Tout s'est cependant arrangé assez facilement... et le mercredi, 9 novembre, à 20h30, à la Salle Jacques-Tati, nous avons donné le spectacle devant une salle comble (environ 115 spectateurs), avec - ma foi! - un succès surprenant! Une représentation calme et posée... peut-être un peu fatiguée. Quatre rappels. Un public manifestement conquis... au-delà du propos dur et de la langue... ou plutôt, de l'accent.

Puis tout a été remballé, quelques minutes après la fin de la représentation, au cas où... qui sait... nous reprendrions ce spectacle...

A lire aussi:
Le rideau tombe sur La Défonce (Étoile du lac, 15 novembre 2011)
Le Mic Mac revient de France (Le Point du Lac-Saint-Jean, 15 novembre 2011)

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Je reviendrai, dans les jours à venir, sur les deux productions que j'ai vues: Nous les héros, de Jean-Luc Lagarce, par la troupe D'un théâtre à l'autre, nos hôtes, et L'année de la pensée magique, avec Fanny Ardant, au Théâtre de l'Atelier.

vendredi 4 novembre 2011

Blogue au repos

Pour les jours à venir
(jusqu'au 17 novembre, en fait...),
ce blogue ne sera plus alimenté... ou si peu.
Non pas manque d'intérêt de ma part...
mais plutôt parce que je serai à Orsay et à Paris
avec le Théâtre Mic Mac de Roberval
et nous y jouerons La Défonce de Pascal Chevarie.

J'apporte avec moi mon ordinateur...
au cas où
(bien que je doute fort l'ouvrir au pied de la Tour Eiffel...).

mardi 1 novembre 2011

«La Défonce» [Carnet de mise en scène]

Photographie: Christian Roberge

En fait, il serait plus juste de titrer ce billet Carnet de voyage parce que c'est bien de cela qu'il s'agit.

Dans quelques jours - dans une semaine plus exactement! - nous jouerons La Défonce à Orsay. D'ailleurs, ça fout un peu les jetons que de lire, sur la page d'ouverture de la municipalité, notre affiche (voir ). C'est assez concret.

La version «en sortie» fonctionne bien... même mieux que je ne l'imaginais. Elle a été testée lors de la visite à Mont-Laurier. Il n'y a donc pas à craindre de ce côté... Nous irons donc rejoindre nos palettes de bois qui nous attendront là-bas.

Donc, lundi et mardi, nous serons dans la salle Jacques-Tati pour nous installer (le point crucial étant les éclairages... conçus par Alexandre Nadeau), répéter... et faire une générale devant quelques personnes.

Mercredi, le 9 novembre 2011, à 20h30, nous commencerons... Bien hâte de voir comment les cousins français recevront ce texte de Chevarie où les sacres ont une large place. Ça fera exotique...

mardi 13 septembre 2011

Au Festival International de théâtre de Mont-Laurier... 10

Bon. J'ai perdu un peu le fil des billets... ce qui n'empêche pas que j'ai vu encore quelques spectacles et de très bons! J'y reviendrai sans doute. Pour l'instant, voici des photos prises en début de festival, par Christian Roberge, alors que nous nous installions...









jeudi 8 septembre 2011

Au Festival International de théâtre de Mont-Laurier... 1


J'arrive à l'instant du Bloc G où nous jouerons La Défonce demain soir. Je suis arrivé alors que les techniciens là-bas installent présentement notre éclairage. Bel adon... parce que j'ai pu répondre à leurs questions et faire des ajustements sur le plan...

Tout au cours de la journée arriverons les autres personnes de l'équipe.

Tout semble bien aller jusqu'à présent. J'ai croisé les Slovaques... et les Italiens.

À voir maintenant... pour la suite des choses... sous la présidence d'honneur de Francine Grimaldi.

mardi 6 septembre 2011

«La Défonce» [Carnet de mise en scène]

Plus que quelques jours (3-4) avant la reprise de La Défonce à Mont-Laurier... Les éléments se placent peu à peu et si tout se passe bien, nous devrions être prêts.

La scénographie a été modifiée et le nouveau plan* (ci bas) de Christian Roberge a été acccepté. Reste les ancrages des panneaux à valider sur place, mais les idées sont là...


Par ailleurs, à partir du plan d'éclairage* (ci bas) d'Alexandre Nadeau, à partir des photos et à partir de ce que je me souviens de la création il y a un an et demi, j'ai fait, de mon côté, un plan d'intensités afin qu'à notre entrée en salle, il y ait déjà une base de travail. Nous devions revoir ces intensités dans la salle du Mic Mac, malheureusement, la disposition de l'aire de jeu nous en empêche.

Contrairement à ce qui était prévu, nous nous installerons une première fois, vendredi matin, à la première heure, dans la salle (ce qui veut dire que nous monterons temporairement le décor) pour canner nos éclairages... puis nous enlèverons tout pour laisser la place à une troupe belge qui jouera dans la même salle que nous... mais avant nous.

Mais pour l'instant, nous sommes encore dans la région... et théoriquement (parce que je n'ai pas eu de nouvelles), les comédiens et concepteurs se sont réunis hier soir pour préparer le départ... et ils devaient prendre un temps pour revoir le texte en groupe.
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* J'aime bien les plans de cette sorte (en cliquant dessus, ils apparaîtront dans leur format réel)... Ils facilitent la compréhension de l'espace...

jeudi 25 août 2011

«La Défonce» [Carnet de mise en scène]

L'image ci-haut est une photographie du Bloc G où nous jouerons La Défonce le 9 septembre qui vient. Euh. Il va sans dire qu'on ne peut utiliser la scène... et, par conséquent, le pont suspendu (d'autant plus que nous n'avons que quelques heures - 3 environ! - pour nous installer). Il nous faut donc un plan B. Sinon, coudonc, nous jouerons au basketball...

Voici une proposition pour modifier l'accrochage et l'utilisation des panneaux de La Défonce dans le cadre du Festival International de Théâtre de Mont-Laurier... C'est le plaisir des sorties: ajustement sans trop de compromis. En cliquant sur l'image, ça agrandira un peu. (Décidément, je m'en viens bon dans les plans sur Paint!)

À noter que la pipe devra être de la longueur nécessaire pour faire le lien entre le plafond et le panneau. J'ai mis 8 pieds à titre indicatif... Le but étant d'arriver à ça sans trop de dommages (les palettes de bois devant être prises directement là-bas):


Reste maintenant un sérieux problème (en autant que la solution indiquée ici fasse l'affaire!): l'éclairage... Mais ça, c'est une autre histoire.

samedi 13 août 2011

«La Défonce» [Carnet de mise en scène]


En répétitions, pour toute la fin de semaine, en vue de notre déplacement vers le 5ième Festival de théâtre international de Mont-Laurier (dont l'image ci-haut compose essentiellement l'affiche de cette année.

Nous jouerons là bas le 9 septembre, en soirée (voir la programmation ici). Inutile de dire que je passerai toute la semaine là-bas!

Si j'ai bien compris, ce festival est aussi un genre de gala où, tout au cours de la semaine, les productions présentées seront jugées et mises en nomination dans différentes catégories.

C'est aussi à cette occasion, le samedi 10 septembre, que se tiendra le quatrième Gala des Arlequins (organisé par le FQTA... voir ici) pour laquelle nous avons, je le rappelle, trois nominations: meilleur comédien, meilleure production 2011, coup de coeur du jury.

mardi 26 juillet 2011

Gala des Arlequins 2011

Jean-Sébastien Montpetit (Fred, La Défonce, Théâtre Mic Mac 2010)

Le Théâtre Mic Mac de Roberval vient de recevoir trois mises en nominations pour le prochain Gala des Arlequins qui se tiendra, cette année, en septembre (au lieu d'être en juin) à Mont-Laurier pour coïncider avec la tenue du 5ième Festival de Théâtre International de Mont-Laurier.

Les trois mises en nominations sont pour La Défonce qu'on a monté l'an dernier (et qu'on reprend lors de ce même festival de même qu'à Orsay en novembre) et que je considère comme étant l'une de mes meilleurs mises en scène:

Meilleur comédien 2010 pour Jean-Sébastien Montpetit (celui qui faisait le méchant et troublant Fred...)

Meilleure production 2010 (ce qui serait un beau pied de nez à tous ceux qui n'ont pas voulu venir voir ce spectacle de peur d'avoir peur...)

Coup de coeur du jury 2010.

À la lecture du communiqué, je crois comprendre qu'une quarantaine de productions à travers tout le Québec ont été passées au peigne fin pour faire ces mises en candidature. On se croise les doigts... et nous y serons tous!

jeudi 21 juillet 2011

«La Défonce» [Carnet de mise en scène]


La fin de semaine dernière - samedi, pour faire plus précis - nous avons passé, l'équipe de production de La Défonce et moi, la journée a répéter pour les reprises de l'automne (septembre à Mont-Laurier et novembre à Orsay).

Plus laborieuse que la première rencontre de la mi-juin, l'italienne (la récitation rapide du texte par les comédiens sans support) a fini par finir et nous sommes passés enfin à la scène pour réviser les déplacements et ajuster, au besoin (et parce que nous devons modifier la scénographie originale!) les gestes et entre-scènes. Heureusement, les omniprésents panneaux coulissants servant de décors avaient été remis bien en place! Sur des câbles au lieu d'être sur des rails. Le défi était double: rendre cette scénographie plus légère pour le transport tout en gardant la même ambiance, la même essence. Et au final, on y perd peu. Bien sûr, dans cette nouvelle mouture, les panneaux ne peuvent se croiser, mais tout de même.

Maintenant cette étape de passée (et la confiance revenue parce que le texte n'est pas très loin, que peu de choses ont été oubliées, que la scénographie fonctionne), nous pourrons passer, à mon retour de vacances, aux deux fins de semaines de répétition intensive pour revoir le jeu et l'interprétation.

Parce que comme j'ai dit et redit, le but n'est pas d'imiter ce que nous avons fait en avril 2010 mais plutôt de refaire, de recréer.
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Cette reprise a quelque chose de grisant. C'est très agréable que de reprendre un spectacle après un temps de décantation. De revoir le tout avec un regard moins plongé dans l'action, une nouvelle grille d'analyse...

J'ai bien hâte de voir ce qui adviendra de tout ça!

dimanche 26 juin 2011

«La Défonce» [Carnet de mise en scène]



Il est tout de même fascinant de constater - et ce fut le cas ce matin avec les comédiens de La Défonce que nous reprendrons cet automne - à quel point la mémoire est un muscle solide... que ce soit pour le texte, le geste, le mouvement.

Après plus d'un an sans avoir retouché à cette production, nous avons fait ce matin une lecture en groupe avant que de ne passer à un exercice qui aurait pu devenir laborieux: faire la pièce en scène, sans le texte dans les mains. Des craintes, il y en avait!

Eh bien! Ce fut d'une fluidité remarquable, les mots sortant généralement facilement, le corps reprenant une routine bien ancrée dans l'espace... Presque comme si nous avions monté cette pièce il y a quelques semaines à peine. Le ton y était aussi... dans des nuances qui redemanderont à être retouchées mais qui était pourtant bien là!

Cela augure bien pour la suite des choses.

Maintenant, il faut remettre l'ouvrage sur le métier pour que nous n'assistions pas à une imitation de la production d'avril 2010 mais plutôt en sa re-création.

samedi 25 juin 2011

La Défonce [Carnet de mise en scène]

Photographie: Christian Roberge (Théâtre Mic Mac 2010)

Hé oui. Nous y revenons.

Nous y revenons parce que cet automne, La Défonce (un texte de Pascal Chevarie) sera repris principalement dans deux contextes spéciaux: une représentation au Festival International du Théâtre de Mont-Laurier en septembre (voir la programmation ici) et à Orsay, en France, en novembre.

Demain, dimanche 26 juin, nous nous rencontrons, l'équipe de création de spectacle (concepteurs et comédiens) pour discuter, d'abord, de ces reprises... et ensuite (et ce sera là le gros morceau stressant de la rencontre), pour voir qu'est-ce qui reste de ce projet dans la tête et dans le corps de chacun. Le texte est-il encore su? Que se rappelle-t-on de la mise en scène? Du jeu? De cet exercice - qui peut ou surprendre ou décourager! - dépendra la suite des choses.

Une chose est certaine, il faut revoir la scénographie, pour la commodité des déplacements et des installations. Des choix seront à faire, sans perdre l'essence du décor original ni modifier l'esthétique choisie.

J'ai donc ressorti mon cahier de notes de l'an dernier et mon texte pour une révision intégrale de tout ce que nous avons fait. Revoir le cadre de ce spectacle dur dans le propos.

Ce sera intéressant de revenir sur ce qui a été fait... particulièrement pour cette production qui, je persiste encore à le croire, n'a pas eu l'assistance qu'elle méritait malgré ses grande qualités artistiques... ceci étant dit avec le plus d'objectivité possible. C'est, en quelques sortes, une douce revanche sur la vie.

Pour ceux et celles qui veulent en savoir plus, se rappeler le projet, il faut consulter cette série de billets sur la production 2010 du Théâtre Mic Mac de Roberval.

lundi 14 février 2011

Le Mic Mac se promène...


Les nouvelles sont bonnes en provenance du Théâtre Mic Mac (voir leur site ici) qui aura la chance de remettre, dans les mois à venir, sa production de l'an dernier, La Défonce de Pascal Chevarie, sur la route...

En effet... en septembre prochain (du 8 au 14), la troupe (et le spectacle!) a été sélectionnée pour représenter le Québec lors du Festival International de Théâtre de Mont-Laurier (voir ici)... pour se mesurer à une vingtaine de troupes d'autant de pays! À moins d'avis contraire, la représentation aura lieu le 9.

Par la suite, du 6 au 13 novembre de la même année, la troupe a été invitée à faire un échange avec la troupe D'un Théâtre à l'Autre, à Orsay, en France. Cette dernière viendra d'ailleurs présenter Les Précieuses Ridicules de Molière dans le cadre de la Traversée du Lac Saint-Jean cet été (le 26 juillet pour être plus précis). Un petit voyage en sol européen... mon premier dans un cadre de travail!

Il va s'en dire qu'avant d'entreprendre ces sorties, une petite virée saguenéenne (au tout début de l'automne) s'impose afin de s'assurer de la bonne marche du spectacle en tournée... et de valider les ajustements apportés - notamment en ce qui a trait au décor qui doit se simplifier (passer de 8 à 6 panneaux) sans perdre son intérêt...

Ainsi donc, dès le début de l'été qui vient (étrange de dire cela au cœur d'une tempête!), le spectacle sera remis sur le chantier des répétitions...

Bel automne en perspective!

mercredi 2 juin 2010

Leçon d'humilité...

Hier, je me suis retrouvé dans un camion avec une personne que je venais de rencontrer (en fait, c'est le frère d'un ami et nous allions l'aider à déménager...).

Nous roulions et, comme le veut l'usage, nous parlions de nos métiers respectifs. Et moi de dire que je travaillais en théâtre à Chicoutimi mais aussi occasionnellement avec le Théâtre Mic Mac de Roberval.

C'est alors que cette personne nouvellement rencontrer me dit qu'il allait au théatre... dont à Roberval... et qu'il avait vu dernièrement une pièce qui se passait dans le bois, un drame violent, dans un espace fait de panneaux... et il ajoute qu'il n'avait pas aimé du tout, que ce décor l'avait dérangé comme spectateur, etc...

Un petit malaise s'est installé quand je lui ai répondu que ce spectacle (La Défonce pour ceux qui ne l'aurait pas compris) était ma dernière mise en scène.

Cette petite scène cocasse me convainc que malgré tout les éloges qu'on peut recevoir, il y aura toujours d'autres spectateurs qui n'aimeront pas mais qui se tairont (à moins que la situation fasse qu'ils ne savent pas qu'ils s'adressent aux personnes concernées) et qui laisseront passer. Dommage. Car il est stimulant d'avoir, après coup, à justifier et motiver ses choix!

mardi 25 mai 2010

La Défonce [Carnet de notes]

Affiche de la production belge

Je voulais parler d'un truc qui m'est complètement sorti de la tête jusqu'à aujourd'hui (revenu grâce à un courriel de Réjean Gauthier).

Présentement, au moment même où nous songeons à peut-être aller jouer La Défonce en France (à Orsay, plus précisément... mais j'y reviendrai subséquemment...), la véritable création mondiale de ce texte* de Chevarie se fait en Belgique, à l'Atelier 210. La première a eu lieu le 18 mai dernier.

Voici une critique (et une photographie) parue dans La Libre Belgique, édition du 21 mai 2010:

L’horreur à rebours
Camille Perotti

Le Zut frappe fort avec “La défonce” de Pascal Chevarie à l’Atelier 210. Une mise en scène de Jasmina Douieb, le dernier spectacle de la compagnie.

Clôturant le cycle Québec du Zone Urbaine Théâtre, "La défonce" de Pascal Chevarie est un spectacle percutant; on en ressort comme après avoir assisté malgré soi à une violente bagarre. Jasmina Douieb, lauréate du prix Jacques Huisman 2009, signe la mise en scène de cette pièce à la langue québécoise que l’on reconnaît à sa rugosité et ses mots emprunts à la fois de modernité et de lyrisme.

L’intrigue n’a rien de suave : trois hommes qui décident de "faire la défonce" emportent des packs de bière dans leur camionnette et s’embarquent dans la forêt pour se saouler, pour s’oublier une nuit, comme ils le font souvent entre copains. Extrêmes, emportés dans leur rage, ils semblent décalés avec la réalité. Sur leur chemin, ils tombent sur une fille, "la vache" comme ils l’appellent, un peu gothique, très rock’n’roll. Jay est amoureux et lui demande sans cesse si ses sentiments sont réciproques, elle répond par la négative pour la dixième fois mais se laisse convaincre par le trio infernal d’aller boire un verre avec eux. Puis la virée dérape, s’échappe, comme la terre qui leur file entre les doigts.

C’est à rebours que ces quatre-là racontent ce qui s’est passé, avec leurs mots qui se précipitent, la colère qui monte et l’affolement puis la culpabilité croissante. Georges Lini, directeur artistique du ZUT, interprète Didi, le petit frère paumé et apeuré mais qui n’oublie pas de prendre les devants, Toni D’Antonio est Jay celui qui en pinçait pour "la vache" et qui redescend le plus rapidement sur terre tandis que Fred, le troisième compère, incarné par Nicolas Ossowski, semble mener ses "frères" et les influencer avec machiavélisme. Tous trois forment un trio de plus en plus effrayant à mesure de leur récit qui les confronte à la réalité des faits et du témoignage de la fille -Catherine Grosjean qui fait sien le rythme de la langue de Pascal Chevarie.

Dans "La défonce", Jasmina Douieb met en exergue la violence contenue et l’angoisse latente. La scénographie d’Agathe Mallaisé soulignée par les lumières de Benoît Lavalard suggère la forêt avec ses longues bandes verticales en plastique sali disséminées dans toute la salle ainsi que l’horreur du dérapage avec un grand bac de terre, tel une tombe. Grâce à un dispositif trifrontal, le public installé tout près des comédiens et sur la scène est entraîné en même temps que "la vache" par le trio masculin dans l’opacité de la nuit.

"La défonce", thriller rythmé et intense, est une descente aux enfers à rebours qui atteint son paroxysme lorsque les hommes se trouvent, à la lumière du jour, face à leur conscience, et trouvent dans le regard du vieillard qui a tout vu, le miroir de leur faute. Un spectacle incisif et percutant qui reste en mémoire, à l’image de la compagnie qui tire sa révérence.

Pour ceux qui ont vu la production du Mic Mac au cours du mois d'avril, cette description peut avoir un air de déjà-vu... Moi-même qui ai fait la mise en scène à Roberval, je pourrais croire que ce texte a été écrit par quelqu'un qui est sorti de la salle Lionel-Villeneuve tant la concordance est frappante!
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* le Mic Mac en a fait la création québécoise, son statut de troupe amateure ne lui permettant pas d'avoir l'honneur de la création mondiale... à ce que j'en ai compris.



mardi 4 mai 2010

La Défonce [Carnet de notes]

Quelques photographies inédites et éparses de la production La Défonce, du Théâtre Mic Mac, prises lors des générales (par Christian Roberge) en mars dernier. J'imagine qu'en cliquant sur la photo, elle s'agrandira...

Jay et Pen (Benoit et Joan), la finale.

Jay et Pen (Benoit et Joan), le premier écho.

Fred (Jean-Sébastien), un regard.

Les notes après la générale du 29 mars, et sur scène, c'est moi!

Dans la lumière du camion, premier silence.

Pen la vache (Joan), second écho.

Didi, Jay, Pen et Fred (Charles, Benoit, Joan, Jean-Sébastien), premier murmure.

La Défonce [Carnet de notes]


Afin de boucler la boucle comme il se doit, on me permettra de dresser un court bilan de cette expérience robervaloise...

Rarement une création m'a fait autant douter. Jusqu'à la première, les répétitions étaient une source constante de craintes, de questionnements, de coups sur la confiance. Aimerait-on? Quitterait-on la salle? Comprendrait-on? Accepterait-on le concept? Rarement me suis-je senti aussi fragile devant les commentaires (même si, d'autre part, mon arrogance naturelle me procure une carapace quasi indestructible!).

L'espace en lui-même (central et encombré de panneaux) s'imposait et imposait des contraintes de toutes sortes pour le spectateur. J'avoue que la tentation fut grande de revenir sur les décisions prises et de faciliter le travail.

Esthétiquement, l'ensemble me plaisait beaucoup: les costumes, la patine du décor, le maquillage, la scénographie, les lumières (qui auraient pu, si la salle l'avait permis, être encore plus oppressantes, glauques, grinçante), le son. Sur ce point, l'appui des concepteurs a été essentielle.

Pour sa part, le travail avec les comédiens a été agréable. Agréable, drôle (eh oui!) mais aussi (et en même temps!) fort épineux. Le défi était grand... après tout, je verse rarement dans le drame et, quand je le fais, je mise beaucoup sur le grotesque pour l'aborder. Concevoir un spectacle sérieux sur une aussi mince ligne dramatique pourtant chargée en tensions m'effrayait un peu. Le combat entre la scène et le texte de Chevarie s'est engagé solidement! Un corps à corps de tout instant. Le plus difficile était de maintenir l'interprétation à un certain niveau, avec un rythme efficace, un jeu sensible et un état de présence constant (nécessaire vu l'aire de jeu centrale) sans sombrer dans le lyrisme et le mélodramatique. Parfois réussi, d'autres fois moins... mais généralement, les comédiens s'en sont bien tirés.

En fait, la seule chose que je déplore véritablement est le fait de devoir laisser les comédiens à eux-mêmes lors des représentations (vu la distance) sans pouvoir corriger, chaque soir, les failles qui risquaient de devenir des écueils pour eux. Je salue d'ailleurs ici le travail de Sonia Tremblay, qui me remplaçait. Dans ce contexte (5 longues semaines de représentations), il aurait peut-être fallu prendre, en milieu de cette série, une après-midi de nettoyage et de resserrage pour redresser ce qui tendait à se diluer.

La Défonce a été une véritable expérience théâtrale et je suis fort reconnaissant au Mic Mac... d'une part pour leur audace dans le choix de ce texte et dans leur confiance envers mon travail. En ce sens, qui stimule qui?

Voilà. Ça conclue ce périple... à moins que ressurgisse cette production dans un avenir rapproché? Tout est possible (et tout est discuté à l'heure actuelle).

samedi 1 mai 2010

La Défonce [Carnet de notes]


Quelques mots juste pour signifier que ce soir, c'est la dernière représentation de La Défonce, au Théâtre Mic Mac de Roberval, après 15 présentations en 5 semaines. L'équipe mérite bien du repos... jusqu'aux retrouvailles pour une hypothétique reprise?

Je profiterai donc de cette dernière soirée avant que de ne tracer un bilan (plutôt positif!) de cette production.

samedi 10 avril 2010

La Défonce [Carnet de notes]

Voici un compte-rendu de Laura Lévesque (dans Le Quotidien de ce matin) à propos de La Défonce de Pascal Chevarie dont je signe la mise en scène au Théâtre Mic-Mac de Roberval. Mme Lévesque a assisté à la première représentation, le 1er avril dernier.


Troublante 60e production du Théâtre Mic-Mac de Roberval

«La Défonce» transpire la violence



(LAURA LÉVESQUE)

ROBERVAL - Troublante, la 60e production du Théâtre Mic-Mac de Roberval dévoile les côtés sombres de l'être humain. Encore plus troublante lorsqu'on sait que «La Défonce» de Pascal Chevarie s'inspire d'un fait vécu.

Comme le dit si bien le metteur en scène de cette nouvelle production, Dario Larouche, «­"La Défonce" se rapproche du véritable sens de la tragédie, d'une tragédie aux accents contemporains.»

Une forêt, la nuit, les phares d'un camion allumés, une vieille chanson et l'écho d'un cri étouffé, trois jeunes hommes viennent de commettre l'irréparable. Un acte qui se dévoile graduellement, gardant du coup le spectateur en alerte.

Pascal Chevarie s'est inspiré du meurtre d'Aylin Otano-Garcia, survenu le 12 juin 2000 à Chatham, près de Lachute, pour écrire une de ses première «vraies» pièces. Une histoire sordide qui a fait les manchettes à cette époque.

La jeune adolescente d'origine cubaine avait suivi un camarade de classe dans un bois. Un autre adolescent de 15 ans les attendait. Ce dernier a battu à mort la jeune femme à l'aide d'un bâton de baseball. Le crime a été qualifié de haineux.

Et la haine, on la sent dans «La Défonce». La délinquance des trois jeunes hommes, interprétés bénévolement, faut-il le rappeler, par Benoît Brassard, Jean-Sébastien Montpetit et Charles Rousseau-Dubé, rappelle celle des personnages du film de Stanley Kubrick «Orange Mécanique», une bande obsédée par la violence et la drogue.

Têtes rasées, manteaux de style militaire et imposante bottes, les trois amis dans «La Défonce» sont «frères». Xénophobes, ils se réunissent en forêt pour se «défoncer».

Pénélope, surnommée «la vache» par les hommes, se trouve au mauvais endroit au mauvais moment. Interprétée avec audace par Joan Tremblay, Penn veut montrer à tout prix qu'elle est une femme forte.

Et dans toute cette jeunesse, un ermite, campé par Réjean Gauthier, fait un passage bref, mais remarqué. Hanté par son passé, le vieil homme se sent envahi dans «sa» forêt.

«Cette pièce ne s'inscrit pas dans le genre de divertissement que certains spectateurs auraient souhaité, mais chose certaine, "La Défonce" ne laissera personne indifférent», souligne avec raison la présidente du Mic-Mac, Francine Joncas.

En effet, la 60e production de la troupe bouleverse. Aucun rire ne se fait retentir pendant «La Défonce».

La mise en scène, brillamment réalisée par Dario Larouche, également directeur général du Théâtre des 100 Masques à Chicoutimi, renforce par ailleurs le texte cru de Chevarie.

Dès l'entrée en salle, le spectateur fait face à une mystérieuse scène centrale. Plates-formes de bois industrielles et rideaux de plastiques comme on en voit dans les abattoirs, le décor accentue la tension dramatique.

Présentée en première québécoise, «La Défonce» se poursuit jusqu'au 1er mai prochain à la salle Lionel-Villeneuve de Roberval, tous les jeudis, vendredis et samedis.


Voilà. Petite note: ce texte d Chevarie sera «officiellement» créé dans quelques semaines (si je ne m'abuse) à Bruxelles.

vendredi 9 avril 2010

La Défonce [Carnet de notes]

Ai assisté, hier soir, à la reprise des représentations de La Défonce à Roberval après une semaine de relâche. Voici, pour ceux qui ont vu la production en même temps que moi ce que j'en ai pensé globalement (et ce sont les notes que recevront ce soir les comédiens):

Tout d'abord, laissez-moi vous féliciter pour la soirée d'hier. Je trouve que vous vous en sortez très bien. Vous êtes généralement assez précis et assez juste... et ça donne un spectacle vraiment intéressant à regarder... mais bon, étant le metteur en scène, je ne suis peut-être pas objectif (quoique mes trois amis d'hier soir on beaucoup aimé et m'ont fait beaucoup de commentaires positifs sur la route qui, soit dit en passant, était fort mauvaise jusqu'à Desbiens!).

Ce qui ne m'empêche pas de voir quelques trucs à vous faire remarquer...

La première chose! Bien que je trouve que vous atteignez une belle précision de gestes, je trouve toutefois que vous en reperdez dans le placement, dans vos positions des uns par rapport aux autres. Certains de vos déplacements manquent d'intentions, manquent de fluidité, de grâce, manquent de d'ancrage au sol (certains déplacements, surtout Benoît, semblent flous). Par ailleurs, ça piétine un peu (et ça paraît quand vous tentez de vous replacer comme il le faut après un déplacement manqué).

Même chose pour le ton. Vous avez tous fort bien travaillé... mais attention de ne pas pousser le jeu... notamment lors des reprises. L'intensité de votre présence ne se manifestera pas par un jeu vocal forcé. Parler plus fort, plus vite, avec plus de «sentiments» (haine, rage, peine, etc.) fausse plus l'ensemble que ça ne l'améliore. La simplicité dans l'exécution de votre partition (telle qu'on l'a vue) sera toujours plus efficace.

Encore une fois, ne précipitez rien; l'urgence n'est pas dans le rythme mais dans le tonus et la tension. Vous devez rester à l'écoute des autres en tout temps. Plus les représentations avancent, plus vous serez à l'aise et le plus vous devrez vous le rappeler. Attention de ne pas embarquer dans un cycle d'automatismes qui perdent contact avec le récit, avec le partenaire, avec la scène et, ultimement, avec le public. Demeurez alertes.

Mais enfin, je le redis, c'était quand même une bonne reprise... tant technique que scénique. Si ce ne sont ces quelques notes en rafales:


Et ici, je poursuis en détails qui alourdiraient le commentaire...