dimanche 12 octobre 2008

La semaine théâtrale... 10


L'événement de la semaine à venir est le début des représentations de La Cerisaie de Tchekhov, présentée par les Têtes Heureuses.

Le tout se passe au Petit Théâtre de l'UQAC, à compter du 16 octobre 2008 (jusqu'au 2 novembre) - les jeudis, vendredis et samedis à 20h et les dimanches à 14h. Notez que ce samedi-ci, il s'agit de la première officielle (transformée, pour l'occasion, en soirée bénéfice à 50$ le billet).

C'est tout.

samedi 11 octobre 2008

Les principes fondamentaux de la biomécanique de Meyerhold


Petite synthèse brève et concise sur un élément historique du théâtre meyerholdien, la biomécanique - qui, en soit, se révèle être un entraînement de l'acteur et non pas un style de jeu -, les mouvements conscients sur scène:

Il y a tout d'abord l'OTKAZ (le refus) qui prépare l'action.

Puis vient le POSSYL (l'envoi) qui est la réalisation de l'action.

Suit le TOTCHKA (le point) qui représente l'atteinte du but de l'action.

Tout ceci étant réalisé sur le TORMAZ (le frein), la retenue physique et émotionnelle qui permettra de réagir immédiatement à tout obstacle imprévu pouvant se présenter.

Voilà. En d'autres termes, et pour faire encore plus simple, c'est l'intention, l'élan, la pose et le retour au point neutre.

Cocteau et le théâtre


À la longue, le théâtre où je travaille ne perd pas son prestige. Je le respecte. Il m'intimide. Il me fascine. Je m'y dédouble. Je l'habite et je deviens l'enfant que le tribunal du contrôle autorise à entrer aux Enfers.

Jean Cocteau, La difficulté d'être

vendredi 10 octobre 2008

I.L. aimait bien mettre en scène de petits drames

Drame à Bareback Mountain: la chasse au cocodrille hermaphrodite.
(avec l'aimable autorisation de Carol Dallaire)
Photographie: Carol Dallaire

Comment sortir des murs du Petit Théâtre alors que tout m'y appelle (parfois avec empressement!) ces jours-ci? De toute façon, pourquoi en sortir (même si 10 000 raisons pourraient m'y pousser...)?

Le Pavillon des arts est un microcosme effervescent. Et, outre le théâtre et les théâtreux, la Galerie l'Oeuvre de l'Autre se joint à l'ébullition ambiante en présentant l'exposition de Carol Dallaire Histoires discrètes [quelques fêlures] accompagnées de I.L. aimait bien mettre en scène de petits drames (objet d'une magnifique publication).

Cette partie d'exposition est composée de véritables mises en scène, à l'échelle miniature, de jouets d'enfant. Une poésie du passé ludique. Une métaphore des enjeux contemporains. Les Petits Drames jouent sur les simples rapports entretenus entre le spectateur et l'oeuvre, entre le lointain et le rapproché, entre l'attendu et la surprise. Marcel Duchamp avançait la notion d'inframince, un mot qu'il disait humain et affectif, non une mesure précise scientifique, pour parler de ce qui se donne à voir, quand on observe, entre le dessus et le dessous des choses, entre le dit et le non-dit [...]. (Carol Dallaire, quatrième de couverture de la publication)

Le questionnement se dessine sur le visage du visiteur aussitôt mué en spectateur devant l'élaboration des constructions scéniques. Puis, peu à peu, le sourire apparaît à la lecture des titres, petites oeuvres en soit.

Un pouvoir de suggestion puissant duquel le théâtre devrait parfois apprendre! Une théâtralité d'une simplicité désarmante et pourtant, forte et efficace...

D'ailleurs, Patrice Pavis - sémiologue français du théâtre (?) - définit ainsi la théâtralité: c'est le théâtre comme quand nous étions enfants...

Quoi rajouter de plus?

jeudi 9 octobre 2008

Malaise


Je vis un certain malaise ces temps-ci... et c'est celui d'être inclus dans une distribution et de passer pour un comédien (je parle ici de La Cerisaie des Têtes Heureuses).

Bien sûr, techniquement, je suis sur scène... par conséquent, je suis comédien. Mais l'épithète ne me va pas. N'est pas comédien qui veut (d'où ce que l'on peut appeler le professionalisme). Il faut un plaisir du théâtre que je n'ai pas. Il faut une rigueur au théâtre que je n'ai pas - du moins pour jouer. Il faut un talent que je n'ai pas. On ne peut tout faire et tout ne peut être fait par n'importe qui.

Je suis très près d'eux lorsque je fais de la mise en scène ou que j'écris. Pourtant, la ligne entre faire et voir faire est infranchissable... pour le moment.

mercredi 8 octobre 2008

Du sable dans l'engrenage


Oui, les Têtes Heureuses présentaient hier leur conférence de presse pour la tenue des leurs activités automnales... et ce sujet s'est retrouvé dans un billet précédent, dans lequel je mentionnais, entres autres, qu'il y fut question de la situation financière (et organisationnelle) de la compagnie, aux prises avec une coupe drastique du CALQ.

Voici que, ce matin, paraît, sous la plume de Christiane Laforge, un article dans le Quotidien, La belle folie des Têtes Heureuses... dont ce petit bout: Oser présenter en région un théâtre dont le coût de production s'avère au-dessus de leurs moyens financiers, à moins d'y consacrer la presque totalité de leur budget, optant pour une administration bénévole, telle est la méthode «heureuse». Apprenant, plus tard, que le CALQ reconsidérait à la baisse sa contribution pour 2008 et 2009, une réduction de 25% de sa subvention passant de 50 000$ à 37 000$, la compagnie a refusé la suggestion de ne pas produire ce Tchekhov.

Le problème des Têtes Heureuses se situent exactement là. Artistiquement, l'évaluation est élogieuse (bien que l'organisme soit un peu catalogué dans le théâtre universitaire... encore une fois, perçu comme une tare...). Toutefois, ce choix d'assumer un budget presque exclusivement dédié aux frais directs de production au détriment d'une structure (peut-être, somme tout, plus efficace...) organisationnelle cadre, malheureusement, fort mal dans un programme voué au fonctionnement - ce qui rend la coupure encore plus tragique vu la certaine cohérence qui s'y rattache.

Plus qu'un problème de perception, il s'agit véritablement du questionnement d'une façon de faire... conjuguée à un calcul statistique défavorable.

La mise en place d'une organisation permanente peut-elle nuire à la création? La liberté de l'artiste souffre-t-elle nécessairement dans une structure plus définie? Faut-il, aujourd'hui, ne faire du théâtre que dans un cadre imposé? Telles sont les questions qui se posent désormais pour cette compagnie qui porte pourtant une impressionnante feuille de route.

«La belle folie des Têtes Heureuses» se mue parfois en dur coup.

mardi 7 octobre 2008

Esthétique théâtrale

Honoré Daumier (1808-1878)
Les fruits d'une mauvaise éducation dramatique



(CORVIN Michel, Dictionnaire encyclopédique du théâtre, Larousse, Paris, 1998)

Après que l'expression ait été utilisée à maintes reprises ces derniers jours (et dans ce blogue), je me permets un petit détour dans l'ouvrage de référence citée ci-haut:

Le mot esthétique apparaît en Allemagne en 1750 et ne devient d'un usage courant qu'entre 1800 et 1850. Il désigne la science, ou plus modestement, la réflexion, qui porte sur la beauté des oeuvres d'art.

[...] Dès lors, deux directions s'offrent à la réflexion sur le beau. Il y a une esthétique normative et une esthétique simplement descriptive. La première donne des règles qu'elle prétend universelle. Un coup d'oeil sur l'histoire suffit pourtant à montrer que ces règles ne sont considérées comme valides que dans un temps et un milieu déterminés, et en outre qu'elles sont plus l'expression d'un goût que d'une nécessité objective. [...] Le beau n'est ni démontrable, ni immuable.

L'esthétique descriptive, pour des raisons différentes, n'a pas davantage réussi à s'imposer, pas plus au théâtre que dans les autres arts. Certes, elle est plurielle, elle offre une variété de descriptions des formes. On pourrait, dans l'esthétique théâtrale, en suivant les grandes époques de l'histoire du théâtre ou des aires géographiques suffisamment contrastées, établir une série de monographies dont chacune aurait sa cohérence. (1) [...] Somme toute, il n'y a pas une esthétique théâtrale, il y en a nécessairement plusieurs. Aucun principe d'organisation qui serait commun è à ces divers sous-systèmes ne semble apparaître. L'ensemble des esthétiques théâtrales n'est pas comparable à celui des corps chimiques, qui est cohérent, même s'il est ou a été incomplet.

L'originalité de chaque esthétique semble irréductible. Irrémédiablement enchaînée au concret, l'esthétique théâtrale a en fait renoncé à dépasser les frontières de l'histoire et a tenu le plus grand compte, en cherchant sa propre définition, des techniques ou des idéologies avec lesquelles elle est contrainte de travailler. Elle apporte plus ou moins nettement selon les cas, sa couleur propre à l'architecture du bâtiment théâtral, à la dramaturgie, à la mise en scène, à la pratique du comédien, aux décors, aux costumes, aux éclairages, aux effets sonores, etc. Elle ne peut pas ne pas intégrer non plus, dans la mesure où son public les attend, de vastes paysages historiques, une morale, au moins implicite, et même une métaphysique. La combinaison de tous ces éléments acquiert nécessairement un sens .

Par cette approche, l'ensemble des esthétiques théâtrales tend à progresser vers ce qui est peut-être le rêve de la science théâtrale universelle, cette histoire totalisante du théâtre, cette Theaterwissenschaft. L'emploi de l'expression "esthétique théâtrale" au singulier ne dénoterait alors que l'aspiration à l'impérialisme culturel chez chacun des sous-systèmes qui prétendent à cette domination.


Peut-être ce billet demande-t-il une nuit de sommeil...

(1) Il y aurait, par exemple, et la liste est loin d'être exhaustive, une esthétique shakespearienne qu'on appelerait peut-être baroque, une esthétique classique ou pompeuse, niée et prolongée `ala fois par une esthétique romantique, une réaliste, une symboliste, une brechtienne, une de l'absurde, une du quotidien, etc.

Tra la la la la lère

Non... ce n'est pas du théâtre... mais tout de même! Quelle belle mise en scène infographique d'une musique!

Conférence de presse

Les Têtes Heureuses ont tenu leur conférence de presse annuelle pour faire état de leur programmation à venir.

Il y fut question, bien entendu, de La Cerisaie de Tchekhov qui mettra en scène treize comédiens (pour dire vrai, il s'agit plutôt de douze acteurs et de moi!). En quelques mots, le directeur artistique résume: Ce que j'écris, c'est la vie disait Tchekhov... Seul vaut la peine la transmission de l'intransmissible, répondait Blanchot. Et voilà le programme établi sur la ligne ténue du théâtre.

Il y fut également question du colloque attenant à ce spectacle... colloque - ou plutôt rencontre - qui s'articulera, cette année, autour du thème La vie même et qui - par des conférences, tables rondes, entrevues, projections, etc. - essaiera non pas de répondre mais de réfléchir à diverses questions (et bien d'autres): de quelle dramaturgie avons-nous besoin maintenant? pourquoi la scène contemporaine semble-t-elle avoir du mal à rendre compte du politique et du métaphysique et à inventer un nouveau réalisme? comment jouer ce théâtre encore si stupéfiant formellement? Il s'agit d'une activité ouverte à tous, et très enrichissante qui vaut le coup...

Il y fut aussi question, en troisième lieu, de l'exposition qui prend place présentement dans la Galerie L'Oeuvre de l'autre, Histoires discrètes (quelques fêlures) de Carol Dallaire, qui fait écho à la pièce de Tchekhov par les thèmes, les images, les répliques traités par l'artiste. Le tout sera assorti d'une publication et d'un vernissage, demain soir (avec un magnifique buffet!).

Enfin, comment ne pas s'attarder un instant sur la situation financière des Têtes Heureuses, affligées d'une coupure drastique du CALQ... Cette partie serait longue à élaborer... un jour, pourtant, il faudra que je m'y astreigne...

lundi 6 octobre 2008

dimanche 5 octobre 2008

La mise en scène de la dernière minute


Les fins de production (et les demandes de subventions, et les activités connexes) ne semblent pouvoir se boucler qu'à la dernière minute, peu importe le temps passé à les réfléchir, à les organiser, à les planifier... Symptômes ou conséquences?

L'implication demande un redoublement d'ardeur malgré les échéances qui deviennent de véritables épées de Damoclès et les tensions qui surgissent de toutes parts.

Le théâtre est grand lorsqu'il fait monter la foule à lui ou, s'il ne la fait pas monter, alors au moins l'attire vers les hauteurs, disait Meyerhold. Si cette maxime vaut pour les spectateurs, elle vaut également pour une équipe de création (ou de production, ou de direction, ou d'administration). Si, par manque de temps ou de structure, on la perd de vue, il en résulte un manque de stimulation néfaste, un trou noir dans une passion souffrante, la vacuité.

Dernier sprint pour des coureurs de marathon.

La semaine théâtrale... 9


Eh bien... à ma connaissance, ce sera encore une semaine relativement pauvre en sorties, si ce n'est de la conférence de presse des Têtes Heureuses, ce mardi, à 9h30, au Petit Théâtre de l'UQAC... et le vernissage, ce mercredi-ci, de l'exposition Histoires discrètes (quelques fêlures) de Carol Dallaire, présentée dans le cadre de l'Événement Tchekhov.

Bien sûr, d'ici là, tous planchent probablement sur la demande du Conseil des Arts du Saguenay, répètent et/ou se préparent à recevoir des spectacles...

Voilà.