dimanche 20 décembre 2009

La semaine théâtrale (du 20 au 26 décembre 2009)

Ça sent résolument la fin de la saison théâtrale! À ma connaissance (mais elle n'est pas omnisciente!), il ne reste qu'un rendez-vous à inscrire à l'agenda... et il est aujourd'hui:

Aujourd'hui - 20 décembre 2009
Petit Théâtre de l'UQAC, 14h

Johanna Lochon présente son projet de fin de maîtrise, un spectacle pour enfant intitulé J'ai toujours voulu être une fille hirondelle.

Voilà, c'est tout pour cette année... à moins qu'il ne reste quelques représentations des Amis de Chiffon?

Pour ma part, je mets un terme à ces semaines théâtrales... jusqu'à janvier! Et probablement perdrai-je un peu de ma constance dans les prochaines jours... festivités obligent!

samedi 19 décembre 2009

Saint-Saëns en action

Il y a quelques jours, j'écrivais ici à propos de la Danse Macabre de Saint-Saëns que j'aime beaucoup. En fouillant un peu sur Youtube (il est des jours, comme aujourd'hui, où l'inspiration manque!), je suis tombé sur ce petit vidéo du Maestro capté en pleine action, dirigeant d'une main de maître... et, plaisir suprême, le réalisateur (à l'origine) et commentateur (quelques années plus tard) de celui-ci n'est nul autre que Sacha Guitry. Il s'agit là d'un extrait de son fabuleux Ceux de chez nous tourné en pleine Première Guerre qui présente également Sara Bernhardt, Auguste Rodin, Auguste Renoir, Edmond Rostand, etc.!



Voilà.

vendredi 18 décembre 2009

Une Histoire en vers...


En 1674, Nicolas Boileau publie son Art poétique (le fameux texte qui résume ainsi la règle des trois unités: Qu'en un lieu, qu'en un jour, un seul fait accompli / Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli) qui édicte (pour ne pas dire qu'il enferme à double tour!), en quelques sortes, le cadre du classicisme français qui aura cours jusqu'à la révolution romantique (bon... je bouscule un peu l'histoire, mais...).

Dans cet essai écrit en vers se trouve, au troisième chant (à partir du vers 61), une histoire du théâtre en quelques lignes (32... pour être plus précis) que j'aime bien:
La tragédie, informe et grossière en naissant,
N'était qu'un simple choeur, où chacun, en dansant,
Et du dieu des raisins entonnant les louanges,
S'efforçait d'attirer de fertiles vendanges.
Là, le vin et la joie éveillant les esprits,
Du plus habile chantre un bouc était le prix.
Thespis fut le premier qui, barbouillé de lie,
Promena dans les bourgs cette heureuse folie ;
Et d'acteurs mal ornés chargeant un tombereau,
Amusa les passants d'un spectacle nouveau.
Eschyle dans le choeur jeta les personnages,
D'un masque plus honnête habilla les visages,
Sur les ais d'un théâtre en public exhaussé,
Fit paraître l'acteur d'un brodequin chaussé.
Sophocle enfin, donnant l'essor à son génie,
Accrut encor la pompe, augmenta l'harmonie,
Intéressa le choeur dans toute l'action,
Des vers trop raboteux polit l'expression,
Lui donna chez les Grecs cette hauteur divine
Où jamais n'atteignit la faiblesse latine.
Chez nos dévots aïeux le théâtre abhorré
Fut longtemps dans la France un plaisir ignoré.
De pèlerins, dit-on, une troupe grossière,
En public, à Paris, y monta la première ;
Et, sottement zélée en sa simplicité,
Joua les Saints, la Vierge et Dieu, par piété.
Le savoir, à la fin dissipant l'ignorance,
Fit voir de ce projet la dévote imprudence.
On chassa ces docteurs prêchant sans mission ;
On vit renaître Hector, Andromaque, Ilion.
Seulement, les acteurs laissant le masque antique,
Le violon tint lieu de choeur et de musique.

Un jour, il faudra tenter d'écrire la suite de façon aussi concise pour se rendre jusqu'à aujourd'hui!

jeudi 17 décembre 2009

Le critique, «artiste impressionniste»... l'acteur, «artiste expressionniste»

Le banc des amateurs - Honoré Daumier

Pour poursuivre dans la lignée du dernier billet, voici une réponse à la question posée par le Théâtre Périscope (dans le cadre du concours Acte critique 2007-2008) à Jean St-Hilaire, critique dramatique (jusqu'à l'été dernier) au journal Le Soleil (Québec):

Qu'est-ce qu'une bonne critique de théâtre?

Un préjugé tenace entoure la critique théâtrale. On veut qu’elle applaudisse aux bons coups, oui, mais surtout qu’elle sanctionne sans merci les faux pas, ce en quoi on la réduit à un négativisme stérile.

Donner son opinion, dire qu’on a aimé ou pas ne suffit pas à faire une critique. La critique est un acte de second regard, la condition même de l’avancement de la pensée, et ce, de tout temps et dans toute société. La démocratie ne serait pas advenue sans elle. Elle est née parce que des philosophes, des écrivains, des acteurs publics ont critiqué l’obscurantisme et les injustices qui la voilaient au regard des humains.

La critique théâtrale, elle, ne se substitue pas au spectacle, elle le prolonge. Elle n’est pas « vérité révélée », mais tentative d’approfondissement. Équilibrée, nuancée et sincère, elle documente et enrichit la rencontre des artistes avec leur public, et par extension avec leur société, la tradition et l’avenir en marche du théâtre.

L’éminent critique savant George Steiner fait ressortir bien à propos que la critique est « un commentaire sur le commentaire », une appréciation de la critique première du monde qu’est toute oeuvre d’art. Car en comédie comme en tragi-comédie et en tragédie, c’est d’un aspect ou l’autre de la condition humaine que toute pièce un tant soit peu structurée et inspirée traite. Entre la scène et nous, public, un fragment d’humanité respire. Les créateurs donnent une forme et un souffle à ce fragment ; au critique de voir s’il en émane cohérence, force d’expression, poésie et originalité. Ce dernier mot a son importance car l’art véritable n’imite pas, il est le regard unique posé sur un enjeu, une situation, fussent-ils familiers ou extraordinaires. Il existe une telle chose qu’une pièce ou un spectacle bien fait qui divertit, mais ne réinvente rien. La création véritable, elle, génère ses propres critères et produit du neuf. Et il ne faut jamais perdre de vue que la nouveauté féconde est une petite bête qui quémande apprivoisement…

Voilà un long détour pour en venir à la question qui brûle toutes les lèvres : qu’est-ce qu’une bonne critique ?... À vrai dire, je ne suis pas sûr de pouvoir y répondre avec pertinence. Je préfère penser qu’il y a plusieurs chemins vers la critique vivante. Celle-ci allie la vivacité du conteur à l’acuité de l’analyste, l’observation personnelle à la prise en compte des exigences de la scène qui, soit dit en passant, ne sont pas réductibles aux objectifs du cinéma ou de la télé. Osons quand même une définition. Oh, je n’ose pas fort, je me rabats sur des mots relevés jadis, mais dont j’ai perdu la source. Cette définition dit à peu près ceci : la critique est l’expression raisonnée de son sentiment devant les productions de l’esprit.

Raisonner son sentiment, là réside le défi cardinal de la critique. Et pour ce faire, il faut décrire avec toute la précision dont on est capable. La fable (l’histoire), l’esthétique visuelle et sonore du spectacle, à commencer par le jeu des acteurs, l’effet produit. Car si on décrit mal, ou pire, on ne décrit pas, comment votre lecteur ou auditeur se représentera-t-il ce que vous jugez ?...

Plus que d’une recette, c’est de curiosité, de discipline intellectuelle, d’originalité et de sincérité dont l’aspirant critique et le critique ont besoin. Il y a du vrai dans ce qu’Oscar Wilde disait : le critique est « un artiste impressionniste » et l’acteur, « un artiste expressionniste ». Mais avant tout, il y a une question fondamentale que l’aspirant critique et le critique doivent se poser : qui suis-je ?

Quel est mon schéma du monde et quelle place me vois-je dans ce schéma pour oser juger des créations d’autrui ? Si mon but ultime est de réduire le monde aux clichés et préjugés du jour plutôt que de chercher à l’agrandir, mieux vaut m’engager sur une voie moins publique. Car la critique dramatique est un acte public, une médiation entre ceux qui font le théâtre et ceux qui, avec leurs frères et soeurs humains, essaient de se reconnaître dans la représentation. Un acte public, donc civique, qui ne tolère pas la paresse. À l’instar du ressentiment, la paresse vous épaissit les lunettes et vous assèche le regard. Elle déforme l’objet observé…

mercredi 16 décembre 2009

En matière de critique...


Je veux qu'[elle] soit sincère, grave, profond[e],
se sachant investi[e], à l'égard du poète, d'une fonction créatrice,
digne de collaborer à la même oeuvre que lui
et de porter, comme lui, la responsabilité de la culture.

Jacques Copeau

Jonquière... il neige. Il fait froid... C'était hier.

Une treizaine de praticiens se sont réunis au Côté-Cour pour entendre, échanger, pendant deux heures, avec les quatre invités du Théâtre C.R.I. et du Théâtre 100 Masques dans le cadre du troisième Rendez-Vous Théâtre: Philippe Belley (chroniqueur culturel à CBJ), Paule Therrien (animatrice à CBJ et à CKTV), Michel Lemelin (disons... spectateur critique) et Denise Pelletier (journaliste émérite au Quotidien et blogueuse).

Que retirer de ce Rendez-Vous Théâtre ayant pour thème Autour et au tour de la critique animé de belle façon par François Tremblay (aussi chroniqueur à CBJ)?

Petit compte-rendu qui, dressant les grandes lignes abordées, ne rendra malheureusement pas compte de la richesse des discussions.

D'emblée, une définition de la critique s'impose... et tous rejettent celle inscrite sur le communiqué (celle de Jacques Copeau mise en exergue plus haut) , ou du moins, affirment qu'elle ne peut s'appliquer dans un milieu comme le nôtre (et ici, je tique encore et encore!). La critique, c'est, selon Lemelin (et il redéveloppe son argumentation sur son blogue), une affaire de discernement (par rapport au contexte, au moyens, aux artistes impliqués). C'est une position de spectateur privilégié pour les autres. La critique , au sens où on l'entend (pensons aux Robert Léveques, Jean St-Hilaire, Michel Bélair) existe-t-elle au Saguenay?

Dans notre contexte, aucun des invités ne se considère comme critique. Vu l'espace qui leur est accordé, vu le cadre fixé par les employeurs, vu aussi le caractère généraliste de leur métier. La spécialisation inhérente à une véritable analyse critique fait défaut. Et pourtant, il y a tout de même émission de commentaires, de brèves analyses... parfois plus détaillée. L'expérience aidant, le journaliste peut s'exprimer avec plus de facilité. Par conséquent, il y a, en quelques sortes, critique! Dès lors, on parle de critique médiatique... de critique s'adressant, par médias populaires, à un public précis qui ne recherche, par ailleurs, guère un essai analytique mais plus une description et une appréciation. Selon les uns, ces commentaires ont peu d'influence (et pourtant!)...

On distingue aussi le rôle de la critique conventionnelle (l'utopie de Copeau) avec celui de la critique médiatique qui, outre le fait de donner un compte-rendu de l'oeuvre, se confond également avec celui-ci (peut-être plus primordial) de la promouvoir...

Alors, se sentent-ils à l'aise d'aborder franchement les points négatifs d'un spectacle? Encore une fois, la petitesse du milieu est évoquée avec ce qu'elle peut supposer de relations incestueuses entre les journalistes et les praticiens. On apprécie le fait de pouvoir suivre l'évolution des artistes, on se sent capable de pointer, dans une oeuvre, les questions... de situer une oeuvre dans une démarche. Mais on se sent difficilement en droit de critiquer négativement... Peut-on parler, dans ce cas, d'une production qui ne plaît pas? À moins de la détester (et dans ce cas, on s'abstient), il y a toujours quelque chose à dire sur celle-ci... et des nuances à apporter dans le commentaire (sur le contexte de réception, les moyens utilisés, les tentatives de recherche, etc.).

Que fait le milieu pendant ce temps? Est-il capable de prendre la critique (d'ailleurs, sur ce point, on déplore que cette formulation présuppose qu'il y est fondamentalement réfractaire... et je maintiens celle-ci... surtout dans le cas d'une critique négative!)? La question ferait, à elle seule, l'objet d'un débat enflammé. Ouverture? Frilosité? Les opinions divergent selon qu'on soit assis derrière un micro, un ordinateur, une scène ou qu'on soit praticien.

Donc, en bref, le véritable travail critique doit se faire dans les revues spécialisées, pour un public spécialisé. Elle doit cependant se faire aussi (et surtout!) entre praticiens, dans un échange interpersonnel (l'espace public - comme le blogue - étant un peu malsain selon certains). Il serait important de créer un espace critique. D'ailleurs, on se prend à rêver d'une formule où, dans le cadre d'une journée (par exemple!), tous les praticiens se réunissent pour discuter, selon une horaire précise, de toutes les productions ayant eu cours durant l'année, pour poser des questions aux créateurs, évaluer les démarches, etc.

La discussion fut des plus intéressantes... et pourtant, je reste encore avec l'idée que cette non-existence de la critique (dans son sens premier) dans un milieu (particulièrement comme le nôtre) freine l'évolution de la culture.

mardi 15 décembre 2009

D'un pouvoir de suggestion...

Je m'éloigne un peu du théâtre (même si ce billet est directement relié à mes activités de l'hiver) pour présenter ce... ce... ce truc (d'emblée, je m'excuse: il est en anglais... mais complet!) qui m'inspire terriblement...



J'adore cette Danse Macabre de Saint-Saëns. J'adore l'idée du poème symphonique (voir ici, en lien, le poème originel de Henri Cazalis et la mise en scène musicale de celui-ci). J'adore la faculté qu'a cette oeuvre de créer des images que par la musique... cette puissance d'évocation. .. Et ce, malgré toutes mes résistances envers la musique... C'est vers ce type d'évocation directe et pourtant suggestif que je tend dans mon travail... et là est tout le défi!


lundi 14 décembre 2009

Il y a une chose pire que de ne pas être critiqué, c'est de ne pas s'exposer aux critiques (Carla Bruni)


C'est demain soir (mardi, le 15 décembre) qu'a lieu le troisième Rendez-Vous Théâtre organisé par le Théâtre C.R.I. et le Théâtre 100 Masques, au Côté-Cour de Jonquière, à compter de 19h!

Ce sera l'occasion, pour tous ceux intéressé par le théâtre, de se réunir pour discuter de l'épineuse et délicate question de la critique! Plus il y aura de monde et plus les débats seront diversifiés et stimulants! Le théâtre ne peut se faire sans échange critique...

Et si le beau milieu se retrouvait dans ces mots de Somerset Maugham: Les gens sollicitent vos critiques, mais ils ne désirent seulement que des louanges ?

C'est un Rendez-Vous... et c'est gratuit!

Comme une contrebasse


Définition métaphorique du metteur en scène, par Mathias Greffrath (dans son article This is not the end paru dans Alternatives théâtrales no.82) à partir du travail de Thomas Ostermeier, l'un des grands - et jeune! - nom du théâtre contemporain, directeur artistique de la Schaubühne de Berlin:

Un metteur en scène est comme une contrebasse: quelqu'un qui donne le rythme à une mise en scène, dont les harmonies fournissent un échafaudage solide pour le jeu, marquent l'espace, sur qui on peut compter et qu'il ne faut pas quitter, la base qui donne tant d'assurance aux acteurs au point qu'eux-mêmes et le public «vivent quelque chose à travers la fureur de la représentation qu'on n'avait pas pu prévoir à l'avance» (nda: dixit Ostermeier). Mais comme chaque instrument, la contrebasse a aussi ses dangers: si elle joue trop bas, les contours s'estompent, si elle joue trop fort, il n'y a plus que du rythme et plus aucune mélodie.

J'aime beaucoup cette définition du metteur en scène. Il me semble qu'elle exprime bien (particulièrement dans la seconde partie!) les écueils de la mise en scène formaliste... de mes mises en scène.

dimanche 13 décembre 2009

La semaine théâtrale (du 13 au 19 décembre 2009)

Petite semaine assez chargée pour qui aime le théâtre... et qui veut en voir, surtout! Parce qu'on peut vouloir voir du théâtre sans nécessairement l'aimer. C'est possible... j'imagine.

Mardi - 15 décembre 2009
Côté-Cour (Jonquière), 19h

Le Théâtre C.R.I. et le Théâtre 100 Masques présente leur troisième Rendez-Vous Théâtre (une initiative née au début de 2009) portant, cette fois-ci (après un se penchant sur les directions artistiques et un autre sur le comédien), sur la critique. Autour et au tour de la critique réunira Paule Therrien, Philippe Belley, Denise Pelletier, Michel Lemelin (et d'autres confirmations sont attendues) pour répondre à quelques questions: Qu'est-ce que la critique? Quelle définition peut-on lui donner? Quel rôle joue-t-elle ou quel rôle devrait-elle jouer? Existe-elle, ici, dans la région? Qui peut jouer le rôle de critique? Et enfin, le milieu est-il seulement capable de prendre la critique? C'est gratuit... et plus nous serons de gens, plus les débats pourront être soutenus et efficaces! C'est un Rendez-Vous!

Mardi et mercredi - 15 et 16 décembre 2009
Salle de répétition (UQAC), 14h

La fin de la session scolaire automnale ramène, encore une fois, la présentation des exercices des cours Techniques de jeu théâtral. Mardi, ce sont les étudiants du B.I.A. sous la direction de Jean-Paul Quéinnec qui se prête au jeu... et mercredi, place aux étudiants du B.E.A. sous la direction de Christian Ouellet. Selon les informations, toutefois, il n'y a guère de places...

Jeudi et vendredi (dimanche) - 17 et 18 (20) décembre 2009
Salle Murdock (Chicoutimi), 13h40 (14h)

En ce temps des Fêtes, Les Amis de Chiffon ressortent de leurs cartons l'un des plus grands succès de la compagnie, Les trois cheveux d'or, dont la création remonte à 1997 (je crois...) et qui, depuis, se promène un peu partout en province!

Samedi (dimanche) - 19 (20) décembre 2009
Petit Théâtre (UQAC), 19h30 (14h)


Johanna Lochon présente son projet de fin de maîtrise, J'ai toujours voulu être une hirondelle... un spectacle pour enfant (et pour adultes!). Une jeune fille dont le seul rêve est de s’envoler derrière les océans et de découvrir ce qui se cache derrière l’horizon nous fait vivre ses premiers pas hors du cocon familial. À la maison, reste la mère nous racontant son difficile travail de maman devant laisser son petit papillon s’envoler. À travers un dialogue mère et fille, nous découvrons l’histoire d’une jeune fille téméraire à la conquête du monde, affrontant l’inconnu et arpentant la jungle, la folie de la ville et la démesure des montagnes pour découvrir ce qui se cache vraiment au fond de son coeur. J ’ai toujours voulu être une fille hirondelle c’est l’aventure initiatique d’une jeune fille qui cherche son chemin dans une véritable explosion de paysages, de couleurs, de rencontres et de vie.

Voilà... c'est à peu près ce qui se passera cette semaine... Peut-être oublie-je quelques trucs... Faites-le moi savoir!

samedi 12 décembre 2009

«L'image de ce qui n'est pas / L'image de ce qui est»

Ce titre est tiré directement d'un article publié en 1977 (dans le 96ième Cahier Renaud Barrault) par Marie-Claire Pasquier.

Dans cet article, on trace fort judicieusement les différences entre le cinéma et le théâtre... différences qui, bien qu'évidentes de prime abord, posent de sérieuses questions sur le théâtre même, sur la quête de la vraisemblance (l'horrible mot traîné comme un boulet), sur les multiples mutations qui l'ont marqué depuis l'apparition du genre cinématographique et qui, par extension, pourraient poser encore des questions sur les assauts de la nouvelle technologie.

On sait que la peinture a changé de statut du jour où a existé la photographie, qu'elle a acquis par là une nouvelle autonomie, et des pouvoirs de représentations jusqu'alors insoupçonnés. Il ne faut pas s'étonner que le théâtre se soit modifié d'avoir à coexister avec le cinéma. Peut-il exister un théâtre non-figuratif? Dans un premier temps - pas nécessairement chronologique - le théâtre a pu abandonner au cinéma l'obligation d'être spectaculaire. Se faisant anti-théâtre, ou théâtre de l'absurde (nda.: bon... l'article date un peu...), l'acte théâtral s'est dégagé du trompe-l'oeil, de l'illusionisme, et de la vraisemblance. Dans un deuxième temps est venue la nostalgie de ce trompe-l'oeil, et le plaisir de le reconstituer au deuxième degré: théâtre sur le théâtre, dans le théâtre, jeux avec la théâtralité. Troisième temps: le théâtre sort du théâtre, ce qui peut vouloir dire deux choses: soit changer effectivement de lieu, investir les hangars, les églises, les entrepôts ou la rue, soit importer sur scène les éléments qui en étaient, par convention, bannis, effacer le salon au profit de la cuisine et de la salle de bains (école anglaise), le costume au profit de la nudité (école américaine), le stuc et les colonnades au profit du sable, de l'eau, de la terre meuble, du foin, de la paille, du crottin de cheval, voire du cheval lui-même (école franco-italienne).

[...] Artaud disait: Le cinéma nous assassine de reflets. Il disait aussi: À la visualisation grossière de ce qui est, le théâtre par la poésie oppose les images de ce qui n'est pas.


Qu'en serait-il aujourd'hui?

vendredi 11 décembre 2009

«Le Revizor» de Gogol

Magnifique (!) trouvailles: images en mouvement du fameux Revizor de Gogol mis en scène par Meyerhold en 1926... l'un des spectacles marquants de l'histoire du théâtre... Je ne connais pas la source de ce document (sinon que c'est tiré d'un film de Galina Evtusenko). On y voit Garine en Klestakhov et Maria Babanova, considérée comme l'une des grandes actrices du maître (qu'elle quitta ou plutôt qu'elle fut obligée de quitter). On y aperçoit aussi, la dame pulpeuse qui parsème ces images, Zinaïda Reich... la seconde épouse de Meyerhold qui sera également assassinée à la fin des années 30.



Devant ces images, je suis comme un enfant devant un film de Walt Disney!

jeudi 10 décembre 2009

De biomécanique...


Un des éléments du théâtre de Meyerhold le plus fascinant est, sans contredit, sa biomécanique. Mystérieuse et étrange. Entre le moule, le code et la chorégraphie. Les images (voir le petit film un peu plus bas) parlent. Mais disent-elles quelque chose?

On ne le dira jamais assez: la biomécanique de Meyerhold n'est pas un style de jeu mais un entraînement de l'acteur. Une philosophie de la scène. Comme le dit Odette Aslan dans un autre recueil important, L'Acteur au XXième siècle (paru aux Éditions l'EntreTemps en 2005... mais il s'agit, en fait, d'une réédition d'un ouvrage paru en 1974): elle est basée sur une solide connaissance du corps.

L'acteur doit entraîner son principal outil, son corps, pour en faire un outil efficace et scéniquement construit... et apte à créer les émotions et les sentiments. La forme pour le contenu: Acquérant des réflexes vifs, ils peuvent réaliser sans peine les actions les plus rudes [...]. Conscients de leurs mécanismes corporels, ils savent décomposer, calculer et coordonner leurs mouvements, se vérifier dans leur corps, s'éprouver, dépasser la peur [...]. Ils calculent dans le calme leurs trajets et leurs efforts; ils ont acquis la justesse du coup d'oeil, ils se «voient» dans l'espace et s'inscrivent aisément dans un carré, un cercle ou un triangle, leurs regards ponctuent leurs gestes. Ils opèrent des mouvements à contresens ou en opposition, déplacent leur centre de gravité et perturbent leur équilibre, ils agissent, réagissent et freinent, ralentissent, transforment le mouvement en danse, jouent sur les rythmes.



J'aime ce besoin d'entraînement... Cette philosophie qui veut que l'acteur doit développer, entretenir, exploiter son corps (et sa voix!). Et il est évident que, marquer par son entraînement, son jeu se verra modifié et exécuté sur des bases sinon plus solides, du moins plus conscientes.

Je suis fort heureux d'être, ces temps-ci (au nom du C.R.I. et du 100 Masques), en contact avec Monsieur Robert Reid, de Concordia, spécialiste de la question biomécanique (ayant étudié avec Bogdanov, disciple d'un disciple direct de Meyerhold), en vue d'une éventuelle formation. Que ce mystère devienne concret!