vendredi 1 août 2008

Mes Mémoires minuscules... 4

Le retour...

Après un été de vacances mouvementé (!), après que mes hésitations volèrent en éclats, je suis finalement revenu à Chicoutimi avec la ferme intention d'y rester... et de poursuivre mon baccalauréat. Ce que je fis. Avec un esprit neuf, si je puis me permettre de parler ainsi.

Donc, de retour à l'UQAC pour les cours Lecture en théâtre avec Rodrigue Villeneuve... avec, au programme, une quarantaine (cinquante?) de pièces à lire couvrant l'histoire du répertoire universel, partant de la Grèce antique jusqu'à nos jours, en passant par le Moyen-Âge, le Siècle d'or espagnol et le classicisme français, de l'Angleterre à l'Italie. À chaque semaine, 3 ou 4 oeuvres étaient à l'étude... avec un test de lecture la semaine suivante. Franchement, je n'ai pas réussi à tout lire. C'était ardu. Par contre, cela donne, après coup, une importante vue d'ensemble de l'histoire dramaturgique du théâtre... et je plains les étudiants qui n'ont plus ce cours.

L'autre cours dont je me souviens (quoique vaguement...) est Techniques de scène, donné par Robert Faguy. En gros, ce cours était axé sur la technique, l'espace, l'éclairage, les accessoires... et la mise en scène. Nous travaillions à partir de courts textes de Claude Gauvreault. Je m'en souviens peu parce que j'avais probablement la tête bien ailleurs.

Faut dire qu'à l'époque, les projets de fin de bacc. se déroulaient à l'automne. Cette année-là, je me retrouvai impliqué (moi qui ne parlait à personne l'année d'avant) dans 3 projets sur 4. Je fus en charge des costumes pour le fameux P.S.C. (Psycho-Syndrôme Collectif) de Francine Halmost (où nous avons tous connu Georges-Nicolas Tremblay) et Ma mère m'a toujours dit... de Pascal Cyr. Je m'étais engagé aussi comme comédien (décidément, je ne me dompterais pas vite!) dans Maria de Marie-Pierre Plante, pour jouer un père dont l'enfant est autiste et dont le texte est uniquement «bla bla bla...»! (Tant qu'à y être... le dernier des projets en théâtre était celui de Geneviève Berteau-Lord, Féminin Singulier... qui emmêlait clowns et politique).

C'est aussi de cette période que date mon premier acte artistique hors-académique.

Affiche du spectacle, 1999

À la fin de cette session d'automne, à ma grande stupéfaction, Dany Lefrançois m'a approché pour que j'écrive (pour lui, si je me souviens bien) un monologue qui serait mis en scène par une de ses amies... Martine... et j'ai accepté. De ça sortirait quelques semaines plus tard, Chut ou les soliloques forcés (qui questionnait, peut-être un peu malhabilement, mais bon... qui questionnait le théâtre, la théâtralité, la parole) et, du coup, le Théâtre de la Castonade (fondé par Dany et moi). Pour financer le spectacle et pour répondre à des exigences du cours Ateliers interdisciplinaires, nous avons découpé le texte en 335 répliques et les avons vendues avec la promesse de ne jamais rejouer la pièce par la suite. Ce spectacle - le seul de la compagnie - sera présenté en mars 1999, avec Maryse Lavoie (par tout un concours de circonstance, Dany ne jouait plus... Véronique Bouchard et Annick Pednault ayant refusé... Marie-Andrée Lamothe s'étant désistée...), dans une mise en scène de Lefrançois.

Je ne me souviens plus si, au cours de la session Hiver 99, il y avait d'autres cours de théâtre que la Production... Toujours est-il que je fus encore obligé de jouer, cette fois sous la direction un peu spéciale de Igor Ovadis, dans Mère Courage, de Bertolt Brecht. J'y tenais deux rôles: Fondusuisse (le fils un peu bêta de l'héroïne) et l'Enseigne (commandant, soldat ou peu importe qui apparaissait au dernier tableau et qui ordonnait de tirer sur la pauvre muette)... En voici d'ailleurs une photo (en compagnie de Véronique Benoit qui jouait un idiot et Dany Lefrançois, le bourreau):


Je me souviens très peu de ce spectacle... car l'événement marquant est survenu le soir de la dernière! Tout le monde s'est réuni (après avoir terminer de remettre la salle en ordre... donc très tard) chez moi, dans mon petit trois et demi! L'alcool coulait à flot et des fumées de toutes sortes emplissaient l'espace... quand soudain, est apparue la propriétaire (que j'avais pourtant mise au courant...), vêtue de bigoudis et d'une robe de chambre en flanelle (une caricature qui a fait s'esclaffer tout le monde!), faisant une crise dans l'embrasure de la porte qu'elle voulait dormir, faisant une première sortie, mais revenant claquer la porte par après pour faire plus d'effet... Oui... Depuis ce temps, je suis légèrement paranoïaque lorsque je reçois des gens à la maison...

C'est comme ça que s'est passé ma seconde année universitaire.

L'été qui suivit (1999) a vu la naissance du Théâtre 100 Masques (par Sophie Larouche, Magalie Roy et Maryse Lavoie... pour présenter leurs Veuves Sauce Moutarde à Latterrière). Bref, tout était prêt pour la suite des choses...

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