S'il est un élément qui peut fasciner celui qui n'est pas du milieu, c'est bien l'esthétique du personnage... ce qui implique notamment l'art du maquillage (ou de grimage), la transformation du visage (ou, comme ici, tiré de L'Envers du Théâtre de J. Moynet, son rajeunissement) au gré des coups de pinceaux et des couleurs...
vendredi 21 mars 2014
«Au champ de Mars»... [Carnet de mise en scène]
Il reste deux weekends de répétition pour Au Champ de Mars. Quatre grandes journées qui, si elles sont semblables aux deux dernières, seront assurément chargées mais ô combien bénéfiques!
Au fil des enchaînements, nous pouvons entrevoir un spectacle surprenant. Par son rythme déchaîné, essoufflant… telle une machine qui s’emballe et qui devient incontrôlable. Par son ton ambigu qui tangue constamment entre le drame, l’horreur et oui, le comique qui provoquera plus de sourires que de rires. Par une esthétique résolument contemporaine, presque une installation... construite sur une grisaille spectaculaire.
Ce sera un kaléidoscope scénique. Un rapiéçage. Une courtepointe… qui loin de réconforter, déstabilisera.
Les cinq personnages sont présentés non pas en une longue évolution de chacun d’eux mais plutôt en une succession de flashs… d’où peut-être une impression syncopée qui me plaît de plus en plus. Au fond, chacune des scènes se présente comme une variation sur le même thèmes que les scènes précédentes et suivantes.
En d'autres termes, il faut voir Au Champ de Mars comme étant une construction ryhtmique, dynamique. Un mouvement. Et ce mouvement demande une maîtrise du corps, de la voix, des gestes, des déplacements, des positions. Cette construction ne supporte ni les hésitations, ni les «à peu près». Le défi est grand.
mercredi 19 mars 2014
Le résultat de la première Carte Blanche...
Au printemps dernier, lors des premières auditions publiques, la première Carte Blanche pour la relève (destinée à un artiste et mise en forme par le groupe de compétence en théâtre du CRC) a été attribuée à Guillaume Ouellet. Voici qu'il y aura bientôt une présentation (en cliquant sur l'image, ça devrait être plus facile à lire):
Libellés :
Concertation,
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Soir de première!
Ce soir, c'est soir de grande première alors que le Théâtre La Rubrique - en collaboration avec le Théâtre du Trillium (d'Ottawa) - présente le premier texte dramatique de Jean-François Caron (ancien rédacteur en chef du Voir Saguenay-Alma qui a aussi fait un passage au sein de la compagnie jonquiéroise au poste des communications), Les mains de Jonathan!
Jonathan a les mains longues. C'est ce que les gens disent de lui. Il a surtout de longs doigts, pour toucher, apprendre et connaître. Des doigts suffisamment longs pour qu'on le remarque: Jonathan est différent.
Protégé par une mère qui encadre tout ses contacts avec un monde qu'elle garde à distance. Jonathan découvre l'univers à sa façon: tout existe enfin grâce à la curieuse chorégraphie de ses doigts. En touchant, il perçoit, s'exprime et… transgresse bien malgré lui ces règles auxquelles d'autres s'agrippent à pleines mains.
La vie de Jonathan est une longue caresse. De celles qui peuvent faire mal.
Pour cette raison, à toute l'équipe d'ici et de là-bas (Lyne, Benoit, Sara, François Edouard, Nathaly, Pierre Antoine et tous les autres), je souhaite un tonitruant
MERDE!!!
lundi 10 mars 2014
«Au Champ de Mars»... [Carnet de mise en scène]
Plan d'éclairages d'Alexandre Nadeau (en cliquant dessus, il apparaîtra plus grand...)
Hier, la production Au Champ de Mars du Théâtre Mic Mac a franchi une nouvelle étape alors que le concepteur Alexandre Nadeau a mis en place les différentes lampes qui illumineront la scène.
Le résultat (sans même les différentes intensités) augure bien. Simple mais efficace.
Maintenant, je pose un défi de taille: je veux de la lumière grise. Comme une photo en noir et blanc. Comme un ciel orageux. Lourd. Dense. Comme si l'ardoise du plancher devenait aussi l'air que les personnages respirent.
Le Théâtre Mic Mac en lice...
Le Théâtre Mic Mac vient d'annoncer sa mise en nomination pour le Prix Image-In. Une autre reconnaissance que la troupe accumule sur celles obtenues au cours des dernières années. Voici le vidéo de présentation de ce prix (de même que les autres candidats... et pas des moindres!):
mardi 4 mars 2014
«Au Champ de Mars»... [Carnet de mise en scène]
France Donaldson, Céline Gagnon, Gervais Arcand... et moi (Photographie: Christian Roberge... je pense)
Nous avons terminé le premier des deux blocs intensifs de répétition de cette nouvelle production du Théâtre Mic Mac par un enchaînement complet.
Les choses s'installent peu à peu... parce que derrière l'apparente simplicité de ce texte se cachent de bons personnages fort complexes, torturés et insaisissables. Parce que c'est un peu de cela qu'il s'agit: une succession d'esquives et de fuites... concrètes et métaphoriques. Comment peuvent-ils se positionner alors qu'ils n'ont que bien peu de prises sur leur propre réalité? La mégalomanie, la paranoïa, l'idéalisme exacerbé, le réalisme insupportable, la musique klezmer... tout est prétexte à chercher une voie parallèle pour contourner l'incontournable. Chaque personnage devient, en quelques sortes, l'écueil de l'autre.
Ceci étant dit, Au Champ de Mars se conjugue sur mode comique. Satyrique? Je ne sais trop...
vendredi 28 février 2014
Un auteur sanglant
À chacun sa mort! Facebook réussit toujours à dénicher des trucs amusants... comme ce tableau synthèse des différentes morts qui émaillent l'oeuvre de Shakespeare. L'imagination est au rendez-vous quand vient le temps d'invoquer la Grande Faucheuse!
Les crédits de ce tableau se retrouvent en-haut à droite et en-bas à gauche (et il a été trouvé sur ce site).
Les crédits de ce tableau se retrouvent en-haut à droite et en-bas à gauche (et il a été trouvé sur ce site).
De l'équilibre d'une pièce
L'équilibre d'une pièce
ne se trouve
qu'à la cinquième représentation,
lorsque les salles ont obligé les interprètes
à mettre de l'air dans le jeu
et que leur angoisse se dénoue.
C'est là l'opinion émise par Jean Cocteau qui sera publiée en 1947 dans un recueil d'articles divers: Le Foyer des artistes.
Une opinion que je partage assez... et qui pourrait aller plus loin encore. Meyerhold disait qu'il était inconcevable de recevoir des journalistes à une première alors que ceux-ci ne devraient pas venir avant la vingtième représentations...
Un spectacle (surtout une comédie!), tout prêt soit-il quand se lève le premier rideau, aura toujours besoin de quelques soirées pour bien se roder et apprivoiser les réactions du public.
mercredi 26 février 2014
«Le théâtre québécois est-il soluble dans le présent?» (Y. Jubinville)
J'en ai parlé beaucoup sur ce blogue. L'été dernier paraissait, dans la revue Spirale (le no. 245), un grand dossier fort intéressant: Horizon incertain du théâtre québécois. Parmi la dizaine d'articles (tous plus déprimants les uns que les autres), se trouve celui d'Yves Jubinville dont le titre coiffe ce billet.
En voici quelques lignes:
La cause est entendue. La culture contemporaine de laquelle participe le théâtre est irrémédiablement tournée vers le présent. Un présent qui serait lui-même intensifié (et rétréci) sous l'effet conjugué des médias de masse (déjà anciens!) et des médias sociaux où règne une logique de visibilité et d'événementialité. [...] Le fait est que le théâtre, dont il faut par ailleurs constater le déclassement relatif en termes de fréquentation et de prestige, est sans doute l'un des domaines où cette logique apparaît le plus en osmose avec le média lui-même. Le théâtre, de par son essence, se moule à l'environnement divertissant qui règle la cadence de la vie sociale.
[...] D'aucuns diraient même que pour être contemporaines les pratiques artistiques actuelles doivent impérativement se parer des attributs du spectacle vivant. En résulterait non pas l'hégémonie de l'art théâtral mais bien au contraire un effritement de son domaine spécifique. De nos jours, le théâtre serait présent partout et nulle part à la fois. D'une forme identifiable il serait devenu dispositif, pour emprunter un terme à la mode, ou ambiance, sujet à d'infinies modulations et métamorphoses. Pour le meilleur et pour le pire!
C'est là l'introduction de cet article (en page 63).
Tout ce dossier spécial pose de nombreuses questions, pose de terribles constats. Le portrait qui est dressé ici n'a rien de réjouissant et ne dénote essentiellement qu'une chose: le cul-de-sac. Dire que le milieu théâtral québécois est en effervescence détournerait un peu de la réalité: le milieu théâtral est plutôt entrain d'imploser...
Maintenant que les problèmes sont identifiés de toute part, il faudra bien un jour s'y attaquer...
lundi 24 février 2014
«Au Champ de Mars»... [Carnet de mise en scène]
Les répétitions se poursuivent de plus belle... avec du travail de précision et d'interprétation. L'objectif est d'arriver à une production syncopée - un montage en pulsations rapides - où les scènes se télescopent les unes dans les autres.
Enfin, voici l'affiche (l'illustration de ce billet!) de la production 2014 du Théâtre Mic Mac. Encore une fois cette année, il s'agit d'une réalisation de Christian Roberge.
vendredi 21 février 2014
Grrr.
Le plaisir de diriger une compagnie qui offre de la formation, c'est d'avoir un atelier de programmé un vendredi matin, à 8h30... et de devoir le prendre en charge à pied levé pour remplacé une animatrice absente.
Donner un atelier d'une heure, à vingt enfants, sans préparation, sans filet.
Merci, les camps d'été, pour m'avoir constitué une banque d'ateliers pour faire face à toute épreuve! C'est dans des moments comme ça qu'on se rend compte que finalement, j'en connais beaucoup, de ces exercices...
Et c'est comme ça qu'en un peu moins de cinq minutes, je me construis un plan d'action dynamique et diversifié qui donnera de bons résultats...
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