dimanche 29 mai 2016

Au théâtre, cette semaine! (du 29 mai au 4 juin 2016)


Je ne trouve pas grand chose, cette semaine... Les théâtres sont plus en mode production que représentation... les diffuseurs ont terminé leur saison... et les écoles ont terminé leurs activités théâtrales...

Pendant quelques semaines, ce sera assez calme... du moins, en apparence... 

samedi 28 mai 2016

Le Mic Mac se livre...


Francine Joncas, du Théâtre Mic Mac, s'est lancée dans une entreprise colossale: raconter, dans une livre, les 50 ans de la troupe... elle qui y est associée depuis pratiquement les débuts! Une source directe, donc... une présence constante sur un demi-siècle! 

Et le produit de son labeur a été officiellement lancé hier soir!

50 ans de théâtre à Roberval. 50 ans de productions. 50 ans d'engagement de dizaines de personnes qui ont porté et pérennisé ce grand projet.

Le bouquin est volumineux (avec ses 300 pages!) et magnifique (le montage a été fait par Christian Roberge). Faisant la part belle à l'écriture (ce n'est pas un album...), il est divisé en trois parties: l'histoire comme telle sous toutes ses facettes; la théâtrographie complète avec les crédits de productions, un résumé et quelques anecdotes; divers (et nombreux) témoignages de collaborateurs au fil des ans. 

Un vrai bel ouvrage... intéressant, drôle, touchant. Que j'ai lu avec un plaisir sans fin!

Jeu de mots...

Pas de cassage de tête, ce matin... ou du moins, un cassage de tête différent... voici, dans la colonne de droite, une liste d'expressions de théâtre (plus ou moins courantes de notre côté de l'Océan). Dans la colonne de gauche se trouvent, mêlées, les significations de celles-ci! Pour être plus simple encore, le but est donc d'associer un chiffre et une lettre!

vendredi 27 mai 2016

Une opinion sur le théâtre expérimental... en 1969!

Je les cite souvent ces derniers temps... parce qu'après avoir traînés un très long temps chez mon père et de longs mois à la maison, je me suis obligé à (re)lire Les Livres de l'année (j'ai de 1959 à 1994), édités par Grolier

Les numéros d'avant 1980 comportent tous une section Rétrospective théâtrale où on y lit l'évolution des arts de la scène au Québec et d'ailleurs dans le monde (notamment en France). Les auteurs de ces articles y vont aussi parfois de considérations qui font sourire, comme cette vision (de Mona Yoanide, dans l'édition de 1970!) du théâtre expérimental...:


En 1969, le théâtre, qui se sera permis de remettre en question - sa raison même de fonctionner, le public, l'auteur, le texte et l'interprète - débouche sur une impasse. La nudité totale sur scène ou sur ce qui en tient lieu, n'étonne plus. On attribue au sons gutturaux qui se substituent au langage plus de force d'expression qu'à la parole cohérente, et au geste plus de puissance qu'à la vocalité. L'improvisation collective remplace le professionnalisme. Cet art sauvage est un art de l'attente. De qui, de quoi, même ses fanatiques ne sauraient trop le préciser. Le théâtre, depuis deux mille ans qu'il existe, fut un besoin, un divertissement, une esthétique. Il est devenu un choix, une arme, une activité sociale. Autrefois rendez-vous de l'humanité, de nos jours il divise au lieu de réunir. [..­.] Le happening, né du living theatre et de Grotowski, essaie de créer une civilisation dramatique nouvelle à partir de la terre brûlée, en faisant participer le public. [...] L'agressivité systématique tue en fin de compte la participation. Aux côtés de ce théâtre expérimental qui se trouve, quoique l'on prétende, à bout de souffle, continue de fonctionner un théâtre traditionnel alimenté par des animateurs de génie qui, en l'interprétant, le revalorisent. En dernière instance, le théâtre commercial que l'on donne depuis longtemps pour agonisant, se porte fort bien. 

Je me demande ce que serait son opinion du théâtre d'aujourd'hui, du théâtre performatif, du théâtre de recherche...

jeudi 26 mai 2016

Farces médiévales [Carnet de mise en scène]


Aujourd'hui et demain, nous entamons le travail de mise en scène sur La Farce du Cuvier... considérée comme l'un des chefs-d'oeuvre du genre... elle aussi d'auteur anonyme, écrite autour de 1420... 

Toute simple - sur le sempiternel mode de l'arroseur arrosé - elle présente un trio de personnages archétypaux: l'homme soumis, son épouse dominante ainsi que sa belle-mère acariâtre! Des personnages qui  peupleront bien des comédies jusqu'à aujourd'hui! 

Dans ces farces, ce sont manifestement les femmes qui portent les culottes... les maris - benêts à souhait! - étant trop occupés à boire, à paresser ou à jeter un oeil du côté du voisin ou - surtout! - de la voisine! 

Toujours est-il que dans cette histoire, le pauvre est accablé par un duo féminin qui n'a de cesse que de l'écraser sous le poids des tâches domestiques. Une exagération - parce que le tout va jusque là! - qui devait bien faire rire à son époque! Puis un accident renverse la situation sans que l'homme ait à se défendre... et le pouvoir passe de l'une à l'autre... Rira bien qui rira le dernier. 



Vers une nouvelle politique culturelle au Québec...


Le gouvernement du Québec, par la bouche de sa ministre de la Culture Hélène David (remplacée depuis, au même poste, par Luc Fortin), a annoncé une vaste consultation dans le but de déposer, dans les prochaines années, une nouvelle politique culturelle (la première depuis 25 ans!). Que donnera l'exercice? 

Les attentes seront élevées. 

Car il faut dire qu'elles le sont toujours quand vient le temps de parler de culture... tant le domaine n'est jamais aussi supporté qu'il le devrait, aussi considéré qu'il le mériterait... 

À preuve cet extrait relatant, d'un point de vue théâtral, les résultats d'une initiative similaire... en 1966, sous l'égide de Pierre Laporte (article de Martial Dassylva tiré du Livre de l'année 1967 paru chez Grolier)... :

L'année 1966 ressemble à toutes les précédentes en ce qu'elle nous a apporté, sur le plan du théâtre, son quota de surprises agréables et de surprises moins agréables. [...]

En 1966, le théâtre québécois a continué son petit bonhomme de chemin, sans que les grands problèmes qui l'assaillent depuis des années aient reçu un commencement de solution. La situation des grandes troupes est précaire. Le Conseil des arts accorde toujours des subventions, mais celles-ci ne permettent pas aux directeurs de troupes de faire des plans à longue échéance. Ajoutons que l'organisation des troupes s'est améliorée quelque peu, mais qu'il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine. [...]

Le théâtre au Québec vit donc au jour le jour, survit beaucoup plus qu'il ne vit. Et, dans cette perspective, beaucoup de personnes avaient mis leur confiance dans le «Livre Blanc» que l'ex-ministre des Affaires culturelles, M. Pierre Laporte, nous promettait depuis deux ans. (À défaut de lire le document original, on peut en lire une description en long et en large ici, à partir de la page 88 de La Fillière juridique des politiques culturelles paru en 2006).

L'élection du 5 juin dernier a pratiquement mis fin à cet espoir. Du moins dans l'immédiat. D'ailleurs les extraits du «Livre Blanc» (version Laporte) que mon collègue Gilles Gariépy et moi-même avons publié dans «La Presse», vers le milieu du mois de septembre, nous ont permis de nous rendre compte que nous avions peut-être péché par excès de confiance: le chapitre consacré au théâtre est nettement insuffisant et les solutions qu'on y propose risquent de ne satisfaire personne. Personnellement, je crois que la philosophie de base de cette partie du document est fautive : quand on considère la subvention comme une prime à la qualité, on ne règle rien et on perpétue un état de fait qui a duré trop longtemps. Au théâtre comme dans les autres arts, le ministère des Affaires culturelles doit savoir prendre ses responsabilités et ne pas reculer devant un certain dirigisme absolument essentiel à ce moment-ci de notre évolution culturelle [note de moi-même: malheureusement, je n'ai pas le texte original en main pour bien comprendre ce dont il est question!]. Tout en respectant les initiatives de groupes privés, le ministère des Affaires culturelles doit trouver le moyen de doter le Québec des institutions essentielles à son développement et à son affirmation.

Ajoutons que jusqu'ici les différentes prises de position du nouveau ministre des Affaires culturelles, M. Jean-Noël Tremblay, ne nous incitent guère à voir les choses sous un angle plus réconfortant.

Et avec raison! Car cette politique culturelle, ce «Livre Blanc» ne sera adopté officiellement... qu'en 1976, par Jean-Paul L'Allier... quelques mois avant que les Libéraux (dont il faisait partie) ne perdent le pouvoir.

En attendant de voir, de nos jours, la machine se mettre en branle pour un important rendez-vous avec le milieu culturel québécois, voici, en lien, un tableau des différentes politiques culturelles pilotées par le(s) gouvernement(s) au fil des ans... 

mercredi 25 mai 2016

Rideau!

Bien que le rideau de scène ne soit (malheureusement) plus beaucoup utilisé dans le théâtre d'aujourd'hui, il sait, quand il est présent, faire son effet! Il donne traditionnellement accès à un monde scénique (l'illusion) en attente.

Le rideau d'avant-scène est le lieu symbolique du rite théâtral, de la séparation du passage entre réalité et représentation, entre permanent et éphémère. Lieu symbolique, ambigu, il appartient à deux univers: peint comme un décor éphémère, il est pourtant lié à l'architecture, au permanent. Il est la matérialisation d'un passage, d'une frontière. [...] À la différence des autres rideaux dont la fonction première est de cacher, de protéger, le rideau d'avant-scène est ambivalent: il ferme, il cache, mais il s'ouvre et découvre. «Il est séduisant comme le péché», dit Barrault. 
Michel Corvin, Dictionnaire encyclopédique du théâtre

Son déploiement (qu'on appuie pour qu'il lève et qu'on charge pour qu'il s'abaisse) peut prendre plusieurs formes:








mardi 24 mai 2016

Sur le théâtre de Poe


J'aime beaucoup Edgar Allan Poe, son écriture presque gothique, sa noirceur, l'intelligence de ses constructions... que je connais surtout (et presque exclusivement!) par son éminent traducteur français, lui-même grand poète: Charles Beaudelaire (qui a écrit Les Fleurs du mal). 

En relisant les Histoires extraordinaires, plus précisément dans la nouvelle Ligeia, je suis tombé sur ce poème (lugubre à souhait!) qui se passe sur une scène, dans un théâtre... avec de multiples couches de lectures qui sortent, évidemment, du monde dramatique!

lundi 23 mai 2016

Pourquoi le métier de comédien est-il si dangereux?

Toujours dans la suite du billet d'hier où il était traité (sous la plume de Bertrand de la Tour) de l'ignoble métier de comédien... voici un autre billet tiré, cette fois, du douzième volume du Dictionnaire apostolique à l'usage des mm. les curés des villes et de la campagne de Hyacinthe de Montargon, publié en 1757, qui explique la cause du rejet cette vile profession:

dimanche 22 mai 2016

Rien de plus ignoble qu'un comédien...!

En ce jour dominical, voici un «nouveau» chapitre de ce combat féroce contre le théâtre mené par l'Église... Il s'agit, cette fois, de l'opinion d'un farouche prédicateur, Bertrand de la Tour (au XVIIIième siècle) à propore de l'ignoble métier de comédien... après une petite introduction à l'ouvrage (Réflexions sur le théâtre... de près de 1500 pages!), retraçant l'origine du théâtre:


Mais c'est surtout l'extrait suivant que j'aime bien... et qui concerne un métier honni et dépravé: celui de comédien (et pire encore, selon l'homme d'église, celui de comédienne)!



Puis, un peu plus loin, il revient à la charge!

Au théâtre, cette semaine! (du 22 au 28 mai 2016)


Vendredi, 27 mai 2016
Bibliothèque Georges-Henri Lévesque (Roberval), 17h

Le Théâtre Mic Mac poursuit les festivités de son cinquantième anniversaire et lance un livre sur son histoire, Le Mic Mac en scéne, 1,2,3... théâtre! de Francine Joncas.

samedi 21 mai 2016

Le théâtre: un art d'aujourd'hui!

Phénix par Friedrich Justin Bertuch, 1790-1830

Par nature,
et même s'il est très ancien,
le théâtre est toujours un art de la modernité.
Le phénix
qu'il faut sans cesse faire renaître.

Cette sentence - par ailleurs très belle! - vient du grand Peter Brook et donne ici l'un des plus importants fondements du théâtre: son éternelle contemporanéité... due à son caractère éphémère qui se joue ici, maintenant, devant un public d'aujourd'hui. 

Le théâtre ne se fait pas au passé... il en reste des traces - peut-être... - mais n'a plus de véritable existence lorsque les comédiens quittent la scène.