dimanche 16 janvier 2022

Au théâtre, cette semaine! [Du 16 au 22 janvier 2022]

 


À moins que le gouvernement n'annonce une réouverture surprise des lieux de diffusion, il n'y aura toujours pas de représentation cette semaine.

Ce qui ne signifie pas pour autant que le milieu théâtral est sur pause. Plusieurs collègues/compagnies sont présentement en travail (notamment mon équipe pour Les morts sacrilèges), dans les salles de répétitions, en respectant les consignes sanitaires, pour préparer de nouvelles création. Si le contexte s'assouplit, nous aurons un hiver et un printemps bien chargé! Avis aux amateurs de spectacles!

samedi 15 janvier 2022

Chicane théâtrale (du moins, au départ) par journaux interposés... sur fond de moralité et de flétrissure!

 En janvier 1873, une troupe de théâtre Franco-Canadienne entreprend une tournée au Québec. À Trois-Rivières, ça achoppe! Le Journal Le Constitutionnel salue leur venue et en fait la réclame en ses pages. Entre temps, le clergé s'élève contre ces infâmes comédiens. S'ensuit une querelle par journaux interposés, impliquant son adversaire, Le Journal des Trois-Rivières. Une guerre à finir! 





Le Constitutionnel répond par une lettre ouverte publié en ses pages:





Et Le Constitutionnel répond à nouveau, en ses propres pages








jeudi 13 janvier 2022

Une (belle) définition de la tragédie

 

La tragédie est le récit d'une expiation,
mais pas l'expiation minable 
de la violation d'une loi locale
codifiée par des fripons
à l'usage des imbéciles;
le personnage tragique représente l'expiation du péché originel.
du péché éternel et originel qu'ils ont commis,
lui et tous ses socii malorum:
le péché d'être né.

C'est là, je trouve, une très belle définition de ce qu'est la tragédie. Elle nous vient de Samuel Beckett (la photo), l'auteur d'En attendant Godot, et est tirée de Proust, un essai en anglais écrit en 1930 (oeuvre de jeunesse qu'il a reniée) et qui ne sera traduit qu'en 1990.

C'est beau. C'est grandiose. Comme la tragédie. 


mercredi 12 janvier 2022

Saint Genès - comédien et martyr

Saint Genès (ou Genest... c'est selon) est, oui. le saint patron des comédiens. Sa fête est célébrée le 25 août de chaque année. J'en ai déjà brièvement parlé ici

Mais voici, ce matin, un long article du Radiomonde du 12 novembre 1949 sur le personnage:



dimanche 9 janvier 2022

Au théâtre, cette semaine [9 au 15 janvier 2022]

 

Avec la nouvelle année, je reviens encore une fois avec cette résolution: reprendre et maintenir un calendrier hebdomadaire de toutes les productions de la région (celles faites par le milieu d'ici et celles en tournées) de même que de tous les événements à caractère théâtraux. (Ceci étant, ce blogue le fait déjà de façon relativement régulière.)

Bon. Le contexte actuel ne s'y prête pas beaucoup alors que l'ensemble du milieu de la diffusion est confiné (cependant, les organismes poursuivent les répétitions). Mais j'ose espérer que cette situation ne perdurera pas et que nous pourrons reprendre - à brève échéance - là où nous étions rendus. 

Le milieu théâtral bouillonne. Plusieurs projets sont à nos portes si je me fie à la recension que j'ai faite... et il me manque sûrement des informations! Avis aux intéressés!

samedi 8 janvier 2022

La fin (légendaire) des grands tragédiens

Manifestement, il n'était pas facile d'être un tragédien, dans l'Antiquité: les trois grands auteurs qui nous sont parvenus - Eschyle, Sophocle et Euripide - ont tous connu des fins pour le moins théâtrales:



vendredi 7 janvier 2022

Les morts sacrilèges - genèse du projet


LES MORTS SACRILÈGES – CABARET TRAGIQUE est un projet de longue date pour le Théâtre 100 Masques, qui a connu de multiples évolutions depuis sa genèse. Un projet sur les traces de l’absolutisme des sentiments provoqués l’orgueil et de la trahison. Une quête de l’humanité dans toute son horreur.

Le projet prend donc son envol, sous une autre forme que celle envisagée.

D’abord, il y a quelques années, j'avais jeté mon dévolu sur le PHÈDRE de Racine. Lectures, analyses, ébauches de projet s’accumulaient… mais en vain. Il faut dire que le défi théâtral est important tant la forme est écrasante. Mais plus encore, dans ce récit par ailleurs fabuleusement écrit, les personnage d’Hippolyte et de son amante, Aricie, m'ont toujours parus superficiels, amoindris qu’ils sont dans une bête histoire d’amours contrariées. Les questionnements sur ceux-ci étaient nombreux.

Mes recherches m’ont donc mené vers les sources antiques du mythe, dont la version d’Euripide (écrite autour de 428 av. J.-C.). Dans celle-ci, titrée HIPPOLYTE PORTE-COURONNE, si Phèdre est toujours présente, le personnage pivot est justement le beau-fils en question. D’Aricie, aucune mention.  Il est montré dans toute sa splendeur : fougueux et fier, il n’a d’yeux que pour Artémis - déesse de la chasse -, refuse tout contact charnel et émotionnel avec une femme et, en ce sens, méprise royalement Aphrodite et ses disciples. C'est d'ailleurs pour ça que cette dernière - car oui, les déesses sont présentes et s'exposent - mettra en branle sa vengeance en instrumentalisant la pauvre belle-mère, déjà maudite par les antécédents de sa famille. Hippolyte est donc entier, tranchant, vindicatif, sans pitié. Devant lui, Phèdre succombe à sa passion et la fureur l’emplit. Du coup, les personnages acquièrent une toute autre dimension qui donne, à cette version, une cruauté troublante, féroce.

Après avoir parcouru plusieurs traductions de ce texte, il est vite apparu qu’aucune n’était tout-à-fait satisfaisante : souvent pompeuses, verbeuses, empêtrées dans une écriture désuète (celles que j'ai lues étant généralement écrites entre 1850 et 1900). C’est ainsi que l’idée de réécriture s’est imposée d’elle-même. Et plus encore, de travailler le texte de façon à pouvoir le faire porter par deux comédiens uniquement, dans une envie de créer une forte partition textuelle où l’interprète, de scène en scène, doit changer de rôles et revêtir les dynamiques soit du dominant, soit du dominé. Parce que dans ce jeu funeste qui se déploie, Phèdre, Hippolyte, Thésée, les déesses et même les serviteurs peuvent, au final, s’interchanger tant ils sont, au fond, pétris de ce même feu de l'orgueil qui couve et qui les consume inéluctablement. Effroyablement.

Sur une année (en 2017), j'ai, à partir des traductions existantes, recoupé le récit en 10 épisodes faisant alterner monologues et duos. Chaque réplique a été revue, comparée, sectionnée, allégée, minimalisée pour rester très près du squelette narratif, dans une ciselure quasi chirurgicale. Plusieurs passages, dont les choeurs, ont été gommés alors que d’autres ont été réécrits. (J'estime ainsi la proportion:  60% de texte original - si on peut dire - et 40% d'apport personnel.)

Une thématique s’est imposée d’elle-même tout au long de ce travail : le déchirement de l’intime sur l'autel de l'orgueil, chaque épisode étant ou une confession, ou une profession de sentiments, ou un repentir. Ce dévoilement, dans ses multiples formes, devient le véritable moteur dramatique, le déclencheur et le combustible de cette destruction annoncée.

Il en résulte un texte, LES MORTS SACRILÈGES, aux rythmes et syntaxes résolument contemporains, profondément rattaché aux échos de sa source antique d’il y a 2500 ans. Une partition énergique, prête à prendre vie avec vigueur et force. Et c’est à lui que nous voulons confronter nos expériences et nos envies scéniques!

Nous - moi et mon équipe de travail - en ferons donc une mise en lecture contemporaine très théâtralisée, aux allures d'un cabaret tragique!

Nous miserons sur cette forme parce que je crois fermement que la thématique de ce projet, telle que définie plus haut, trouvera, dans un tel contexte (présenté à l’Espace Côté-Cour,) peu conventionnel pour ce type de texte, un écrin intimiste, une proximité avec le public qui ne pourra que le servir. 

D’emblée, le cabaret vient avec un potentiel artistique puissant, décomplexé qui déconstruit et reconstruit ses propres codes, étalant également l’aire de jeu jusqu’à la salle. Chacun des dix épisodes de la pièce LES MORTS SACRILÈGES pourra, indépendamment des autres, trouver sa résolution scénique, en faisant intervenir différents moyens :
  • l’usage d’accessoires (objets, vêtements, mobilier);
  • l’usage de lumières de différentes origines (chandelles, torches, lampes, spots, blacklights, etc.);
  • l’usage de projections (que ce soient des images filmées spécifiquement pour ce spectacle, ou d’extraits de films, ou de créations numériques);
  • la création d’espaces sonores par la conception ou l’usage de micros et de programmes de transformations vocales.
Il ouvre ainsi un cadre de création qui allie efficacement le jeu traditionnel à la performativité contemporaine… essentiel à ce type de production syncopée, où les interprètes porteront plusieurs personnages, à coups de transformations à vue, de travail physique et corporel, d’accessoires évocateurs, d’effets produits par les technologies.

Il va sans dire qu’un jeu de monstration sera privilégié, rhapsodique. Une quête de virtuosité pour les comédiens qui devront passer d’un état à un autre avec justesse, avec célérité et efficacité.

Qui dit cabaret dit aussi forte présence musicale. Si les choeurs de la version originelle sont disparus, le projet LES MORTS SACRILÈGES – CABARET TRAGIQUE fera tout de même intervenir – tant entre les épisodes qu’ à l’intérieur d’eux - une autre entité, musicale et sonore!, ayant pour objectif de porter un point de vue extérieur sur l’action, les personnages, les enjeux dramatiques. 

Voilà ce que je veux faire avec ce projet.

Ainsi, au lieu de la constitution d’un univers scénique unique, LES MORTS SACRILÈGES – CABARET TRAGIQUE convoquera plutôt un cadre alternatif aux possibilités multiples qui prendra place, avec, sous-jacente, l’hybridation des genres, des formes. Et c’est comme ça que le Théâtre 100 Masques télescopera à nouveau l’Antiquité avec le monde d’aujourd’hui, pour faire vibrer à nouveau le spectateur, le frapper de plein fouet avec cette histoire dont on n’en a jamais assez!

29, 30 et 31 mars 2022, 20h
Espace Côté-Cour
Textes, mise en scène et conception générale: Dario Larouche
Comédiens: Erika Brisson, Bruno Paradis
Environnement sonore: Gabriel Gagné Gaudreault

jeudi 6 janvier 2022

Un couac pour Sarah Bernhardt


En 1916, Sarah Bernhardt est de nouveau de passage au Québec (pour voir tous ses passages au Canada, voir ce site - en anglais - qui présente les dates, les lieux et les répertoires joués). Ce sera son avant-dernier passage. Et elle attire toujours autant le public. Sauf que la magie commence à s'amenuiser: la grande artiste vieillit (la photo du billet est datée de mai 1916) et se flétrit un peu! En témoigne cet article - signé du pseudonyme de Baptiste Poquelin... hommage à Molière - publié dans Le Pays, en ce 14 octobre 1916:



mercredi 5 janvier 2022

Les prochains mois au Théâtre 100 Masques


2022 débute à peine que déjà le calendrier du Théâtre 100 Masques - que je dirige aussi - se remplit d'activités de toutes sortes... dans un contexte pandémique et sanitaire qui lui, peut toutefois entraver les bonnes intentions!

Il y aura d'abord, dès que nous le pourrons, ouverture des inscriptions pour une session d'ateliers réguliers (de dix semaines), destinée aux jeunes de 8 à 14 ans.

Le 27 février, je présenterai une édition spéciale de L'Heure du Théâtre, en collaboration avec les Bibliothèques publiques de Saguenay, consacrée aux différentes versions de Phèdre dans l'histoire théâtrale, de l'antiquité à nos jours (Euripide, Sénèque, Robert Garnier, Jean Racine, Jacques Pradon, Sarah Kane). Cette activité mettra la table au projet suivant.

À la fin mars (les 29, 30 et 31), le Théâtre 100 Masques présentera, au Côté-Cour, Les Morts sacrilèges, une mise en lecture fort théâtralisée sous forme d'un cabaret tragique, du texte du même nom que j'ai écrit à partir de plusieurs traductions de l'Hippolyte porte-couronne d'Euripide (et de mon propre apport également!). Deux comédiens, un musicien, et une version cruelle du mythe de Phèdre.

À la même période, ce sera l'ouverture des inscriptions de nos Camps de théâtre thématiques 2022, qui sont toujours une importante activité dont les résultats sont toujours fort surprenants:

Semaine 1 – Dans l’univers de…
Groupe 7-8 ans – … Calderon (La vie est un songe)!
Groupe 9-10 ans – … Shakespeare (Richard III)!
Groupe 11-12 ans – … Maïakovski (La Punaise)!
Groupe 13-15 ans – … Cocteau (La voix humaine)!
 
Semaine 2 – Explorons…
Groupe 7-8 ans – … le mime! (avec son corps comme matériau)
Groupe 9-10 ans – … la revue théâtrale! (avec ses numéros sur l’actualité)
Groupe 11-12 ans – … la tragédie classique! (avec les vers et les mythes)
Groupe 13-15 ans – … les contes urbains! (les récits un peu étranges)

Le 10 avril, je présenterai une seconde édition spéciale de L'Heure du Théâtre, toujours en collaboration avec les Bibliothèques publiques de Saguenay, cette fois consacrée à Goldoni, sa vie et son oeuvre, en marge des répétitions de la production estivale 2022.

Car oui, ce 23ième théâtre d'été se fera sous le patronage de Carlo Goldoni. J'ai deté mon dévolu sur la pièce Un curioso accidente (le titre français est souvent La plaisante aventure) qui sera présentée au Côté-Cour pendant tout le mois de juillet et qui s'inspirera de la commedia dell'arte avec une équipe de comédiens débordante d'énergie.

Bref, toutes ces équipes seront fort occupées!

mardi 4 janvier 2022

Quand le contempteur anonyme passe au tordeur...

 

Il est tellement rare de trouver des défenseurs du théâtre dans les archives journalistiques de la fin du dix-neuvième et du début du vingtième siècle, qu'il m'est difficile de passer à côté de celui-ci, publié le 19 décembre 1894 dans L'Électeur

Il s'agit d'une lettre vitriolique - anonyme elle aussi - qui s'élève contre la bigoterie d'un autre signataire - sous le pseudonyme de la Société St-Vincent de Paul - qui s'acharne contre le théâtre:

lundi 3 janvier 2022

Le théâtre... un danger sans cesse renaissant

 

Il y a quelques temps déjà que je n'ai publié sur ce blogue de beaux petits morceaux de rhétorique contre le théâtre, tous pétris de vertu, de moralité, de religiosité. La littérature journalistique et les sermons du clergé sont, à  ce titre, une mine infinie de trouvailles en début du vingtième siècle.

Voici donc, en ce samedi 20 novembre 1909, ce que Le Courrier de St-Hyacinthe, sous la plume de Jules Dorion, avait à dire à ce propos (et j'ai particulièrement un faible pour les dangers qui guettent le bon père de famille...):


L'évêque de Montréal dont il est question ici est - l'article le mentionne au détour d'une phrase, Monseigneur Paul Bruchési (évêque de 1897 à 1939)...


...ardent contempteur du théâtre comme le démontre ces billets antérieurs de blogue.

samedi 1 janvier 2022

Pour nos scènes et pour le milieu en 2022!

 

La nouvelle année commence plutôt sombrement! Mais qu'à cela ne tienne. 

Je nous souhaite de la vision, de la conviction et de l'acharnement... parce qu'il nous en faudra... 

... pour soutenir notre visibilité et notre rayonnement...

... pour soutenir le développement de la formation nécessaire à la constitution d'une relève et d'une saine régénération 

... pour soutenir le renouvellement de la concertation... 

... pour soutenir la voix du milieu.

Je nous la souhaite,  cette année 2022, bonne et riche d'activités de toutes sortes! Avec des artistes en bonne santé (c'est le cas de le dire) mais surtout heureux et engagés dans les projets! 

Que ces mêmes projets soient rassembleurs, surprenants, motivants et qu'ils sachent, encore une fois, dire le monde, dire notre monde. Qu'ils divertissent. Qu'ils fassent réfléchir. Qu'ils questionnent. Qu'ils dénoncent. Qu'ils amusent. Qu'ils émeuvent. Qu'ils soient.

Que les organismes et compagnies soient en mesure de poursuivre leur mission sans trop d'entraves et qu'ils demeures proactifs! Que le financement soit à la hauteur des attentes et des besoins.

Avec des spectateurs à la tonne dans des salles accueillantes, à pleine capacité!

À tous...

... Théâtre Mic Mac, Théâtre La Rubrique, Amis de Chiffon, Têtes Heureuses, Théâtre CRI, Théâtre 100 Masques, Théâtre du Faux Coffre, Théâtre À Bout Portant, Tortue Noire, Théâtre du Mortier, Imprévu Improvisation, Valise Animée, Théâtre des 4 planches, artistes et artisans en théâtre des milieux professionnel, amateur, académique...

BONNE ET HEUREUSE 
ANNÉE 2022!