
dimanche 24 juillet 2011
«L'Affaire de la rue Lourcine» [Carnet de mise en scène]

Enfin... presque... Ne reste que la représentation de ce soir. Devant une salle pleine. Dernière chance pour les spectateurs de voir cette production... Ultime possibilité, pour les interprètes, d'atteindre la perfection...
Au théâtre, cette semaine! (du 24 au 30 juillet 2011)
Encore une fois, le théâtre d'été bat son plein. Pour tout voir, il faudrait avoir et un bon budget et du temps à revendre!!!
Toute la semaine
Divers endroits dans le haut du Lac-Saint-Jean, horaires variés
Divers endroits dans le haut du Lac-Saint-Jean, horaires variés
Une gang de fous du haut du Lac-Saint-Jean, menée par Jimmy Doucet ne présente pas un mais plusieurs spectacles de diverses formes (animations, pièce plus traditionnelles, conte, etc) réunis sous la dénomination La route des milles et une histoire. Un projet d'envergure intriguant! Pour voir l'ensemble du projet, vaut mieux visiter leur site web (ici).
Aujourd'hui - 24 juillet 2011
Salle Murdock, 20h
DERNIÈRE REPRÉSENTATION
Salle Murdock, 20h
DERNIÈRE REPRÉSENTATION
Dernière représentation de L'Affaire de la rue Lourcine par le Théâtre 100 Masques. La cahier de réservations est complet... mais des spectateurs aventureux peuvent venir attendre près de la porte ce soir, à 20h, on vend les places qui n'ont pas été réclamées (et il y en a toujours!).
Dimanche à mercredi - 24 au 27 juillet 2011
Hôtel du Jardin (St-Félicien), 20h
Hôtel du Jardin (St-Félicien), 20h
Le théâtre d'été de St-Félicien présente Couples de Frédéric Blanchette dans une mise en scène de Christian Ouellet. Plusieurs tableaux se succèdent comme tout autant de démonstrations du couple dans diverses situations. À noter que dans ce spectacle jouent Sara Moisan, Benoît Arcand, Anne Verreault, Simon Allard et Mélanie Desbiens.
Mardi et mercredi - 26 et 27 juillet 2011
Bâtiment 1912 (Pulperie de Chicoutimi), 20h30
Bâtiment 1912 (Pulperie de Chicoutimi), 20h30
Le Théâtre C.R.I. et la Pulperie présentent La légende d'Arthur Villeneuve, un texte de Martin Giguère mis en scène par Guylaine Rivard qui revoit la vie et l'oeuvre du peintre-barbier. Les commentaires entendus sont plutôt élogieux!
De mardi à samedi - du 26 au 30 juillet 2011
Complexe touristique de la Dam-en-Terre (Alma), 20h30
Complexe touristique de la Dam-en-Terre (Alma), 20h30
Le Complexe touristique de la Dam-en-Terre présente sa nouvelle production d'été (la plus traditionnelle du lot à venir): Un 18 trous pour 4 de Norm Foster. Vingt ans après l’université, quatre chums en pleine crise de la quarantaine se retrouvent le temps d’une partie de golf. Sujets chauds et coups de gueule sont au menu tandis que la compétition bat son plein et que tous les coups sont permis! Une comédie où les balles et les rires fusent de partout! (Pour les détails, cliquer sur le lien suivant.)
Mercredi à samedi - du 27 au 30 juillet 2011
Côté-Cour (Jonquière), 20h30
DERNIÈRE SEMAINE DE REPRÉSENTATIONS
Côté-Cour (Jonquière), 20h30
DERNIÈRE SEMAINE DE REPRÉSENTATIONS
Le Collectif À Tour d'Rôles revient pour une troisième année dans la petite salle de Jonquière avec le Oh!Cabaret. À lire, ce matin dans le Progrès-Dimanche, la critique dithyrambique de Roger Blackburn.
Mercerdi à samedi - du 27 au 30 juillet 2011
Palais-Municipal (La Baie), 19h30
Palais-Municipal (La Baie), 19h30
Pour les amateurs du genre, on peut retrouver La Fabuleuse histoire d'un Royaume... une oeuvre qui reprend l'affiche après quatre ans d'absence.
Jeudi à dimanche - du 28 au 30 juillet 2011
Complexe touristique Vauvert (Dolbeau-Mis.), 20h30
Complexe touristique Vauvert (Dolbeau-Mis.), 20h30
Mathieu Savard met en scène Santa Mimosa, une parodie des feuilletons.
samedi 23 juillet 2011
Des exigences d'être metteur en scène...
Je l'ai probablement déjà dit: j'ai beaucoup de difficultés à voir une de mes mises en scène, en représentation, avec un œil détaché, de me laisser aller au plaisir et à la détente. Loin de s'atténuer avec le temps, l'expérience s'avère à chaque fois - et de plus en plus! - souffrante, douloureuse, exigeante.
J'ai beau avoir eu tout le plaisir du monde lors de la création, j'ai beau apprécier le boulot des comédiens qui se démènent, j'ai toujours la désagréable impression que le spectacle devant moi n'est pas à la hauteur de mes attentes (ceci étant écrit pour toutes les productions et non pas seulement pour L'Affaire de la rue Lourcine). Non pas le travail de ces comédiens, mais le mien. Les accrocs (il y en a toujours!). Les coins ronds (ça arrive!). Les compromis. Tout me saute au visage à chaque fois: le flou dans la mise en place, le manque de rythme, le ton mal ciselé, etc... Et il y a des soirs pires que d'autres!
Une mise en scène n'est jamais neutre. Toujours, il s'agit d'un choix, disait Antoine Vitez. Du haut de la régie (jamais dans le public... à moins d'y être contraint par l'espace!), je subis, impuissant, une continuelle remise en question de chacun de ces choix. C'est, dans ma tête, alors que je me promène comme un lion en cage, le festival des «j'aurais dû», «pourquoi n'y ai-je pas pensé», «c'est la dernière fois».
Corvin, le grand Michel Corvin affirme, lui qu'il n'y a pas de mise en scène innocente. Et c'est là le pire. En regardant mon propre travail, embrouillé par le stress, j'oublie mes arguments, mes justifications, mes assurances... et mon contentement.
Je reste, une feuille et un crayon à mes côtés, à l'affût des moindres gestes qui sont posés sur scène, des moindres mots qui sont prononcés et des moindres réactions du public que ce soit une chaise qui bouge, un spectateur qui émet un commentaire, les rires, les silences, etc. Un supplice. D'autant plus que je ne suis et ne serai probablement jamais satisfait.
Que la représentation souffre d'un manque de concentration, qu'elle soit lourde, accidentée, précipitée, criarde, amorphe et je veux fondre dans le plancher.
Après on (en parlant des comédiens et des concepteurs) se surprendra de mes exigences et des nombreuses notes que je donnent tout au cours des représentations... parfois au grand dam de ceux pour qui le metteur en scène termine son implication en même temps que la première.
À chaque fois, je me dis que deux solutions s'offrent à moi: ou bien arrêter tout simplement ou bien me constituer une véritable troupe de comédiens qui partagent la même vision théâtrale que moi. Une troupe qui me permettrait, à force d'expériences et de collaboration, d'atteindre une maîtrise qui fait souvent défaut. Une troupe pour approfondir au lieu de toujours reprendre du début.
Un risque guette pourtant ce beau projet utopique: devenir un véritable tyran de la mise en scène!
J'ai beau avoir eu tout le plaisir du monde lors de la création, j'ai beau apprécier le boulot des comédiens qui se démènent, j'ai toujours la désagréable impression que le spectacle devant moi n'est pas à la hauteur de mes attentes (ceci étant écrit pour toutes les productions et non pas seulement pour L'Affaire de la rue Lourcine). Non pas le travail de ces comédiens, mais le mien. Les accrocs (il y en a toujours!). Les coins ronds (ça arrive!). Les compromis. Tout me saute au visage à chaque fois: le flou dans la mise en place, le manque de rythme, le ton mal ciselé, etc... Et il y a des soirs pires que d'autres!
Une mise en scène n'est jamais neutre. Toujours, il s'agit d'un choix, disait Antoine Vitez. Du haut de la régie (jamais dans le public... à moins d'y être contraint par l'espace!), je subis, impuissant, une continuelle remise en question de chacun de ces choix. C'est, dans ma tête, alors que je me promène comme un lion en cage, le festival des «j'aurais dû», «pourquoi n'y ai-je pas pensé», «c'est la dernière fois».
Corvin, le grand Michel Corvin affirme, lui qu'il n'y a pas de mise en scène innocente. Et c'est là le pire. En regardant mon propre travail, embrouillé par le stress, j'oublie mes arguments, mes justifications, mes assurances... et mon contentement.
Je reste, une feuille et un crayon à mes côtés, à l'affût des moindres gestes qui sont posés sur scène, des moindres mots qui sont prononcés et des moindres réactions du public que ce soit une chaise qui bouge, un spectateur qui émet un commentaire, les rires, les silences, etc. Un supplice. D'autant plus que je ne suis et ne serai probablement jamais satisfait.
Que la représentation souffre d'un manque de concentration, qu'elle soit lourde, accidentée, précipitée, criarde, amorphe et je veux fondre dans le plancher.
Après on (en parlant des comédiens et des concepteurs) se surprendra de mes exigences et des nombreuses notes que je donnent tout au cours des représentations... parfois au grand dam de ceux pour qui le metteur en scène termine son implication en même temps que la première.
À chaque fois, je me dis que deux solutions s'offrent à moi: ou bien arrêter tout simplement ou bien me constituer une véritable troupe de comédiens qui partagent la même vision théâtrale que moi. Une troupe qui me permettrait, à force d'expériences et de collaboration, d'atteindre une maîtrise qui fait souvent défaut. Une troupe pour approfondir au lieu de toujours reprendre du début.
Un risque guette pourtant ce beau projet utopique: devenir un véritable tyran de la mise en scène!
vendredi 22 juillet 2011
«L'Affaire de la rue Lourcine» [Carnet de mise en scène]
Tiens... la rue Lourcine existe... enfin, existait! Vive Wikipédia:
La rue Broca est une rue située à cheval entre le quartier du Val-de-Grâce dans le 5e et le quartier Croulebarbe dans le 13e arrondissement de Paris. Cette rue est une section d'une vieille route conduisant de Paris à Gentilly. Créée au XIIe siècle, son nom rend, depuis 1890, hommage à Pierre Paul Broca (1824-1880), chirurgien et anthropologue français. Cette rue s'était antérieurement appelée rue Lourcine, rue du Clos-de-Ganay, et rue des Cordelières, puis rue de la Franchise[1]. En 1938, le tronçon entre la rue Claude-Bernard et la rue Mouffetard devient la rue Édouard-Quénu, et en 1944 elle est amputée de sa partie située au-delà du boulevard Arago qui devient la rue Léon-Maurice-Nordmann.
D'ailleurs, j'ai toujours un problème avec le titre... Est-ce L'Affaire de la rue Lourcine ou L'Affaire de la rue de Lourcine? Ça dépend des versions...
«L'Affaire de la rue Lourcine» [Carnet de mise en scène]
Cette production a quelque chose de maudit... peut-être parce qu'on a voulu défier le sort en y foulant au pied nombre de superstitions et de traditions! Toujours est-il qu'il arrive beaucoup de choses:
et j'en oublient sûrement. Pleins de petits moments cocasses qui entravent la concentration des comédiens. Il y en a dans toute production... mais il me semble qu'ils se multiplient! Vite! Les porte-bonheurs!
premier pot de tabac en métal écrasé;
second pot de tabac en poterie éclaté;
comédienne prise sur sa chaise;
comédienne (la même) en quasi évanouissement en coulisse;
comédienne (une autre) dont le costume s'accroche dans le décor;
comédienne (une autre) qui perd la voix;
oubli d'attacher une chemise en preset;
oubli de ramener un veston sur scène;
oubli de faire le lavage;
violent orage en cours de représentation;
baisse d'énergie dans l'éclairage;
ventilation détraquée;
salle tellement humide que le plancher décolle;
téléphones qui sonnent;
manquements de cues techniques;
serviette glissée par mégarde sous le banc qui est amené sur scène;
vase qui vole en éclat très lentement;
second pot de tabac en poterie éclaté;
comédienne prise sur sa chaise;
comédienne (la même) en quasi évanouissement en coulisse;
comédienne (une autre) dont le costume s'accroche dans le décor;
comédienne (une autre) qui perd la voix;
oubli d'attacher une chemise en preset;
oubli de ramener un veston sur scène;
oubli de faire le lavage;
violent orage en cours de représentation;
baisse d'énergie dans l'éclairage;
ventilation détraquée;
salle tellement humide que le plancher décolle;
téléphones qui sonnent;
manquements de cues techniques;
serviette glissée par mégarde sous le banc qui est amené sur scène;
vase qui vole en éclat très lentement;
et j'en oublient sûrement. Pleins de petits moments cocasses qui entravent la concentration des comédiens. Il y en a dans toute production... mais il me semble qu'ils se multiplient! Vite! Les porte-bonheurs!
Libellés :
100 Masques,
L'Affaire de la rue Lourcine,
Superstitions
jeudi 21 juillet 2011
Les six «cons» du théâtre...
Si j'avais à nommer les qualités que je recherche chez un comédien qui joue sous ma direction, je dirais que ce sont les six suivantes, comme les six doigts de la main...:
CONFIANCE... parce que pour monter sur scène, l'interprète doit la posséder... à l'égard de lui-même d'une part, mais aussi envers le metteur en scène, les collègues et le projet en tant que tel.
CONCENTRATION... parce qu'il doit savoir focusser son attention sur ce qu'il fait, ce qu'il dit...
CONTRÔLE... parce que c'est le but recherché par la précédente qualité... l'acteur devenant un virtuose, un technicien du corps et de l'esprit... et le contenant et le contenu...
CONSCIENCE... parce que c'est le meilleur outil pour atteindre la pleine maîtrise de ses actions... conscience de l'espace, de l'objet, de la fiction, du public, de l'image, de la lumière, de la musique, du partenaire, etc...
CONCERTATION... parce que justement, le théâtre ne se fait pas seul... c'est un travail d'équipe qui doit se faire en symbiose, dans une écoute parfaite et constante...
CONFORMITÉ... parce que son action doit se faire dans un cadre établi et compris de chacun des collaborateurs... conformité qui demande donc un certain respect envers ce qui a été édicté...
CONFIANCE... parce que pour monter sur scène, l'interprète doit la posséder... à l'égard de lui-même d'une part, mais aussi envers le metteur en scène, les collègues et le projet en tant que tel.
CONCENTRATION... parce qu'il doit savoir focusser son attention sur ce qu'il fait, ce qu'il dit...
CONTRÔLE... parce que c'est le but recherché par la précédente qualité... l'acteur devenant un virtuose, un technicien du corps et de l'esprit... et le contenant et le contenu...
CONSCIENCE... parce que c'est le meilleur outil pour atteindre la pleine maîtrise de ses actions... conscience de l'espace, de l'objet, de la fiction, du public, de l'image, de la lumière, de la musique, du partenaire, etc...
CONCERTATION... parce que justement, le théâtre ne se fait pas seul... c'est un travail d'équipe qui doit se faire en symbiose, dans une écoute parfaite et constante...
CONFORMITÉ... parce que son action doit se faire dans un cadre établi et compris de chacun des collaborateurs... conformité qui demande donc un certain respect envers ce qui a été édicté...
Qu'une seule de ces qualités soient absentes et c'est toute la construction qui s'écroule...
«La Défonce» [Carnet de mise en scène]

La fin de semaine dernière - samedi, pour faire plus précis - nous avons passé, l'équipe de production de La Défonce et moi, la journée a répéter pour les reprises de l'automne (septembre à Mont-Laurier et novembre à Orsay).
Plus laborieuse que la première rencontre de la mi-juin, l'italienne (la récitation rapide du texte par les comédiens sans support) a fini par finir et nous sommes passés enfin à la scène pour réviser les déplacements et ajuster, au besoin (et parce que nous devons modifier la scénographie originale!) les gestes et entre-scènes. Heureusement, les omniprésents panneaux coulissants servant de décors avaient été remis bien en place! Sur des câbles au lieu d'être sur des rails. Le défi était double: rendre cette scénographie plus légère pour le transport tout en gardant la même ambiance, la même essence. Et au final, on y perd peu. Bien sûr, dans cette nouvelle mouture, les panneaux ne peuvent se croiser, mais tout de même.
Maintenant cette étape de passée (et la confiance revenue parce que le texte n'est pas très loin, que peu de choses ont été oubliées, que la scénographie fonctionne), nous pourrons passer, à mon retour de vacances, aux deux fins de semaines de répétition intensive pour revoir le jeu et l'interprétation.
Parce que comme j'ai dit et redit, le but n'est pas d'imiter ce que nous avons fait en avril 2010 mais plutôt de refaire, de recréer.
_______________________________________
Cette reprise a quelque chose de grisant. C'est très agréable que de reprendre un spectacle après un temps de décantation. De revoir le tout avec un regard moins plongé dans l'action, une nouvelle grille d'analyse...
J'ai bien hâte de voir ce qui adviendra de tout ça!
Plus laborieuse que la première rencontre de la mi-juin, l'italienne (la récitation rapide du texte par les comédiens sans support) a fini par finir et nous sommes passés enfin à la scène pour réviser les déplacements et ajuster, au besoin (et parce que nous devons modifier la scénographie originale!) les gestes et entre-scènes. Heureusement, les omniprésents panneaux coulissants servant de décors avaient été remis bien en place! Sur des câbles au lieu d'être sur des rails. Le défi était double: rendre cette scénographie plus légère pour le transport tout en gardant la même ambiance, la même essence. Et au final, on y perd peu. Bien sûr, dans cette nouvelle mouture, les panneaux ne peuvent se croiser, mais tout de même.
Maintenant cette étape de passée (et la confiance revenue parce que le texte n'est pas très loin, que peu de choses ont été oubliées, que la scénographie fonctionne), nous pourrons passer, à mon retour de vacances, aux deux fins de semaines de répétition intensive pour revoir le jeu et l'interprétation.
Parce que comme j'ai dit et redit, le but n'est pas d'imiter ce que nous avons fait en avril 2010 mais plutôt de refaire, de recréer.
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Cette reprise a quelque chose de grisant. C'est très agréable que de reprendre un spectacle après un temps de décantation. De revoir le tout avec un regard moins plongé dans l'action, une nouvelle grille d'analyse...
J'ai bien hâte de voir ce qui adviendra de tout ça!
mercredi 20 juillet 2011
Rendre des compte au public
Ces quelques mots sont tirés de Mémoires de Mlle Clairon, un ouvrage paru en 1799 où la grande actrice y va de réflexions diverses sur l'art dramatique. Un portrait du théâtre comme il ne s'en fait plus. Pour lire le livre entier, suivre ce lien (qui mènera vers Google Books).
Voyage éclair... au XVIe siècle!
S'il est un théâtre où la convention est reine, c'est bien le théâtre de l'âge d'or espagnol... contemporain d'un autre tout aussi pétri de codes, soit le théâtre élizabéthain. Voici donc une petite leçon (tirée de L'Art du théâtre d'O. Aslan) donné par Miguel de Cervantes (1547-1616) dans L'Heureux débauché (Est-ce une pièce? Un roman? Une nouvelle? Je ne saurais dire):
Tu dois regarder le théâtre comme une carte de géographie où il n'y a pas trois doigts de distance entre Londres et Rome, entre Valladolid et Gand. Qu'importe aux auditeurs que je passe en un instant d'Allemagne dans la Guinée, sans cependant quitter ces planches, sa pensée est aussi légère que moi, et vers quelque lieu que me porte mon vol, elle peut m'accompagner sans crainte de se perdre et sans risquer de se fatiguer.
Tu dois regarder le théâtre comme une carte de géographie où il n'y a pas trois doigts de distance entre Londres et Rome, entre Valladolid et Gand. Qu'importe aux auditeurs que je passe en un instant d'Allemagne dans la Guinée, sans cependant quitter ces planches, sa pensée est aussi légère que moi, et vers quelque lieu que me porte mon vol, elle peut m'accompagner sans crainte de se perdre et sans risquer de se fatiguer.
C'est là une des vérités du théâtre.
mardi 19 juillet 2011
Quatre ans déjà...
Mine de rien, je tiens ce blogue depuis quatre ans... depuis le 7 juillet 2007 pour être plus précis. Enfin... à quelques nuances près.
Et c'est reparti pour la petite histoire!
D'abord, la première plateforme utilisée était Blog.fr et celle-ci n'offrait pas beaucoup de souplesse. Il faut dire aussi que le théâtre n'était pas le seul sujet qui y était abordé quoiqu'il était fort présent. On peut toujours retrouver ce premier blogue ici.
Par la suite, du 31 août 2007 au 4 août 2008, j'ai mis sur pied la première version de ce blogue sur Blogger... qui est disparu soudainement (cependant, j'ai pu récupérer quelques billets) par une inadvertance de ma part (d'où aussi le II qui complète le titre en haut de la page).
Voilà.
Quatre ans donc à écrire quasi quotidiennement. Avec des modifications disons éditoriales qui s'instaurent sans trop que j'y pense. Et à relire les billets antérieurs, on peut y voir des cycles! Des périodes où les notes théoriques priment. D'autres où ce sont les carnets de mise en scène. Des périodes où j'ai trop de choses à dire et d'autres où c'est le calme plat!
À relire aussi je me rends compte que j'écris de moins en moins sur les autres spectacles. En fait, je n'écris plus ici sur les autres spectacles au profit du Voir Saguenay/Alma. Il faudrait que je m'y remette ou bien que je publie sur ce blogue chacun de ces articles... parce qu'au fond, c'est la partie qui me plaisait le plus...
Depuis quelques mois, toutefois, je songe à changer la façon de fonctionner. Ce que je souhaiterais, pour garder la cadence quotidienne, ce serait de constituer une «équipe» de rédaction (un apport extérieur) pour des comptes-rendus, des critiques, des nouvelles; créer des capsules vidéos d'entrevues, de portraits, d'entretiens; obtenir des notes de mises en scène d'autres metteurs en scène, concepteurs et comédiens, des vues sur la pratique... Bref, créer une nouvelle émulation pour les quatre prochaines années!
lundi 18 juillet 2011
Malheur à vous qui riez...
J'aime bien lire les grands pourfendeurs du théâtre qui ont parsemé son histoire tout au cours des siècles. Des pères de l'Église aux moralisateurs des Lumières, s'attarder sur ces écrits et ces pensées résolument négatives donne à percevoir toute la charge qu'a eu (et que devrait avoir encore) l'art dramatique.
L'un de ceux-ci, Jacques-Bénigne Bossuet, évêque de Meaux, contemporain de Molière et illustre orateur y va, dans Maximes et réflexions sur la comédie (écrit en 1694... qu'on peut retrouver ici), de son grain de sel contre cette plaie de la société qu'est le théâtre:
L'un de ceux-ci, Jacques-Bénigne Bossuet, évêque de Meaux, contemporain de Molière et illustre orateur y va, dans Maximes et réflexions sur la comédie (écrit en 1694... qu'on peut retrouver ici), de son grain de sel contre cette plaie de la société qu'est le théâtre:
Je crois qu'il est assez démontré que la représentation des passions agréables porte naturellement au péché, quand ce ne seroit qu'en flattant et en nourrissant de dessein prémédité la concupiscence qui en est le principe. On répond que, pour prévenir le péché, le théâtre purifie l'amour ; la scène, toujours honnête dans l'état où elle paroît aujourd'hui, ôte à cette passion ce qu'elle a de grossier et d'illicite; et ce n'est, après tout, qu'une innocente inclination pour la beauté, qui se termine au nœud conjugal. Du moins donc, selon ces principes, il faudra bannir du milieu des chrétiens les prostitutions dont les comédies italiennes ont été remplies, même de nos jours, et qu'on voit encore toutes crues dans les pièces de Molière ; on réprouvera les discours, où ce rigoureux censeur des grands canons, ce grave réformateur des mines et des expressions de nos précieuses, étale cependant au plus grand jour les avantages d'une infâme tolérance dans les maris, et sollicite les femmes à de honteuses vengeances contre leurs jaloux. Il a fait voir & notre siècle le fruit qu'on peut espérer de la morale du théâtre qui n'attaque que le ridicule du monde, en lui laissant cependant toute sa corruption. La postérité saura peut-être la fin de ce poète comédien, qui, en jouant son Malade imaginaire ou son Médecin par force, reçut la dernière atteinte de fa maladie dont il mourut peu d'heures après, et passa des plaisanteries du théâtre, parmi lesquelles il rendit presque le dernier soupir, au tribunal de celui qui dit : Malheur à vous qui riez, car vous pleurerez
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