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jeudi 3 décembre 2009

Le Singulier Noël de Mme Weiss... Quelques notes...


C'est fait. La première est passée... devant une 52aine de spectateurs qui occupent tant bien que mal la petite Salle Marguerite-Tellier...

Une représentation qui, du point de vue du metteur en scène, s'est bien déroulée... du point de vue des comédiens, l'effort était là... du point de vue des spectateurs, peut-être quelques réserves... il y en a toujours (je sais de quoi je parle!). Des rires, il y en eu... moins que ce que je croyais... mais rires malgré tout. Qu'est-ce qui fonctionne et qu'est-ce qui est questionnable, tels sont maintenant les deux axes qui nous guideront pour la suite des choses. Le metteur en scène est content... bien que le directeur artistique planche déjà sur les améliorations possibles.

À partir de ces rires, des réactions connues, il nous revient (mais ce soir, je me dépare de mon regard critique!) de faire le point avec le plus d'intégrité possible, de revenir sur des passages pour en resserrer quelques uns, en mettre d'autres en valeur, en enlever aussi s'il le faut. C'est, en d'autres termes, le travail grisant de la représentation! Les idées qui, dans la salle de répétition, nous amusaient tant seront dès ce soir revue avec le filtre du spectateur...

Le canevas existe désormais en soi. Le texte peut se raffermir, se peaufiner, se triturer de nouveau. Les performances peuvent et doivent se nourrir de ce qu'on entend... Si le spectacle théâtral est d'essence mouvante, celui-ci l'est particulièrement!

Bref, nous prendrons en compte ce qui doit l'être pour augmenter le niveau de réception du public. Mais demain...

Juste pour donner une idée du type de travail qui nous incombe, voici (sans obligation de tout lire!) la série de notes données ce soir d'après la générale de la veille...

  • Ne précipitez rien. Le rire viendra de votre maîtrise de la situation, de vos personnages, du rythme. Le mot-clé: précision! Il faut assumer ce que vous faites et bien le faire. Sinon, vous précipiterez tout et le spectateur aura l'impression que vous courez après votre souffle... et il y a risque de perdre le fil du texte et le fil de l'histoire...
  • Vos personnages sont tous cinglés... N'en ayez pas peur. Et profitez-en. Si vous essayez de trop les psychologisez, vous passez à côté de beaux moments...
  • Ayez confiance, c'est drôle... Mais ne tentez pas de forcer les rires. Je vous donne une bonne marge de manoeuvre, mais celle-ci ne doit pas servir à vous perdre dans le cabotinage mais plutôt à vous servir de tout ce qui peut arriver. Car ne nous le cachons pas: tout peut arriver...
  • Général: Mme Weiss doit avoir plus d'envergure et réactions plus marquées: pleurs (plus extrêmes, plus raideur), odeurs (plus lentes), dépacements aves les mains, découvertes des mains, bout des cartes (réflexions avec le crayon dans les airs). Il te faut une drive sans faille... Il manque un peu de chat... Et dire «Ce n'est pas grave, joyeux noël»...
  • Général: Beatrice être convaincu, dans le discours, ne signifie pas nécessairement d'être à bout de souffle. La conviction est un état et non pas un souffle...
  • Général: Pauvre... essaie de fixer les répliques... ne pas avoir de texte peut être confondant et tu peux te perdre. Arrête ce que tu dois dire et tente de t'y tenir...
  • Pendant décoration de l'arbre, revoir les réponses de Mme Weiss si le public répond aux questions...
  • Quand on cherche crèche dans la robe de chambre, plus caché...
  • Description de la crèche, prend le temps de bien te placer...
  • Conte des allumettes --> bout de bois à intégrer, et, idéalement, il ne faudrait pas tirer les objets, contrairement à ce qu'on a dit, parce qu'il ne faut pas briser le plancher (le 100 Masques l'a déjà fait.........), ni le rideau...etc.
  • Entrée de Beatrice, bon moment... mais il faut entendre le «Quelle saloperie».
  • Mari, enlever, quqand tu vas chercher le cadeau de Beatrice, juste avant de sortir, le «et j'ai nommé»... et essaie de rentrer dès que Beatrice dit «Je suis à bout de mon texte».
  • Beatrice, chanson, essaie d'être moins dans le souffle et de plus faire comprendre le texte... et attention aux commentaires pendant celle-ci afin qu'ils ne brisent pas le tempo...
  • Même bout, les anges, faites des mouvements un peu plus petits et concertez-vous pour revoir les gestes effectués...
  • Les cartes, assumez... Il faudrait, malgré tout, revenir à une certaine simplicité... Je veux dire, les échanges entre les filles devraient se faire de façon plus spontanée comme lorsque nous le répétions... tout en gardant la folie des personnages.
  • Patrick, il faut comprendre ce que tu dis... parfois, tu as tendance à ne parler que pour vous deux...
  • Patrick, chanson... attention... même si je suis fort conscient qu'elle est difficile vue sa lenteur...
  • Pendant celle-ci, Marilyne, te bercer avec plus de plaisir et de tentations...
  • Blague de la joie, Jess, prends le temps de bien la dire, de bien faire les petits personnages, parce que cette blague, en plus d'être plate, est de très mauvais goût... et c'est ce qui est drôle! Revois un peu ce que tu dis, juste avant de débuter (soit ton entrée!), au petit pauvre.
  • Annoncer bout noir avant «PN est une ordure». Ex.: au lieu du TOULOULOU dans l'arbre, Mme Weiss pourrait dire: «Je sens que nous basculerons bientôt dans le drame, joyeux noël». Ça devrait jutifier le changement de ton de cette partie...
  • Le «PN est une ordure», embarques là-dedans, les filles, avec plaisir... et précision!
  • Charlotte, ça me va...
  • Revoir ce que vous faite pour le Falalalala...
  • On revoit le salut.

Le Singulier noël de Mme Weiss - Quelques notes

Lors d'une répétition... en octobre...
Sur la photo: Jessyka Maltais-Jean (Beatrice) et une demie Marilyne Renaud (Mme Weiss)

Course finale...

Parce que malgré toute la bonne volonté et une bonne préparation, il reste toujours, en ce jour de première, une multitude d'emplettes à faire, une liste d'accessoires à réparer, un tas de costumes qui n'ont pas survécu aux derniers enchaînements.

N'empêche que je profite de ce petit matin encore tranquille pour souhaiter, à toute l'équipe qui m'entoure - Marilyne, Jessyka, Patrick, Sarah, Carol -

MERDE!!! ET AMUSEZ-VOUS!!!

Et tout ce qui peut advenir sur scène... eh bien... ce n'est pas grave, joyeux Noël.

mercredi 2 décembre 2009

Le Singulier noël de Mme Weiss - Quelques notes

Autre photographie impressionniste en répétition... (défaut d'appareil!)

Bon. La générale est passée.

Dans l'ensemble, le résultat est assez probant. Dans l'ensemble... car il est difficile de bien juger de celui-ci avec un public composé de trois personnes... ce qui, du coup, fausse la perception des comédiens qui se mettent littéralement à courir après les réactions quand ils ne tentent pas carrément d'accélérer pour mettre fin à ce qu'ils considèrent comme un supplice.

Mais, dans l'ensemble, le tout me semble (!) prêt (après quelques correctifs...) à prendre son envol.

Cette générale ressemble à beaucoup d'autres. Avec sa fragilité. Avec ses accents nerveux et abrupts. Avec ses accrocs, ses erreurs, ses décrochages. Avec ses rythmes changeants... Cette générale ressemble à beaucoup d'autres avec aussi et surtout l'impression qu'elle dégage: celle de voir des comédiens faire des choses pour la première fois! Comme si aucune répétition n'avait précédé. La toile vierge. Le regard neuf. L'anxiété!

Cette générale me rappelle également un élément important que je demande à mes comédiens dans mes différents projets: la confiance. La confiance tout d'abord en eux pour maximiser leur aisance. La confiance en moi par la suite, en ma qualité de metteur en scène. La confiance au projet en lui même qui devrait se nourrir de leur conviction... Cette confiance est nécessaire et dynamique. Et ma crainte, c'est qu'une générale comme ce soir (c'est-à-dire sans public donc sans réaction) mine la leur...

Les rires s'en viennent... et ils doivent y croire!

Le Singulier noël de Mme Weiss - Quelques notes

Le Singulier noël de Mme Weiss - Quand viennent les boules et les grelots
Photographie (impressionniste!) en répétition: Dario Larouche

Après un dernier avant-midi (aujourd'hui) consacré aux retouches et à un enchaînement, nous passerons, vers 17h, à l'exercice ultime avant les représentations: la générale. Cette représentation comme si qui va pourtant, par l'absence du public, à l'encontre d'une véritable représentation... élément fondamental de ce type de spectacle plus près, dans le fond, de l'humour que du théâtre...

L'enchaînement d'hier, dans les décors et avec tous les accessoires, a laissé apparaître certains moments qui demandent à être resserrés. Certains moments qui, bien que bien faits, ne réussissent pas encore à se hisser vers l'exigeante performance qui poussera les spectateurs dans leurs derniers retranchements, les obligeant à rire à gorge déployée!

Car oui, jouer sur les limites de l'ironie, de la causticité et de l'humour noir de façon soutenue pendant près d'une heure demande, aux comédiens, un dose d'énergie renouvelable constante. Il est, par ailleurs, intéressant, de voir comment un numéro dynamique et déjanté peut influer sur le numéro suivant, lui porter ombrage, l'amoindrir... Un spectacle qui demande un jeu poussé à l'extrême et qui ne supporte aucun relâchement. Là repose le véritable défi posé aux acteurs.

Toujours est-il que nous voilà au bout, en quelques sortes, de la première partie du travail... la seconde se fera avec le public.

Pendant que nous préparerons le chocolat chaud et les biscuits, il sera bon de noter que la représentation de samedi sera complète (du moins, sera-t-il nécessaire de s'informer! avant de se déplacer vers la salle Marguerite-Tellier!) et que déjà beaucoup de réservations se font pour les deux prochains jours...


mardi 24 novembre 2009

Le singulier Noël de Mme Weiss

(en répétition... devant une bâche verte!!!)

Nous entrons dans le dernier droit.

Voici, en primeur, une petite vidéo datant de quelques jours d'un numéro du Singulier Noël de Mme Weiss, spectacle qui nous occupe pour le moment. (En lien ici ou en cliquant sur l'image). Bien entendu, il s'agit là d'un numéro sans costume, ni décor (outre celui patenté pour le tournage). Il ne dit rien de l'esprit scénique... mais donne tout de même un aperçu du ton...

La construction dramatique va bien. Nous rions beaucoup... aux actions de Mme Weiss... aux allures grotesques de l'immense petit pauvre et de la sécheresse irrascible de Beatrice... Encore une fois, nous espérons que ces rires se répercuteront dans l'assistance les soirs de représentations!

Et, nouvelle nouvelle: les spectateurs auront tous droit à une tasse de chocolat chaud accompagnée de biscuits pour regarder ce premier spectacle de Noël!


mercredi 7 octobre 2009

Le singulier Noël de Mme Weiss... [Carnet de notes]


Nous avons placé, il y a quelques heures, l'ouverture du spectacle Le Singulier Noël de Mme Weiss. Nous construisons le fil à partir d'idées... nous plongeons sans un texte... mais bien avec plusieurs tout aussi disparates les uns que les autres. Le collage permet une souplesse et une aisance propre à l'animation théâtrale.

Malgré le fait que ce ne soit qu'une ébauche à peine esquissée, l'élan que celle-ci nous donne est prometteur! Encore faut-il que ce qui nous fait rire dans la salle de répétition passe la rampe et ait le même effet sur les spectateurs!... Et le rire est une chose assez complexe à manipuler!

Ainsi donc, nous plongeons d'ores et déjà dans les décorations de Noël, les traditions, les cantiques et les histoires de boules et de grelots. Comme quoi il n'y a pas que Dollarama qui revêt si tôt les parures scintillantes!

mercredi 23 septembre 2009

Le singulier Noël de Mme Weiss... [Carnet de notes]

Maryline Renaud (Mme Weiss) dans La Noël de Gruntilda II-La Nativité
Théâtre 100 Masques, décembre 2008
Photographie: Dario Larouche

C'est ce matin que débute, par une première rencontre de travail, la production du prochain (et troisième!) spectacle de Noël du Théâtre 100 Masques, Le singulier Noël de Mme Weiss.

Sur la trame de La petite fille aux allumettes, Marilyne Renaud (l'interprète du personnage) et moi établirons et des variantes, et des numéros, et l'ordre de ceux-ci, et les possibilités des rebondissements par le biais des deux autres personnages incarnés par Jessyka Maltais-Jean (Beatrice) et Patrick Simard (le petit pauvre).

Par son pathétisme originel (Mme Weiss faisait partie de la distribution de Nono et représentait la vieille maîtresse dont on se débarrasse) et son hystérie caractérielle, le personnage permet, confrontée à la manipulation émotive, le cynisme et la mauvaise foi de l'autre vieille fille (Beatrice étant la belle-mère type de La Serva Amorosa présentée en 2004), de créer de belles situations propices aux rires et à l'ironie.

Car là est le but de ce spectacle: revoir les thèmes principaux (l'amour, la joie, le partage, la fête) et les traditions (les cartes de Noël, les cantiques, la crèche); faire de l'humour parfois (et très souvent!) noir; explorer, finalement, le dialogue entre la salle et la scène dans le rire...

Les idées commencent déjà à poindre et promettent déjà beaucoup de plaisir dans le travail!

Des nouvelles plus tard en saison...