Pas de cassage de tête, ce matin... ou du moins, un cassage de tête différent... voici, dans la colonne de droite, une liste d'expressions de théâtre (plus ou moins courantes de notre côté de l'Océan). Dans la colonne de gauche se trouvent, mêlées, les significations de celles-ci! Pour être plus simple encore, le but est donc d'associer un chiffre et une lettre!
samedi 28 mai 2016
vendredi 27 mai 2016
Une opinion sur le théâtre expérimental... en 1969!
Je les cite souvent ces derniers temps... parce qu'après avoir traînés un très long temps chez mon père et de longs mois à la maison, je me suis obligé à (re)lire Les Livres de l'année (j'ai de 1959 à 1994), édités par Grolier.
Les numéros d'avant 1980 comportent tous une section Rétrospective théâtrale où on y lit l'évolution des arts de la scène au Québec et d'ailleurs dans le monde (notamment en France). Les auteurs de ces articles y vont aussi parfois de considérations qui font sourire, comme cette vision (de Mona Yoanide, dans l'édition de 1970!) du théâtre expérimental...:
En 1969, le théâtre, qui se sera permis de remettre en question - sa raison même de fonctionner, le public, l'auteur, le texte et l'interprète - débouche sur une impasse. La nudité totale sur scène ou sur ce qui en tient lieu, n'étonne plus. On attribue au sons gutturaux qui se substituent au langage plus de force d'expression qu'à la parole cohérente, et au geste plus de puissance qu'à la vocalité. L'improvisation collective remplace le professionnalisme. Cet art sauvage est un art de l'attente. De qui, de quoi, même ses fanatiques ne sauraient trop le préciser. Le théâtre, depuis deux mille ans qu'il existe, fut un besoin, un divertissement, une esthétique. Il est devenu un choix, une arme, une activité sociale. Autrefois rendez-vous de l'humanité, de nos jours il divise au lieu de réunir. [...] Le happening, né du living theatre et de Grotowski, essaie de créer une civilisation dramatique nouvelle à partir de la terre brûlée, en faisant participer le public. [...] L'agressivité systématique tue en fin de compte la participation. Aux côtés de ce théâtre expérimental qui se trouve, quoique l'on prétende, à bout de souffle, continue de fonctionner un théâtre traditionnel alimenté par des animateurs de génie qui, en l'interprétant, le revalorisent. En dernière instance, le théâtre commercial que l'on donne depuis longtemps pour agonisant, se porte fort bien.
Je me demande ce que serait son opinion du théâtre d'aujourd'hui, du théâtre performatif, du théâtre de recherche...
jeudi 26 mai 2016
Farces médiévales [Carnet de mise en scène]
Aujourd'hui et demain, nous entamons le travail de mise en scène sur La Farce du Cuvier... considérée comme l'un des chefs-d'oeuvre du genre... elle aussi d'auteur anonyme, écrite autour de 1420...
Toute simple - sur le sempiternel mode de l'arroseur arrosé - elle présente un trio de personnages archétypaux: l'homme soumis, son épouse dominante ainsi que sa belle-mère acariâtre! Des personnages qui peupleront bien des comédies jusqu'à aujourd'hui!
Dans ces farces, ce sont manifestement les femmes qui portent les culottes... les maris - benêts à souhait! - étant trop occupés à boire, à paresser ou à jeter un oeil du côté du voisin ou - surtout! - de la voisine!
Toujours est-il que dans cette histoire, le pauvre est accablé par un duo féminin qui n'a de cesse que de l'écraser sous le poids des tâches domestiques. Une exagération - parce que le tout va jusque là! - qui devait bien faire rire à son époque! Puis un accident renverse la situation sans que l'homme ait à se défendre... et le pouvoir passe de l'une à l'autre... Rira bien qui rira le dernier.
Libellés :
100 Masques,
Farces médiévales,
Moyen-Âge
Vers une nouvelle politique culturelle au Québec...
Le gouvernement du Québec, par la bouche de sa ministre de la Culture Hélène David (remplacée depuis, au même poste, par Luc Fortin), a annoncé une vaste consultation dans le but de déposer, dans les prochaines années, une nouvelle politique culturelle (la première depuis 25 ans!). Que donnera l'exercice?
Les attentes seront élevées.
Car il faut dire qu'elles le sont toujours quand vient le temps de parler de culture... tant le domaine n'est jamais aussi supporté qu'il le devrait, aussi considéré qu'il le mériterait...
À preuve cet extrait relatant, d'un point de vue théâtral, les résultats d'une initiative similaire... en 1966, sous l'égide de Pierre Laporte (article de Martial Dassylva tiré du Livre de l'année 1967 paru chez Grolier)... :
L'année 1966 ressemble à toutes les précédentes en ce qu'elle nous a apporté, sur le plan du théâtre, son quota de surprises agréables et de surprises moins agréables. [...]
En 1966, le théâtre québécois a continué son petit bonhomme de chemin, sans que les grands problèmes qui l'assaillent depuis des années aient reçu un commencement de solution. La situation des grandes troupes est précaire. Le Conseil des arts accorde toujours des subventions, mais celles-ci ne permettent pas aux directeurs de troupes de faire des plans à longue échéance. Ajoutons que l'organisation des troupes s'est améliorée quelque peu, mais qu'il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine. [...]
Le théâtre au Québec vit donc au jour le jour, survit beaucoup plus qu'il ne vit. Et, dans cette perspective, beaucoup de personnes avaient mis leur confiance dans le «Livre Blanc» que l'ex-ministre des Affaires culturelles, M. Pierre Laporte, nous promettait depuis deux ans. (À défaut de lire le document original, on peut en lire une description en long et en large ici, à partir de la page 88 de La Fillière juridique des politiques culturelles paru en 2006).
L'élection du 5 juin dernier a pratiquement mis fin à cet espoir. Du moins dans l'immédiat. D'ailleurs les extraits du «Livre Blanc» (version Laporte) que mon collègue Gilles Gariépy et moi-même avons publié dans «La Presse», vers le milieu du mois de septembre, nous ont permis de nous rendre compte que nous avions peut-être péché par excès de confiance: le chapitre consacré au théâtre est nettement insuffisant et les solutions qu'on y propose risquent de ne satisfaire personne. Personnellement, je crois que la philosophie de base de cette partie du document est fautive : quand on considère la subvention comme une prime à la qualité, on ne règle rien et on perpétue un état de fait qui a duré trop longtemps. Au théâtre comme dans les autres arts, le ministère des Affaires culturelles doit savoir prendre ses responsabilités et ne pas reculer devant un certain dirigisme absolument essentiel à ce moment-ci de notre évolution culturelle [note de moi-même: malheureusement, je n'ai pas le texte original en main pour bien comprendre ce dont il est question!]. Tout en respectant les initiatives de groupes privés, le ministère des Affaires culturelles doit trouver le moyen de doter le Québec des institutions essentielles à son développement et à son affirmation.
Ajoutons que jusqu'ici les différentes prises de position du nouveau ministre des Affaires culturelles, M. Jean-Noël Tremblay, ne nous incitent guère à voir les choses sous un angle plus réconfortant.
Et avec raison! Car cette politique culturelle, ce «Livre Blanc» ne sera adopté officiellement... qu'en 1976, par Jean-Paul L'Allier... quelques mois avant que les Libéraux (dont il faisait partie) ne perdent le pouvoir.
En attendant de voir, de nos jours, la machine se mettre en branle pour un important rendez-vous avec le milieu culturel québécois, voici, en lien, un tableau des différentes politiques culturelles pilotées par le(s) gouvernement(s) au fil des ans...
mercredi 25 mai 2016
Rideau!
Bien que le rideau de scène ne soit (malheureusement) plus beaucoup utilisé dans le théâtre d'aujourd'hui, il sait, quand il est présent, faire son effet! Il donne traditionnellement accès à un monde scénique (l'illusion) en attente.
Le rideau d'avant-scène est le lieu symbolique du rite théâtral, de la séparation du passage entre réalité et représentation, entre permanent et éphémère. Lieu symbolique, ambigu, il appartient à deux univers: peint comme un décor éphémère, il est pourtant lié à l'architecture, au permanent. Il est la matérialisation d'un passage, d'une frontière. [...] À la différence des autres rideaux dont la fonction première est de cacher, de protéger, le rideau d'avant-scène est ambivalent: il ferme, il cache, mais il s'ouvre et découvre. «Il est séduisant comme le péché», dit Barrault.
Le rideau d'avant-scène est le lieu symbolique du rite théâtral, de la séparation du passage entre réalité et représentation, entre permanent et éphémère. Lieu symbolique, ambigu, il appartient à deux univers: peint comme un décor éphémère, il est pourtant lié à l'architecture, au permanent. Il est la matérialisation d'un passage, d'une frontière. [...] À la différence des autres rideaux dont la fonction première est de cacher, de protéger, le rideau d'avant-scène est ambivalent: il ferme, il cache, mais il s'ouvre et découvre. «Il est séduisant comme le péché», dit Barrault.
Michel Corvin, Dictionnaire encyclopédique du théâtre
Son déploiement (qu'on appuie pour qu'il lève et qu'on charge pour qu'il s'abaisse) peut prendre plusieurs formes:
mardi 24 mai 2016
Sur le théâtre de Poe
J'aime beaucoup Edgar Allan Poe, son écriture presque gothique, sa noirceur, l'intelligence de ses constructions... que je connais surtout (et presque exclusivement!) par son éminent traducteur français, lui-même grand poète: Charles Beaudelaire (qui a écrit Les Fleurs du mal).
En relisant les Histoires extraordinaires, plus précisément dans la nouvelle Ligeia, je suis tombé sur ce poème (lugubre à souhait!) qui se passe sur une scène, dans un théâtre... avec de multiples couches de lectures qui sortent, évidemment, du monde dramatique!
lundi 23 mai 2016
Pourquoi le métier de comédien est-il si dangereux?
Toujours dans la suite du billet d'hier où il était traité (sous la plume de Bertrand de la Tour) de l'ignoble métier de comédien... voici un autre billet tiré, cette fois, du douzième volume du Dictionnaire apostolique à l'usage des mm. les curés des villes et de la campagne de Hyacinthe de Montargon, publié en 1757, qui explique la cause du rejet cette vile profession:
dimanche 22 mai 2016
Rien de plus ignoble qu'un comédien...!
En ce jour dominical, voici un «nouveau» chapitre de ce combat féroce contre le théâtre mené par l'Église... Il s'agit, cette fois, de l'opinion d'un farouche prédicateur, Bertrand de la Tour (au XVIIIième siècle) à propore de l'ignoble métier de comédien... après une petite introduction à l'ouvrage (Réflexions sur le théâtre... de près de 1500 pages!), retraçant l'origine du théâtre:
Mais c'est surtout l'extrait suivant que j'aime bien... et qui concerne un métier honni et dépravé: celui de comédien (et pire encore, selon l'homme d'église, celui de comédienne)!
Au théâtre, cette semaine! (du 22 au 28 mai 2016)
Vendredi, 27 mai 2016
Bibliothèque Georges-Henri Lévesque (Roberval), 17h
Le Théâtre Mic Mac poursuit les festivités de son cinquantième anniversaire et lance un livre sur son histoire, Le Mic Mac en scéne, 1,2,3... théâtre! de Francine Joncas.
samedi 21 mai 2016
Le théâtre: un art d'aujourd'hui!
Phénix par Friedrich Justin Bertuch, 1790-1830
Par nature,
et même s'il est très ancien,
le théâtre est toujours un art de la modernité.
Le phénix
qu'il faut sans cesse faire renaître.
Cette sentence - par ailleurs très belle! - vient du grand Peter Brook et donne ici l'un des plus importants fondements du théâtre: son éternelle contemporanéité... due à son caractère éphémère qui se joue ici, maintenant, devant un public d'aujourd'hui.
Le théâtre ne se fait pas au passé... il en reste des traces - peut-être... - mais n'a plus de véritable existence lorsque les comédiens quittent la scène.
vendredi 20 mai 2016
La censure n'est pas l'apanage que du merveilleux monde de l'humour...
Après la semaine dernière où la liberté d'expression et la censure étaient partout, dans tous les médias, le sujet numéro un, j'ai pensé chercher un autre exemple de la censure au théâtre... autre que l'histoire des Fées ont soif de 1978...
En reculant un peu plus loin dans le temps, je me suis retrouvé devant cette histoire (relatée ici par Michel Vaïs - qui était de l'aventure tout comme ses compagnons Robert Toupin, Claude Maher et Carole Laure - dans le second numéro de Jeu: revue de théâtre qu'on peut lire en entier ici) de la disparition de l'une des grandes troupes semi-professionnelles de l'époque, Les Saltimbanques, à cause d'un spectacle: Équation pour un homme actuel de Pierre Moretti.
[...] La Justice a, hélas, causé plus de tort aux Saltimbanques que les
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pompiers et les bons pères réunis, à l'occasion d'Equation pour un homme
actuel, mieux connue sous le nom de l'«affaire» des Saltimbanques.
Sans vouloir accorder trop d'importance à cette pièce et aux péripéties
judiciaires qu'elle a suscitées, il convient de rappeler brièvement les
faits.
Le ministère des Affaires culturelles a proposé à la troupe une subvention
de $1250 (somme inespérée à l'époque) pour monter un spectacle
original au Festival des Jeunes Compagnies qui devait se tenir au
pavillon de la Jeunesse de l'Expo 67, au mois de septembre. On nous a
demandé pour l'occasion d'être fidèles à nos conceptions du théâtre,
c'est-à-dire de présenter quelque chose «d'avant-garde». [...]
Le texte-prétexte résulta d'une collaboration insolite entre un décorateur [Pierre Moretti] et... un ordinateur. Pierre Moretti, qui cherchait depuis longtemps
déjà un texte susceptible de servir un spectacle surtout visuel et sonore,
a fini par s'entendre avec l'ordinateur électronique CDC-3400 du Centre
de calcul de l'Université de Montréal, dirigé par M. Jean Baudot.
8000 mots, choisis dans les vocabulaires de la science, de la technologie,
de la médecine, de l'amour, de la guerre, etc. , ont été fournis à la machine
en même temps qu'une syntaxe primaire, et celle-ci a recraché des
centaines de phrases plus étonnantes les unes que les autres [...] Naturellement, les phrases ont été triées par Moretti, certaines ont été rejetées, et les autres, groupées selon leur composition lexicale et leur «sens», ou leur pouvoir de suggestion, sous 16 différents thèmes susceptibles
de composer une fresque de l'évolution et de la situation de
l'homme sur la planète.
La création du
monde à partir des éléments en fusion, l'affrontement des forces positives
et négatives, les possibilités de la technologie, l'amour et l'érotisme,
l'absurdité, la peur, la mort, les guerres, les maladies, la famine, le rêve,
l'espoir, les mutations de l'espèce et les prophéties étaient autant de
thèmes évoqués par des sortes de ballets ou de chorégraphies exécutés
la plupart du temps sur de la musique électronique. L'aspect visuel du
spectacle avait une importance capitale. Aussi, le décorateur a cherché
à créer des effets originaux à partir de projections de films et de diapositives
dirigées sur les comédiens qui portaient des collants ou des jeans
blancs et avaient le corps couvert de maquillage argent.
[...]
Équation pour un homme actuel a été présentée pour la première fois,
le 4 septembre 1967, au Festival des Jeunes Compagnies. Puis, devant
le succès de la soirée et à la demande des autorités du pavillon de la
Jeunesse, la pièce fut jouée six fois, en reprise, la semaine suivante.
Le
soir de la dernière représentation, devant une salle bondée de journalistes,
d'artistes, d'intellectuels québécois, russes, tchèques, du «tout Montréal» de l'Expo 67, l'inénarrable escouade de la moralité de la Police
de Montréal est intervenue à la fin du neuvième tableau (Érotomanies)
pour cueillir à leur sortie de scène les neuf comédiens qui y
avaient participé.
Séquestration dans les loges, photos de face et de
profil en costume de scène, puis, promenade en panier à salade jusqu'au
poste de police; là, visite médicale avec examen gynécologique et prise
de sang, etc. Pendant ce temps, les trois comédiens restés sur
scène, désorientés, n'ayant aucune idée des motifs de cette razzia, ont dû expliquer aux spectateurs médusés, incrédules, que le spectacle était
interrompu faute de combattants. Certains spectateurs, dont Paul Buissonneau,
ont cru à un gag pour annoncer l'entracte!
Après une nuit blanche, toute la troupe était présente à la Cour municipale
le lendemain matin pour entendre l'incroyable accusation: spectacle
indécent. Ce qui avait apparemment beaucoup choqué... certaines
personnes, c'est l'effet produit dans Érotomanies par le texte (fabriqué
par une machine, répétons-le), la bande sonore (provenant des soupirs
de Kathy Berberian sur le disque Visages de Luciano Berio) et les
gestes des acteurs. Vus de la salle, ceux-ci avaient tantôt l'air de robots
du XXIième siècle, tantôt de danseurs de la troupe de Béjart, aux gestes
stylisés, très solennels, comme des prêtres oniriques participant à un
lent rituel dont ils avaient le secret. Naturellement, ce tableau était
dans notre esprit absolument indissociable du spectacle entier, et nous n'y avions jamais, au cours des répétitions, prêté l'attention démesurée
qu'il devait retenir par la suite. Nous chercherions encore en vain aujourd'hui
la moindre trace de séduction dans l'esprit des participants.
Toujours est-il que, malgré la brochette impressionnante de témoins de
la défense (mentionnons, entre autres, Françoise Loranger, Paul Buissonneau,
Jacques Languirand, Martial Dassylva, Reginald Hamel,...),
Les Saltimbanques ont perdu ce procès et la pièce de l'ordinateur
CDC-3400 a été immédiatement frappée d'interdiction dans tout le Canada.
Entre la fin du procès et le jugement, Équation a été jouée deux fois
(la même soirée) à l'occasion du carnaval des étudiants de l'Université
de Montréal et durant un mois au bâteau-théâtre de l'Escale — toujours
donc, en-dehors des limites de la ville de Montréal.
Ces représentations
étaient pour la troupe une pure question de survie car les dettes (loyers,
transformations du local, procès) s'étaient accumulées, malgré les sommes
recueillies par un «Comité pour la défense des neuf», auquel Gratien
Gélinas, notamment, avait offert $500 soit le montant du prix
Victor-Morin qu'il avait obtenu.
Toujours est-il que les Saltimbanques finiront par gagner leur procès en
deuxième instance, c'est-à-dire en Cour supérieure, un an plus tard.
Mais nonobstant la conclusion défavorable du premier procès (condamnation
à des amendes ou à un séjour en prison pour les neuf comédiens),
toute la troupe devait s'embarquer pour la France quelques jours plus
tard, en avril 1968, pour représenter officiellement le Québec au Festival
mondial du théâtre de Nancy, grâce à une subvention spéciale de
$20000 du ministère des Affaires culturelles, en présentant Equation,
pièce interdite dans tout le Canada, d'un océan à l'autre!
Il fallait voir,
à Nancy, l'incrédulité des festivaliers quand on les assurait que rien
n'avait été retranché du spectacle, ni allusion politique ni scène d'orgie,
et que c'était CELA, et rien d'autre, qui avait motivé l'intervention policière! [...] De retour au Québec, tout le monde était vidé, miné.
Nous étions en mai 1968... Abandonné depuis près d'un an, notre local
dans le Vieux-Montréal a dû être évacué en catastrophe. La troupe
s'est trouvée réduite par la désaffection de certains membres qui avaient
particulièrement souffert du procès (perte d'emploi, moqueries, insinuations).
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Censure,
Histoire du théâtre au Québec
jeudi 19 mai 2016
Trio de farces médiévales [Carnet de mise en scène]
J'aurais très bien pu titrer ce billet Le vent de la discorde... car c'est bien ce dont il s'agira aujourd'hui alors que nous nous attaquerons à la troisième de nos pièces médiévales, la Farce nouvelle et fort joyeuse du pet (elle aussi écrite dans la première moitié du XVième siècle).
Alors qu'un couple - Hubert et sa femme - s'acharne, dans un grand effort, à déplacer un ballot, un pet se fait entendre et empuantit la maison. Il n'en faut pas plus pour que le ménage vacille. Heureusement, coïncidence!, passe par là un avocat en quête d'une cause. Dès lors que le procès est instruit, le vent devient tempête.
Comme le disait Michel Rousse, éminent spécialiste du théâtre du Moyen Âge, il n'est pas question de faire oeuvre d'art, mais de donner lieu à un rire profanateur.
Ce texte n'est pas très long avec environ 300 vers (bien que notre version s'appuie sur une transcription en français moderne qui ne s'est pas trop préoccupée de cette caractéristique) et est une bonne illustration du ton commun aux farces de l'époque, un ton licencieux, malicieux, vaguement obscène, axé sur le bas du corps... de ce bas du corps qui, loin d'être sacralisé, est profondément charnel et utilitaire... dans tous les sens du terme.
Car le ressort comique de cette pièce réside en ce fait précis que, de l'objet de litige, on en vient rapidement à des considérations sexuelles. Et c'est comme ça que derrière les circonvolutions odoriférantes de ces discours surgissent de grandes vérités conjugales... beaucoup trop grandes pour les personnages! Qu'en sera-t-il pour les spectateurs?
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Par ailleurs... et pour rester dans le même thème... voici un petit article paru il y a quelques semaines dans différents médias un peu partout dans le monde, Péter chez autrui, est-ce un délit? qui prouve bien, encore une fois, que plus ça change...
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