dimanche 2 mai 2021

Au théâtre, cette semaine! [Du 2 au 8 mai 2021]

Voici ce qui animera la région, théâtralement parlant, au cours des prochains jours: 

TOUTE LA SEMAINE
(JUSQU'AU 13 MAI 2021)
EN VIRTUEL SUR LE SITE https://radiogestessansbord.com/
CHAIRE DE DRAMATURGIE SONORE


C'est un événement/colloque international pour marquer les dix ans de la Chaire de recherche sur la dramaturgie sonore, menée par Jean-Paul Quéinnec. Les participant.es [des collaborateurs au cours des ans, sont invités] à former des duos réunissant un.e praticien.ne et un.e théoricien.ne. d’une autre discipline. À l’image du processus en recherche-création, leur balado (parce que ce sera la forme privilégiée) agencera réflexion théorique et création artistique. Cette formule originale représente une occasion de découvrir des territoires pluriels et inexplorés, et de produire des résultats inattendus. Pour connaître tous les détails de ce qui s'en vient, visitez le site de la Chaire

VENDREDI À DIMANCHE - DU 7 AU 8 MAI 2021
(JUSQU'AU 16 MAI 2021)
19H (15H DIMANCHE) - SALLE LIONEL-VILLENEUVE
THÉÂTRE MIC MAC


Le Théâtre Mic Mac de Roberval présente ENFIN! sa production Bonne retraite, Jocelyne, un texte de Fabien Cloutier mis en scène par Bruno Paradis, qui devait prendre l'affiche l'an dernier. Jocelyne convoque les siens à une réunion familiale. Mais la nouvelle qu'elle désire annoncer tombe à plat. Les convives semblent davantage intéressés à donner leur avis sur le TDAH du collègue de Brigitte, la maltraitance des dauphins ou la peine d'amour de Keven qu'à nouer de véritables échanges. La rencontre sous tension revêt rapidement des allures de tribunal populaire. Dès lors, de vieux démons ressurgissent. Une confrontante rencontre de famille qui, dans un humour cinglant, questionne la culture du vide, les conversations futiles et les troublantes conséquences d'un monde pétri de jugements décomplexés. Une charge contre l'ignorance qui n'épargne personne. Tous les détails ici.

SAMEDI - 7 MAI 2021
19H - THÉÂTRE BANQUE NATIONALE
DIFFUSION SAGUENAY/TNM


Diffusion Saguenay reçoit le T.N.M. qui reprend la route pour présenter  L'Avalée des Avalés, adaptation du théâtrale de ce classique de Réjean Ducharme. Bérénice Einberg, précocement revêche, rêveuse et ravagée, est ballotée entre un père juif et absent, et une mère catholique, alcoolique et affectivement distraite. Elle n’a de foi qu’en l’amour éperdu et absolu qu’elle porte à son frère Christian. Sa mère — qu’elle appelle Chat Mort ou Chamomor, c’est tout dire — oscille envers sa fille entre le froid distant et la chaleur étouffante. Son père ne voit en elle qu’une dévergondée que seuls les orthodoxes de New York et d’Israël, où il la catapulte successivement, pourraient redresser. Mais rien n’y fait : pour Bérénice, seul compte la quête d’amour absolu. Pour ce spectacle intime, Lorraine Pintal a demandé au cinéaste Charles Binamé une scénographie portative, faite de bric et de broc comme les collages d’objets — les trophoux ! — de Ducharme. L’époustouflante Sarah Laurendeau retrouve ses deux complices de la création, Louise Marleau et Benoît Landry, pour vous emporter dans l’univers baroque de Bérénice. Tous les détails ici

TOUT LE MOIS DE MAI 2021
UN PEU PARTOUT
EN REPRÉSENTATIONS SCOLAIRES


Enfin, je sais que le Théâtre À Bout Portant a ressorti son ambulance pour entreprendre, tout au long du mois, une série de représentations scolaires de Sortie de secours.

samedi 1 mai 2021

Du théâtre satanique...

J'ai souvent, sur ce blogue, fait état de la lutte acharnée de dévots envers le théâtre. Parce que généralement, les arguments sont savoureusement manichéens: évitez le théâtre ou soyez condamnés! On peut lire toute une série de ces écrits journalistiques, lettres, mandements, ici.

C'est pourquoi je fus tout de suite attiré par cet article du Courrier du Canada de ce 30 mars 1883 où le rapporteur turinois s'est manifestement étranglé d'indignation, s'étouffant dans son encre et sa religion. 

Le début, d'ailleurs, est un autre beau morceau d'éloquence qui donne du poids (!) à tout le reste de son argumentaire.

L'auteur de cette oeuvre (une poésie provocante qui fait de Satan, selon Wikipédia, le symbole de la rébellion contre la vie et le progrès écrite en 1863), Giosuè Carducci, obtiendra le prix Nobel de littérature en 1906. 


vendredi 30 avril 2021

Du Grand Guignol en théâtre web - Épilogue

C'est maintenant terminé pour ce projet du cours Création théâtrale à l'UQAC qui a vu mes six étudiants plongés dans l'univers du Grand Guignol pour une diffusion sur le web avec une plateforme conçue pour nous.

Dans l'ensemble, ce fut un projet très stimulant, tant en répétition qu'en représentations, de par la dose intense de folie que le tout demandait, de par l'engagement de chacun dans le processus, de par les possibilités qu'incarnaient l'outil qui serait mis à notre disposition. 

Vraiment, un projet de recherche et d'exploration à faire s'enflammer l'imagination et la créativité!

Le plus grand regret est de ne pas avoir pu travailler avec cette plateforme autant que nous l'aurions souhaité (car nous n'avons fait qu'un court essai technique et un enchaînement avant la générale) et ainsi pouvoir pointer des problèmes éventuels qui surviendront, notamment, au cours de la générale et de la première. 

Parce que c'est là tout l'enjeu de ce type de diffusion web. Si d'une part, le travail théâtral, dans le lieu, est prêt, efficace, dynamique, porté avec conviction par les interprètes, il y a, à même le projet, une part majeure complètement incontrôlable relevant de la technologie.

Ainsi, entre le spectacle et sa réception par le spectateur, il y a toute une chaîne qui se compose et qui, à chaque étape, comporte son lot d'écueils éventuels, de failles techniques qui pourront miner l'expérience, malgré tout le talent et l'élan de l'interprète sur le plateau.

Dès le départ, outre les répétitions, nous nous sommes soumis à un appareillage technique. Dans ce cas-ci, faute de moyens, nous avons travaillé avec la caméra de nos cellulaires (de différentes marques et différentes générations) et des micros cravates efficaces mais avec aussi leurs limites. 

Par la suite, nous nous sommes fiés à la stabilité et la force du réseau internet de l'UQAC. Correct... jusqu'à ce qu'il pose manifestement problème, comme le soir de la générale ou le soir de la première... question de maintenance ou de mauvais positionnement d'une antenne wifi! 

C'est de ce réseau que les données parvenaient chez Waveform qui mettait en ligne et surveillait les caméras sur la plateforme. 

Entre les caméras et les micros et la mise en ligne, il n'y avait pas moyen, dans la version actuelle de la plateforme, de manipuler le son, de le moduler, de le calibrer. Cette étape aurait dû être faite à même les téléphones. C'est là, par exemple, une des limites de notre recherche. 

Tout était alors en ligne. Et le spectateur pouvait se brancher pour nous voir. 

Pour se faire, il se fiait alors sur son propre réseau internet dont la qualité et l'efficacité varie selon le forfait, la zone géographique, la vitesse pour visionner la représentation sur son appareil qui lui aussi variait en qualité et en efficacité. 

Bref, les intermédiaires étaient nombreux!

Les répétitions - sur quinze jeudis - ont tenté de tenir compte de tous ces paramètres. Est-ce que tout ça est parfait? Bien sûr que non! 

Nous aurions pu, comme toujours, approfondir encore plus le travail d'interprétation. Nous aurions pu travailler encore plus l'extra-scénique. Nous aurions pu travailler encore plus la qualité sonore (ce que nous n'avons, en réalité, que très peu fait avec Zoom). Nous aurions pu, sans doute, faire plus avec le temps qui nous était imparti.

Mais nous avons déjà fait beaucoup! 


De mon côté, je sors de ce projet avec une immense satisfaction composée de multiples points: la rencontre avec ces étudiants allumés, le travail sur un répertoire que j'affectionne, la collaboration avec les autres concepteurs qui ont donné une esthétique à tout ça, le plaisir tout au long des semaines de cours, le travail de recherche pour trouver une façon de diffuser, la fébrilité d'essayer un outil conçu à notre demande, la fierté de s'être rendu au bout de quelque chose. 

mardi 27 avril 2021

«Bons ou mauvais, n'oubliez jamais vos débuts»

 

Voici un autre extrait (après celui publié hier sur ce blogue... parce que ce fut ma lecture du weekend!) de Zeami, grand acteur et auteurs de nôs, tiré de son traité Kakyo (Le Miroir de la Fleur) écrit en l'an 31 d'eÔi (1424), sixième lune, premier jour.

Ce (magnifique) passage résonne comme un conseil aux acteurs qui veulent progresser sans perdre de vue l'essentiel: la conscience de soi dans l'humilité:

[...] Cela dit, nous avons, dans notre école une maxime d'une portée universelle: «N'oubliez pas vos débuts.» Cette maxime fait l'objet d'une tradition orale en trois points:

«Bons ou mauvais, n'oubliez pas vos débuts; n'oubliez pas vos débuts dans chaque période; n'oubliez pas vos débuts dans la vieillesse.»

«Bons ou mauvais, n'oubliez pas vos débuts»: si vous conservez en vous, sans jamais l'oublier, [le souvenir] des débuts de vos jeunes années, il en résulte, dans la vieillesse, toutes sortes d'avantages. «La connaissance des défauts de ce qui précède est la condition des qualités de ce qui suit», dit-on. Et encore: «Quand la voiture qui précède verse, c'est un avertissement pour la voiture qui suit», etc. Oublier ses débuts, n'est-ce pas ignorer, du même coup, les étapes qui suivent? «Réussir et se faire un nom» est le résultat d'une progression des facultés. Celui qui ne se rend pas compte de cette progression, ne s'aperçoit pas davantage d'un retour à ses débuts. C'est donc afin d'éviter de méconnaître son degré actuel, que l'on s'ingénie à ne point oublier ses débuts. Si l'on n'oublie pas ses débuts, les étapes qui suivent seront correctement [appréciées]. Si l'on [apprécie] correctement les étapes qui suivent, [les facultés] qui auront progressé me régresseront plus jamais.

lundi 26 avril 2021

Peau, chair et os...

 

Lire les traités de Zeami - réunis dans La Tradition secrète du Sarugaku no Nô et publiés chez Gallimard en 1960 dans une traduction commentée de René Sieffert - n'est pas évident tant les métaphores (notamment sur la fleur qui représente le développement de l'acteur du nô) y abondent et que la philosophie qui sous-tend ce travail m'est méconnu...

Mais il y a tout de même des passages qui sont intéressants. 

Comme celui-ci, tiré de son Shikadôsho (Le Livre de la Voie qui mène à la Fleur) écrit en l'an 27 d'Ôei (1420) au jour de la sixième lune. Voici donc les trois éléments qui façonnent, en quelques sortes, l'art de l'acteur:

PEAU, CHAIR ET OS - Dans la pratique de notre art, on rencontre [les trois éléments] peau, chair et os. Mais les trois ne se trouvent rarement réunis. [...] Or, donc, s'il me faut localiser, dans la pratique de notre art, [les éléments]  peauchair et os, j'appellerai os l'existence d'un fonds inné et la manifestation de la puissance inspirée qui donne spontanément naissance à l'habileté. J'appellerai chair l'apparition du style achevé qui puise sa force dans l'étude de la danse et du chant. J'appellerai peau une interprétation qui, développant encore ces [éléments]-là, atteint aux sommets de l'aisance et de la beauté. Si nous rapportions [ces trois éléments] aux trois [facultés de la perception] à savoir à la vue, à l'ouïe et à l'esprit, la vue correspondrait à la peau, l'ouïe à la chair et l'esprit à l'os. Dans le chant pris isolément, ces trois [éléments] se retrouveraient également. (Note marginale: «L'émission vocale est la peau, les modulations sont la chair, le souffle est l'os.») On les retrouverait de même dans la danse considérée à part. (Note marginale: «L'aspect général est la peau, les mouvements de danse sont la chair, l'esprit est l'os.») Sachez bien faire la distinction. 

dimanche 25 avril 2021

Au théâtre, cette semaine! [Du 25 avril au 1er mai 2021]

 Voici ce qu'il y a au programme, cette semaine, dans le monde théâtral régional (du moins, ce qui est sur mon radar):

TOUTE LA SEMAINE 
(JUSQU'AU 13 MAI 2021)
EN VIRTUEL SUR LE SITE https://radiogestessansbord.com/
CHAIRE DE DRAMATURGIE SONORE


C'est un événement/colloque international pour marquer les dix ans de la Chaire de recherche sur la dramaturgie sonore, menée par Jean-Paul Quéinnec. Les participant.es [des collaborateurs au cours des ans, sont invités] à former des duos réunissant un.e praticien.ne et un.e théoricien.ne. d’une autre discipline. À l’image du processus en recherche-création, leur balado (parce que ce sera la forme privilégiée) agencera réflexion théorique et création artistique. Cette formule originale représente une occasion de découvrir des territoires pluriels et inexplorés, et de produire des résultats inattendus. Pour connaître tous les détails de ce qui s'en vient, visitez le site de la Chaire

MERCREDI ET JEUDI - 28 ET 29 AVRIL 2021
20H
UQAC/EN VIRTUEL SUR LA PAGE THÉÂTRE UQAC 2021


Présentation en direct (en mode virtuel) des étudiants du cours Création théâtrale (7THE535 - UQAC), sous la direction de Dario Larouche. Deux courtes pièces (Gardiens de phare et Godefroy) précéderont Le Système du Docteur Goudron et du Professeur Plume d'André de Lorde. Ces présentations se feront sur la plateforme conçue spécialement pour l'occasion et dont le lien sera fourni sur la page de l'événement. C'est gratuit. Mais il faut s'abonner!

VENDREDI À DIMANCHE - 30 AVRIL AU 2 MAI 2021
(JUSQU'AU 16 MAI 2021)
19H (15H DIMANCHE) - SALLE LIONEL-VILLENEUVE
THÉÂTRE MIC MAC


Le Théâtre Mic Mac de Roberval présente ENFIN! sa production Bonne retraite, Jocelyne, un texte de Fabien Cloutier mis en scène par Bruno Paradis, qui devait prendre l'affiche l'an dernier. Jocelyne convoque les siens à une réunion familiale. Mais la nouvelle qu'elle désire annoncer tombe à plat. Les convives semblent davantage intéressés à donner leur avis sur le TDAH du collègue de Brigitte, la maltraitance des dauphins ou la peine d'amour de Keven qu'à nouer de véritables échanges. La rencontre sous tension revêt rapidement des allures de tribunal populaire. Dès lors, de vieux démons ressurgissent. Une confrontante rencontre de famille qui, dans un humour cinglant, questionne la culture du vide, les conversations futiles et les troublantes conséquences d'un monde pétri de jugements décomplexés. Une charge contre l'ignorance qui n'épargne personne. Tous les détails ici.

samedi 24 avril 2021

Fait divers.. ou «ça aurait pu... mais non.»

 Il m'arrive parfois de tomber, en cherchant dans les archives, sur d'étonnantes nouvelles... 

... comme ce tout petit entrefilet paru dans La vigie: journal de critique et d'opinion de ce samedi 14 janvier 1911:


C'est donc là une mort qui ne semble pas ébranler les spectateurs outre-mesure. Leur frayeur a été de courte durée... on se dépêcha de tasser le corps dans le trou du souffleur pour poursuivre le spectacle alors que les artistes s'impatientaient! Enfin, c'est la suite de l'histoire telle que je me la fais dans ma tête! 

Sinon, voici le Gran Teatre del Liceu, à Barcelone, où s'est finalement joué ce (non) drame:


vendredi 23 avril 2021

La belle histoire du théâtre du palais royal de Drottningholm



Il existe très peu de théâtres intacts des XVIIe et XVIIIe siècle, avec leur machinerie artisanale et leur atmosphère d'illusion.

Voici la petite histoire due la redécouverte... du sauvetage de celui du Palais royal de Drottningholm (celui des photos ci-haut), en Suède, racontée dans le Journal La Patrie, 8 octobre 1961:


dimanche 18 avril 2021

Au théâtre, cette semaine! [Du 18 au 24 avril 2021]

Voici ce qui s'en vient - du moins, de ce que j'en sais - dans le milieu théâtral régional...

DIMANCHE - 18 AVRIL 2021
14H - SALLE MICHEL-CÔTÉ
VILLE D'ALMA SPECTACLES/QUATUOR MOLINARI


Ici c'est plus ou moins théâtral, mais quand même! Ville d'Alma Spectacles reçoit le Quatuor Molinari et Catherine Perrin au clavecin pour un spectacle autour des Fables de Lafontaine: Ce théâtre musical familial est une présentation du Quatuor Molinari en collaboration avec Mme Catherine Perrin, au clavecin et à la narration. Dix fables seront déclamées par Mme Perrin et illustrées par une musique de Denis Gougeon pour clavecin et quatuor à cordes, et par celle de Jean-Philippe Rameau. En première partie le Quatuor Molinari jouera le Quatuor op. 11 de Samuel Barber (avec son célèbre Adagio), suivi des Fables en seconde partie. Pour les enfants de 7 à 77 ans! Pour les billets, c'est ici.

À COMPTER DU 19 AVRIL 2021
(JUSQU'AU 13 MAI 2021)
EN VIRTUEL SUR LE SITE https://radiogestessansbord.com/
CHAIRE DE DRAMATURGIE SONORE


C'est un événement/colloque international pour marquer les dix ans de la Chaire de recherche sur la dramaturgie sonore, menée par Jean-Paul Quéinnec. Les participant.es [des collaborateurs au cours des ans, sont invités] à former des duos réunissant un.e praticien.ne et un.e théoricien.ne. d’une autre discipline. À l’image du processus en recherche-création, leur balado (parce que ce sera la forme privilégiée) agencera réflexion théorique et création artistique. Cette formule originale représente une occasion de découvrir des territoires pluriels et inexplorés, et de produire des résultats inattendus. Pour connaître tous les détails de ce qui s'en vient, visitez le site de la Chaire

VENDREDI À DIMANCHE - 22 AU 24 AVRIL 2021
(JUSQU'AU 16 MAI 2021)
19H (15H DIMANCHE) - SALLE LIONEL-VILLENEUVE
THÉÂTRE MIC MAC


Le Théâtre Mic Mac de Roberval présente ENFIN! sa production Bonne retraite, Jocelyne, un texte de Fabien Cloutier mis en scène par Bruno Paradis, qui devait prendre l'affiche l'an dernier. Jocelyne convoque les siens à une réunion familiale. Mais la nouvelle qu'elle désire annoncer tombe à plat. Les convives semblent davantage intéressés à donner leur avis sur le TDAH du collègue de Brigitte, la maltraitance des dauphins ou la peine d'amour de Keven qu'à nouer de véritables échanges. La rencontre sous tension revêt rapidement des allures de tribunal populaire. Dès lors, de vieux démons ressurgissent. Une confrontante rencontre de famille qui, dans un humour cinglant, questionne la culture du vide, les conversations futiles et les troublantes conséquences d'un monde pétri de jugements décomplexés. Une charge contre l'ignorance qui n'épargne personne. Tous les détails ici.

jeudi 15 avril 2021

Du Grand Guignol en théâtre web - À la recherche de la fluidité

Ce jeudi, 15 avril 2021, nous avons fait un premier enchaînement complet, sur la plateforme en cours d'élaboration, de notre production grandguignolesque.

Voici, d'emblée, quelques captures d'écran prises selon différents points de vue. 







Cet enchaînement a cet avantage d'être relativement tôt et de nous permettre de travailler à corriger encore quelques éléments:
  • concevoir l'interface (ou plutôt l'esthétique) de la plateforme pour qu'elle soit conviviale, invitante, tout en étant sobre pour ne pas interférer sur les six points de vue simultanés;
  • corriger les positionnements des cellulaires des interprètes dans le costume afin d'avoir des prises de vues intéressantes... qui ne coupent pas les têtes (le défi étant que les étudiants doivent agir en conséquence d'une caméra dont ils n'ont pas le résultat);
  • paramétrer tous les appareils pour que l'atmosphère créée notamment par la lumière ne soit pas gâchée par des ajustements automatiques qui rendent l'image trop clair et flou pour compenser la faible intensité de l'éclairage;
  • revoir certains points de vues... parce qu'il se peut qu'on en échappe en diffractant la mise en scène en six;
  • répéter, et répéter, et répéter pour approfondir le jeu;
  • et bien sûr - et ce n'est pas notre partie - régler les problèmes techniques de la plateforme pour qu'aucun pépin ne survienne en représentation.
Ce dernier point est essentiel. Car avec le jeu lui-même, la plateforme est l'essentiel outil de diffusion! Il faut qu'elle soit efficace.

Le premier essai s'avère quand même intéressant, même s'il ne représente pas une utilisation normale de cet outil. Les trois ou quatre personnes qui avions accès à l'enchaînement avaient pour mandat de tester les changements de points de vue, de voir à la compréhension de la pièce, de relever les forces ou les faiblesses. Plus que de vivre l'expérience. Ce qui reléguait un peu le jeu et la mise en scène en second plan.

Est-ce que notre projet sera parfait? Probablement pas. Mais nous avons du plaisir à tester les choses! Est-ce qu'il y a un risque de cacophonie? Absolument, même si nous tenterons de l'éviter. Est-ce que la lisibilité de la proposition scénique sera affectée par les changements de plans? C'est possible. Là encore, nous travaillerons de façon à minimiser cet écueil de la non-compréhension.

Maintenant, il faut surpasser la gadgétitude de l'ensemble! Et c'est avec ça en tête que nous entamons le dernier droit! D'ici quelques jours, nous donnerons plus de détails sur la façon d'accéder à ce projet.

mercredi 14 avril 2021

Une histoire de perruque

Les histoires de perruques font toujours rire. Depuis toujours. Comme en témoigne cette anecdote, publiée le 17 avril 1840 dans L'aurore des Canadas, un journal littéraire, politique et commercial de Montréal:


Dommage que l'anecdote ne donne pas de noms...

mardi 13 avril 2021

Ce que je comprends des principes meyerholdiens ou comment je les applique


Je l'ai souvent répété: je suis un adepte des théories et principes édictés par Vsevolode Emilievitch Meyerhold, principalement ceux élaborés entre les années '20 et le milieu des années '30. Et bien entendu, toutes les lectures faites depuis plusieurs années déjà colorent ma vision de le mise en scène et mon travail scénique.

Il fait toujours bon de revenir aux sources, de faire une synthèse de sa propre pratique. Exercice d'autant plus utile ces temps-ci, alors que je travaille avec presque tous des comédiens avec qui c'est la première collaboration et que je dois donc les aligner avec certains préceptes.

Qu'est-ce donc dire? 

Approche formelle du texte 

Avant même que d'être une partition émotionnelle pour le personnage, le texte est une partition formelle qui fera se conjuguer plusieurs éléments:
  • le mot, la phrase, la sonorité;
  • le rythme sur lequel s'élaborera la dynamique des personnages;
  • les silences et les envolées;
  • les points et les contrepoints... de même que les ruptures;
  • le volume et le débit vocal.
Tout ça semble loin de l'approche psychologique... mais en même temps, elle n'en est pas si éloignée. C'est que plutôt de creuser le sens des mots et ce qu'ils provoquent chez le personnage, d'aller à la recherche d'une vie intérieure, de partir d'elle pour aller vers l'extérieur, je reste sur la partition formelle et rythmique, l'extérieur, pour aller trouver ce que sera la figure. Du contenant surgira nécessairement un contenu.  Le personnage s'ébauchera peu à peu à mesure que la structure se développera.

Pour moi, le texte agit, en quelques sortes, comme une musique et est utilisé comme tel pour développer la mise en scène qui prend souvent alors des airs de chorégraphie. (Étrange d'écrire ça quand on sait, par ailleurs, que la musique, la vraie, est pratiquement absente de mes mises en scène... ou en était la base même comme du temps des opérettes à la SALR.)

Les phrases - mais plus encore les mots, voire même les onomatopées provoquées! - sont utilisés comme des stimulus, comme des points d'orgue, des appels à l'action ou à la réaction du partenaire. Ce sont, dans le langage théâtral, des cues.

D'où aussi l'intérêt que je porte à la réécriture plus ou moins grandes selon les œuvres choisies (quand les droits le permettent, bien entendu). Je suis un adepte des ajouts, des coupures, des inversions, des réécritures qui peuvent donner un autre rythme, un autre souffle, une autre respiration aux textes.

Approche formelle l'acteur

Du texte, je vais évidemment vers l'acteur. Lui aussi un élément formel, fondamental dans mon cas:
  • par sa posture, sa tenue, il donne un corps, une forme au personnage qu'il moule sur lui-même;
  • par son déploiement dans l'espace, il est élément rythmique qu'il est possible de moduler à l'infini;
  • par son geste et son mouvement, il précède la réplique dans une variation dynamique qui l'accentue;
  • par son utilisation de l'objet, de l'accessoire, il se prolonge dans l'espace et augmente le potentiel scénique de celui-ci;
  • par sa recherche de précision, de maîtrise, de virtuosité, il se surpasse.
Et ici aussi, de la forme surgira le contenu.

Bien sûr qu'en répétition, je ne fais pas abstraction de ce que pense ou mijote le personnage. Juste que c'est par des indications d'ordre formelles que la consigne parviendra au comédien. Le jeu du comédien est, pour moi, un jeu de monstration, du montré d'abord, du ressenti plus tard.

Si ce passage semble particulièrement tyranniqueintransigeant et limitatif pour l'interprète, il faut pourtant savoir que je considère tout particulièrement ce-dernier comme étant le principal émetteur de cette théâtralité et que les indications se collent généralement avec ses intuitions et ses propositions, et je l'espère, les transcendent, les mènent plus loin. S'il se sent parfois pâte à modeler pour le metteur en scène que je suis, l'idéal est qu'il atteigne, notamment par les enchaînements, une autonomie, une aisance qui lui est propre pour à son tour transcender la mise en scène.

De nouveau, il s'agit d'un travail quasi chorégraphique (ou, pour être plus précis, séquentiel) à partir du texte, tandis que le comédien manœuvre constamment à travers diverses formes d'interactions qui imposent le mouvement et/ou le geste: rapport à l'espace, rapport à l'autre, rapport au décor et au mobilier, rapport à l'accessoire. 

Approche formelle de la scène

La scénographie et/ou le dispositif (pas tant un décor qu'une aire de jeu où règne l'évocation, délimitée principalement par le plancher) sont conçus de façon à dynamiser le jeu, le mettre en valeur, à augmenter le sentiment d'attente de ce qui peut y advenir.  

En tout temps, je cherche à maximiser l'espace, le rendre, par son usage, dynamique tout en préservant l'équilibre du plateau, l'équilibre de la perception du spectateur. 

Les objets qui sont sur scène sont eux aussi mis à profit dans la maximisation spatiale. Ils sont (sur)utilisés, exploités tant pour leur fonction première, leur forme, ou leur qualité d'évocation. Ils sont peu nombreux, du coup, ils doivent être utiles.

Objets, mobiliers, espace, corps... quand la pièce commence, c'est comme tout un système d'engrenage qui se met en place. C'est en quelque sorte un jeu d'échecs: chaque éléments qui y bouge (corps et/ou objet) entraîne nécessairement une réorganisation scénique (du corps et/ou de l'objet).

Le champs, le hors-champs, l'avant-scène, le lointain, les coulisses... tout est utilisé à son plein potentiel.

Une méthode éprouvée

Afin de bien imbriquer ces approches les unes dans les autres (parce que tout se fait en même temps, directement en écriture de plateau), de baliser les codes et les conventions (parce que c'est aussi de cela qu'il s'agit!) la meilleure méthode que j'ai trouvée est d'y aller par couches successives:
  • dès la première rencontre (après une première lecture), je commence à ébaucher une première mise en place brute, avec une découpe rapide du personnage pour en arriver rapidement, dans le premier tiers des répétitions, à un premier enchaînement complet qui donnera une idée générale de l'énergie demandée et de l'utilisation faite de la scène et de ces composantes;
  • les répétitions reprennent du début, scène par scène, avec en tête l'ensemble général de la mise en scène, pour préciser, ajuster, refaire, peaufiner, corriger le rythme, etc. jusqu'à faire un autre enchaînement complet pour cibler les passages qui traînent encore;
  • le processus est alors repris, avec une concentration sur les scènes qui demandent d'autres efforts;
  • puis vient la série d'enchaînements (il y en aura quatre, six, huit... selon le temps restant) qui précède les générales et la première représentation.
Voilà comment c'est, entrer en salle de répétition sous ma direction, avec une vision de la mise en scène nourrie par Meyerhold!