lundi 19 mars 2012

Bon voyage!


À tous les théâtreux et théâtreuses qui prendront l'avion dans le courant de la journée ou qui sont déjà rendus dans les vieux pays... À:

Rodrigue Villeneuve, Hélène Bergeron, Janine Fortin, Geneviève Mercier-Bilodeau, Émilie Gilbert-Gagnon, Jeannot Boudreault, Benoît Lagrandeur, Lyne L'Italien, Guillaume Ouellet, Guylaine Rivard, Serge Potvin, moi-même, Isabelle Boivin, Marc-André Perrier, Patrice Leblanc, Martin Giguère, Dany Lefrançois, Martin Gagnon, Sara Moisan et Vicky Côté (et aux autres que j'oublie peut-être...)

je souhaite un bon voyage!

dimanche 18 mars 2012

Au théâtre, cette semaine! (du 18 au 24 mars 2012)


Cette semaine, le milieu théâtral régional ne prend pas de pause... même si la plupart des directions des compagnies d'ici décolleront, ce lundi, pour un périple lyonnais de deux semaines, avec, dans leurs valises, des productions (petites formes), des extraits, des ateliers...

Pendant qu'eux (enfin, nous... parce que j'y serai quand même quelques jours...) feront connaître la vitalité qui nous caractérise, ici, il y aura:

Mercredi - 21 mars 2012
Café Yé (Roberval), 19h

Le Théâtre Mic Mac poursuit ses activités de découverte du répertoire québécois par ses mises en lecture. Cette fois, c'est la pièce Tom à la ferme, la dernière création de Michel-Marc Bouchard (un des auteurs fétiches de la troupe) qui a été choisie. C'est ouvert à tous et c'est gratuit.

Vendredi - 23 mars 2012
Salle Michel-Côté (Alma), 20h

et

Samedi - 24 mars 2012
Salle Pierrette-Gaudreault (Jonq.), 20h

L'Auditorium d'Alma et le Théâtre La Rubrique reçoivent Le Grand Cahier... une production (qui avait fait sensation) réalisée à partir du roman du même nom d'Agotha Kritof. La pièce nous révèle des enfants d’une rare candeur,  à l’intelligence rusée et inventive. Sur fond de guerre, elle raconte le parcours de deux jeunes garçons abandonnés à une grand-mère du genre marâtre. Rapidement, les jumeaux Klaus et Lukas établissent que, pour s’en tirer, ils doivent se constituer une carapace. Ils se livrent donc à des exercices parfois cruels d’endurcissement du corps et de l’esprit, destinés à les rendre insensibles à la douleur, aux insultes et… à toutes formes d’affection.
 
Par ailleurs, de l'autre côté de l'océan, seront en intenses activités les Amis de Chiffon, la Rubrique, les Têtes Heureuses, le C.R.I., le Théâtre 100 Masques, le Faux Coffre, la Tortue Noire et le Théâtre À Bout Portant.

Si j'oublie des trucs, il est possible de les ajouter par le biais des commentaires....

samedi 17 mars 2012

De la mise en scène

 
Le cours Dramaturgie et mise en scène (suivi d'Atelier de production) fait du bien parce qu'il m'oblige à réfléchir finalement sur ce que je fais normalement sans trop m'y arrêter. De réfléchir sur des notions. Comme par exemple: qu'est-ce qu'une mise en scène? 

Selon moi, cette activité artistique se définit en six tâches principales qui pourrait s'énumérer comme suit:
  • élaboration (par l'analyse du texte et tout un travail dramaturgique) d'un discours de l'œuvre;
  • mise en place de l'équipe, des outils, des moyens pour soutenir ce propos;
  • création, avec les concepteurs, d'une expérience esthétique;
  • direction d'acteur (mise en intention, mise en voix, mise en corps);
  • dynamisation de l'espace;
  • recherche de l'équilibre du plateau.
Ces six tâches couvrent, à mon sens, l'ensemble de la mise en scène, de sa globalité, que ce soit en rapport au texte, en rapport au jeu ou en rapport à la scène... et elles correspondent, en d'autres termes, à cette définition de Michel Corvin: Activité artistique qui consiste à concevoir et à structurer les composants de la représentation théâtrale à partir d'un point de vue directeur. L'activité de mise en scène se caractérise par une volonté de maîtrise de tous les éléments scéniques nécessaires à la représentation. L'espace, le jeu, les costumes, la lumière, le son, la manière de régler les effets, tout doit être soumis à un point de vue qui s'incarne dans la conception que le metteur en scène se fait de l'œuvre et de ce que c'est que de la représenter.

Mais ces six tâches et cette définition de Corvin peuvent encore, au fond, être ramenées à une seule supra-fonction: faire des choix. Choisir. Sélectionner. Déterminer. Fixer. Faire œuvre de cohérence.


jeudi 15 mars 2012

«Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée» [Carnet de mise en scène]

Nous venons de terminer notre dernière répétition d'Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée d'après Alfred de Musset... qui se retourne peut-être dans sa tombe à chaque fois qu'on joue sa pièce... parce que ça ne ressemble pas à ça:

Production Les Larrons, 2009

Dans quelques jours - la semaine prochaine - notre production sera jouée au Théâtre des Marronniers et au Théâtre des Asphodèles à Lyon (dans le cadre du projet mené par les Têtes Heureuses, Le Saguenay en huit compagnies).

Pour le moment (il reste encore un bloc de répétitions sur place, là-bas), l'ensemble est en place. La mécanique - parce qu'il s'agit bien de cela - fonctionne... bien qu'elle demande encore un certain contrôle de la part des interprètes. Le jeu d'actions-réactions, le jeu d'effet choral, le jeu d'intentions commandent encore un peu plus de souplesse pour donner, en scène, un effet puissamment dramatique, acrobatique. Il y a dans ce court texte un duel sans pitié entre la froideur et l'insistance. Un ring d'où on ne sort pas indemnes. Une lutte à finir entre deux conceptions de l'amour. Et sans les artifices de la civilité et de la politesse, sans les effluves du romantisme qui pointe sous la syntaxe... c'est un combat cruel et direct qui surprend par sa vitalité.
 


mercredi 14 mars 2012

Sur le trac...

Quelques définitions du trac par quelques grands noms du théâtre... tirées du Dictionnaire de la langue du théâtre d'Agnès Pierron. Cette sensation toute aussi grisante que détestable...

Le trac! Mon trac! [...] Chacun a le sien. C'est un phénomène qui n'a rien de commun avec la peur [...] j'ai rarement vu un artiste parvenir à cacher son trac. [...] Le mien me serre, me broie la poitrine; je ne sais plus si mon cœur bat. Il me semble que tout mon corps tremble, et pourtant je n'ai vu que rarement mes mains trembler. Ma tête, mes oreilles bourdonnent; je n'entends plus ce que l'on peut me dire avant mon entrée [...] Je vois tout à travers un nuage. Je m'assieds, je me lève, je ne suis bien dans aucune position; j'allume une cigarette, je la jette après quelques rapides bouffées [...] Au moment d'entrer en scène, je fais faire à tout mon être une sorte de rétablissement. Je suis sur le plateau, je joue et il me semble me dédoubler.
Séverin, L'Homme blanc, 1929

Le «trac» des acteurs (dont certains n'ont jamais pu se défendre) est un adjuvant, une sorte de préparation à l'anesthésie scénique, à l'inspiration pour accueillir la grâce sans laquelle il n'y a pas de grand comédien. C'est de cette grâce dont parlait Mounet-Sully lorsque' un jour, sortant de la scène, il disait: «Ce soir, le dieu n'est pas venu».
Louis Jouvet, Réflexions du comédien, 1938

Le public est un élément dangereux et superbe. Il est un élément au point qu'il donne aux artistes une nausée sournoise: le trac. Le trac est irrésistible comme le mal de mer. Du mal de mer et du trac, beaucoup de marins, beaucoup d'artistes ne guérissent jamais. Et le public ne tient pas plus compte de ce mal qu'il donne que la mer ne s'inquiète de donner le mal de mer.
Jean Cocteau, Le foyer des artistes, 1958

Il y a là tout un monde étrange... Et c'est souvent lorsque nous sommes aux prises avec ces impressions que l'on se dit: «C'est bien la dernière fois que je fais ce truc...».

dimanche 11 mars 2012

Au théâtre, cette semaine! (du 11 au 17 mars 2012)


Que se passera-t-il de beau, dans ce petit milieu théâtral saguenéen, au cours des prochains jours (les derniers avant que l'ensemble des compagnies traverseront l'océan pour se donner une vitrine toute lyonnaise!)...


Mardi - 13 mars 2012
Auditorium de la polyvalente Odyssée/Lafontaine, 19h30

Le Théâtre du Faux Coffre donne, en représentation scolaire (mais ouverte au public) une nouvelle fois, le solo Les lectures de Diogène. Pour ceux qui veulent le revoir ou qui ne l'auraient jamais vu...

Mercredi - 14 mars 2012
Salle Pierrette-Gaudreault (Jonq.), 20h

Le Théâtre La Rubrique reçoit le Il Campiello du Théâtre de l'Opsis. Ce texte de Goldoni, mis en scène par Serge Denoncourt la saison dernière, a permis là une production qui s'est faite remarquée dans la métropole. Quatre familles voisines se côtoient depuis toujours dans ce campiello. Tout y est : amour, jalousie, envie, ragots, batailles, jeux, rires et pleurs. Trois jeunes filles sont à marier, deux jeunes hommes sont prêts à prendre épouse. La vie suit son cours au rythme des querelles quotidiennes. À la fin du carnaval de Venise, arrive le cavaliere, un jeune bourgeois napolitain qui cherche une femme. Il s’installe à l’auberge du coin et se mêle à la vie des habitants du quartier. Laquelle des trois jeunes filles choisira-t-il? Les mères sont prêtes à tout pour que ce soit la leur... Apparemment, un chef-d'oeuvre à voir... s'il reste de la place (selon mes infos, il en reste!... mais on ne sait jamais!).


À confirmer (parce que je n'ai pas vraiment de certitudes à ce sujet)...

Vendredi - 16 mars 2012
UQAC (?), 5 à 7 (?)

J'ai ouï-dire que les Têtes Heureuses présenteraient les deux solos qui partiront vers la France la semaine suivante... soit Notes sur la mélodie des choses d'après Rilke (interprété par Rodrigue Villeneuve) et La mi-temps de (texte et mise en scène) Jean-Paul Quéinnec (interprétée par Hélène Bergeron)... dans une formule proche du 5 à 7. Est-ce que c'est le cas? Est-ce que c'est sur invitation seulement? Je l'ignore. Je reviendrai sûrement là-dessus au cours des prochains jours...

Voilà... ça fait pas mal le tour, je pense... à moins qu'il y ait quelques rendez-vous que je n'ai pas à mon calendrier...

samedi 10 mars 2012

À toi, public!

Mlle Duclos dans le rôle d'Ariane, par Nicolas de Largillière , 1712

Qui n'a pas eu envie, un mauvais soir de représentation attribuable à un public bruyant (avec son programme, ses bonbons, son fauteuil, etc.) et impoli (avec ses conversations de salon, ses commentaires, son rire, etc.), de faire comme cette grande comédienne que fut la Duclos et de tancer de belle façon les spectateurs?


Ce doit être fichtrement libérateur... mais de tels éclats ne se font plus. On endure et on maugrée dans la coulisse, à la sortie du théâtre. 

Ce beau petit morceau de littérature théâtrale est tiré de l'ouvrage (vive Google Books!) Galerie historique des acteurs du théâtre français depuis 1600, paru en 1810 par Pierre David Lemazurier... ouvrage qui contient de dizaines d'autres trucs du genre: épîtres, épigrammes, satyres, mots d'esprit, etc.

vendredi 9 mars 2012

«Réminiscence» de la compagnie Nuages en Pantalon


Hier soir, sous une petite pluie quasi printanière, je me suis rendu au Théâtre Périscope (à Québec), pour assister à une représentation de Réminiscence: En eaux profondes de la compagnie Nuages en pantalon (qui célèbre ses 10 ans d'existence - voir leur site web - par un immense triptyque, le Projet Eaux, dont Réminiscence est le dernier volet).

D'emblée, le metteur en scène, Jean-Philippe Joubert, sort des coulisses pour accueillir les spectateurs (petit discours d'usage) puis, peu à peu, il se dirige sur la scène et, presque kantorien, introduit lui-même ses comparses (dont la fort excellente Valérie Laroche). Une entrée en matière intéressante. Étrange. Les acteurs se joueront, et joueront (enfin... seront) un homme et une femme en fin de vie. Des figures interchangeables. Singulières et plurielles tout à la fois. Confondantes.

Le synopsis établit le cadre. Nous sommes là. Avec nos corps qui portent les souvenirs qui nous constituent. Avec nos corps qui portent ce que nous sommes. Nous sommes un homme; nous sommes une femme. Tous, nous sommes cet homme et cette femme. Ils sont ce que nous pourrions avoir été. 

La vie de cette femme s’efface. Il ne reste qu’à laisser la mer l’engloutir. Il ne lui reste qu’un désir : être avalé par la mer à son tour. Mais pourquoi sommes-nous attirés par ce qui nous détruit? Dans cet océan de désir qui le dissout, il se retrouve face à lui-même, à ses monstres, à ce qu’il porte d’elle. Ils se confondent l’un et l’autre. Ils en viennent à se détruire dans le désir, à n’être plus qu’un, à n’être plus. Silence.Dans son agitation, la mer rejette un corps. Mais la vie ne s’arrête pas. Elle se transmet. Elle est toujours en changement. Et restent les traces des vies dissoutes.

Dans un espace plus performatif que mimétique, composé d'un mur de planches sur lequel les comédiens se hisseront et de deux trottoirs en bois qui encadrent le plancher recouvert d'eau, la représentation prendra vite des allures un peu convenues de contemporanéité et de multidisciplinarité  en faisait s'allier ensemble du texte (des souvenirs personnels), de la danse, de la musique en direct (de l'excellent Mathieu Campagna), de la projection. L'ensemble, hétéroclite, fait aussi une large part à la nudité. Forme oblige un peu.

Beaucoup de travail. Oui. De forts bons moments. Oui. Comme cette personnification de vieilles personnes sans aucun artifice. Comme tous ces flashs qui s'enchaînent, pendant une dizaine de minutes, à un rythme effréné pour créer une succession d'images qui surprennent par leur (si rapide!) composition. Comme ce moments chorégraphiques où tous les corps nus sont chacun dans un rayon lumineux. Organique. Oui. Avec l'eau, ses clapotis; les vêtements trempés qui moulent les corps, qui flottent; l'aspect instable et mouvant de cette aire de jeu. Une recherche conséquente et ambitieuse.

Pourtant, l'impression de flotter en surface (oh, malgré la sensibilité manifeste de cette équipe et sa compétence) sur les traditions - voire les clichés - demeure tenace: l'eau qui lave; l'eau qui  emporte les mauvais souvenirs; l'eau qui dilue; l'eau qui purifie; l'eau source de vie.  La matière aqueuse demeure, plus souvent qu'autrement, prétexte à la construction d'effets (sentimentaux...) plutôt que de participer concrètement au discours de l’œuvre. L'eau reste un accessoire.

Mais bon. Ça reste mon opinion et ça vaut ce que ça vaut. Réminiscence plaira sans doute à beaucoup de gens, amateurs du genre. Ça se poursuit au Périscope, jusqu'au 24 mars (à noter qu'il y aura présentation de toute la trilogie les samedis 17 et 24 mars, à compter de 19h).

Voici ce qu'en disent d'autres sources:

Réminiscence: eau de vie - Éric Moreault, Le Soleil, 7 mars 2012
Réminiscence: le grand plongeon - Billy, Culturils, 8 mars 2012
En eaux profondes - Simon Lambert, Voir Québec, 8 mars 2012
Réminiscence, projet Eau - Magali Paquin, Mon(Théâtre).qc.ca, 8 mars 2012

jeudi 8 mars 2012

Le Malade Imaginaire en ombre chinoise...

Cherchant une image pour illustrer le billet précédent, je suis tombé sur ce truc... soit une version écourtée du Malade Imaginaire du Théâtre Séraphin, un petit théâtre d'ombres chinoises qui officiait à Versailles sous Louis XIV comme le dit le site web.

Avis aux intéressés! Voici les ombres...



Et le texte est .


Les maladies de la mise en scène

Le titre de ce billet est également le titre d'un sous-chapitre de La mise en scène contemporaine de Patrice Pavis (paru en 2007). Dans celui-ci, le brillant théoricien (bon, je l'avoue, je suis un fan inconditionnel), fait la nomenclature des maux qui affligent la mise en scène de nos jours... et dans lequel on peut se reconnaître... et ça fait mal...

Voici quelques exemples de cette recension de problèmes récurrents:
  • Lorsque la mise en scène n'est plus guère qu'un style, une marque de fabrique, un label qui réapparaissent quels que soient les auteurs ou les spectacles, elle a tôt fait de se dégrader en un exercice de style [...].
  • Les jeunes metteurs en scène en passe d'être reconnus [...] se sentent parfois contraints d'imposer une particularité, de se faire remarquer [...].
  • La tentation décorativiste provient du désir d'être remarqué pour le luxe des matériaux (décors et costumes). [...].
  • [...] La mise en scène actuelle des textes contemporains est fréquemment conceptuelle, et pas seulement pour des raisons d'économie [...], mais par une sorte de terrorisme du postmoderne ou du postdramatique. [...]
  • La festivalisation des spectacles se traduit par une certaine standardisation, une peur de l'expérimentation. Ces spectacles sont conçus dans la perspective d'un festival [...] où ils seront rodés, achetés et éventuellement distribués. [...]
 Et il y en a d'autres... et les explications sont claires.

À la lecture de ces problèmes actuels, les doutes et les questionnements ne manquent pas de surgir: et mon travail de metteur en scène, lui, comment est-il? Et les réponses peuvent décevoir!

mercredi 7 mars 2012

Retour à mon clavier...


Je me suis remis à l'écriture dramatique. Après une longue pause (mon dernier véritable texte joué, L'Ordre du monde, remonte à mars 2009 et son écriture à 2007) entrecoupée de quelques griffonnages sans conséquence. Par besoin soudain. Envie de revenir à un travail plus personnel... avec mes propres écrits. Et parce que j'ai enfin mon filon, ma veine dramatique. Comme ça. Un déblocage. Presque.

Donc, j'écris. À partir d'un truc écrit l'an dernier. Sans conséquence. Un texte qui change encore de titre presque à chaque fois que j'ouvre le dossier!

La matière textuelle prend forme peu à peu (sur mon écran au lieu de mes habituelles feuilles mobiles). En un long monologue (que je qualifierais, pour le moment, de théâtro-poético-dogmatique) pour une figure. Seule. Tout en construction syntaxique. Tout en musicalité. Tout en rythme. Presque un aria. Pour l'instant.

Un manifeste artistique, en quelque sorte, en une longue mélopée. Pour l'instant.

Si le style s'éloigne de mes premiers textes où la prolixité règne et où des personnages peuplent mes récits, il demeure cependant quelque chose du ton général plutôt noir avec une ironie sous-jacente... Pour l'instant.

mardi 6 mars 2012

La répétition comme un affrontement




Petit débat intéressant...

Personnellement, j'ai les oreilles qui frisent lorsque j'entends - notamment mes étudiants - «aujourd'hui on va pratiquer» en parlant du travail de création. Je m'acharne à reprendre quiconque s'échappe devant moi. On ne pratique pas le théâtre; on le répète.

On pratique un instrument; on développe une technique. On pratique un sport; on développe une technique. Mais le théâtre, lui, se fait par répétition (à moins qu'il s'agisse de séances de laboratoire pour développer une technique du corps... en quel sens le théâtre pourrait se pratiquer aussi).

Odette Aslan disait*: Répéter, c'est avoir l'air d'être dans l'instant immédiat, et surtout pas dans la reproduction servile de la chose répétée.

Car c'est là que rebute le terme répétition pour certains: avoir l'impression de refaire quelque chose de figé. Moi, je le vois comme étant la remise constante du travail en cours sur le métier. De reprendre dans le but de construire. Avec une ouverture constante aux modifications, aux ajouts, aux retranchements, aux refontes, etc.

Aslan va plus loin. Pour elle, répéter c'est véritablement faire preuve de création, de corps à corps avec l'œuvre: Répéter c'est s'affronter à l'œuvre, au metteur en scène, au partenaire ou à un dispositif hostile. C'est lutter contre les bruits, les éclairages crus et toutes les tracasseries de la technique. C'est essentiellement s'aventurer sur des terres nouvelles, se colleter avec des pourquoi, des comment. S'interroger sur soi et sur le monde. C'est se fondre dans une activité de groupe et protéger sa liberté. Partager, donner, s'épuiser. Recueillir, accueillir des idées, des matériaux. Progresser, passer au stade de la maturité et redevenir enfant.

C'est bien dit... au point de donner fortement envie de se retrouver dans une salle de répétition!