lundi 11 mars 2013

Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]


Je viens de franchir une nouvelle étape pour sortir de cette saison hivernale en mettant une dernière main sur l'horaire de répétitions de la production estivale du Théâtre 100 Masques! Un horaire d'avril à juillet... de la première lecture à la première représentation... Car mine de rien, ça débute dans quelques jours!

Un horaire par la suite envoyé aux comédiens (les quatre qui se partageront tous les rôles des deux pièces de Molière que sont Le Mariage forcé et La jalousie du Barbouillé!) et confirmé par ceux-ci!

Maintenant que le plus chiant est fait, reste une production à mener à bien! 

Un beau projet terminé...


Hier avait lieu la dernière rencontre de L'Heure du Théâtre, une initiative du Théâtre 100 Masques rendue possible grâce au soutien du Conseil des arts de Saguenay pour les projets spéciaux (Volet I – Projets artistiques issus des milieux culturels et communautaires). Ce tout nouveau type d’ateliers de théâtre était axé sur l’acquisition de connaissances générales en lieu et place de la pratique: revisiter, autour d’une tasse de thé (en lien avec la thématique) et de biscuits, l’histoire du théâtre par le biais de ses grands auteurs et de ses grands textes.

De septembre 2012 à mars 2013, dix rencontres ont été tenues (il était possible de s’inscrire pour l’ensemble des rencontres… comme il était également possible de s’inscrire à la pièce), animées par différents professionnels de la scène saguenéenne. De l'Antiquité au théâtre contemporain, en passant par la farce médiévale, le classicisme, le romantisme allemand et l'absurde, les allers-retours furent nombreux et enrichissants tant pour les participants (ce sont, en moyenne, une douzaine de personnes qui ont participé, semaine après semaine) que pour les animateurs qui avaient là une occasion de remettre leurs connaissances à jour... 

Lors de ces rencontres (d’une durée d’une heure et demie), une discussion était lancée sur le contexte historique et sur la façon dont l’auteur s’inscrivait dans la pratique de l’art dramatique. Une petite séance didactique… avec projections vidéo, explications au tableau, images. Puis rapidement, le groupe entamait, à voix haute, la lecture de la pièce au programme. Cette lecture était commentée par l’animateur qui relevait les points importants, donnait des informations sur le style, sur les personnages, sur les anecdotes autour de productions de ce texte, etc. Quelques discussions sur les résonances de ces textes avec le monde actuel eurent également lieu.

Bref, un projet pilote est convaincant. Original. Et apprécié de la clientèle. Au point où une nouvelle édition se tiendra au cours de l’année 2013-2014, avec de nouvelles pièces au programme… et peut-être même une exploration du répertoire québécois, de la Nouvelle-France à aujourd’hui… Qui sait...

samedi 9 mars 2013

«Sur le théâtre de marionnettes» dit... en intégralité

Parmi les importants textes philosophiques (somme toute assez court!) portant sur l'art dramatique, il y a Sur le théâtre de marionnettes, écrit en 1810 par Heinrich von Kleist, un dramaturge et nouvelliste allemand (1777-1811). Le protagoniste principal du dialogue, un danseur d'opéra, soutient que les pantins articulés surpassent l'être humain en ce qu'ils sont exempts d'affectation, ce mal qui apparaît dès que l'âme, faussée, «se trouve en tout point autre que le centre de gravité du mouvement». C'est la conscience qui est responsable de ce divorce avec l'état de nature: la grâce est devant nous ou derrière nous, elle n'appartient qu'à la matière ou au dieux, et l'humanité est condamnée aux tortures et aux gesticulations inutiles de l'entre-deux. Telle est la synthèse qu'en fait Jérôme Vérain dans l'édition des Milles et une nuits, en 1993. 

Mais le mieux, pour en savourer toute la teneur, est d'en prendre connaissance par soi-même. Alors voici une version intégrale (j'ai vérifié par une écoute avec le texte sous les yeux!)... dite!... trouvée sur Dailymotion (si, au déclenchement du vidéo apparaît une bruyante publicité, il est possible de la fermer en cliquant sur le X, en haut, à droite...):



vendredi 8 mars 2013

Le droit de se tromper...


Voici une note tirée de mon carnet qui sert de coffre-fort à ma recherche doctorale. Une note que j'aime bien parce qu'elle remet bien des choses en perspective... et octroie, pour le metteur en scène, le droit d'avancer, de se tromper, de recommencer. 

Ce serait une pédanterie fatale 
pour la création 
que de se persuader 
et de persuader les autres 
qu'on se dirige selon une ligne conséquente, 
connue.

Cette citation (une mise en exergue en début de chapitre) devrait être, si je ne m'abuse, de Tadeusz Kantor... 

jeudi 7 mars 2013

De la scénométrie...


D'une part, il y a la scénographie. L'écriture de la scène, du volume.

Puis il y a la scénométrie. L'écriture de l'espace (physique et sonore)... et plus encore, son rythme. Se réclament de cette scénométrie le débit de la voix, la vitesse de déplacement, l'amplitude du geste. Cette scénométrie régit le rapport à soi, le rapport à l'autre, le rapport à l'objet. Entre ces nombreux rapports, une réalité implacable: le temps scénique.

Cette scénométrie, c'est ce qui fait qu'une scène peut parfois sembler trop longue. Trop rapide. Pas assez punchée...

C'est, en d'autres termes, l'acteur en scène. Sur scène. En action. Avec une règle dans l'oeil et un métronome dans la tête!

Et voilà une notion très meyerholdienne.


«Trou noir»... [Carnet de mise en scène]


Les séances de répétitions avec la comédienne (Elaine Juteau) se poursuivent. Il est toujours intéressant, avec le recul (parce qu'il y a quand même presque deux ans entre le début de l'écriture et le présent travail), de plonger dans une décortication et une analyse en profondeur (en autant que cela se puisse!) de son propre texte... exercice d'autant plus nécessaire que celui-ci, Trou noir, est quand même axé sur une vision théâtrale qui cherche à se préciser (et en ce sens, il me permet de quitter un peu le monde de la comédie - où je suis généralement - pour recentrer un peu ma pratique dans un contexte plus sérieux).

La moitié du texte y est passé. 

Depuis hier, nos efforts sont concentrés vers l'établissement d'un vocabulaire gestuel. Net. Clair. Avec une mécanique assumée. Au fond, c'est là une véritable scénographie, au sens premier du terme: le dessin de la scène... parce que tout n'est qu'une question de lignes, d'angles, d'amplitude qui circonscrivent et définissent l'espace.

Ce passage par le physique sera, je crois, bénéfique pour la suite de la recherche vocale. Parce qu'il impose, de lui-même, un nouveau rythme, une nouvelle respiration.

À cela devrait être juxtaposée, tel que je le mentionnais dans le précédent billet sur le sujet, une grande action qui soutiendrait le tout. 

mercredi 6 mars 2013

Réaction du milieu théâtral à la faillite du FIAM...

Le milieu théâtral d'ici réagit à la mise en faillite du Festival International des Arts de la Marionnette (par le biais d'une lettre qui a été publiée à divers endroit depuis quelques jours):

Parce qu’une faillite n’est pas une mort. 
Parce qu’une épreuve n’est pas une fin. 
Ce qui ne tue pas rend plus fort. 

Unanimement et fortement déterminé, le milieu théâtral du Saguenay-Lac-Saint-Jean se mobilise pour reconduire le Festival international des arts de la marionnette à Saguenay afin qu’il continue son épopée et relance ses activités.

Seul évènement international consacré à la marionnette ayant pignon sur rue en région, seul festival des arts de la scène au Saguenay, les acteurs culturels s’unissent pour redonner des ailes à cette célébration de l’ingéniosité et de l’imagination et travaillent à repartir le festival sur des bases solides. Cet évènement majeur, qui fait la fierté de toute une communauté depuis plusieurs décennies, offre une ouverture exceptionnelle sur le monde et a su créer un attachement sans précédent. La richesse culturelle et la qualité de nos projets artistiques comptent parmi les forces majeures de notre région. Le Festival international des arts de la marionnette à Saguenay est, certes, un instrument de premier ordre pour les organismes culturels d’ici. Partenaire de plusieurs projets artistiques marquants dont Poupzée (Théâtre CRI), Kiwi (Théâtre de la Tortue Noire), Rage (Théâtre à Bout Portant), le festival a fortement contribué à promouvoir la pratique théâtrale d’artistes d’ici et d’ailleurs sur un plus vaste territoire. Ce qui le place au premier plan en matière de développement culturel et artistique et nous sommes bien résolus à le préserver.

D’un commun accord, différents moyens sont maintenant mis en place pour revoir les causes de cet écart de gestion mais surtout pour perpétuer cette fenêtre sur les arts de la marionnette et assurer la pérennité du festival pour encore de belles années. Empreints du parcours effectué au fils des ans par le FIAM et par la qualité exceptionnelle de ses programmations antérieures, les sept compagnies professionnelles de théâtre, les quelques centaines de comédiens, concepteurs, metteurs en scène, marionnettistes et travailleurs culturels de tout acabit travaillent désormais à restructurer la continuité de ce précieux festival.

La région du Saguenay-Lac-St-Jean ne peut se permettre de laisser tomber un créateur d’emplois important, un générateur de retombées économiques considérables et de renoncer à cette ouverture sur le monde. La Table de compétence en théâtre appuiera toutes les initiatives afin de permettre un retour du Festival et ses membres sont mobilisés pour passer à l’action. Pour plus d'information, contactez le 418-290-0207 ou le 418-812-8180."

samedi 2 mars 2013

«Trou noir»... [Carnet de mise en scène]

Le travail de recherche, en compagnie de la comédienne Elaine Juteau, est en cours, depuis quelques temps déjà: recherche du rythme, recherche du ton, recherche de la sonorité... recherche du contenant pour trouver le contenu.

Ainsi, phrase par phrase, bloc par bloc, tout est décortiqué, expliqué, analysé, signifié.

Bien entendu, cette recherche (proche du travail de table) se fait directement sur le plateau, en l'absence du support papier.

Quand cette première traversée - appelons-la textuelle -  sera complétée il sera possible d'essayer différentes actions pour soutenir (en complémentarité ou en contradiction) ce discours. Déjà, pourtant, j'ai une certaine idée esthétique... inspirée des oeuvre d'Otto Dix et des peintres de la Nouvelle Objectivité.

La Grande Ville (1928), Otto Dix

Anita Berber (1935), Otto Dix

Comment ça se reflètera? Je l'ignore encore. Mais ces images me parlent beaucoup... et leur côté hyper-théâtralisé les appelle, en quelque sorte, à la scène. Les formes. Les poses. Les couleurs. Les teintes. La lumière. L'esprit de ces toiles a quelque chose de fascinant...

vendredi 1 mars 2013

Déjà les camps d'été 2013!


Le Théâtre 100 Masques dévoile les thématiques de ses prochains camps de théâtre qui se tiendront en juillet prochain. Un dévoilement qui se fait tôt... parce que les inscriptions sont déjà amorcées!

Cette année, donc, nouvelle formule. Il n'y a plus un thème par groupe (ni de formateur attitré au groupe) mais bien un seul et unique thème pour l'ensemble des participants. Pour chaque groupe d'âges, différentes théâtralités seront abordées (par une équipe de professionnels de la scène... encore à constituer!)... toujours en lien avec le titre général. Avec une direction artistique active...

Tout pour avoir une présentation (le vendredi soir) unifiée, solide, ramassée.

Encore quelques heures devront être consacrées aux horaires pour rendre cette expérience stimulante, enrichissante, divertissante... et tous les autres qualificatifs de même acabit! Tout pour contribuer à passer ces deux semaines dans le plaisir de la création et  du théâtre!

jeudi 28 février 2013

Les recettes de la comédie selon Ionesco


Prenez une tragédie, 
précipitez le mouvement, 
vous aurez une pièce comique: 
videz les personnages de tout contenu psychologique, 
vous aurez encore une pièce comique; 
aites de vos personnages des gens uniquement sociaux, 
pris dans la «vérité» et la machinerie sociales, 
vous aurez de nouveau une comédie!

C'est la recette de Ionesco pour obtenir une comédie... tirée de Notes et contre-notes, en page 204. Une vision plutôt intéressante qui revient, en fin de compte, à dire que la comédie (ou la tragédie) appartient à celui qui lit ou fait le théâtre.

mercredi 27 février 2013

Une biographie de Ti-Mousse...


J'ai commencé à lire, hier soir, cette biographie de Denyse Émond, alias Ti-Mousse (du célèbre duo Ti-Gus et Ti-Mousse), écrite par le Félicinois David Lavallée et publiée aux Éditions JCL.

L'intérêt de cette lecture (moyenne...) réside surtout dans la plongée dans le milieu des arts de la scène, du burlesque et de la variété, du Québec des années 30, 40 et 50. L'époque des grandes troupes de tournée (comme celle de Jean Grimaldi). L'époque des théâtres privés (comme celui de La Poune). L'époque des cabarets.





Toute une génération de comédiens y passera et y apprendra son métier: acteurs comiques, humoristes... Tout un monde culturel en ébullition. Mais sincèrement, est-ce que je me rendrai jusqu'à la quatrième de couverture? La vie de cette artiste et l'écriture du biographe ne sauront peut-être pas m'attaché aux pages qui restent...

mardi 26 février 2013

Les bases du dialogue théâtral entre la salle et la scène...


... et l'un conditionne nécessairement l'autre... dans un rapport de complémentarité ou un rapport de contradiction...