Voici une série de photographies de la toute dernière production du Théâtre 100 Masques, Le Mariage forcé suivi de La Jalousie du Barbouillé, de Molière. Sur ces photographies (prises à la générale, par Alexandre Nadeau) se retrouveront donc Mélanie Potvin, Isabelle Boivin, Patrick Simard et Pierre Tremblay. (En cliquant sur l'image, celle-ci devrait apparaître en plus grand format, dans une nouvelle fenêtre.)
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mardi 24 septembre 2013
mercredi 17 juillet 2013
Au milieu de l'été
Nous voici, aujourd'hui, en plein milieu de notre deuxième camp de théâtre pour les enfants (le premier ayant culminé vendredi dernier par un spectacle devant une salle Marguerite-Tellier très comble!) et en plein milieu de notre série de représentations du théâtre d'été, Le Mariage forcé suivi de La Jalousie du Barbouillé (on en parle là et là). L'été bat son plein.
Dans les deux cas, les résultats sont intéressants.
Encore quelques semaines (deux, pour être plus précis!) et ce sera le repos après une année somme toute assez chargée.
Un repos, oui... mais avec déjà la tête dans l'année à venir alors que les projets se précisent, que les équipes se mettent en place. Notre quinzième année d'existence (pour le Théâtre 100 Masques) débute bientôt!
Pendant ce temps, ce blogue - que je délaisse un peu dans le tourbillon qui m'assaille présentement! - vient d'entamer sa septième année...
vendredi 28 juin 2013
Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]
Il est maintenant possible d'avoir un aperçu assez juste de cette nouvelle production estivale du Théâtre 100 Masques qui prendra l'affiche à compter de la semaine prochaine.
Après un court prologue (5 minutes... inspiré de l'ouverture du Poenulus de Plaute) présenté par Patrick Simard (prologue qui n'est pas le Panégyrique des donateurs 2013... qui prendra, cette année, une nouvelle forme qui permettra aux spectateurs d'en prendre que ce qu'ils veulent), Le Mariage forcé sera en scène pour cinquante minutes.
Une pause de 10-15 minutes sera ensuite proposée... hors de la salle... le temps d'installer la seconde pièce. Puis La Jalousie du Barbouillé se jouera pour les trente minutes suivantes.
C'est donc, en quelques sortes, le cadre temporel de ce spectacle. Le cadre le plus juste puisqu'il émane directement des derniers enchaînements qui ont atteint, sous une surveillance accrue, un bon rythme de croisière. C'est donc à partir de cette mesure-étalon qu'il sera possible de juger (du point de vue purement chronométrique!) si le tout s'accélère ou ralentit avec le contact du public... en quel cas il faudra peut-être agir (ce qui s'appelle, si je ne me trompe pas trop, la scénométrie... principe que j'aime bien) pour ramener un peu de rigueur...
C'est dans ce sens que j'aime bien relire ce passage de Meyerhold: Dans notre Forêt, il y avait au début trente-trois épisodes, mais comme le spectacle se terminait tard et que les spectateurs manquaient le dernier tramway, je l'ai raccourci, à la demande des administrateurs, à vingt-six épisodes. Le spectacle, qui durait plus de quatre heures, s'en est trouvé réduit à trois heures vingt. Au bout de quelque temps, l'administration m'informe que le spectacle dure à nouveau quatre heure. J'ai alors pensé que les acteurs étaient revenus, de leur propre volonté, à des scènes que j'avais réduites. Je vais voir, mais rien de tel! Ils s'étaient tout simplement laissés aller au jeu dans les vingt-six épisodes qui restaient. Je leur fais une remontrance. Rien n'y fait. J'organise des répétitions et, le cœur serré, je réduis le spectacle à seize épisodes. Pendant quelques temps, le spectacle s'en tient à deux heures et demie, puis de nouveau s'allonge jusqu'à durer quatre heures! À la fin, le spectacle était à moitié ruiné, et il a fallu faire de nouvelles répétitions, rétablir tous les rythmes et les proportions temporelles. Il m'est arrivé une fois de prévenir que si une scène entre Pierre et Aksiouka, qui devait durer deux minutes, durait une seule minute de plus, je mettrais les interprètes à l'amende. Il faut apprendre aux acteurs à sentir le temps sur scène comme le sentent les musiciens. Un spectacle organisé de façon musicale n'est pas un spectacle dans lequel on fait de la musique, ou bien on chante constamment derrière la scène, c'est un spectacle avec une partition rythmique précise, un spectacle dont le temps est organisé avec rigueur.
C'est dans ce sens que j'aime bien relire ce passage de Meyerhold: Dans notre Forêt, il y avait au début trente-trois épisodes, mais comme le spectacle se terminait tard et que les spectateurs manquaient le dernier tramway, je l'ai raccourci, à la demande des administrateurs, à vingt-six épisodes. Le spectacle, qui durait plus de quatre heures, s'en est trouvé réduit à trois heures vingt. Au bout de quelque temps, l'administration m'informe que le spectacle dure à nouveau quatre heure. J'ai alors pensé que les acteurs étaient revenus, de leur propre volonté, à des scènes que j'avais réduites. Je vais voir, mais rien de tel! Ils s'étaient tout simplement laissés aller au jeu dans les vingt-six épisodes qui restaient. Je leur fais une remontrance. Rien n'y fait. J'organise des répétitions et, le cœur serré, je réduis le spectacle à seize épisodes. Pendant quelques temps, le spectacle s'en tient à deux heures et demie, puis de nouveau s'allonge jusqu'à durer quatre heures! À la fin, le spectacle était à moitié ruiné, et il a fallu faire de nouvelles répétitions, rétablir tous les rythmes et les proportions temporelles. Il m'est arrivé une fois de prévenir que si une scène entre Pierre et Aksiouka, qui devait durer deux minutes, durait une seule minute de plus, je mettrais les interprètes à l'amende. Il faut apprendre aux acteurs à sentir le temps sur scène comme le sentent les musiciens. Un spectacle organisé de façon musicale n'est pas un spectacle dans lequel on fait de la musique, ou bien on chante constamment derrière la scène, c'est un spectacle avec une partition rythmique précise, un spectacle dont le temps est organisé avec rigueur.
jeudi 27 juin 2013
Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]
Après le montage du système d'éclairages, la période de focus et celle des intensités, nous voici avec un kit lumières prêt à être utilisé.
Si quelques détails esthétiques restent à fignoler (un bout de planche par-ci, quelques clous par-là, quelques épingles et du fil), l'ensemble est maintenant terminé.
Les enchaînements de cette semaine portent fruit. L'aspect chorégraphique du jeu se dépose peu à peu dans la mémoire corporelle des comédiens. Le rythme - vertigineux! - devient de plus en plus assuré. Les enjeux - dramaturgiques, dramatiques, scéniques, spatiaux - se précisent.
Encore quelques jours... moins d'une semaine!... et ce sera la rencontre avec le public. Pendant ce temps, qui sait... Molière se retournera peut-être dans sa tombe...
mercredi 26 juin 2013
Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]
(Photographies de Daniel Gauthier, parues dans l'édition du Réveil du 25 juin 2013)
Encore quelques jours pour hausser d'un cran la qualité, la précision, la dynamique des deux pièces.
À force de répéter, pourtant, les interprètes perdent un peu en efficacité scénique ce qu'ils gagnent en aisance.
Il faut dire qu'arrive toujours un stade - encore plus frappant dans la comédie! - où le public devient une nécessité... où son absence se fait cruellement sentir. Cette rencontre est attendue, envisagée, présumée, prise en compte (du moins, je m'efforce de la ramener en avant-plan!)... bien qu'elle demeure, pour le moment, virtuelle.
Sans lui, le comédien perd un ancrage solide (et multiple!) dans ce face-à-face entre la salle et la scène. Sans lui, les effets comiques sont constamment inaboutis.
Les séances de notes, de plus en plus précises, cherchent à peaufiner les enjeux dramatiques, les liens inter-personnages et la forme scénique. Sous l'accumulation d'informations qui parvient aux acteurs, une seule chose prime en fin de compte: rester vigilant, alerte, conscient.
mardi 18 juin 2013
Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]
Voici la distribution de cette nouvelle production estivale (photo de Julie Bernier): Pierre Tremblay, Patrick Simard, Isabelle Boivin et Mélanie Potvin. Puis il y a moi.
lundi 17 juin 2013
Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]
Bien que nous sommes entrés dans la Salle Murdock vendredi dernier, c'est aujourd'hui que nous prenons officiellement possession du lieu.
Le matériel est arrivé et dans quelques minutes, nous pourrons passer à l'étape de la concrétisation de la scénographie. À partir de cette esquisse (crayonnée de mes blanches mains!), nous avons faits les calculs nécessaires. Nos plans. Nos commandes.
Le tout devrait se passer assez rondement... et le résultat devrait être intéressant. Du moins, je l'espère.
Cette scénographie (en fait, c'est plus une scène, une aire de jeux simple, qu'un décor à proprement parlé) a pour base les tréteaux, le théâtre temporaire installé dans les jeux de paume à l'époque de Molière. C'est aussi le souhait d'avoir un espace plutôt autonome qui pourra porter sa propre technique. Je ne veux pas un décor qu'il faille mettre en valeur... mais un objet scénique qui génère sa propre dynamique, sa propre esthétique.
vendredi 14 juin 2013
Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]
Ce matin, nous entreprenons - dans la Salle Murdock! - une longue série d'enchaînements (entrecoupés de quelques répétitions ajoutées pour polir quelques scènes) qui mènera à la première, le 3 juillet prochain. Pour préparer toute l'équipe à cette nouvelle étape, je leur ai envoyé ce courriel-ci, il y a deux jours:
Nous sommes à un peu moins de trois semaines avant la première... ce qui vaut une éternité en temps normal! Je profite donc de ce moment pour vous refiler quelques notes, avant qu'on entreprenne, vendredi matin, la série d'enchaînements qui nous mènera aux représentations.
Des choses que je vous ai dites et redites... mais qu'il fait toujours bon de garder en tête.
L'ingrédient le plus important de ce spectacle (outre le plaisir de le faire!) et de toute représentation théâtrale, c'est la conscience... ingrédient qui se déclinera en plusieurs sous-conscience. Conscience de l'espace, parce qu'il est réduit et que vous ne pouvez bouger dessus comme dans un grand terrain vacant. Conscience de l'autre, parce que cet espace réduit oblige à une grande promiscuité. Conscience des objets, pour leur laisser l'espace nécessaire, pour bien les utiliser, bien les manier et leur faire faire les effets voulus. Conscience de l'image que vous projetez par ce rapport à l'autre, à l'espace et aux objet (votre positionnement, finalement... la forme avant le contenu).Conscience du rythme. Du rythme entre les scènes. Du rythme à l'intérieur même des scènes. Et enfin, conscience, dans ce cas précis où il n'y a pas de bande sonore, du son produit et de sa musicalité. C'est, en quelque sorte, un spectacle percussif. Faisons-en une force.
Tout cela est infiniment important. Et de toutes ces consciences sortira nécessairement l'impression de grande maîtrise et de précision que j'aimerais tant que nous atteignons. Je vous le dis tout de suite: la grande majorité des notes que je vous donnerai dans les prochains jours se rapporteront à cette énumération.
Par ailleurs, il y a tout un travail de compréhension de votre part qui doit se poursuivre.Compréhension du texte. De ce que vous dites en scène (de la façon que vous le dites...). Du destinataire de ces répliques. Des enjeux dramatiques qui les sous-tendent.
Compréhension surtout de tous vos personnages. Bien qu'ils ne soient pas complexes, ils méritent que vous vous y arrêtiez. S'ils sont tous là, c'est qu'ils ont une utilité. Il faut que vous la trouviez, que vous la cultiviez. Qu'est-qu'ils doivent apporter, par leur présence (et par leur rapport l'un envers l'autre), à la scène en cours? Qu'est-ce qu'ils viennent faire dans l'histoire? Est-ce qu'ils évoluent (en général, d'après les deux fins un peu abruptes, je dirais spontanément non)? Si oui, comment?
Compréhension des espaces aménagés pour ce qui peut s'apparenter à du cabotinage afin que vous les reconnaissiez bien et que vous les assumiez, que vous en profitiez au maximum pour le bénéfice des rires des spectateurs. Ils peuvent être embêtants parce qu'ils peuvent sembler longs, mais ne vous inquiétez pas, je les surveille.
Ce que vous faites est très amusant. Ce sont là de très belles performances de votre part. Mais ce n'est pas assez. Il faut maintenant rehausser le niveau de jeu (en plus d'intégrer rapidement et sérieusement l'entrée en salle et l'arrivée de tous les éléments esthétiques) en sachant comment économiser votre énergie pour ne pas vous essouffler avant la fin. Pour y arriver, je m'attends à ce que vous agissiez comme les comédiens professionnels que vous êtes: en poursuivant (ou en y revenant si vous ne le faisiez plus!) l'étude du texte; en révisant rigoureusement vos notes d'intentions, de gestes et de déplacements (plus qu'à quelques minutes des répétitions); en repassant mentalement tout le filage des scènes. D'enchaînement en enchaînement (de séance de notes en séance de notes), je m'attends à ce qu'il y ait une évolution marquée.
Ce que nous entreprenons, c'est la phase de consolidation. La phase de peaufinage. Il faut être capable de nommer les points qui accrochent. De rester ouverts aux modifications et aux changements. Et surtout, de les retenir. Cette concentration - qui fait parfois défaut... - doit absolument être travaillée. Comment? C'est à chacun de vous d'y répondre; personne n'est pareil. Retrait? Italienne? Étirement? Réchauffement? Cigarette? Sieste? Je m'en fous un peu en autant que le résultat soit à la hauteur de votre talent.
C'est également ce matin que devrait arriver tout le matériel nécessaire au montage de la scénographie (à compter de lundi matin). Les morceaux du puzzle continuent de s'imbriquer les uns dans les autres. Reste maintenant à donner une véritable vie à tout ça!
mardi 11 juin 2013
Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]
Ce vidéo nous donne une idée de la bourrée du Mariage Forcé (lors de la troisième entrée du ballet mettant en scène des Égyptiennes), composé par Jean-Baptise Lulli, en 1664 (première collaboration entre ce compositeur et Molière... car il faut se rappeler que cette pièce est, en fait, une comédie-ballet commandée par le roi Louis XIV).
Cette petite note historique me permet d'aborder la trame sonore de cette production estivale 2013 du Théâtre 100 Masques.
En fait, il n'y en a pas (comme dans la plupart des mes productions antérieures!)! Ce qui ne signifie pas pour autant qu'il n'y ait aucun son.
Au contraire.
Ce sera là un spectacle particulièrement bruyant (une bruyance qui augmentera, je crois, lorsque le plancher et la scène seront praticables). Quasi percussif. Dynamique. Avec des claquements de coffres, des bruits de pas, des coups de bâtons, du bois qui craque, des grattements.
À défaut d'une conception sonore traditionnelle (c'est là un des éléments qui me pose le plus souvent problème...) se retrouve un son produit à même la performance des comédiens. Un son intrinsèque à la scène. Un son issu d'une source visible et bien identifiable. Un son nécessaire parce qu'inévitable. Et c'est comme ça que j'aime ça.
lundi 10 juin 2013
Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]
Photographies en répétition prises par Patrick Simard
Aujourd'hui et demain auront lieu les dernières répétitions de La Jalousie du Barbouillé à proprement parler... puis, alors que nous ferons notre entrée dans la Salle Murdock pour installer l'ensemble esthétique (scénographie et salle), nous entreprendrons également une longue série d'enchaînements et filages (une dizaine) jusqu'aux générales du début du mois de juillet.
En date d'aujourd'hui, nous pouvons prévoir que la première pièce, Le Mariage forcé, aura une durée d'environ cinquante minutes. Le seconde devrait durer un peu plus de vingt minutes. Une pause sera aménagée entre les deux.
Maintenant que la plupart des scènes sont bien construites (généralement dans un principe d'effet choral où priment l'action-réaction), il faut maintenir une certaine spontanéité tout en augmentant le coefficient de précision. Cette rigueur dans l'exécution est beaucoup plus difficile qu'elle n'y paraît. Ces deux pièces sont portées par un rythme infernal qui enlignent les personnages dans une suite ininterrompues d'entrées et de sorties (avec de belles courses en coulisses pour rattraper la suivante!). Le fil dramatique s'en trouve fragilisé, soumis à un stress amplifié du aux changements de rôles en quelques secondes.
Ces considérations théorico-intellectuelles négligent toutefois une chose importante: le résultat est fichtrement drôle!
Ces considérations théorico-intellectuelles négligent toutefois une chose importante: le résultat est fichtrement drôle!
Le dernier grand dossier (le plus ardu... avec la campagne de financement!) qu'il reste sur notre bureau est la promotion de cet événement. Exister. Ressortir de la masse. Se faire voir. Attirer les spectateurs. Avec les maigres moyens à notre disposition...
Il faudra aussi penser à réserver parce que la jauge de la salle sera fixé, pour le confort, à 70 sièges seulement par représentation. Les réservations peuvent se faire par téléphone au 418-698-3895, par courriel à les100masques@hotmail.com ou enfin, par Facebook (en suivant ce lien).
vendredi 7 juin 2013
«La Jalousie du Barbouillé»... il y a 53 ans...
La dernière fois, à ma connaissance, que s'est jouée La Jalousie du Barbouillé de Molière (hors des cadres académiques, j'entends... et avant notre spectacle de cet été!), c'était le fait d'une toute jeune compagnie Les Apprentis de la Rampe dont la devise était Avant que d'être d'or, les blés sont verts...
C'était en 1960. Ces jeunes, dynamiques et débrouillards (du haut de leur quinzaine d'années!), avaient loué une salle, l'Auditorium Beauchamp (sise à l'Hôpital de Chicoutimi) pour y donner une ou quelques représentations de ce spectacle.
En voici d'ailleurs une photographie qui s'est rendue jusqu'à mon bureau...
Parmi ces enfants (ou plutôt ces adolescents!) se retrouvent deux personnes qui sont toujours actives dans le milieu théâtral d'ici...
À la droite de la photo, avec cette même carrure qui le caractérise encore aujourd'hui (dommage qu'il penche la tête...), on aperçoit Richard Desgagné, auteur et comédien qui a joué beaucoup avec les Têtes Heureuses au cours des années... alors qu'au centre, au sol, vêtu de blanc, lisant un livre avec toute sa science de docteur... eh oui... c'est Rodrigue Villeneuve!
Voilà donc leurs premiers pas dans ce monde théâtral!
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Molière 2013
mardi 4 juin 2013
Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]
À moins d'un mois avant la première, voici ce à quoi ressemble l'atmosphère dans la salle de répétition (à noter que ces images ont été prises au tout début de la séance de travail de la scène 11...):
Ce n'est là qu'un bien petit fou rire... comparativement à d'autres qui ont eu lieu et d'autres qui viendront sûrement!
Sinon, en attendant le fameux soir où sonneront les trois coups (nous sommes très traditionnels!), voici d'autres images (des photographies, cette fois... de la scène 11 et de la scène 12!) prises ce matin, par Julie Bernier.
Ce n'est là qu'un bien petit fou rire... comparativement à d'autres qui ont eu lieu et d'autres qui viendront sûrement!
Sinon, en attendant le fameux soir où sonneront les trois coups (nous sommes très traditionnels!), voici d'autres images (des photographies, cette fois... de la scène 11 et de la scène 12!) prises ce matin, par Julie Bernier.
lundi 3 juin 2013
Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]
Nous achevons la seconde révision en profondeur de la première pièce, Le Mariage forcé, nous appliquant à peaufiner la dynamique scénique et les différents caractères en jeu.
Ces scènes sont vraiment très drôles et offrent de belles partitions aux interprètes qui y trouvent une matière propre au cabotinage et à la rigolade. Ce plaisir se conjugue toutefois avec une grande exigence physique, tant dans le corps que dans le rythme et la coordination!
Les affiches et les tracts sont maintenant imprimés et sont peu à peu dispersés dans la ville. Le cahier de réservation est désormais ouvert. Il y aura un maximum de 80 sièges (et 80 sièges seulement!) disponibles par soir.
Il faut noter également, au passage, que suite à une modification à la distribution (pour diverses raisons), le calendrier de représentations s'est aussi ajusté, passant du «4 au 27 juillet 2013» au «3 au 26 juillet 2013» (soit du mercredi au vendredi en lieu et place du jeudi au samedi). Ce changement de jours se fait sans trop de regrets, les soirs de fin de semaine s'avérant généralement plus tranquille...
mercredi 29 mai 2013
Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]
Je me cherchais une façon d'entamer les représentations de la production estivale... quand m'est revenue à l'esprit l'ouverture du Poenulus de Plaute (qu'on peut lire ici). Cette jonction de ce prologue avec l'oeuvre de Molière est significative à plus d'un égard...
D'abord, l'objet même de ce texte est le spectateur. Il s'agit là d'une adresse directe, bien tournée, excessive... ancêtre antique des annonces contemporaines concernant les sorties et les sonneries de téléphones! Un morceau littéraire parfait pour débuter un spectacle.
Par ailleurs, Plaute a été une source importante pour Molière qui y a puisé des personnages, des intrigues (dont ceux qui ont donné L'Avare). Cette filiation est, en quelque sorte, naturelle.
Puis, enfin, ça crée une certaine continuité avec la production 2012 de La Marmite (de Plaute!)... Un clin d’œil tout théâtral à l'équipe qui travaillait, à la même date l'an dernier, sur cet auteur.
Tout ça pour dire que, ce matin, c'est ce qui sera mis en chantier dans la salle de répétition.
mardi 28 mai 2013
Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]
Ce billet pourrait aussi s'appeler L'art d'élever le cabotinage au rang de style théâtral... parce qu'au fond, c'est un peu la ligne directrice de ces deux mises en scènes moliéresques.
La multiplicité des personnages, la simplicité de l'intrigue, le rythme effréné des scènes commandent, en quelque sorte, un soutien physique et comique de la part des interprètes. Qui plus est, le choix de les placer sur des tréteaux, sans véritable apport scénographique (sinon trois malles), demande un jeu peut-être plus exubérant, plus stylisé, plus assumé...
Alors retour au cabotinage (après ce billet du 6 novembre 2008).
Ce principe est définit ainsi dans Le Dictionnaire de la langue du théâtre d'Agnès Pierron: C'est l'art, tout de paraître et d'exhibition de soi, du CABOT ou CABOTIN. Intéressant: se montrer pour montrer.
Le comédien qui entre en scène doit, dès lors, tout faire pour tenter d'attirer l'attention du spectateur. Si cela se fait avec un bon auto-contrôle et un équilibre définit en équipe, le résultat peut être amusant.
jeudi 23 mai 2013
Qui donc est Molière... ?
Comme Molière est mort sans laisser ni la moindre lettre, ni le plus petit fragment de manuscrit d’une pièce, phénomène troublant mais non pas unique dans l’histoire de la littérature, les légendes ne manquent pas à son sujet. On connaît ainsi la thèse du vaste complot ourdi par ses ennemis dévots pour regrouper et détruire tous ses papiers personnels, ou encore celle d’Anatole Loquin, membre de l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Bordeaux, qui fait de Molière le Masque de Fer, dont il a fallu détruire les documents pour raison d’État.
On connaît aussi le vieux serpent de mer selon lequel Molière, simple farceur quasi-inculte, ne serait pas l’auteur de ses œuvres et aurait utilisé les services d’un "nègre", Pierre Corneille lui-même, qui, pour sa part, avait le talent, la culture et surtout le temps nécessaire à la conception et à l’écriture d’une telle œuvre. C’est Pierre Louÿs, grand expert en supercherie littéraire - il avait fait croire à l’authenticité grecque de ses Chansons de Bilitis - qui présente cette idée comme une énigme ("Molière est un chef-d’œuvre de Corneille", Comedia, 7 novembre 1919), ouvrant ainsi la voie à quelques sporadiques publications ultérieures : Henry Poulaille (Corneille sous le masque de Molière, Grasset, 1957), Hippolyte Wouters et Christine de Ville de Goyet, deux avocats bruxellois (Molière ou l’auteur imaginaire, éd. Complexe, 1990), et enfin Dominique et Cyril Labbé (Journal of Quantitative Linguistics, vol. 8, n°3, décembre 2001).
Sans entrer dans le détail d’une réfutation rigoureuse et définitive, faite récemment par de grands spécialistes tels que Georges Forestier, Patrick Dandrey, et Roger Duchêne (à ce sujet, voir les articles de Georges Forestier et Roger Duchêne), le simple bon sens, la connaissance du théâtre, celle des mœurs de l’époque ainsi que de l’histoire littéraire suffisent à balayer les arguments avancés par cette lignée d’"enquêteurs".
Ainsi, pourquoi aucun des nombreux ennemis de Molière, contre lequel ils ont pourtant fait flèche de tout bois, n’a-t-il émis une telle hypothèse ? Pourquoi Molière n’aurait-il pas eu le temps matériel d’écrire ses œuvres, alors que ses contemporains étaient si prolixes (Alexandre Hardy auquel on prête quelque six cents œuvres) ? Pourquoi le grand Corneille aurait-il accepté d’être un "nègre", alors qu’il n’avait pas, contrairement à une légende tenace, de difficultés d’argent.
Quant aux approches récentes de linguistique quantitative de C. et D. Labbé, dont il faut dire un mot puisqu’elle revêtent un manteau de scientificité, elles conduisent à des non sens liés à une méconnaissance patente de la littérature du temps : leur méthode, utilisée de manière partielle, ne tient aucun compte en effet des spécificités du théâtre de l’époque, de l’histoire des formes littéraires, et surtout des pratiques d’écriture. Cette imprudence méthodologique les conduit à s’intéresser aux occurrences des mots, pour y relever des "signatures" ou des "empreintes digitales", alors que le vocabulaire ne constitue pas, pour le théâtre du XVIIe siècle, un critère pertinent : car les contraintes esthétiques et poétiques (la question des registres, la rigoureuse détermination des genres, et les règles de la métrique) sont telles qu’elles limitent nécessairement la "liberté d’expression" des auteurs telle que nous la concevons aujourd’hui en mettant à leur disposition un lexique relativement limité et fixé par une convention stabilisée. Elles contribuent ainsi à estomper leur personnalité propre, de sorte qu’on ressent légitimement une certaine uniformité à la lecture des millions d’alexandrins écrits à l’époque. Ainsi, les différences existant entre les auteurs ne tiennent pas au choix des mots, mais à leur disposition, et à la façon, propre à chacun, de rythmer le vers ; d’ailleurs tout lecteur un tant soit peu sensible à l’écriture remarque rapidement que Corneille dispose d’une rythmique et d’une "respiration" qui lui sont propres. Il s’agit donc ici d’une question de rhétorique et non de lexique.
À quand le prochain (faux) scoop ? Laissons le mot de la fin, en le parodiant, à George Bernard Shaw qui raillait les tenants d’une thèse identique au sujet de Shakespeare : "Molière n’est pas l’auteur de ses œuvres. Celles-ci ont été écrites par un inconnu qui se nommait Molière »
mercredi 22 mai 2013
Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]
fait pour supporter
et transporter une certaine charge.
Un surcroît de cette charge la prive de son dynamisme.
Voyez Molière.
Sa discrétion.
Son infaillible faculté de répartition,
d'aération.
Son art de ménager le public,
de ne jamais offrir plus
qu'il ne peut absorber à la fois.
C'est le grand Jacques Copeau qui parle (enfin... écrit...) ainsi de Molière, en décembre 1934. Une citation qu'il fait bon se rappeler en pleine création...
mardi 21 mai 2013
Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]
Molière - Je crois que je deviendrai fou avec tous ces gens-ci. Eh têtebleu ! Messieurs, me voulez-vous faire enrager aujourd’hui ?
Brécourt - Que voulez-vous qu’on fasse ? Nous ne savons pas nos rôles ; et c’est nous faire enrager vous-même, que de nous obliger à jouer de la sorte.
Molière - Ah ! les étranges animaux à conduire que des comédiens ![...] De grâce, mettons-nous ici et employons ce temps à répéter notre affaire et voir la manière dont il faut jouer les choses.
La Grange - Le moyen de jouer ce qu’on ne sait pas ?
Mademoiselle Du Parc - Pour moi, je vous déclare que je ne me souviens pas d’un mot de mon personnage.
Mademoiselle De Brie - Je sais bien qu’il me faudra souffler le mien d’un bout à l’autre.
Mademoiselle Béjart - Et moi, je me prépare fort à tenir mon rôle à la main.
Mademoiselle Molière - Et moi aussi.
Mademoiselle Hervé - Pour moi, je n’ai pas grand’chose à dire.
[...]
Molière - Vous voilà tous bien malades, d’avoir un méchant rôle à jouer, et que feriez-vous donc si vous étiez en ma place ?
Mademoiselle Béjart - Qui, vous ? Vous n’êtes pas à plaindre ; car, ayant fait la pièce, vous n’avez pas peur d’y manquer.
____________________________________________________
C'est là une partie de la première scène de L'Impromptu de Versailles de Molière où il se met lui-même en scène au milieu de ses comédiens... Une scène fort drôle qui peut parfois se répéter en salle de répétition... notamment lors du premier enchaînement... et hier soir, c'était le nôtre.
Ces textes du XVIIième siècle sont plutôt complexes... d'abord pour la langue puis par le genre farcesque abordé qui fait nécessairement une large place aux jeux de scènes...
dimanche 19 mai 2013
Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]
Voici, en primeur, l'affiche de la production estivale 2013 du Théâtre 100 Masques (une réalisation de Patrick Simard).
Décidément, le temps passe vite!
Hier matin, nous avons terminé la mise en place de la seconde pièce, La Jalousie du Barbouillé. Et demain soir, nous nous payerons le luxe d'un premier enchaînement des deux textes. Bien que précoce (à plus d'un mois et demi avant la première...) - et ô combien laborieux! - cet exercice permettra d'avoir une vue d'ensemble sur le résultat: énergie, dynamique, forces, faiblesses.
Certaines scènes trouvent une surprenantes vitalités dans leur exécution scénique...
Esthétiquement parlant, les dossiers cheminent également. La scénographie et les accessoires nécessaires se précisent. Un plan d'action sera mis en branle d'ici quelques jours... Les costumes sont en chantier (et nous voyons de temps en temps un morceau de vêtement apparaître!) et promettent beaucoup! Une rencontre avec le concepteur de lumière est à prévoir...
Encore une fois, toutefois, j'ai beaucoup de difficultés à me faire une tête au sujet d'une éventuelle conception sonore... En fait, je suis de plus en plus convaincu de son inutilité dans ce cadre-là... d'autant plus que le son produit directement sur scène s'avère plutôt efficace...
À compter du milieu de la semaine, on remet tout sur le métier pour des répétitions concentrées!
jeudi 9 mai 2013
Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]
Ce qui est intéressant, avec l'oeuvre de Molière, c'est sa capacité à faire appel à diverses sources pour exister... et qu'elle s'auto-citera par la suite!
De La Jalousie du Barbouillé, vraisemblablement tiré du Jaloux Corrigé (Le Décaméron de Boccace) Molière reprendra et développera dans Le Mariage forcé la fameuse scène du docteur (de même que dans Le Dépit amoureux)... puis reprendra l'anecdote comme base pour écrire son George Dandin...
Le Mariage forcé, lui, serait tiré notamment du Tiers Livre de Rabelais où Panurge consulte des docteurs pour savoir s'il doit se marier...
Et aussi, l'an dernier, le Théâtre 100 Masques montait La Marmite de Plaute qui servit de base à L'Avare.
Il y a quelque chose de stimulant dans cette filiation Plaute-Rabelais-Molière. Il y a un rire gras, licencieux. Une obscénité comique dont il ne faut pas avoir peur, dont il faut faire un mécanisme scénique.
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