lundi 10 mars 2014

«Au Champ de Mars»... [Carnet de mise en scène]

Plan d'éclairages d'Alexandre Nadeau (en cliquant dessus, il apparaîtra plus grand...)


Hier, la production Au Champ de Mars du Théâtre Mic Mac a franchi une nouvelle étape alors que le concepteur Alexandre Nadeau a mis en place les différentes lampes qui illumineront la scène. 

Le résultat (sans même les différentes intensités) augure bien. Simple mais efficace. 

Maintenant, je pose un défi de taille: je veux de la lumière grise. Comme une photo en noir et blanc. Comme un ciel orageux. Lourd. Dense. Comme si l'ardoise du plancher devenait aussi l'air que les personnages respirent. 

Le Théâtre Mic Mac en lice...

Le Théâtre Mic Mac vient d'annoncer sa mise en nomination pour le Prix Image-In. Une autre reconnaissance que la troupe accumule sur celles obtenues au cours des dernières années. Voici le vidéo de présentation de ce prix (de même que les autres candidats... et pas des moindres!):

mardi 4 mars 2014

«Au Champ de Mars»... [Carnet de mise en scène]

France Donaldson, Céline Gagnon, Gervais Arcand... et moi (Photographie: Christian Roberge... je pense)

Nous avons terminé le premier des deux blocs intensifs de répétition de cette nouvelle production du Théâtre Mic Mac par un enchaînement complet.

Les choses s'installent peu à peu... parce que derrière l'apparente simplicité de ce texte se cachent de bons personnages fort complexes, torturés et insaisissables. Parce que c'est un peu de cela qu'il s'agit: une succession d'esquives et de fuites... concrètes et métaphoriques. Comment peuvent-ils se positionner alors qu'ils n'ont que bien peu de prises sur leur propre réalité? La mégalomanie, la paranoïa, l'idéalisme exacerbé, le réalisme insupportable, la musique klezmer... tout est prétexte à chercher une voie parallèle pour contourner l'incontournable. Chaque personnage devient, en quelques sortes, l'écueil de l'autre. 

Ceci étant dit, Au Champ de Mars se conjugue sur mode comique. Satyrique? Je ne sais trop...

vendredi 28 février 2014

Un auteur sanglant


À chacun sa mort! Facebook réussit toujours à dénicher des trucs amusants... comme ce tableau synthèse des différentes morts qui émaillent l'oeuvre de Shakespeare. L'imagination est au rendez-vous quand vient le temps d'invoquer la Grande Faucheuse!

Les crédits de ce tableau se retrouvent en-haut à droite et en-bas à gauche (et il a été trouvé sur ce site). 

De l'équilibre d'une pièce


L'équilibre d'une pièce 
ne se trouve 
qu'à la cinquième représentation, 
lorsque les salles ont obligé les interprètes 
à mettre de l'air dans le jeu 
et que leur angoisse se dénoue.

C'est là l'opinion émise par Jean Cocteau qui sera publiée en 1947 dans un recueil d'articles divers: Le Foyer des artistes

Une opinion que je partage assez... et qui pourrait aller plus loin encore. Meyerhold disait qu'il était inconcevable de recevoir des journalistes à une première alors que ceux-ci ne devraient pas venir avant la vingtième représentations...

Un spectacle (surtout une comédie!), tout prêt soit-il quand se lève le premier rideau, aura toujours besoin de quelques soirées pour bien se roder et apprivoiser les réactions du public.

mercredi 26 février 2014

«Le théâtre québécois est-il soluble dans le présent?» (Y. Jubinville)


J'en ai parlé beaucoup sur ce blogue. L'été dernier paraissait, dans la revue Spirale (le no. 245), un grand dossier fort intéressant: Horizon incertain du théâtre québécois. Parmi la dizaine d'articles (tous plus déprimants les uns que les autres), se trouve celui d'Yves Jubinville dont le titre coiffe ce billet.

En voici quelques lignes:

La cause est entendue. La culture contemporaine de laquelle participe le théâtre est irrémédiablement tournée vers le présent. Un présent qui serait lui-même intensifié (et rétréci) sous l'effet conjugué des médias de masse (déjà anciens!) et des médias sociaux où règne une logique de visibilité et d'événementialité. [...] Le fait est que le théâtre, dont il faut par ailleurs constater le déclassement relatif en termes de fréquentation et de prestige, est sans doute l'un des domaines où cette logique apparaît le plus en osmose avec le média lui-même. Le théâtre, de par son essence, se moule à l'environnement divertissant qui règle la cadence de la vie sociale.

[...] D'aucuns diraient même que pour être contemporaines les pratiques artistiques actuelles doivent impérativement se parer des attributs du spectacle vivant. En résulterait non pas l'hégémonie de l'art théâtral mais bien au contraire un effritement de son domaine spécifique. De nos jours, le théâtre serait présent partout et nulle part à la fois. D'une forme identifiable il serait devenu dispositif, pour emprunter un terme à la mode, ou ambiance, sujet à d'infinies modulations et métamorphoses. Pour le meilleur et pour le pire!

C'est là l'introduction de cet article (en page 63). 

Tout ce dossier spécial pose de nombreuses questions, pose de terribles constats. Le portrait qui est dressé ici n'a rien de réjouissant et ne dénote essentiellement qu'une chose: le cul-de-sac. Dire que le milieu théâtral québécois est en effervescence détournerait un peu de la réalité: le milieu théâtral est plutôt entrain d'imploser...

Maintenant que les problèmes sont identifiés de toute part, il faudra bien un jour s'y attaquer...

lundi 24 février 2014

«Au Champ de Mars»... [Carnet de mise en scène]


Les répétitions se poursuivent de plus belle... avec du travail de précision et d'interprétation. L'objectif est d'arriver à une production syncopée - un montage en pulsations rapides - où les scènes se télescopent les unes dans les autres.

Enfin, voici l'affiche (l'illustration de ce billet!) de la production 2014 du Théâtre Mic Mac. Encore une fois cette année, il s'agit d'une réalisation de Christian Roberge.

vendredi 21 février 2014

Grrr.

Le plaisir de diriger une compagnie qui offre de la formation, c'est d'avoir un atelier de programmé un vendredi matin, à 8h30... et de devoir le prendre en charge à pied levé pour remplacé une animatrice absente. 

Donner un atelier d'une heure, à vingt enfants, sans préparation, sans filet.

Merci, les camps d'été, pour m'avoir constitué une banque d'ateliers pour faire face à toute épreuve! C'est dans des moments comme ça qu'on se rend compte que finalement, j'en connais beaucoup, de ces exercices... 

Et c'est comme ça qu'en un peu moins de cinq minutes, je me construis un plan d'action dynamique et diversifié qui donnera de bons résultats... 

mercredi 19 février 2014

Le fiel d'Ovide


J'aime bien ces textes virulents contre le théâtre... surtout ceux des premiers temps du christianisme. Des textes généralement sévères. Exubérants. Trop. 

Mais avant l'Église, les auteurs de l'époque n'avaient pas nécessairement bonne opinion du théâtre. Tel le poète latin Ovide (né en 43 av. J.-C. et mort dans la seconde décade de notre ère)... comme en font foi ces extraits (réécrits en français moderne sous chacun de ceux-ci pour faciliter la lecture) tirés du Discours sur la comédie: ou traité historique et dogmatique des jeux de théâtre et autres divertissements comiques soufferts ou condamnés au premier siècle de l'Église jusqu'à présent publié en 1731 par Pierre Lebrun. 


Ovide n'étais pas certainement attaché à une morale sévère; néanmoins dans sa fameuse Apologie adressée à Auguste, il avoue que les jeux sont une semence de corruption, il exhorte ce Prince à supprimer les Théâtres.


Aussi dans un ouvrage destiné à corrompre le cœur, il dit ouvertement que les femme Romaines couraient au spectacles avec le même plaisir, et avec la même ardeur que les abeilles se jettent sur les plantes odoriférantes; il exhorte les jeunes débauchés de Rome à fréquenter le Théâtre, qu'il regarde comme l'écueil de la vertu, et où les femmes ne se montrent bien parées que pour voir ou pour être vues.


Ce même poète a tenu un semblable langage dans un ouvrage où il se pique de donner des préceptes honnêtes; il recommande de fuir avec soin le Théâtre, persuadé que le son des instruments, les chansons et les danses amollissent et corrompent le coeur.

mardi 18 février 2014

Le Théâtre C.R.I. lance une invitation pour la Journée Mondiale du Théâtre 2014

Comme à chaque année (depuis plusieurs années), le Théâtre C.R.I. souligne la Journée Mondiale du Théâtre qui se tient à tous les 27 mars de ce monde... et à l'approche de cette date fameuse s'il en est une, voici que la compagnie lance une large invitation (que je retransmets ici dans son intégralité):


Hé hé hé!!! Ami(e)s comédiens, metteurs en scène, étudiants, amateurs et adorateurs de théâtre du Saguenay, pour la journée mondiale du théâtre 2014, nous vous invitons à venir renouer avec une expérience ludique imaginée et créée ici même et qui a connue ses lettres de noblesse et sa grande popularité dans les années 80 et 90. Le Théâtre Jeu!

Vous êtes intéressés, INSCRIVEZ VOUS avant le 7 mars 2014 à theatrecri@hotmail.com. La pige des équipes se déroulera lors d’un agréable 5 à 7 le samedi 8 mars 2014 (votre présence lors de ce 5 à 7 n’est pas obligatoire pour votre participation, nous pourrons vous communiquer la résultante de la pige par courriel). L’activité sera présentée devant public le 27 mars 2014 en soirée lors de la journée mondiale du théâtre. (Il y aura une générale le 26 mars 2014 en soirée)

Le théâtre jeu. Mais diantre qu’est-ce que le théâtre jeu?????

Le théâtre jeu est un doux mélange entre le théâtre et le jeu…

Mais allons un peu plus loin dans l’analyse sémiologique du terme…

Une bande de théâtreux fous se réunissent, le maître du jeu pigent des équipes de deux à quatre personnes et ici c’est très important : COMPLÈTEMENT AU HASARD!!!!!

Chacune des équipes repart avec un texte blanc…oh oh oh ici je vois le questionnement!!! Mais maître du jeu, qu’est ce qu’un texte blanc???

Un texte blanc est un écrit qui doit laisser place à l’imagination des participants. Sans sens précis celui-ci prend la direction que l’équipe voudra bien lui donner. Parfois, sans ponctuation, sans découpage et sans histoire le texte blanc devient la matière première de la mise en scène de chaque équipe.

Donc chacune des équipes repart avec ce fameux texte blanc et encore ici c’est très important : LE MÊME TEXTE BLANC.

A la suite de quelques rencontres, le texte prend soudain forme. Il devient une histoire, avec une mise en scène ingénieuse, des personnages, des décors et costumes minimalistes, bref ce que votre imaginaire pourra bien en faire!! Il est à noter que les équipes usent du texte comme elles le veulent avec le nombre de personnages qu’elles veulent, en lui donnant un sens qui le transformera au gré de la fantaisie du moment. Attention, vous devez toutefois respecter l’ordre textuelle de l’écriture.

Après quelques semaines d’intenses plaisirs à imaginer, créer et pratiquer un numéro

original d’une dizaine de minutes (maximum), les fous se retrouvent devant un public, l’espace d’une soirée, pour présenter le résultat de cette expérience théâtrale.

Vous avec le goût? Venez à la première rencontre, nous vous fournirons tous les règlements, détails et surtout notre fameux texte blanc et ce tout à fait gratuitement! Soyons-y en grand nombre et surtout soyons fier de notre théâtre!

Du même coup, le Théâtre C.R.I. invite également les auteurs d'ici à lui envoyer (par le même courriel que précédemment inscrit) des textes blancs pour qu'il puisse en faire une sélection...

lundi 17 février 2014

«La paix chez soi et autres bêtises humaines»...[Carnet de mise en scène]


Aujourd'hui, nous lançons - car effectivement, ce sera la première lecture! - le chantier qui nous mènera à la prochaine production estivale (la quinzième!) du Théâtre 100 Masques, LA PAIX CHEZ SOI et autres bêtises humaines.

Ce spectacle sera constitué d'une succession de treize courtes pièces en un acte de Georges Courteline où les hommes et les femmes rivalisent en bêtises pour se dévoiler dans tous leur travers. Petits bourgeois, médecins, femmes du monde, fonctionnaires, belles-mères...personne ne sera épargné.

Les treize textes qui seront montés (après certaines coupures, certains ajustements, certaines réécritures) par moi-même (avec quatre interprètes pour tous les rôles: Josée Gagnon, Patrick Simard, Mélanie Potvin et Pierre Tremblay) seront (dans le désordre):

LA PEUR DES COUPS
MONSIEUR BADIN
GROS CHAGRIN
LA VOITURE VERSÉE
LA PAIX CHEZ SOI
LE GORA
SIGISMOND
LE MAÎTRE DE FORGES
L'HONNEUR DES BROSSARBOURG
L'IMPOLI
LE PETIT MALADE
LES BOULINGRIN
AVANT ET APRÈS

Pourfendant l’absurdité humaine sous toutes ses formes en mettant en lumière ses pires défauts - la naïveté, la paresse, la frivolité, l’avarice, la jalousie, l’ignorance, la soumission, etc. -, cette production tendra aux spectateurs, sous le couvert de la comédie et du divertissement, un miroir tout aussi décapant qu’ironique.



dimanche 16 février 2014

Du Grand Guignol

S'il est un genre particulier, au théâtre, c'est bien le Grand Guignol... surnommé le théâtre de l'horreur, théâtre du sang (l'équivalent des films d'épouvante de série B). Un genre que j'apprécie beaucoup et qui recèle de nombreuses perles théâtrales... d'une loufoquerie sans nom! (J'en ai déjà parlé ici.)

Voici un fort bon petit documentaire (malheureusement en anglais) pour en connaître la teneur... et dont la succession d'affiches donne une fort bonne idée de ce que ça peut donner: