lundi 28 avril 2014

«La Paix chez soi et autres bêtises humaines»... [Carnet de mise en scène]


Pour la mise en scène de cette quinzième production estivale du Théâtre 100 Masques, il fallait un espace qui puisse accueillir non pas un, deux ou trois textes différents... mais bien onze! Un espace neutre (sans pour autant être banal) mais dynamique agissant plus comme un écrin de présentation que d'univers scénographique. 

Le plateau sera donc constitué - comme la maquette préliminaire le montre - d'un aire de jeu directement au sol, encadré par un mur de portes utilisables - théâtre de boulevard oblige! - qui seront sur-utilisées! 

Pour chacune des petites pièces, un seul élément accessoire marquera le lieu et conférera, par convention, une fonction précise au lieu ci-haut mentionné.  

Esthétiquement parlant, l'ensemble reste encore à déterminer. Quelle en sera la (ou les) couleur(s) dominante(s)? Quel style sera développé (quoique sur cette question, les idées commencent à se préciser!)? Comment se succéderont les différentes propositions?

Pendant ce temps, nous entamerons, cette semaine, notre troisième semaine de répétitions... et termineront, sous peu, la première mise en place de l'ensemble des projets. 

jeudi 10 avril 2014

La mise en scène selon Copeau


Le rôle du metteur en scène, à la fois son droit et son privilège est d'être présent partout et cependant invisible, sans opprimer la pensée de l'acteur ni froisser la pensée du poète, et ne dépensant son génie qu'à servir l'un et l'autre. Tous ses efforts tendent à composer et à édifier un objet parfaitement cohérent et proportionné, solide et harmonieux, comparable à ces petites cathédrales que le «donateur» à genoux présente devant lui dans les retables.

[...]

Le metteur en scène invente et fat régner entre les personnages ce lien secret et visible, cette sensibilité réciproque, cette mystérieuse correspondance des rapports, faute de quoi le drame, même interprété par d'excellents acteurs, perd la meilleure part de son expression.

Ce sont là deux belles définition de ce qu'est le metteur en scène... et elles viennent de Jacques Copeau, lui-même metteur en scène quasi ascétique. Elles sont consignées dans le premier tome de ses écrits théâtraux réunis sous le vocable Registres.

mercredi 9 avril 2014

Quand Brassens parle de Courteline...

À quelques jours de débuter les répétitions de la prochaine production estivale du Théâtre 100 Masques, La Paix chez soi et autres bêtises humaines, qui présentera un florilège d'oeuvres de Courteline, reportons-nous quelques années en arrière (quelque part à la fin des années 50 ou au début des années 60) où le grand Georges Brassens donne son avis sur les qualités comiques de Courteline:

jeudi 3 avril 2014

«Au Champ de Mars»... [Carnet de mise en scène]


C'est aujourd'hui la première d'Au Champ de Mars (de Pierre-Michel Tremblay) au Théâtre Mic Mac, à Roberval. Nous sommes donc à quelques heures de cette première vraie rencontre avec le public! Mais en attendant... l'attente. Ce long et pénible moment qui ne sert qu'à accumuler le stress, le trac, la nervosité, la fébrilité.

Mais bon. C'est aussi ça, le théâtre.

MERDE AUX COMÉDIENS
STÉPHANE, CÉLINE, GERVAIS, 
FRANCE, DENIS
ET TOUS LES COLLABORATEURS!

mercredi 2 avril 2014

«Au Champ de Mars»... [Carnet de mise en scène]

Après une générale réussie, voici quelques autres photos prises, cette fois, par Alexandre Nadeau:






mardi 1 avril 2014

La mise en scène comme un souque à la corde


Si le metteur en scène a entre les mains l'une des extrémités du fil par lequel il tire l'acteur, l'acteur tient l'autre extrémité de ce même fil par lequel il tire le metteur en scène...

Et c'est précisément la raison pour laquelle j'affirme que le metteur en scène n'a pas le droit d'élaborer d'avance son plan dans les détails. C'est seulement lorsque j'arrive devant le collectif des acteurs [...] que peut naître la mise en scène. Bien entendu, je ne m'écarte jamais de ma conception générale. Mais je dois toujours être disponible pour l'initiative des acteurs, prêt à répondre à une contre-proposition comme aux échecs où l'on doit trouver la meilleure solution. Pour moi, l'initiative de l'acteur ne se manifeste pas quand il a dit sur scène «M. le metteur en scène, selon moi, il fut faire un pas à droite et non pas à gauche», mais dans la façon dont il perçoit ma proposition. Si je vois qu'il y réagit d'une façon hésitante, impuissante, cela signifie qu'il y a une erreur, soit dans ma suggestion qui n'est pas assez évidente pour cet acteur, ne le convainc pas et ne pénètre pas librement sa conscience, soit chez l'acteur lui-même qui ne fait pas assez d'efforts pour comprendre. Dans ce cas, mieux vaut abandonner le travail sur cette scène, y réfléchir et n'y revenir que quelques jours plus tard.

C'est là une conception toute meyerholdienne (toujours y revenir en production!) de la mise en scène et du lien entre le metteur en scène et ses interprètes... une conception qui me plaît bien et qui me semble être en phase avec ma propre façon de travailler...

lundi 31 mars 2014

«Au Champ de Mars»... [Carnet de mise scène]

Nous avons terminé (en quelques sortes...) les répétitions de la nouvelle production du Théâtre Mic Mac qui prendra l'affiche à compter de jeudi. D'ici là, ne reste plus que deux générales, ce soir et demain, pour finaliser l'ensemble du projet et faire les derniers ajustements. Un projet qui trouve, à chaque nouvel enchaînement, son ton et son rythme. Voici d'autres photos (toujours prises par Christian Roberge) au cours de la fin de semaine dernière:

France Donaldson (Anabelle) et Denis Lavoie (Sergent de film)

Gervais Arcand (Marco)

Stéphane Doré (Éric), Gervais Arcand (Marco) et Denis Lavoie (Sergent de film)

Gervais Arcand (Marco) et Céline Gagnon (Rachel)

Stéphane Doré (Éric)

Céline Gagnon (Rachel) et France Donaldson (Anabelle)

Gervais Arcand (Marco), Stéphane Doré (Eric), Céline Gagnon (Rachel), France Donaldson (Anabelle) et Denis Lavoie (Sergent de film)

Gervais Arcand (Marco) et Stéphane Doré (Eric)

samedi 29 mars 2014

Berhnardt ou La Duse?


Ici sont réunies deux des plus grandes comédiennes de l'histoire du théâtre (qui plus est, contemporaines!), la française Sarah Bernhardt et l'italienne Eleonara Duse (surnommée simplement La Duse). Deux génies des planches. Deux forces scéniques. Deux monstres sacrés. 

Semblables? Pas vraiment. 

Voici comment les comparait André Chaumeix (un journaliste et critique français de la première moitié du XXième siècle):

Sarah Bernhardt et elle ont représenté les deux formules les plus achevées, essentielles, de l'art romantique. L'une a rayonné, ébloui, comme le soleil, empli l'univers de ses caprices, de sa fantaisie poétique, de sa splendeur séductrice. L'autre a ébranlé toutes les sensibilités par le jeu pathétique et sans recherche de coquetterie féminine d'un visage nu, sans beauté régulière, mais rendu sublime par l'expression. La douleur qu'exprimait Sarah Bernhardt tordait les nerfs et grisait à la fois par la beauté d'un style approprié à l'artiste; on pleurait avec elle, sur elle, mais, après la chute du rideau, on n'avait plus qu'un désir: celui d'acclamer l'enchanteresse, de l'approcher comme une divinité représentant une des formes de la beauté. Sarah Bernhardt était «tonique», même après une représentation de Phèdre, de La Tosca ou de L'Aiglon. La douleur de la Duse, aux belles mains, entrait en nous comme un mal contagieux. Elle ne tordait pas les nerfs, elle déchirait l'enveloppe d'apathie qui habituellement préserve l'âme. On était envahi non par l'enthousiasme, mais par le désespoir. Après avoir entendu Eleonara Duse jouer La Dame aux Camélias, La Dame de la mer, La Gioconda, on n'avait envie que de solitude. On n'aurait pas imaginé rencontrer dans un salon cette vivante statue de douleur. L'action de cet art était intérieure et profonde. 

Quelles descriptions!


vendredi 28 mars 2014

Ma Phèdre

De toutes les photos de toutes les productions de Phèdre de Jean Racine (le texte dramatique le plus parfait à mon avis), mon coup de coeur va, à chaque fois, à Alice Koonen, dans la mise en scène constructiviste de Taïrov (mari de la comédienne et grand rival de Meyerhold dont on peut retrouver une biographie ici), au Théâtre Kamerny, au début des années 20 (en 1922 pour être plus exact... année de l'explosion biomécanique):


C'est là une des photos les plus significatives de l'histoire du théâtre russe.  Que de majesté. Que d'esthétique. Que de rigueur... tant dans la composition scénique que dans la construction du personnage. Décidment, les images de cette production (on peut en retrouver ici) me fascine. Quelle époque!

jeudi 27 mars 2014

Du rythme sur la scène...


«Rythmé» 
ne signifie pas nécessairement
«rapide». 
Pour moi, ça signifie plutôt que, 
sur le plan visuel, 
le spectateur 
est presque toujours sollicité.

Éric Jean (dans un entretien publié dans le programme de la pièce Les Enfants du Sabbat, adaptation d'un roman du même titre d'Anne Hébert, au Trident, en 2005, dont il signait la mise en scène).
 

Journée Mondiale du Théâtre 2014


C'est aujourd'hui - comme à tous les 27 mars! - qu'est soulignée la Journée Mondiale du Théâtre ! Une pensée, donc, pour tous les artistes et artisans du milieu de même qu'à tous les organismes qui portent cet art dans la région: le Théâtre La Rubrique, les Amis de Chiffon, les Têtes Heureuses, le Théâtre C.R.I., le Théâtre 100 Masques, le Théâtre du Faux Coffre, le Théâtre À Bout Portant, la Tortue Noire, le Collectif Les Poulpes, le Théâtre Mic Mac, la R.I.A., la Chaire de recherche du Canada pour une dramaturgie sonore!!!

Cette journée est soulignée notamment par la lecture, avant chaque représentation un peu partout dans le monde, du message officiel, confié, cette année, à  Brett Bailey, dramaturge et metteur en scène sud africain:



Dès qu’il y a société humaine, l’Esprit irrépressible de la Représentation se manifeste.

Sous les arbres dans les petits villages, et sur les scènes sophistiquées de grandes métropoles ; dans les halls d’écoles, les champs, les temples ; dans les quartiers pauvres, les places publiques, dans les centres de loisirs et les sous-sols de cités, les gens se regroupent pour communier dans les mondes théâtraux éphémères que nous créons pour exprimer notre complexité humaine, notre diversité, notre vulnérabilité, en chair et en os, en souffle, en voix. 

Nous nous rassemblons pour pleurer et se souvenir ; pour rire et contempler ; pour apprendre, affirmer et imaginer. Pour s’émerveiller face à la dextérité technique, et pour incarner les dieux. Pour avoir le souffle coupé face à notre capacité pour la beauté, la compassion et la monstruosité. Nous venons pour l’énergie et le pouvoir. Pour célébrer la richesse de nos différentes cultures et pour dissoudre les frontières qui nous divisent. 

Dès qu’il y a société humaine, l’Esprit irrépressible de la Représentation se manifeste. Né de la communauté, il porte les masques et les costumes de nos diverses traditions. Il exploite nos langages, nos rythmes, nos gestes, et ouvre un espace entre nous. 

Et nous, artistes œuvrant avec cet esprit ancien, nous nous sentons forcés à le canaliser à travers nos cœurs, nos idées et nos corps pour révéler nos réalités dans toute leur mondanité et leur mystère étincelant. 

Mais, à une époque où tant de millions de gens se battent pour survivre, souffrent de régimes oppressifs et d’un capitalisme prédateur, fuient le conflit et les épreuves ; où notre vie privée est envahie par les services secrets et nos mots censurés par des gouvernements intrusifs ; où les forêts sont anéanties, les espèces exterminées, et les océans empoisonnés : que nous sentons-nous obligés de révéler ? 

Dans ce monde de pouvoirs inégaux, dans lequel de différents ordres hégémoniques essaient de nous convaincre qu’une nation, une race, un genre, une préférence sexuelle, une religion, une idéologie, un cadre culturel est supérieur à tous les autres, peut-on réellement défendre l’idée que les arts devraient être séparés de l’agenda social ? 

Nous, artistes des arènes et des scènes, nous conformons-nous aux demandes aseptisées du marché, ou saisissons-nous le pouvoir que nous avons : pour ouvrir un espace dans les cœurs et les esprits de la société, rassembler les gens autour de nous, inspirer, émerveiller et informer, et créer un monde d’espoir et de coopérations sincères?

Il existe aussi d'autres messages tout aussi officiels... dont le message québécois d'Alexis Martin (qu'on peut retrouver ici) et celui - canadien, cette fois! - de Mélanie Léger (qu'on peut retrouver ici).

Pour marquer le coup, le Théâtre C.R.I. organise de nouveau un événement, offert à toute la population:


mercredi 26 mars 2014

Le retour des auditions publiques!

Ce sera bientôt le retour des Auditions professionnelles théâtrales et cinématographiques... l'un des projets de concertation qui découle du premier Forum sur le Théâtre au SLSJ qui s'est tenu en 2011. Voici les informations nécessaires: