vendredi 22 avril 2016

De «Moi chui moi, pis toi t'es toi»...


Hier soir, les étudiants du BIA ont entamé les représentations du résultat du cours Atelier de création théâtrale (anciennement Dramaturgie et mise en scène)  de Moi chui moi, pis toi t'es toi sous la supervision de Jean-Paul Quéinnec.

Depuis janvier, cette cohorte est invitée à travailler sur huit textes québécois contemporains explorant la veine comique. De cet éventail, quatre seront retenus, présentés par quatre équipes. 

Ainsi, le spectateur pourra découvrir  avec un vilain plaisir (des extraits de) Tranche-cul de Jean-Philippe Baril Guérard (ici), Comment je suis devenue touriste et Napoléon voyage de Jean-Philippe Lehoux (ici) et Princesses de Catherine Léger (ici). Quatre textes à l'écriture décomplexée. Une écriture sans tabou... ou presque. Une écriture percutante, féroce, dressant un portrait ironique, sarcastique... voire cynique de la société actuelle. Comique? Étrange, oui. Grinçante, oui. Noire, assurément. Les procédés humoristiques - bien présents - ne tirent pas tant vers le burlesque ou le vaudeville mais plutôt vers un univers corrosif, trash, sans compromis. 

Cette matière décapante est portée en scène par cette douzaine d'étudiants qui, pour la plupart, s'engagent avec conviction dans l'exercice. L'interprétation est plutôt juste et s'il est possible de déplorer la perte occasionnelle du texte (par un manque de projection, une diction trop précipitée ou le bruit ambiant provoqué par la structure même), il faut reconnaître leur travail pour donner corps à ces personnages tordus, sans craindre le ridicule. 

Les mises en scène étudiantes (et les mises en espace dans ce long déambulatoire en spirale qui se déploie tout autour de l'enceinte du Petit théâtre... une conception de Chantale Boulianne) n'ont peut-être pas toute la force qu'elles pourraient avoir, mais elles donnent l'occasion de nombreux bons moments théâtraux que le spectateur pourra suivre, assis au centre de la salle sur des sièges pivotant. 

Une production universitaire qui décoiffe! Il reste ce soir et demain... avec un nombre de places limitées... mieux vaut réserver, si c'est encore possible (via la page FB).

jeudi 21 avril 2016

«Les farces médiévales» [Carnet de mise en scène]



C'est là la maquette de l'espace à venir de la prochaine production estivale du Théâtre 100 Masques: une évocation d'un tréteau de bois... caractéristique de la farce au Moyen-Âge. 

Un espace étroit, surélevé... avec un grand rideau peint (sur la maquette, il est neutre) qui agira en séparateur des différents lieux fictifs. 

Un espace qui n'a pas à porter le poids d'une fonction représentative.

Un espace somme toute simpliste, qui doit laisser toute la place au jeu des comédiens, aux accessoires choisis, à la parole et, surtout, aux costumes (véritables éléments esthétiques du projet!) de Mélanie Potvin.

(Le logo de la compagnie qui trône sur la structure sera en bois sculpté. Le devant de la scène, lui, sera habillé - probablement de fanions rouges comme sur la maquette - selon ce que l'ensemble donnera en vrai.)

mercredi 20 avril 2016

Détour par Maïakovski


En pleine séance de lectures en vue de trouver le texte de la production estivale 2017 du Théâtre 100 Masques (il faut bien que les programmations s'établissent et se préparent!), je viens de me plonger dans un répertoire (d)étonnant issu de l'avant-garde russe du début du XXième siècle: celui de Vladimir Vladimirovitch Maïakovski (en voici une biographie).

J'ai une affection particulière pour la Russie, pour son théâtre révolutionnaire... et pour l'importance historique de celui-ci. D'ailleurs, ce blogue est rempli (et teinté) de cet intérêt... notamment par la multitude de références meyerhlodiennes. 

D'ailleurs, Maïakovski, poète et dramaturge futuriste, a véritablement surgi dans cette histoire après Octobre 1917 et fut l'auteur fétiche de Meyerhold (jusqu'à son suicide en 1930 à l'âge de  37 ans) pour qui il a écrit des oeuvres majeures comme Mystère-Bouffe, La Punaise et Les Bains. (Il m'en a fallu, du temps, pour que je m'attaque à celles-ci!)

Ce sont, en général, des charges à fond de train contre une bureaucratie et un fonctionnement politique ankylosés dans cette ère communiste promise - croit-on! - à un avenir radieux. On y houspille le profiteur, le parasite, le petit tyran, l'arrogant, le petit-bourgeois. Le monde change malgré les gens. C'est féroce. Moderne. Eh oui, avec le recul (et dans un contexte géo-politique différent), drôle, cynique. 

Ma préférence va vers Les Bains (cette pièce est appelée parfois Les Bains publics ou La Grande Lessive), sa pièce la plus comique: un inventeur de 1930 - qui a toutes les misères du monde à avoir l'oreille du directeur occupé à sa propre personne - met en marche une machine à voyager dans le temps et accueille, avec surprise, une femme phosphorescente venue de 2030 pour rapporter avec elle des spécimens originels de ce communisme béni qui a essaimé partout sur la planète.

Les Bains, mise en scène de Meyerhold, autour de février 1930

Les personnages sont grotesques. Les intrigues s'entrecroisent pour dresser un portrait caricatural d'un monde chamboulé. Le tout, entrecoupé d'une mise en abîme théâtrale (tout le troisième acte) fort intéressante. 

C'est donc, en quelque sorte, une découverte d'un répertoire stimulant. Maintenant, est-ce que ce sera un choix pour une production future? L'avenir le dira... 

dimanche 17 avril 2016

Semaine théâtrale - du 17 au 23 avril 2016


Voici ce qui se passera sur les différentes scènes régionales au cours des prochains jours... Ça bougera! Ça bougera! 

Jeudi à samedi, 21 au 23 avril 2016
Salle Lionel-Villeneuve (Roverbal), 20h
AVANT-DERNIÈRE SEMAINE DE REPRÉSENTATIONS

Le Théâtre Mic Mac présente sa grande production annuelle, Les Manuscrits du déluge... une pièce de Michel-Marc Bouchard mise en scène d'Émilie Gilbert-Gagnon. Voici ce qu'en on dit Hélène Gagnon de L'Étoile du Lac, Louis Potvin du Progrès-Dimanche et moi... ici-même! Plus de détails sur le site web de la troupe.

Jeudi à samedi, 21 au 23 avril 2016
Petit Théâtre (UQAC), 19h30

Les étudiants du cours Atelier de création théâtrale (dirigés par Jean-Paul Quéinnec) présentent Moi chui moi, pis toi t'es toi qui présentera plusieurs textes contemporains québécois sous le signe du comique dans tout ses états ! À partir des textes de Tranche-cul de Jean-Philippe Baril Guérard, Comment je suis devenue touriste et Napoléon voyage de Jean-Philippe Lehoux  et  Princesses de Catherine Léger. L’entrée est gratuite mais il est nécessaire de réserver votre place au 418 545 5011 # 4708 ou directement sur la page Facebook de l’événement. Il faut voir ce que font les étudiants de l'Université!

Vendredi, 22 avril 2016
Théâtre du Palais-Municipal (La Baie), 20h

Diffusion Saguenay présente 50 Shades! La parodie musicale... un mélange entre spectacle d'humour, comédie musicale et théâtre...  se moque abondamment des personnages du livre à succès 50 Shades of Grey par le biais d'un "club de lecture" fréquenté par trois femmes de banlieue qui découvrent le roman érotique. Le texte hilarant ainsi que les chansons franchement irrésistibles en font un spectacle à ne pas manquer! Mais attention, il y a de fortes chances que vous ne voyiez plus Christian Grey de la même façon! N'oubliez pas votre boite de mouchoirs... Vous allez rire à en pleurer! Plus de détails ici.
Vendredi et samedi, 22 et 23 avril 2016
Salle Murdock (Chicoutimi), 20h
PREMIÈRE SEMAINE DE REPRÉSENTATIONS

Le Théâtre du Faux Coffre nous revient avec une nouvelle production, L'Enterrement de Grossomodo! À l'aide d'une quantité impressionnante d'archives, l'intellectuel Diogène revisite les événements troublants de l'été 1995 qui ont failli priver le monde des prouesses du clown noir Grossomodo. Documents inédits, correspondances émouvantes, archives audio, archives vidéo, reconstitutions, entrevues avec des témoins, vulgarisation avec des experts, tout sera mis à profit pour raconter avec justesse et rigueur ce drame terrifiant qui coïncide avec le tout premier rôle au théâtre du révolutionnaire Trac. Un travail journalistique époustouflant. À la tombée du rideau, vous aussi vous direz : c'est incroyable ! Pour réserver, il est possible de le faire par téléphone au 418-698-3000 poste 6561 ou via la page Facebook de l'événement. 

C'est ce que j'ai pu trouver en furetant un peu partout sur les internets! Comme d'habitude, il se peut que j'oublie des trucs... 

samedi 16 avril 2016

«Les farces médiévales» [Carnet de mise en scène]


La farce, au Moyen Âge (principalement entre le XIIe et le XVIe siècle), se développera et définira peu à peu ses grandes caractéristiques qui se retrouveront de l'une à l'autre.

Ces principales caractéristiques (qui se retrouvent dans les trois farces choisies pour la production estivale du Théâtre 100 Masques) sont les suivantes:

  • La forme est fixée: versification octosyllabique, brièveté (entre 200 et 500 vers... à part quelques exceptions comme La farce de Maître Pathelin qui en enligne 1500), peu de personnages.
  • La farce ne se gêne pas pour faire intervenir grossièreté et obscénité... c'est un espace de liberté et de défoulement.
  • Elle est très souvent construite sur une intrigue simple où règne(nt) la tromperie, la ruse, l'équivoque ou la mystification et met en scène des personnages quasi archétypaux: le benêt, le mari cocu, l'épouse rusée, le médecin incapable, le dupeur dupé, la belle-mère acariâtre, etc.
  • Ses personnages sont généralement aux prises avec des préoccupations de base (qui désacralisent le corps): boire, manger, dormir, évacuer (tout ce qui peut sortir du corps!), baiser, faire de l'argent.
  • Du coup, trois grandes thématiques peuvent se dégager: les amours quotidiennes avec tout leurs aléas (chicanes, infidélités, contrôles); la friponnerie et les mauvais tours; la vantardise et la fanfaronnade.
  • Les procédés comiques sont nombreux et font la part belle au jeu de l'acteur, se séparant entre jeux de mots et de langage (quiproquos, surabondance des répétitions) et jeux de scènes (coups de bâtons, acrobaties, mimes).
  • Les farces mettent en scène, outre les personnages, des objets (peu nombreux mais qui acquièrent du coup une importance) qui seront abondamment utilisés.
Derrière ces considérations théorico-littéraires se cache l'élément primordial qui a traversé les siècles: faire rire! Et ça marche!

vendredi 15 avril 2016

La tradition de l'Église sur la comédie & les spectacles

Je continue ici à recenser l'histoire du théâtre du point de vue de l'Église... par intérêt et parce que j'estime qu'il est indispensable de bien saisir ce contexte qui a perduré pendant des siècles (et ici au Québec, jusqu'à tout récemment). 

Voici, tiré d'un Traité de la comédie et des spectacles selon la tradition de l'Église publié en 1669 sous la plume de Armand de Bourbon Conti, quelques canons historiques (dont certains seront observés jusqu'au XIXième siècle!) promulgués lors des premiers conciles qui donneraient sa forme au catholicisme.

Pour une meilleure lecture, j'en réécris les courts textes en français contemporain sous chacune des images.



Si des comédiens veulent embrasser la foi chrétienne, nous ordonnons qu'ils renoncent auparavant à leur exercice; et qu'ensuite ils y soient admis, de sorte qu'ils n'exercent plus leur premier métier. Que s'ils contreviennent à ce décret, qu'ils soient chassés et retranchés de l'Église. 


Il faut défendre aux femmes, et aux filles fidèles, ou catéchumènes, d'épouser des comédiens. Que s'il y en a qui en épousent, qu'elles soient excommuniées. 


Quant aux comédiens, nous ordonnons qu'ils soient excommuniés tant qu'ils feront ce métier. 


Que les personnes infâmes, tels que sont les comédiens, ne soient point reçus à former des accusations.


Les prêtres doivent s'éloigner de tous les objets qui ne font que charmer les oreilles, et surprendre les yeux par des apparences vaines, et pernicieuses, et ils ne doivent pas seulement rejeter et fuir les comédiens, les farces et les lieux déshonnêtes; mais ils doivent encore représenter aux fidèles, l'obligation qu'ils ont de les rejeter et de les fuir. 


jeudi 14 avril 2016

Mort antique


La légende veut que Eschyle, le premier  des grands tragédiens antiques soit mort (en 456 avant Jésus-Christ) d'avoir reçu, sur la tête, une tortue. Juste ça.

Il faut savoir que cette tortue avait été arrachée du sol par un rapace qui voulait la manger. Mais pour y arriver, le volatile devait à tout le moins parvenir à briser la carapace... et le meilleur moyen était de laisser tomber la lente bête sur un caillou... 

Il volait donc en réfléchissant... si tant est que cela se puisse.

Pendant ce temps, dessous lui, était Eschyle. Peut-être écrivait-il une pièce? L'histoire ne le dit pas. Mais elle dit, par contre, qu'il était là, portant le crâne chauve. 

Quiproquo burlesque!

L'oiseau - qui ne brillait pas d'intelligence - confondit la tête de l'auteur avec une roche et desserra les griffes pour libérer la tortue. 

PAF!

Il en était fait d'Eschyle.

La légende ne dit malheureusement pas ce qu'il advint de la tortue... 


mercredi 13 avril 2016

Ah... se maquiller...

Comment se maquiller? C'est souvent une question qui arrive, en production, vers la toute fin, alors que le stress est presque à son comble. Plus de raisons maintenant pour se casser la tête... avec ce petit fascicule de la collection Jeux, Tréteaux et Personnages qui porte le juste titre de Comment se maquiller? et qui fut publié en 1937.

Que de trucs et de conseils! 

Comme sur l'importance du peignoir:

L'acteur, à plus forte raison l'actrice, aura eu soin de se munir d'un peignoir. Il arrive donc au théâtre, se dévêt. Il endosse son peignoir. Car c'est une fâcheuse négligence que de s'asseoir devant sa tablette à maquillage en ayant gardé un vêtement de ville qui sera fatalement sali [...]. Faisons cette autre confidence pour ceux qui aiment vraiment le théâtre, que cet intervalle, cette neutralité, - en ayant dépouillé le vêtement qui vous est personnel, pendant que se prépare, que prend forme le personnages qui  tout à l'heure recevra de son costume un corps - sont bien favorables au recueillement particulier qui doit précéder la création. [...] Négligence encore que de se mettre en costume avant de se maquiller, il aura l'aspect d'un déguisement au retour du carnaval. Ajoutons enfin, en vieux comédiens, que si le théâtre est parfois privé de public, il ne l'est jamais de courant d'air: le peignoir défendra contre  cet ennemi votre voix, et il vous permettra, Mesdemoiselles, de circuler dans les couloirs à la recherche éperdue d'une perruque ou d'un soulier. 

Ou sur ce qu'il faut dans toute bonne trousse qui se respecte:

Vous devez vous approvisionnez de:
fonds de teint;
crayons gras;
crayons secs dermatographes;
rouges à lèvres;
poudre de riz;
fards sec compacts (les femmes);
rimmels;
une grosse houppe en laine;
une houppe de cygne;
une brosse douce à poudre;
une patte de lapin;
des estompes;
du démaquillage;
du crêpé, du vernis (les hommes).

La boîte doit encore contenir:
un chiffon, pour s'en essuyer les doigts qui touchent une couleur après un autre, ou pour s'en démaquiller, à moins que vous ne préfériez le papier à démaquiller ou le coton hydrophile;
une glace à main; certaines ont, si cela vous amuse, un côté grossissant
une lime à ongles;
peigne et brosse à cheveux;
brosse à habit;
du savon et une essuie-main;
un ruban large de deux doigts pour enserrer le front et préserver les cheveux
du blanc gras en bouteille, rosé ou rachel, pour mains et bras (les femmes)

Ou encore, pour tout apprendre sur la Nomenclature des fonds de teints à employer couramment!




mardi 12 avril 2016

«Les Farces médiévales» [Carnet de mise en scène]


Dimanche dernier, nous avons travaillé quelques heures sur La Farce du Pâté et de la Tarte, Très Bonne et Fort Joyeuse à Quatre Personnages. Un premier débroussaillage pour mettre en évidence quelques points afin que les interprètes (et le metteur en scène!) puissent avoir une certaine base pour poursuivre leur cheminement dramaturgique. 

De cet exercice (qui s'est fait et à la table et dans l'aire de jeu), donc, ont émergé des constatations:

Sur la langue
  • La langue de la farce n'est pas à proprement parlé une langue littéraire. C'est plutôt une langue populaire (dans le sens d'issue du peuple), de jargon, de patois, d'accents prononcés, de répliques vives dont les sonorités colorent les différentes expressions. 
  • Même si la versification est présente (ce sont des vers octosyllabiques), elle doit exister sans trop que nous en fassions de cas pour ne pas faire tomber cette oralité nécessaire. C'est un outil rythmique plus qu'une forme.
  • Du coup, pour garder ce côté populaire et pour amplifier les effets comiques inhérents à ce genre théâtral, il faut pouvoir se donner le droit d'intercaler entre les mots du textes des interjections... voire même de brefs commentaires.
Sur les personnages
  • De l'exécution de la pièce sans mise en place, des caractères se sont dessinés: le pâtissier et son épouse qui passent de la suspicion à l’irascibilité; les deux coquins (dont nous faisons un couple) qui derrière leurs bravades cachent des gestes de poltrons. Ces deux couples, malgré les heurts et les sournoiseries, sont fondés sur des ressemblances et une certaine complicité.
Sur le jeu
  • Comme cet espace sera relativement petit (16 pieds de large avec une profondeur de 8 pieds), il faut trouver les moyens de le maximiser et de donner toutes les informations nécessaires à la bonne compréhension de l'intrigue. Ce premier essai donne une certaine méthode d'utilisation de l'espace, mettant à profit les rideaux de fond.
  • Enfin, déjà des éléments de jeux, des effets comiques sont identifiés... et ça promet!
Dimanche prochain, nous nous attaquerons aux deux autres farces pour en explorer aussi les possibilités et avoir en tête les incontournables scéniques à venir.


lundi 11 avril 2016

De la forme et de la tradition

Le pouvoir du théâtre 
devrait être bien plus grand 
qu'il ne l'est dans le monde contemporain 
mais il a délibérément choisi 
de s'émasculer lui-même 
en imitant les façons de faire de ses rivaux.

Cette toute simple assertion qui fustige notamment le théâtre réaliste et l'imitation de la vie (tant dans le jeu que dans la forme esthétique) vient de Howard Barker, dans ses Arguments pour un théâtre. Tout ce bouquin (par ailleurs fort passionnant!) est construit de ce type de coup de poing rhétorique qui plaide pour un retour à la tragédie comme seule forme valable au théâtre. De la forme et de la tradition!

dimanche 10 avril 2016

Semaine théâtrale - 10 au 16 avril 2016


C'est une petite semaine qui s'en vient... avec, officiellement, qu'une offre venue de Roberval! C'est donc le temps d'en profiter!

Jeudi à samedi, 14 au 16 avril 2016
Salle Lionel-Villeneuve (Roverbal), 20h
TROISIÈME SEMAINE DE REPRÉSENTATIONS

Le Théâtre Mic Mac présente sa grande production annuelle, Les Manuscrits du déluge... une pièce de Michel-Marc Bouchard mise en scène d'Émilie Gilbert-Gagnon. Voici ce qu'en on dit Hélène Gagnon de L'Étoile du LacLouis Potvindu Progrès-Dimanche et moi... ici-même! Plus de détails sur le site web de la troupe.

samedi 9 avril 2016

[Carnet de mise en scène] Les farces médiévales


Demain, nous entreprenons le début des répétitions pour la production estivale 2016 du Théâtre 100 Masques, qui se tiendra à la Pulperie de Chicoutimi, du 5 juillet au 24 août, tous les mardis et mercredis (pour 16 représentations). 

Pour jouer ce trio de farces médiévales (La farce du pâté et de la tarte, La farce du cuvier et La farce du pet) qui demandera engagement, inventivité et abnégation de l'amour-propre (!), j'ai fait appel à une distribution plus qu'expérimentée. Des comédiens de grand talent. Drôles. Qui sauront assurément composer avec ces personnages déjantés, nourris à même les rires du peuple du XVième siècle, qui ne reculent devant aucune grossièreté, aucune obscénité. 

En voici une courte présentation (les photographies, qui serviront à la promotion de la production, ont été prises par Patrick Simard... les costumes ayant été prêtés par le Théâtre La Rubrique):


Mélanie Potvin... Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai travaillé avec elle sur des productions estivales et/ou sur des productions de Noël, profitant à maintes reprises de la plasticité (!) de son visage et de son corps! C'est, en quelques sortes, la comique fétiche de la compagnie. 


Sophie Larouche...  C'est l'une des trois fondatrices du Théâtre 100 Masques (pour qui elle donne toujours de la formation). Si j'ai travaillé beaucoup avec elle, je l'ai rarement dirigée. C'est une comédienne redoutable qui n'a peur de rien. Elle a déjà montré son savoir-faire, notamment avec Les Têtes Heureuses, tant dans le drame que la comédie.


Eric Chalifour... J'ai peu travaillé avec lui (qui est aussi metteur en scène) à venir jusqu'à maintenant sinon avec le Théâtre CRI une fois et l'an passé, pour Le Revizor. Ce n'est pas à proprement parlé une découverte parce que je l'ai vu joué ailleurs à de nombreuses reprises... mais c'est un immense plaisir que de pouvoir compter sur son expérience pour ces farces!


Gervais Arcand... De toute cette distribution, c'est le second avec lequel j'ai le plus collaboré (souvent comme comédien mais aussi comme concepteur d'éclairages) ! À Roberval, au Théâtre Mic Mac. C'est un comédien solide, impliqué, qui fait preuve d'une grande aisance en scène. Une autre valeur sûre.

C'est donc avec eux que le Théâtre 100 Masques (et moi, en l’occurrence!) se lancera dans l'exploration de ces textes férocement comiques, vieux de quelques centaines d'années, qui laissent, chacun à leur façon, une large part au génie de l'acteur!