dimanche 22 mai 2016

Rien de plus ignoble qu'un comédien...!

En ce jour dominical, voici un «nouveau» chapitre de ce combat féroce contre le théâtre mené par l'Église... Il s'agit, cette fois, de l'opinion d'un farouche prédicateur, Bertrand de la Tour (au XVIIIième siècle) à propore de l'ignoble métier de comédien... après une petite introduction à l'ouvrage (Réflexions sur le théâtre... de près de 1500 pages!), retraçant l'origine du théâtre:


Mais c'est surtout l'extrait suivant que j'aime bien... et qui concerne un métier honni et dépravé: celui de comédien (et pire encore, selon l'homme d'église, celui de comédienne)!



Puis, un peu plus loin, il revient à la charge!

Au théâtre, cette semaine! (du 22 au 28 mai 2016)


Vendredi, 27 mai 2016
Bibliothèque Georges-Henri Lévesque (Roberval), 17h

Le Théâtre Mic Mac poursuit les festivités de son cinquantième anniversaire et lance un livre sur son histoire, Le Mic Mac en scéne, 1,2,3... théâtre! de Francine Joncas.

samedi 21 mai 2016

Le théâtre: un art d'aujourd'hui!

Phénix par Friedrich Justin Bertuch, 1790-1830

Par nature,
et même s'il est très ancien,
le théâtre est toujours un art de la modernité.
Le phénix
qu'il faut sans cesse faire renaître.

Cette sentence - par ailleurs très belle! - vient du grand Peter Brook et donne ici l'un des plus importants fondements du théâtre: son éternelle contemporanéité... due à son caractère éphémère qui se joue ici, maintenant, devant un public d'aujourd'hui. 

Le théâtre ne se fait pas au passé... il en reste des traces - peut-être... - mais n'a plus de véritable existence lorsque les comédiens quittent la scène.

vendredi 20 mai 2016

La censure n'est pas l'apanage que du merveilleux monde de l'humour...


Après la semaine dernière où la liberté d'expression et la censure étaient partout, dans tous les médias, le sujet numéro un, j'ai pensé chercher un autre exemple de la censure au théâtre... autre que l'histoire des Fées ont soif de 1978... 

En reculant un peu plus loin dans le temps, je me suis retrouvé devant cette histoire (relatée ici par Michel Vaïs - qui était de l'aventure tout comme ses compagnons Robert Toupin, Claude Maher et Carole Laure - dans le second numéro de Jeu: revue de théâtre qu'on peut lire en entier ici) de la disparition de l'une des grandes troupes semi-professionnelles de l'époque, Les Saltimbanques, à cause d'un spectacle: Équation pour un homme actuel de Pierre Moretti.

[...] La Justice a, hélas, causé plus de tort aux Saltimbanques que les 35 pompiers et les bons pères réunis, à l'occasion d'Equation pour un homme actuel, mieux connue sous le nom de l'«affaire» des Saltimbanques. Sans vouloir accorder trop d'importance à cette pièce et aux péripéties judiciaires qu'elle a suscitées, il convient de rappeler brièvement les faits. 

Le ministère des Affaires culturelles a proposé à la troupe une subvention de $1250 (somme inespérée à l'époque) pour monter un spectacle original au Festival des Jeunes Compagnies qui devait se tenir au pavillon de la Jeunesse de l'Expo 67, au mois de septembre. On nous a demandé pour l'occasion d'être fidèles à nos conceptions du théâtre, c'est-à-dire de présenter quelque chose «d'avant-garde». [...] 

Le texte-prétexte résulta d'une collaboration insolite entre un décorateur [Pierre Moretti] et... un ordinateur. Pierre Moretti, qui cherchait depuis longtemps déjà un texte susceptible de servir un spectacle surtout visuel et sonore, a fini par s'entendre avec l'ordinateur électronique CDC-3400 du Centre de calcul de l'Université de Montréal, dirigé par M. Jean Baudot. 8000 mots, choisis dans les vocabulaires de la science, de la technologie, de la médecine, de l'amour, de la guerre, etc. , ont été fournis à la machine en même temps qu'une syntaxe primaire, et celle-ci a recraché des centaines de phrases plus étonnantes les unes que les autres [...]  Naturellement, les phrases ont été triées par Moretti, certaines ont été rejetées, et les autres, groupées selon leur composition lexicale et leur «sens», ou leur pouvoir de suggestion, sous 16 différents thèmes susceptibles de composer une fresque de l'évolution et de la situation de l'homme sur la planète. 

La création du monde à partir des éléments en fusion, l'affrontement des forces positives et négatives, les possibilités de la technologie, l'amour et l'érotisme, l'absurdité, la peur, la mort, les guerres, les maladies, la famine, le rêve, l'espoir, les mutations de l'espèce et les prophéties étaient autant de thèmes évoqués par des sortes de ballets ou de chorégraphies exécutés la plupart du temps sur de la musique électronique. L'aspect visuel du spectacle avait une importance capitale. Aussi, le décorateur a cherché à créer des effets originaux à partir de projections de films et de diapositives dirigées sur les comédiens qui portaient des collants ou des jeans blancs et avaient le corps couvert de maquillage argent. 

[...]

Équation pour un homme actuel a été présentée pour la première fois, le 4 septembre 1967, au Festival des Jeunes Compagnies. Puis, devant le succès de la soirée et à la demande des autorités du pavillon de la Jeunesse, la pièce fut jouée six fois, en reprise, la semaine suivante. 

Le soir de la dernière représentation, devant une salle bondée de journalistes, d'artistes, d'intellectuels québécois, russes, tchèques, du «tout Montréal» de l'Expo 67, l'inénarrable escouade de la moralité de la Police de Montréal est intervenue à la fin du neuvième tableau (Érotomanies) pour cueillir à leur sortie de scène les neuf comédiens qui y avaient participé. 

Séquestration dans les loges, photos de face et de profil en costume de scène, puis, promenade en panier à salade jusqu'au poste de police; là, visite médicale avec examen gynécologique et prise de sang, etc.  Pendant ce temps, les trois comédiens restés sur scène, désorientés, n'ayant aucune idée des motifs de cette razzia, ont dû expliquer aux spectateurs médusés, incrédules, que le spectacle était interrompu faute de combattants. Certains spectateurs, dont Paul Buissonneau, ont cru à un gag pour annoncer l'entracte! 

Après une nuit blanche, toute la troupe était présente à la Cour municipale le lendemain matin pour entendre l'incroyable accusation: spectacle indécent. Ce qui avait apparemment beaucoup choqué... certaines personnes, c'est l'effet produit dans Érotomanies par le texte (fabriqué par une machine, répétons-le), la bande sonore (provenant des soupirs de Kathy Berberian sur le disque Visages de Luciano Berio) et les gestes des acteurs. Vus de la salle, ceux-ci avaient tantôt l'air de robots du XXIième siècle, tantôt de danseurs de la troupe de Béjart, aux gestes stylisés, très solennels, comme des prêtres oniriques participant à un lent rituel dont ils avaient le secret. Naturellement, ce tableau était dans notre esprit absolument indissociable du spectacle entier, et nous n'y avions jamais, au cours des répétitions, prêté l'attention démesurée qu'il devait retenir par la suite. Nous chercherions encore en vain aujourd'hui la moindre trace de séduction dans l'esprit des participants. 

Toujours est-il que, malgré la brochette impressionnante de témoins de la défense (mentionnons, entre autres, Françoise Loranger, Paul Buissonneau, Jacques Languirand, Martial Dassylva, Reginald Hamel,...), Les Saltimbanques ont perdu ce procès et la pièce de l'ordinateur CDC-3400 a été immédiatement frappée d'interdiction dans tout le Canada. Entre la fin du procès et le jugement, Équation a été jouée deux fois (la même soirée) à l'occasion du carnaval des étudiants de l'Université de Montréal et durant un mois au bâteau-théâtre de l'Escale — toujours donc, en-dehors des limites de la ville de Montréal. 

Ces représentations étaient pour la troupe une pure question de survie car les dettes (loyers, transformations du local, procès) s'étaient accumulées, malgré les sommes recueillies par un «Comité pour la défense des neuf», auquel Gratien Gélinas, notamment, avait offert $500 soit le montant du prix Victor-Morin qu'il avait obtenu. Toujours est-il que les Saltimbanques finiront par gagner leur procès en deuxième instance, c'est-à-dire en Cour supérieure, un an plus tard. Mais nonobstant la conclusion défavorable du premier procès (condamnation à des amendes ou à un séjour en prison pour les neuf comédiens), toute la troupe devait s'embarquer pour la France quelques jours plus tard, en avril 1968, pour représenter officiellement le Québec au Festival mondial du théâtre de Nancy, grâce à une subvention spéciale de $20000 du ministère des Affaires culturelles, en présentant Equation, pièce interdite dans tout le Canada, d'un océan à l'autre! 

Il fallait voir, à Nancy, l'incrédulité des festivaliers quand on les assurait que rien n'avait été retranché du spectacle, ni allusion politique ni scène d'orgie, et que c'était CELA, et rien d'autre, qui avait motivé l'intervention policière! [..­.] De retour au Québec, tout le monde était vidé, miné. Nous étions en mai 1968... Abandonné depuis près d'un an, notre local dans le Vieux-Montréal a dû être évacué en catastrophe. La troupe s'est trouvée réduite par la désaffection de certains membres qui avaient particulièrement souffert du procès (perte d'emploi, moqueries, insinuations). 

Malheureusement pour nous, il n'existe pas beaucoup de documents visuels en ligne... sinon quelques photographies utilisées dans les articles...

La Presse, 26 septembre 1967:


Le Nouvelliste, 3 octobre 1967:


jeudi 19 mai 2016

Trio de farces médiévales [Carnet de mise en scène]



J'aurais très bien pu titrer ce billet Le vent de la discorde... car c'est bien ce dont il s'agira aujourd'hui alors que nous nous attaquerons à la troisième de nos pièces médiévales, la Farce nouvelle et fort joyeuse du pet (elle aussi écrite dans la première moitié du XVième siècle).

Alors qu'un couple - Hubert et sa femme - s'acharne, dans un grand effort, à déplacer un ballot, un pet se fait entendre et empuantit la maison. Il n'en faut pas plus pour que le ménage vacille. Heureusement, coïncidence!, passe par là un avocat en quête d'une cause. Dès lors que le procès est instruit, le vent devient tempête. 

Comme le disait Michel Rousse, éminent spécialiste du théâtre du Moyen Âge, il n'est pas question de faire oeuvre d'art, mais de donner lieu à un rire profanateur. 

Ce texte n'est pas très long avec environ 300 vers (bien que notre version s'appuie sur une transcription en français moderne qui ne s'est pas trop préoccupée de cette caractéristique) et est une bonne illustration du ton commun aux farces de l'époque, un ton licencieux, malicieux, vaguement obscène, axé sur le bas du corps... de ce bas du corps qui, loin d'être sacralisé, est profondément charnel et utilitaire... dans tous les sens du terme.

Car le ressort comique de cette pièce réside en ce fait précis que, de l'objet de litige, on en vient rapidement à des considérations sexuelles. Et c'est comme ça que derrière les circonvolutions odoriférantes de ces discours surgissent de grandes vérités conjugales... beaucoup trop grandes pour les personnages! Qu'en sera-t-il pour les spectateurs?
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Par ailleurs... et pour rester dans le même thème... voici un petit article paru il y a quelques semaines dans différents médias un peu partout dans le monde, Péter chez autrui, est-ce un délit? qui prouve bien, encore une fois, que plus ça change...

mercredi 18 mai 2016

De la présence... encore...

Je sais, j'en ai déjà parlé à un moment ou à un autre... mais il faut y revenir souvent tant le concept n'est pas facile à cerner et ne se laisse pas définir avec aisance! 

Car oui. L'un des éléments essentiels du jeu de l'acteur - et peut-être aussi le plus ésotérique! - devrait être la présence qui provoque, chez le spectateur, une forte impression! Mais c'est là jouer avec un concept abstrait... bien que parfois, de la salle, quand on regarde vers la scène, le tout semble concret. Concept abstrait car comment expliquer à un acteur que sa présence est bonne? Ou pire encore, qu'elle est absente ou déficiente? 

Qu'est-ce que la présence? 

Josette Féral a réalisé, dans les années 90-2000, une série d'entretiens avec les plus grands metteurs en scène actuels, tant québécois qu'européens publiés, chez Lansmann, sous le titre Mise en scène et Jeu de l'acteur. Dans le second tome, consacré au corps en scène, elle a posé la question à chacun de ceux-ci... et les réponses se coupent et se recoupent, posent les jalons d'une réponse terre-à-terre, technique... alors que d'autres partent sur des élucubrations d'ordre spirituelles.


Parmi celles-ci, j'aime bien celle de Jacques Lassalle, un metteur en scène français:

Est présent l'acteur qui, sans qu'il le sache, impose son propre rythme cardiaque, son propre rythme respiratoire aux spectateurs. [...] C'est l'acteur auquel on s'abandonne et c'est en même temps l'acteur qui vous donne les moyens de vous reprendre et de vous tenir à distance. C'est une dialectique très serrée. Si on n'est que distance au théâtre, si on n'est que retrait, il ne se passe rien.

Et il continue avec un passage que je trouve parlant (façon de parler!) sur la complétude de la présence, sur ce qu'on cherche, tant comme metteur en scène que comme comédien:

La présence, techniquement, c'est cette espèce d'extraordinaire adhésion, coïncidence d'un corps, d'une geste, d'un déplacement et d'un dire avec l'espace et le temps de la représentation. 

Quoiqu'il en soit, cette présence reste fuyante et c'est quelque chose d'éminemment fragile:

Très franchement, je crois que c'est un don. Cela peut se développer, mais il ne faut pas que cela se sache. Un acteur conscient de sa séduction, du pouvoir qu'il exerce, est un acteur déjà considérablement altéré. L'important est qu'il ne le sache pas trop, car la présence dont nous parlons, c'est aussi l'innocence, c'est une enfance préservée. C'est l'art d'être ce que je ne sais pas que je suis, [...]. La stratégie de séduction consciente, chez l'acteur, mène souvent à la pire des impasses.


mardi 17 mai 2016

Opinion sur le théâtre expérimental... en 1971!



Le théâtre expérimental, dit living theater, théâtre de la rue ou encore théâtre de contestation, manifeste quelques signes de fatigue. Il ne semble pas avoir réussi à résoudre ses principaux dilemmes: être une tribune d'idées sans provoquer l'ennui, annoncer un théâtre nouveau quand il n' y a plus de texte, plus de jeu, plus de situations, donc absence de tout ce qui constitue le théâtre. Le spectacle cinétique ne remplace pas le théâtre en utilisant la lumière, la projection d'images, de films, la musique, le mouvement, etc., il ne peut être confondu avec le théâtre qui est affaire de langage et d'interprétation.

Le simple théâtre de divertissement a repris ses droits en 1971. Avec quelques grandes reprises classiques, il a réussi à ramener au théâtre un public qui le boudait, en utilisant au maximum ses ressources créatrices et techniques. 

Il s'agit là de la prémisse d'un article (d'une dame nommée Andrée Paradis) consacré au théâtre dans l'édition 1972 du Livre de l'année publié chez Grolier. 

C'était pourtant la grande époque du théâtre de performance, du théâtre engagé, de la création collective, du développement fulgurant de la technique. Le théâtre était un art de combat.

À sa lecture, il semble bien que la fracture (réelle ou non) entre le théâtre plus expérimental et le théâtre plus traditionnel ne date pas d'hier... 

lundi 16 mai 2016

Moment de réflexion...


ce que nous appelons personnage
la plupart du temps
c'est la façon dont une subjectivité
s'inscrit dans le monde

Ce billet n'est pas long, je l'accorde... mais c'est pour laisser toute la place à cette citation (qui demande une bonne réflexion!) extraite de Dramaturgies de plateau de Anne-Françoise Benhamou (publié en 2012 chez les éditions Solitaires intempestifs).

dimanche 15 mai 2016

Au théâtre, cette semaine! (du 15 au 21 mai 2016)


J'ai trouvé bien peu de choses à caractère théâtral cette semaine... encore une fois, ce n'est pas qu'il ne se passe rien mais bien que c'est plutôt en salle de répétition et/ou en administration que le travail se fait. Toujours est-il que cette semaine, il n'y a que:

Samedi, 21 mai 2016
Vieux Théâtre (La Baie), à compter de 17h 

Le Centre Alpha de La Baie et du Bas-Saguenay présente Simonac!, une création collective, comme activité bénéfice (il s'agit en fait d'un souper-spectacle... la représentation étant prévue pour 19h30).  Cette pièce réunit 5 personnages autour du dépanneur de Harry. Rien ne les présageait à leur rencontre hebdomadaire banale au dépanneur du coin, mais finalement tous seront reliés. Simonac! est une pièce drôle, dramatique et intrigante qui traite des préjugés sociaux, des classes sociales et de l’analphabétisme. 

samedi 14 mai 2016

Les Pageants: l'histoire mise en scène


L'une de ces avenues trop longtemps laissée dans l'oubli est le pageant, communément appelé pageant historique. Fort apparentée à la fête et à l'esprit du carnaval ou du festival, cette forme de spectacle à grand déploiement apparaît offrir tous les signes distinctifs d'une théâtralité totale. Pourtant, bien qu'elle ait connu une grande vogue au Québec, elle a peu attiré l'attention des chercheurs intéressés à la théâtralisation de l'histoire.


Cette citation provient d'un article (Le phénomène des pageants au Québec, qu'on peut lire ici), publié sur internet, par Rémi Tourangeau, auteur-chercheur qui y définit l'origine du pageant et dresse d'intéressants liens avec les mystères médiévaux. 

C'est le même auteur qui publie, dans le trente-cinquième numéro de Cap-aux-diamants, la revue d'histoire du Québec, l'article dont j'emprunte le titre pour coiffer ce billet. 

Évidemment, comme le titre l'indique encore, il y sera question de ce genre théâtral à grand déploiement, particulièrement en vogue entre les années 30 et 60, qui raconte, en une immense fresque, des pans entiers de l'histoire.

Ici, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, le pageant tel qu'on l'entend peut trouver écho, d'une certaine façon, dans La Fabuleuse histoire du Royaume... mais c'est faire abstraction d'un autre événement marquant de l'histoire culturel cinquante ans plus tôt: celui organisé en 1938, toujours à La Baie, pour marquer les célébration du centenaire de la région. 


Et Tourangeau en parlera dans son article Les pageants: l'histoire mise en scène (ici). Ainsi que le fera cet autre article publié l'an dernier. Par ailleurs, pour les visuels, de nombreuses autres photos témoignent du caractère grandiose de l'entreprise (notamment l'installation scénique!) dans la photothèque de la Société Historique du Saguenay (ici).

vendredi 13 mai 2016

Retour en 1985...

J'aime bien retourner dans le passé pour voir comment le théâtre s'est développé au fil des années... que ce soit l'histoire du théâtre universel ou celle du Québec... ou encore celle, plus locale, du Saguenay-Lac-Saint-Jean dont nous faisons partie. 

Bien que ce soit un peu cliché comme slogan, c'est un devoir de mémoire.

À la suite des recherches et des lectures, il est intéressant de voir les liens se tisser entre les différents artisans, entre les différentes compagnies. De voir l'évolution des différents enjeux, entre les naissances et la mort des compagnies, l'arrivée en scène du Module des arts de l'UQAC et la professionnalisation. 

À ce titre, voici, en lien, un article écrit par Hélène Bergeron, Le Saguenay-Lac-Saint-Jean: entre l'essoufflement et la persévérance (qu'on peut lire ici). 

L'intérêt de celui-ci est multiple.

D'abord, il a été publié en 1985 (il y a donc 31 ans!) dans le trente-sixième numéro de Jeu: revue de théâtre et trace le contour de l'écologie théâtrale - somme toute effervescente! - de l'époque. Du coup, dans  le corps du texte et la (seule) note de bas de page, il y va d'une nomenclature de compagnies importantes aujourd'hui disparue. Enfin, il évoque aussi les tiraillements - de tous ordres - d'un milieu en construction. 

Comme le souligne aussi un autre cliché, connaître le passé permet de faire comprendre le présent... 

Sur certains points, notamment quand il est question de cette vitalité qui peine pourtant à survivre, nous pourrions croire que ce texte ne date que de quelques semaines, quelques mois, quelques années... Alors, essoufflement ou persévérance?

(Bientôt, à partir d'articles de journaux, je ferai un billet sur l'arrivée du CALQ et des conséquences sur les différentes organisations.)

mercredi 11 mai 2016

Se montrer...

J'aime particulièrement un article (Le théâtre ou l'exhibition du monstre) publié par Bénédicte Boisson dans le trente-septième numéro de l'Annuaire Théâtral. Un passage que je trouve franchement inspirant. Un passage qui ouvre passablement sur la dimension corporelle de la scène et qui pousse à la réflexion.

Étrangement, il semble que je n'y ai fait référence qu'une seule fois sans jamais vraiment y revenir... alors voici cet extrait:

Le corps des comédiens apparaissent en scène et ce lieu, parce qu'il est exposé aux regards et qu'il est le lieu de la représentation, leur confère un statut particulier. La scène peut être en effet considérée comme un lieu monstrueux par essence, c'est-à-dire comme un lieu d'exhibition où «ceux qui viennent dire ces mots et qui se montrent (montrare en latin)» pour les dire quittent forcément le régime de la normalité.

[...] Pour l'acteur, il ne s'agit pas alors de jouer mais d'être en scène, de vivre la contrainte de la scène et de s'exhiber.

[...] Le théâtre est un lieu d'exhibition et plus il exploite cette réalité, plus il a de chances de proposer aux spectateurs une véritable expérience.

Ce petit passage revient à une autre assertion théorique de Castelluci qui me plaît bien parce qu'elle opère un beau changement de paradigme... et dont j'ai aussi sûrement parlé quelque par sur ce blogue: le théâtre n'est plus ce lieu d'où l'on regarde mais bien lieu d'où l'on montre...