Voici une petite sélection de théâtres de papier, destinés à amuser les enfants, glanés ici et là sur le web... parce que je les trouve magnifiques!
lundi 17 août 2020
dimanche 16 août 2020
Mise au point sur la création collective
Le travail collectif n'est pas la censure collective. Quand on discute d'une idée, il faut éviter qu'elle soit combattue par trois ou quatre avant même d'être totalement exprimée. Cela, nous avons appris à ne pas le faire. On essaie les idées les plus folles de certains. On ne les écrase jamais dans l'oeuf.
Ensuite, il faut laisser avancer ceux qui avancent, c'est-à-dire laisser apparaître les éclaireurs, ceux que j'appelle les «locomotives». Le travail collectif est tout sauf un travail égalitariste. Il y a ceux qui mènent, qui inventent, à tous points de vue, et ceux qui sont moins expérimentés, ou moins en forme, et qui suivent, mais qui sont aussi indispensables.
[...] Du coup, l'émulation s'accroît, et l'exigence. Il s'agit pour chacun de placer chaque jour la barre plus haut.
Chacun apporte ce qu'il est capable d'apporter. Le beaucoup de certains, et le petit peu des autres.
C'est là une mise au point essentielle, d'Ariane Mnouchkine (dans le bouquin dont je parlais hier) sur ce qu'est, un véritable fonctionnement d'une création collective. Je trouve intéressant sa distinction entre collectif et égalitariste, sa vision du collectif porté par des leaders, sans renier l'apport de chacun des participants.
samedi 15 août 2020
Le bobo ou la peste
Parmi les grands metteurs en scène toujours de ce monde, il y a l'incontournable Ariane Mnouchkine et son Théâtre du Soleil qui est installé, depuis des années, à La Cartoucherie, une ancienne usine d'armement, à Paris. Une grande artiste... et pourtant, je connais assez peu sa démarche, son travail. D'où l'achat d'un bouquin, L'art du présent, publié en 2005 et réédité (et augmenté) en 2016, qui présente une série d'entretiens entre elle et Fabienne Pascaud.
Le Soleil est une troupe au sens premier du terme: une communauté de créateurs, tous égaux, qui vivent pratiquement ensemble. Et c'est ce qui rend cette aventure encore plus intéressante.
Voici ce qu'elle dit (p.14), d'ailleurs, sur cette vie de troupe:
Même quand tout va bien dans une vie de troupe, il y en a toujours un pour qui ça ne va pas. Celui-là, il faut l'écouter, et, en même temps, éviter qu'il n'impose son humeur. Quelques fois c'est juste un bobo, quelques fois c'est la peste. Il faut bien faire la différence entre bobo et peste. Quand j'étais plus jeune, je prenais l'un pour l'autre. Or, un bobo se guérit avec une parole. La peste, il faut couper! [Et quand s'aperçoit-on que c'est la peste?] Trop tard, en général.
C'est tellement vrai. Parce que l'humain - avec ses forces et ses faiblesses - reste le matériel fondamental du théâtre.
Le commentaire de Mnouchkine vaut (et se vérifie!) pour les troupes, oui... mais aussi pour chaque équipe, chaque distribution rassemblée pour une production.
Nous avons tous vécu de ces expériences de tracas passagers, qui minent, à plus ou moins grande échelle, le travail: retards, tensions, problèmes monétaires, problèmes de santé, irritants conjugaux. Ça peut jeter un froid sur la répétition mais ça finit par se résorber le jour même ou la répétition suivante.
Puis il y a de ces moments (plus rares, mais plus épuisants) qui deviennent des crises, des guerres froides, qui peuvent aller jusqu'à mettre en péril le projet en cours (et c'est pourquoi il faut agir): rancoeurs tenaces, tensions profondes, jalousies, égocentrisme, rejets radical de la proposition principale, remise en cause majeure, insouciance et indifférence... Cette dernière catégorie de problèmes est bien sûr la pire, parce qu'elle prend racine au coeur du groupe, s'étend et s'incruste, envahit l'atmosphère... et peut aboutir à une formidable explosion, un départ ou un renvoi de l'un des artistes, voire l'annulation pure et simple du spectacle. Et entretemps, que d'énergies déployées ailleurs que dans un but commun!
Et ça ramène, du coup, à deux des principales fonctions du chef de troupe ou du metteur en scène (ou du directeur artistique): faire preuve de psychologie pour préserver l'efficacité (et l'ambiance créatrice) du groupe.
Je sens que je vais bien aimer Mnouchkine!
jeudi 13 août 2020
R.I.P. Michel Dumont
Originaire de la région, il a fait ses débuts sur scène avec Ghislain Bouchard (une collaboration qui dura longtemps), au sein de La Marmite avec un très grand succès... comme le relate cet extrait d'un article paru le 24 mars 1966 dans La Presse:
Avant que de ne prendre le large vers la grand'ville où il fit carrière.
À la télé. Sur la scène. Partout. Avec sa prestance et sa voix grave.
Cette voix qu'il a prêté, en 1988 - et pour de nombreuses années (est-ce encore la sienne aujourd'hui?) à l'Esprit du Fjord de La Fabuleuse histoire d'un Royaume.
Puis il s'est impliqué pendant des années, à titre de directeur artistique, chez Duceppe.
Et il a encore joué. À la télé. Sur la scène. Partout.
C'est une grande perte pour le milieu artistique du Québec et, par conséquent, pour le nôtre.
Comme une mémoire théâtrale qui tout doucement s'efface.
mercredi 12 août 2020
Une autre semonce apostolique
Parmi les grands personnages (anti-)théâtraux de notre histoire québécoise, il y a, bien sûr, Monseigneur Paul Bruchési, le virulent archevêque de Montréal pendant une quarantaine d'années (de 1897 à 1939).
Sous la cape et la soutane se cache un adversaire acharné de la scène, des comédiens, des pièces et de l'immoralité du théâtre en général, décriée sur tous les tons. La vertu de l'époque était, semble-t-il, bien faible... Mais Bruchési veille! Au point, d'ailleurs, de devenir un incontournable sur ce blogue (le petit florilège de ses apparitions ici) comme ses distingués confrères - Mgr Bourget et Mgr Bégin - qui n'ont, d'autre part, rien à lui envier.
Voici donc que le journal La Croix, en ce 9 décembre 1905, relate un autre de ces anathèmes théâtraux dont les journaux d'alors se font souvent messagers. La même rhétorique qu'habituellement: grandiloquence, mise en garde, déception, railleries, menace, attaque, chantage, supplication...
Cette petite histoire de l'Église contre le théâtre est fascinante parce que terriblement paradoxale.
Si l'Église se pose plus souvent qu'autrement (comme ici) en juge féroce de l'art dramatique, elle semble oublier que c'est aussi grâce à elle que cet art qu'elle voue aux gémonies a pu survivre ici ... et refuse sans doute de voir l'avenir alors que de ses rangs sortira le réformateur tant attendu: le père Émile Legault et ses Compagnons de Saint-Laurent...
mardi 11 août 2020
Contre la censure...
Le journal Les Vrais Débats (dont la devise était, par ailleurs, Ni vendu ni à vendre à aucune faction politique) y allait, en ce 14 octobre 1900, d'un rare plaidoyer (public) contre la censure théâtrale:
lundi 10 août 2020
Âme sensible ou petite nature?
Au tournant du vingtième siècle, les âmes étaient peut-être un peu plus sensibles qu'aujourd'hui... en témoigne ces deux petits entrefilets publiés dans le journal Les Débats, en ce 8 juillet 1900:
Par café concert, il faut attendre ici cabaret... et ceux-ci pullulaient à cette époque!
dimanche 9 août 2020
Deus ex machina
samedi 8 août 2020
Que nous reste-t-il du théâtre de la Grèce antique?

jeudi 6 août 2020
Une anecdote piquante!
jeudi 30 juillet 2020
Une mauvaise perception du théâtre antique?
mardi 28 juillet 2020
Les grandes années du mélodrames
- La Grâce de Dieu ou la nouvelle Fanchon d'Adolphe D'Ennenry/Gustave Lemoine
- Marie-Jeanne ou la femme du peuple du même D'Ennery (l'un des dramaturges les plus joués à l'époque)
- Le casseur de pierres ou le Dévouement d'une mère de Charles Deslys
- La Servante maîtresse ou les Meurtriers de Val-Sozon
- Fatenville de Félix-Gabriel Marchand (qui sera premier ministre du Québec au tournant du siècle)
- La Mère sans enfants d'Adolphe Belot
- Le Fils de l'aveugle
- Les deux aveugles
- Jean le charretier ou le Chapelet de la roche grise
- Une femme qui se jette par la fenêtre d'Eugène Scribe
- La Dame aux jambes d'azur ou le Mélodrame accidenté
- Bruno le fileur ou L'Honnête forban
- Les deux orphelines
- Le Médecin des enfants
- Rose Michel ou la justice des hommes
- Les deux serruriers
- Les Prussiers en Lorraine de Gustave Lemoine
- Le Château des sept tours ou le Puits de sang
- Les crochets du père Martin d'Eugène Cormon(l'une des pièces les plus jouées)
- Le Pacte de famine ou le Défenseur du peuple
- Vincent de Paul ou les Orphelins du pont Notre-Dame
- Trente ans ou la Vie d'un joueur
- La Malédiction ou l'Enfant maudit
- L'Expiation
- Le Forgeron de Chateaudun
- Le sonneur de cloches de Saint-Paul de Joseph Bouchardy
- Roman d'un jeune homme pauvre d'Octave Feuillet
- Les Deux forçats de la meurtrière du Puy-de-Dôme
- Les Faussaires de Londres d'Eugène Cormon
- Les piastres rouges (l'une des plus fréquemment reprises)
- et bien sûr, Le Maître de Forges de Georges Ohnet (également reprise un nombre impressionnant de fois)




























