mercredi 2 février 2011

Corpus


Pour poursuivre le billet d'hier...

Le corpus dramatique qui sera utilisé pendant ces trois ans de recherche avec une troupe permanente se composera, idéalement (après avoir pris des ententes avec les éditeurs/auteurs), de trois textes contemporains parmi:

Moitié-moitié de Daniel Keane (créé en 2002... et en 2003 en français)
Gertrude d'Howard Barker
Suite 1/Suite 2/Suite 3 de Philippe Minyana (créé en 2002)
Music-hall de Jean-Luc Lagarce (le plus ancien...)
Je suis sang de Jan Fabre (créé en 2001)

Il n'y aura pas de représentations complètes... mais plutôt une série de démonstrations à partir d'extraits choisis. Du moins, pour la recherche...

Pourquoi ces textes? D'une part, parce que je les connais très bien... et que je les lis depuis déjà quelques années... D'autre part, parce qu'ils me semblent bien représentatifs de plusieurs courants dans l'écriture contemporaine... Et enfin, parce qu'ils me plaisent terriblement.

mardi 1 février 2011

Recherche comédiens

Mes recherches doctorales (à l'Université Laval) passent maintenant à une autre étape plus concrète: la recherche-création. Un projet d'envergure (sur trois ans) ayant pour thème: Le néo-maniérisme meyerholdien : redéfinition d’une vision des écritures scéniques actuelles dans une réactualisation des écrits de Meyerhold.

Pour mener celui-ci à bien, je compte me constituer une troupe permanente de trois ou quatre comédiens. Les participants seront choisis en fonction de leurs connaissances de base en théâtre, de leur expérience personnelle à titre de comédiens ou de concepteurs et surtout en raison de leur intérêt marqué pour la recherche intensive. Cette troupe aura à créer trois spectacles (enfin, trois démonstrations) en trois ans, chacun échelonné sur un an.

À chaque année, une première ébauche sera présentée au Saguenay en mi-parcours, suivie d'un colloque, ou d'une conférence artistique, ou d’un forum (la forme restant à définir). Par la suite, il y aura un retour en salle de répétitions pour aboutir à une présentation finale à Québec (fort probablement au LANTISS). Ces démonstrations seront par la suite retravaillés sporadiquement jusqu'à la soutenance finale quelque part en 2013-2014. Le sujet de ma recherche est la définition d’un néo-maniérisme meyerholdien (à partir de deux notions controversées: théâtralité et performativité) pour la mise en scène de l'écriture actuelle. Le premier projet se penchera principalement sur le rapport au texte ; le second, sur le rapport au corps ; le troisième, sur le rapport à la scène.

Si le projet intéresse, on peut me joindre par courriel. Le travail débutera (dès la constitution de la troupe) par une mise à niveau des connaissances. Comme il s'agit d'un vaste projet académique, il n'y a pas de cachet rattaché (du moins tant qu'il n'y a pas de financement) sinon des forfaits lors des déplacements.

Ce projet a été approuvé par le Comité d’éthique de la recherche de l’Université Laval : No d’approbation 2010-284 / 20-01-2011

lundi 31 janvier 2011


Depuis quelques jours, je me suis remis à l'écriture... La vraie. Celle qui ne résulte pas d'une commande mais qui vient d'elle-même. Celle qui ne se force pas mais qui s'attend. Celle qui, d'une manière, délivre...

Il y a déjà si longtemps... Mon dernier texte théâtral remonte à 2007. Il s'agissait alors de L'Ordre du monde... un texte qui a été produit par le Théâtre 100 Masques en projet spécial en 2009 et qui, même s'il n'a pas eu de véritable succès, a marqué tout de même un tournant dans mon écriture. Une épuration. Un certain abandon de la prolixité qui caractérisent mes premiers textes.

Toujours est-il que voilà, j'ai repris le crayon... enfin, le clavier... car pour la première fois, je ne passe pas par la feuille de papier... Et je me lance. Pour ce qui semble être un long monologue. Sans plan et sans objectif dans un premier temps (quoique maintenant, avec sa quasi vingtaine de pages, je sois capable d'en tirer les grandes lignes). Jusqu'où j'irai? Je ne le sais pas trop. Je ne suis pas un auteur en transe. Je ne crois pas à la volonté du personnage...

Quand le théâtre croule...

La classe morte

Dans un manifeste datant de 1963 (Manifeste du théâtre zéro publié dans Le théâtre de la mort), Tadeusz Kantor, metteur en scène polonais qui a marqué la scène mondiale au XXième siècle (et décédé en 1990) y est allé d'une charge à fond de train contre un type de théâtre bien précis... qu'on pourrait fort bien rapprocher du théâtre tel qu'on le connaît. À lire et relire ces mots durs, ça donne à penser et à tenter d'évaluer où l'on se situe dans cette description...

LE THÉÂTRE CROULANT
Le théâtre actuel,
en dépit de l'apparition sporadique
de talents réels
et du sérieux
dont se drapent ses représentants officiels,
est mort, académique.
Il fait usage
dans le meilleur des cas
d'excitants
qui le poussent
progressivement
vers le ridicule,
vers un badinage
de styles passés,
vers la platitude,
pour finir
dans un cercle d'intérêts particuliers.
Théâtre sans ambition,
qui ne cherche pas
à être autre,
à découvrir
son propre visage
dans l'organisation future du temps.
Théâtre condamné à l'oubli.

Et loin de s'atténuer, ses propos se durcissent encore un peu plus, un peu plus loin... dans la partie nommée LE POIDS D'UN RADICALISME EN ART:

Les nuances stylistiques
du théâtre actuel
sont assez nombreuses:
théâtre pseudo-naturaliste
né de la paresse
et du confort
[...],
théâtre pseudo-expressionniste
dont après une authentique
déformation de l'expressionnisme
il n'est resté qu'une grimace
gênante,
morte, stylisée,
théâtre surréalisant
qui applique de tristes ornements
surréalistes, à la façon
des étalages de magasins de mode,
théâtre qui n'a
rien à risquer et peu à dire,
fait preuve de mesure
culturelle
et d'élégance éclectique
théâtre pseudo-moderne
usant de tel ou tel
moyen emprunté
aux diverses disciplines
de l'art contemporain
auquel, prétentieusement,
il s'accroche par artifice.


Ouch.. Le constat est sans compromis... et date d'il y a près de cinquante ans... Que dirait-il aujourd'hui, en cette ère du multi-média et de la nouvelle technologie, en cette ère de l'interdisciplinarité. En cette ère où le divertissement est roi?

dimanche 30 janvier 2011

Au théâtre, cette semaine! (du 30 janv. au 5 fév. 2011)

Voici à nouveau quelques dates où des représentations (ou des événements à caractère théâtral) se tiendront dans la région. Peut-être en oublierai-je... Si c'est le cas, qu'on me le fasse savoir...

Mardi - 1er février 2011
CRC Chicoutimi, 9h

Tenue (à moins d'avis contraire) du groupe de compétence théâtre organisée par le Conseil Régional de la Culture à son bureau de Chicoutimi (194, rue Price Ouest). À cette table de concertation, tout le monde théâtral est invité... et tout le monde devrait y être. Les sujets de cette rencontre: les événements à venir (vidéo promotionnelle, formations, projet de journée de discussion, etc.). Il est important d'y assister. Pour confirmer sa présence, il faut téléphoner à Véronique Villeneuve, agente de liaison, au 418-543-5941 poste 233 (ou lui écrire par courriel: liaison@crc02.qc.ca).


De mercredi à samedi - du 2 au 5 février 2011
Salle Pierrette-Gaudreault (Jonquière), 20h
DEUXIÈME SEMAINE


La Rubrique présente Les Sens... un spectacle-concept qui réunit six auteurs dits régionaux: Sylvie Bouchard, Michel-Marc Bouchard, Daniel Danis, Jean-Rock Gaudreault, Larry Tremblay et Pierre-Michel Tremblay. La mise en scène est de Benoît Lagrandeur qui joue aussi en compagnie de Émilie Gilbert-Gagnon, Patrice Leblanc, Sara Moisan, Guillaume Ouellet et Guylaine Rivard. Outils idéaux pour percevoir, pour nous situer, pour entrer en contact avec notre environnement, nos sens se seraient-ils atrophiés? Qu’en est-il de la perception de l’autre par rapport à la nôtre? Avons-nous perverti ces précieuses antennes? Peut-on toujours s’y fier ou nous jouent-ils parfois des tours? Le coût d'entrée est de 27.50$ pour les adultes et de 15$ pour les étudiants.

Jeudi - 3 février 2011
Palace (Arvida), 20h

Diffusion Saguenay présente Mille mots d'amour, une production des Impatients. Il s'agit en fait, si je comprends bien, d'un spectacle de lecture de lettres d'amour écrites par des personnalités québécoises de tous les milieux. Sur scène, 4 lecteurs et un musicien. Le coût d'entrée est de 25$ (Les profits recueillis pour ce spectacle vont à la Fondation Les Impatients).

Vendredi - 4 février 2011
Palace (Arvida), 20h

Diffusion Saguenay présente C'est notre chanson, une production des Amis de Claude. Cette comédie musicale nous met en présence d'un compositeur de chansons à succès qui entreprend une collaboration avec une parolière. Une rencontre fulgurante dans tous les sens du terme. Ce spectacle, mis en scène par Frédéric Blanchette, met en vedette Luc Guérin, Catherine Sénart et trois musiciens. Le coût d'entrée est fixé à 45$ adulte et 35$ étudiants... ça donne vraiment le goût d'y aller...

Samedi - 5 février 2011,
Auditorium d'Alma, 20h

Le même spectacle (C'est notre chanson) est présenté par l'Auditorium d'Alma... au coût de 38$ pour les adultes et 33$ pour les étudiants...

samedi 29 janvier 2011

Question à partager...


À mon avis, les trois plus grands textes de théâtre québécois sont, dans l'ordre (bien entendu, c'est un palmarès spontané...):

LES BELLES-SOEURS de Michel Tremblay
LES FELUETTES de Michel-Marc Bouchard
À TOI POUR TOUJOURS TA MARIE-LOU de Michel Tremblay (encore).

Le plus étonnant, dans cette liste, c'est que je ne me suis jamais considéré comme étant un grand fan de Tremblay (mais je lui ai toujours reconnu une grande importance... ceci étant dit...). Je pense à ça en écoutant Belles-Soeurs, le musical recréé par Daniel Bélanger et René-Richard Cyr... Surprenant.

D'autres opinions?

D'éthique et d'autres


Sans briguer des succès qui ne sont point les vôtres,
Que votre jeu toujours serve le jeu des autres.
Par les moyens que l'art au talent vient offrir,
À l'effet général vous devez concourir.


Tels sont les mots de Joseph Isidore Samson (l'image ci-haut), comédien-français de la première moitié (et plus!) du XIXième siècle mis en exergue d'un chapitre de L'Acteur au XXième siècle d'Odette Aslan, portant sur l'éthique au théâtre. Fort intéressant... comme tout cet ouvrage qui vaut le détour pour quiconque souhaite se faire une idée des grands mouvements de l'art dramatique depuis une centaine d'années.

Ce chapitre - du moins la section en cours de lecture - se penche notamment sur l'esprit d'équipe et le travail d'ensemble, deux points essentiels qui, lorsqu'ils font défaut, minent la production de bien des façons en créant des tensions et des irritants qui prennent parfois des proportions incontrôlables.

Voici donc quelques extraits, des passages intéressants et que devraient se remémorer les artisans (quels qu'ils soient!) sur un spectacle!

Si l'on en croit Visconti, même la Duse que l'on croyait si intègre, avait quasiment réduit à un monologue une pièce de Goldoni, La Locandiera, en pratiquant de nombreuses coupures et supprimant des rôles afin de demeurer en scène du début à la fin. Or, jouer la comédie devrait, plus que toute autre activité, rendre les participants solidaires. On ne joue pas seul, on écoute son partenaire, on l'aide à jouer avec soi, on lui tend la main pour éviter un faux pas, on lui souffle un texte qui lui échappe, on lui facilite un cap difficile et vice-versa. En coulisses, derrière le décor, on observe le plus de silence possible, on évite de faire craquer le plancher.

[...] Une fois lâché sur scène, sachant qu'il est un point de mire, l'acteur sera comme il est dans la vie, égoïste ou généreux, simple ou vaniteux; il sollicitera un effet par appel du pied, quêtera l'approbation, mesurera sa cote au nombre d'admirateurs venus le voir à la sortie ou bien il s'intégrera avec discipline dans un ensemble, ne cherchant qu'à contribuer au succès général de l'entreprise.

Ces mots qui peuvent sembler si simples et si «normaux» décrivent pourtant une réalité qui a encore, de nos jours, du mal à se résorber...

vendredi 28 janvier 2011

Ce soir, c'est soir de théâtre! Direction: La Rubrique! J'y reviendrai la semaine prochaine... d'abord dans le Voir!

jeudi 27 janvier 2011

Où est mon plaisir?

Question existentielle...

Parce qu'au moment même où j'ai la chance de vivre du théâtre dans une région dite éloignée, où je suis à la tête d'un organisme sain (enfin, mieux!), où les projets s'enchaînent et les bonnes nouvelles tombent sans discontinuer, où les équipes sont solides et enthousiasmantes, où les études et recherches vont bien, je cherche encore et toujours une stimulation autre. Un défi.

L'élan qui devrait se manifester tarde à émerger... et le plaisir (car oui, d'une certaine mesure, il est présent) ne semble pas en mesure de me porter. Contrariétés, envies, jalousies, déceptions, fatigues l'entravent plus souvent qu'autrement.

Brecht... en vidéo (malheureusement, en anglais)



Au centre

mercredi 26 janvier 2011

Un bon exercice de style...

Crédit photo: Jérémie Battaglia

Petite virée métropolitaine où j'ai assisté, hier soir, à une représentation d'En attendant Gaudreault (précédé de Ta Yeule Kathleen) du Collectif En Attendant à la Salle Jean-Claude-Germain du Théâtre d'Aujourd'hui.

Deux courtes pièces, un seul univers: un flot de paroles sans ponctuation à cheval entre poésie et spoken word, des personnages égarés, les années 1990, le bruit de Montréal, la solitude décrit le carton promotionnel. Une (enfin deux...) pièce résolument urbaine aux accents devenus malheureusement, avec le temps, quelque peu clichés.

Le premier texte est une longue narration d'une mère, Lyne (jouée par Marie-Hélène Gosselin dont le jeu finit, à la longue, par toucher), aux prises avec un bébé braillard, Kathleen. Un long monologue où l'instinct maternel fait défaut pour laisser toute la place au besoin de sortir en boîte, gardienne ou pas. Une narration dure qui mène la jeune mère loin, très loin dans la déchéance pour combler un besoin d'intimité, de tendresse.

Le second, de forme choral, entremêle les destins de trois individus qui ne se connaissent pas, qui n'ont aucun lien entre eux, sinon d'attendre Gaudreault: le junkie en attente de son puscher, la névrosée agoraphobe en amour avec son prince charmant ICQ, le jeune foreman qui veut venger son frère mort d'une surdose... Trois destins pour un même malaise existentiel.

D'emblée, ces deux textes (de Sébastien David qui signe aussi la mise en scène en plus d'interpréter l'un des rôles) font preuve d'une construction dramatique et dramaturgique solide qui lieront, l'un à l'autre, et les rôles et les deux univers... Des textes forts, soutenus par un souffle et un rythme effroyablement efficaces. Une crudité terrible; une cruauté insidieuse... Seule réserve au tableau: demeure toujours la tentation de la morale, de la fin qui redonne un peu espoir. Dommage... car le tourbillon de désespoir qui s'installe et qui broie littéralement les personnages s'en voit un peu amoindri.

La mise en scène (dans un espace blafard tout simple composé d'un carré de prélart blanc, de trois luminaires, d'un grand écran-fenêtre et d'une bassinette pour la première partie et de trois chaises pour la seconde) est rigoureuse, alliant une bonne direction d'acteurs (avec une diction rapide, suffocante, quasi mélodique, et les gestes et les déplacements mécaniques, à la limite chorégraphiques) et une mise en espace simple mais correcte. Ici, le parti pris est clair: faire entendre le texte. L'impression qui en découle alors se rapproche de l'exercice de style. Une impression qui m'a assailli tout au long de la représentation. L'impression du travail en chantier, de l'exploration scénique, de la recherche théâtrale. Une bonne recherche, ceci étant dit... mais une recherche tout de même. Avec tout ce que ça comporte d'intérêts et de questionnements.

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Par ailleurs, pour donner une idée de ce spectacle, je dirais que devant cette proposition, je me suis revu avec ma résidence intensive sur L'Ordre du Monde... tout comme j'ai revu, d'une certaine façon, le travail de Guylaine Rivard sur Parents et amis... tout comme j'ai aussi revu le type de travail de Vicky Côté...

Voilà.





Une autre première...


C'est ce soir que débute la toute nouvelle production du Théâtre La Rubrique, Les sens! Et pour cette raison, à tous les artisans de celle-ci - soit Benoît, Lyne, Serge, Jean-François, Émilie, Sara, Patrice, Guillaume, Guylaine, Boran, Jacynthe, Bruno, Christian, Larry, Sylvie, Jean-Rock, Daniel, Michel-Marc, Pierre-Michel et tous les autres,

MERDE!