mardi 24 janvier 2012

«Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée» [Carnet de mise en scène]

Décidément, je découvre, depuis quelques temps, les diverses fonctions de mes programmes informatiques de bases ce qui me permet, d'une part, de faire de beaux graphiques (vive Paint!) et, d'autres parts, de faire des captures d'écran celles-ci, de Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée (tirées d'un document vidéo tourné lors des premières répétitions en 2004, avec les comédiens Marc-André Perrier et Isabelle Boivin):


Ces images, elles me plaisent bien... d'autant plus que nous sommes présentement de retour en salle de répétition afin d'affiner le jeu et les enjeux en vue d'une prochaine représentation saguenéenne et, bien sûr, de la sortie française en mars prochain.

Le temps a quand même bien passé depuis ces photos... En sept ans, les choses ont évolué. Ma façon de concevoir le théâtre aussi. 

Pour le moment - et mieux encore qu'à l'époque - nous nous attardons à solidifier le rapport entre le texte et les mouvements. En ce sens, le comédien ne doit pas s'énerver et prendre l'ensemble de la production, s'embrouillant du coup... mais plutôt suivre la partition du texte où les mots partagent le rythme avec une véritable ponctuation gestuelle.

Ça reste cependant toujours plus facile à dire qu'à faire...

lundi 23 janvier 2012

Comment il a écrit «Six personnages en quête d'auteur»

 (oeuvre illustrant la pièce dans sa version publiée dans la collection Classiques de poche)

La pièce Six personnages en quête d'auteur de Luigi Pirandello (écrite en 1921) est assurément l'une des pièces emblématiques du théâtre contemporain. Une pièce marquante. Troublante. Voici comment l'auteur en explique la genèse dans la revue Revue de Paris publiée en 1925:

J'ai écrit les «Six personnages en quête d'auteur» pour me délivrer d'un cauchemar.

... Je me trouvai en présence d'un homme sur la cinquantaine, en veston noir et pantalons clairs, avec les sourcils froncés, le regard revêche à force d'être mortifié; d'une pauvre petite femme en deuil de veuve, tenant d'une main une petite de quatre ans et de l'autre un garçon d'un peu plus de dix ans; d'une jeune femme hardie et provocante, vêtue elle aussi de noir, mais avec un éclat équivoque et tapageur, toute frémissante d'un dédain joyeux et mordant pour le vieux mortifié et pour un jeune homme d'une vingtaine d'années, qui se tenait distant et renfermé en lui-même, comme s'il méprisait tous les autres. En somme, c'étaient les six personnages comme on les voit maintenant apparaître sur la scène, au début de la comédie.


[...] Et ils attendaient, présents devant moi, chacun avec son tourment secret, et tous unis par la naissance et par le cours de leurs aventures réciproques, que je les fisse entrer dans le monde de l'art, en composant avec leurs personnes, leurs passions et leurs histoires un roman, un drame ou, pour le moins, une nouvelles. Ils choisissaient certains moments de la journée pour se représenter à moi, dans la solitude de mon cabinet, et tantôt l'un, tantôt l'autre ou deux à la fois, ils venaient me tenter, me proposer telle ou telle scène à représenter ou décrire les effets qu'on aurait pu en tirer... À un moment j'en arrivai même à une véritable obsession.
Une belle grande pièce...

dimanche 22 janvier 2012

Au théâtre, cette semaine! (du 22 au 28 janvier 2012)


Petite semaine sous le signe du Clown Noir...

Mercredi à samedi - 25 au 28 janvier 2012
Salle Murdock (Chic.), 20h

Le Théâtre du Faux Coffre présente en reprise, cette semaine, le solo coup de poing conçu et réalisé par Pascal Rioux, Le conte bancaire de Piédestal. J'en avais parlé ici. À (re)voir. Mais, encore une fois, mieux vaut réserver à l'avance (la salle est petite!) soit par téléphone au 418-698-3000 poste 6561 ou via la page Facebook de l'événement.

Jeudi - 26 janvier 2012
Salle Luc-Tessier (Poly. Camille-Lavoie), heures?

Encore du côté des Clowns Noirs... en représentations scolaires seulement! Le Théâtre du Faux Coffre donnera, dans ce cadre, deux représentations des Lectures de Diogène.
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Sinon, il y aussi - bien que ça n'ait strictement rien de spécifiquement théâtral!

Mercredi - 25 janvier 2012
Salle Jacques-Clément (Conservatoire de Chic.), 17h30

Le CRC tient son Assemblée générale annuelle. Il est important de soutenir cet organisme.

samedi 21 janvier 2012

François Pérusse au théâtre...

Petit samedi peinard... où la légèreté est de mise... comme ces capsules de François Pérusse...


vendredi 20 janvier 2012

Les vérités du théâtre... selon Peter Brook

 Peter Brook photographié par Michael Ward

Ce matin, à la recherche d'un sujet pour le billet présent, je tombe sur ces quelques vérités théâtrales édictées par Peter Brook à la fin de son ouvrage L'espace vide.

Répétition, représentation, assistance: ces trois mots résument les trois éléments indispensables pour que l'événement théâtral prenne vie. Mais l'essentiel reste à découvrir, car les mots sont statiques. Toute formule essaie de capter une vérité qui soit impérissable, alors que la vérité, au théâtre, est toujours en évolution.

J'aime bien la simplicité de Brook. Bien sûr, il dévoile sa propre vision du théâtre. Exigeante et rituelle. Profonde et efficace. Mais qu'on adhère ou non, sa façon de parler de son art est toujours admirable:

Dans la vie quotidienne, l'expression «comme si» est une fonction grammaticale; au théâtre, «comme si» est une expérience.

Dans la vie quotidienne, «comme si» est une évasion; au théâtre, «comme si» est la vérité.

Quand nous sommes convaincus de cette vérité, alors le théâtre et la vie ne font qu'un.

C'est un noble objectif. Cela semble difficile.

Jouer sur une scène demande un gros effort. Mais quand le travail est vécu comme un jeu, alors ce n'est plus un travail.

Jouer est un jeu.

Que rajouter de plus? Tout est dit.

jeudi 19 janvier 2012

Les catégories de comédiens...


Voici comment, dans le recueil (le lexique serait plus juste...) Les secrets des coulisses des théâtres de Paris: mystères - mœurs - usages par Joachim Duflot (publié en 1865 et retrouvé ici) on distingue trois types de comédiens au sein des différentes compagnie (enfin... des troupes...):

Troupe. — Chaque théâtre a sa troupe qui se divise en trois catégories, ainsi dénommées: la «troupe d'or», la «troupe d'argent», les «rognures de fer-blanc».

La «troupe d'or» est une sorte de bataillon sacré, composé d'artistes éminents et destinés à jouer les pièces sur lesquelles l'administration fonde les plus grandes espérances; elle n'a de relations qu'avec les auteurs de la première catégorie
[...]. Ils font recette.

Les «troupes d'argent» possèdent des acteurs de talent, mais qui ne peuvent faire de l'argent qu'à la condition de jouer une excellente pièce [...]. Le dénombrement en serait trop long.

Quant aux «rognures de fer-blanc», vous les connaissez aussi bien que nous, elles jouent les levers de rideau au milieu du bruit des portes qui s'ouvrent et ferment.

Je trouve assez amusant ce jugement de valeur. Quelque peu sarcastique... Je me demande qui, si on appliquait ce principe au milieu théâtral québécois (parce que je n'ose imaginer les ravages d'une telle application sur le milieu saguenéen!), se retrouverait où...

mercredi 18 janvier 2012

À venir... je l'espère...

Nous (le Théâtre 100 Masques) venons de déposer un projet pour un spectacle itinérant... un spectacle conçu spécifiquement pour la route... aux carrefours d'esthétiques toutes aussi diverses que le cirque, le théâtre de trétaux du Moyen-Âge et La Roulotte qui sillonnait (le fait-elle encore aujourd'hui?) les parcs métropolitains pour présenter des spectacles. D'ailleurs, voici une vidéo de l'installation de celle-ci:



Si le projet fonctionne, il fera bon prendre la route...pour un grand freak show sur l'histoire plus qu'anecdotique du Saguenay-Lac-Saint-Jean... Sinon...

Des quatuors...



La présente session est, pour moi, sous le signe de l'écriture de Daniel Keene... plus particulièrement, sous l'égide de ses Pièces courtes 1 et 2 (dont il était question ici), matière textuelle de mon cours.

J'apprécie cette écriture simple et efficace, traversée par un indéniable souffle poétique. Des textes «désespérés» et pourtant lumineux. Des textes qui portent, plus souvent qu'autrement, sur la solitude. L'absence de l'autre. L'impossibilité d'entrer en communication. Des textes courts à un, deux ou trois personnages. Des formes brèves... et denses.

Et j'aime Keene pour sa vision du théâtre... elle aussi poétique. Mais qui me parle terriblement. En fait foi cette (étonnante!) préface (enfin, cet extrait qui constitue le premier paragraphe de celle-ci):

En règle générale je préfère les quatuors aux symphonies. Dans un quatuor la contribution de chaque instrument peut être clairement entendue et peut être comprise. Le possible dialogue entre les instruments peut être extrêmement subtil, infiniment complexe; ou il peut s'agir de la forme la plus élémentaire d'appel et de réponse. Ce dialogue est, par essence, théâtral. Quand ils se conjuguent pour rendre une seule «voix», les instruments du quatuor peuvent créer un son à nul autre pareil, faire à la fois l'effet d'une tempête piégée dans une bouteille et celui du tumulte chaotique déchaîné depuis un champ de bataille. [...] Pour moi les «drames» des quatuors sont des drames humains; dans les complexités qu'ils inspirent et les réponses qu'ils exigent réside la matière de notre condition mortelle.


C'est beau, non? Vite une mise en scène!



Les trois fonctions dramaturgiques

Mon assiduité sur ce blogue est mise à mal par les temps qui courent. Il faut dire, à ma décharge, que le temps me manque pour monter les dossiers nécessaires à l'avancement du Théâtre 100 Masques et la préparation de mon cours, Dramaturgie et mise en scène.

D'ailleurs, pour tenter de bien cerner ce qu'est la dramaturgie (dont la notion est mouvante selon les théoriciens et autres sémiologues...), j'en ai fait un tableau synthèse qui en trace les trois grandes et principales fonctions.



Si l'on tente de donner une définition toute simple, la dramaturgie est la compréhension d'une oeuvre en vue de son appropriation et de son interprétation.

dimanche 15 janvier 2012

Au théâtre, cette semaine! (du 15 au 21 janvier 2012)

 
Est revenu le moment de reprendre ces calendriers hebdomadaires des pratiques théâtrales régionales... après une pause pendant laquelle aucune activité publique n'a eu lieu.

Ça reprend doucement, mais sûrement!
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Mercredi - 18 janvier 2012
Salle Lionel-Villeneuve (Rob.), 19h30

Le Théâtre Mic Mac reprend ses activités de lectures publiques. Tout au cours de l'année, diverses équipes présentent des textes québécois contemporains dans une véritable mise en lecture théâtralisée. Un bon moyen de découvrir ce répertoire. Cette fois, c'est au tour du Porc-Épic de David Paquet: Cassandre est belle, drôle et seule. Aujourd’hui, jour de son anniversaire, elle préférerait être belle, drôle et entourée. Commence alors une chasse aux invités – personnel travaillant au dépanneur du coin et autres inconnus croisés par hasard – qui la mènera bien plus loin qu’elle ne le croit. Agréable mélange d’absurde, d’humour noir et de poésie, ce texte est une tragédie festive où les genres comme les gens s’entrechoquent et s’apprivoisent sur le chemin de la solitude, de l’ouverture et de la vulnérabilité, car peut-on toucher sans être piqué?

De merc. à samedi - du 18 au 21 janvier 2012
Salle Murdock (Chic.), 20h

Le Théâtre du Faux Coffre reprend une nouvelle fois le solo de Diogène, Les lectures de Diogène. Pastiche des spectacles-lectures de Fabrice Lucchini, ce solo se construit (pour le plus grand plaisir des spectateurs) autour d'un roman écrit par un jeune Martin Giguère, âgé de 9 ans et des poussières. Dès qu'il est question des Clowns noirs, il vaut mieux réserver soit par Facebook (sur la page de l'événement), soit par téléphone, au 418-698-3000 poste 6561.

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C'est ce qui se passera cette semaine. Il se peut que j'oublie des trucs (ou pire, que j'en ignore l'existence!). Si c'est le cas, il est possible de faire des ajouts via les commentaires.

samedi 14 janvier 2012

Les lettres de noblesse du rire


Petite incursion, ce matin, dans le monde du rire... grâce à l'ouvrage Coulisses de bourse et de théâtre de Messieurs Edmond Benjamin et Henry Buguet, publié en 1882 (qu'on peut retrouver ici) et dans lequel il est fait une certaine analogie entre ces deux univers que sont, évidemment, la bourse et le théâtre. 

Un chapitre consacré à l'art dramatique s'intitule Les révélation d'un chef de claque (de ces personnes chargées de forcer, en quelque sorte, le succès d'une pièce). On y retrouve toute une nomenclature des rires selon les situations:

Dernièrement un chef de claque fameux nous racontait qu'il avait été le premier à inventer le rire de convention. Voici comment il expliquait sa théorie, c'est-à-dire la manière dont il rit à certaine partie d'une pièce pour encourager ses claqueurs à faire mousser les passages à effet:

D'après lui, il y a cinq espèces de rires, basés sur les cinq voyelles de l'alphabet. Le rire en A, le rire en E, le rire en I, le rire en 0 et le rire en U.

Le rire en A, c'est le rire fin, provoqué par un trait d'esprit. Il signifie : ah! ah! ah! que c'est joli, que c'est délicat!

Le rire en E, c'est le rire gai, provoqué par une forte saillie. Il signifie : eh! eh! eh! que c'est plaisant, que c'est drôle!

Le rire en
I, c'est le rire d'attendrissement provoqué par une grosse bêtise. Il signifie : ih ! ih! ih ! que c'est amusant, que c'est farce!

Le rire en 0, c'est le rire de la franche gaîté, provoqué par une balourdise. Il signifie : oh! oh! oh! que c'est rigolo, que c'est épatant.

Enfin, le rire en U, c'est le simple sourire provoqué par un mot à double entente. Il signifie : uh ! uh ! uh! cela va tout seul; cela se comprend ce n'est pas mal! 


Fallait y penser.

vendredi 13 janvier 2012

Un nouveau Villeneuve...

Pour ou contre ce média «alternatif» qu'est Saguenay Ville en action? La réponse importe peu. Je tenais à montrer cette capsule, juste pour noter, au passage, que l'éclairage de cette «nouvelle» exposition a été réalisé par Alexandre Nadeau, éclairagiste de son état. Le seul. L'unique.