dimanche 29 janvier 2012

Au théâtre, cette semaine! (du 29 jan. au 4 fév. 2012)

 
Il me semble que, depuis le début de l'année, le théâtre se fait attendre dans la région. C'est, présentement, le calme plat... ce qui ne veut pas dire qu'il ne se passe rien. Bien au contraire. Les équipes bossent chacune dans leur coin en vue des prochaines productions. On ne perd rien pour attendre...

Toutefois, pour cette semaine, ça ne donne pas de représentations publiques... À moins que je n'oublie des trucs... le cas échéant, on pourra me le faire savoir via les commentaires.

samedi 28 janvier 2012

Ébauche schématique de l'action théâtrale


Il s'agit là d'une première ébauche de ce qu'est le théâtre... car il faut revoir la définition des trois principales notions que sont la littérarité, la théâtralité et la performativité... ou du moins, réussir à intégrer, dans ce graphique la conscience, le choix et le libre-arbitre de l'acteur. Il manque également, pour le moment, tout le principe du dialogue avec le spectateur.

De Sacha Guitry...

 
Même si je suis intéressé par toutes les styles d'écritures, de l'Antiquité à notre époque, il reste que celui de Sacha Guitry me plaît toujours. Guitry c'est d'abord un esprit fin, avec le sens de la phrase, de l'aphorisme... et une vision du théâtre précise et surtout respectueuse du public. Comme celle-ci:

 Au théâtre, 
le public sait que nous sommes en scène 
bien plus encore pour son plaisir 
que pour le nôtre. 
Il sait aussi que, 
pendant que nous jouons, 
nous sommes en train de travailler.

Mais Guitry c'est aussi des pièces qui, sous une apparente simplicité, cachent presque toutes une cruauté morale, un sens aigu de l'observation trempé dans l'ironie, le cynisme et le sarcasme. Guitry c'est, enfin, une véritable mécanique de la conversation construite sur un rythme incomparable, une joute verbale. Un (dernier!) bon modèle, peut-être, de la pièce bien faite*.

Malgré ce dernier point qui peut lui être défavorable, il est intéressant de se rappeler que Guitry est, en fait, un contemporain des Courteline, Feydeau (qui lui a d'ailleurs servi de témoin lors de son premier mariage) qu'il a côtoyé... mais aussi - et peut-être pourrait-il y avoir des liens à tirer...) des grands dramaturges que sont Jarry, Ibsen, Maeterlinck, Tcheckhov (l'année où celui-ci présentait sa dernière pièce, La Cerisaie, Guitry présentait sa première, Nono), Strindberg et j'en passe... 

Si l'air du temps existe vraiment - cet air qui fait que des similitudes existent entre deux artistes qui ne se sont pourtant jamais rencontrés - l'oeuvre de Guitry devrait être abordée avec un nouveau regard.
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* D'après Michel Corvin (et son dictionnaire), la pièce bien faite (une notion très XIXième et début XXième siècle...) s'intéresse à la vie privée de ses personnages selon trois axes précis: la rationalité (tout s'explique); la progressivité (le conflit est linéaire et le mouvement est chronologique et régulier); la clarté (les personnages sont des types qui permettent facilement de comprendre les caractères). Le tout est surindiqué à coups de redondance et de procédés rhétoriques (gradation et concentration des effets, antithèses, hyperboles). Le «clou» résidant dans la (ou les) scène(s) à faire, sorte de climax de la tension dramatique ou de l'explosion comique.

vendredi 27 janvier 2012

Le confort du lieu théâtral...


Les descriptions théâtrales écrites à l'époque - que ce soit au XVIième ou au XIXième siècle... - me plaisent toujours autant. 

La poésie de l'art dramatique, c'est aussi son histoire presque trois fois millénaire. Du lointain à aujourd'hui, une évolution est en marche et pourtant... Il y a tout un monde entre leur façon de faire et la nôtre, toute pétrie de technologies et de remises en questions. Bien le saisir, comprendre où nous en sommes rendus, devient nécessaire... utile, à tout le moins.

Ma dernière trouvaille (merci à L'Art du théâtre d'Odette Aslan) est cet extrait d'un ouvrage d'André Jean Jacques Deshayes paru en 1822 qui établit les paramètre confortables (notamment en ce qui a trait à la lumière) du lieu théâtral...

Une salle de spectacle doit rassembler dans ses proportions une coupe élégante et commode, qui soit favorable à l'œil et à l'ouïe [...]. 

La manière d'échauffer  la salle est aussi importante que celle de la rafraîchir à volonté.

L'éclairage en bougie est préférable à tout autre, en ce que, d'abord il ne porte aucune mauvaise odeur, et moins de chaleur, et ne fait aucun tort à la lumière du théâtre, qui doit toujours avoir la supériorité pour l'effet général.

[...] L'éclairage avec le gaz épuré est excellent pour l'extérieur et seulement l'extérieur du théâtre, parce que, n'étant pas renfermé, son évaporation se fait moins sentir.

Cette lumière est parfaite pour l'effet de la scène. Par le moyen du gaz, on peut obtenir une graduation de clarté vraiment magique, et on ne serait pas obligé de faire des invraisemblances choquantes, lorsque l'action commande de passer du jour à la nuit [...]. Ce procédé serait une amélioration sensible tant pour l'économie, l'illusion, que pour la propreté des décors, en ce qu'ils ne seraient plus enfumés ni tachés d'huile.

Bref, de l'idéal au pragmatisme, il y a aussi tout un monde... 

jeudi 26 janvier 2012

Du positionnement esthétique...

Supposons une droite représentant les deux extrêmes de la quête théâtrale... à savoir soit une recherche d'autonomisation du corps, soit une recherche d'autonomisation de la scène qui surpassent deux autres éléments: le texte et l'image.


De cette façon, il devient plus facile de comprendre les positions historico-pratico-théoriques des prédécesseurs, des grandes figures de la mise en scène... et de les mettre en rapport les uns aux autres... comme ceci:


Évidemment, cette droite n'a rien de bien scientifique et m'est parfaitement subjective et peut se modifier (et se modifie effectivement à chaque fois que je la vois). 

Et s'il me fallait y positionner Artaud l'incompréhensible, je ferais ceci:


Peut-être, au fond, que la ligne n'est pas si efficace...

mercredi 25 janvier 2012

Les rôles du spectateurs

 
Les spectateurs ne sont pas simplement des témoins: sans eux, ce qui se passe sur scène n'aurait point d'existence a un jour écrit M. Henri Gouhier... qui fut cité par la suite dans l'ouvrage Molière ou la liberté mise à nu de Georges-Arthur Goldschmidt en 1973 aux éditions Julliard.

Ce dernier (Goldschmidt) poursuit: Or, en quoi le spectateur intervient-il? Quel est son rôle à ce spectateur pour qui et par qui la représentation a lieu? Sa fonction est à la fois essentielle et explicative: il est regard. Il est même le regard qui donne vraiment son sens au théâtre. Il est géométriquement le lieu où le spectacle se constitue comme tel. Toute relation sur la scène, toute situation est, telle qu'elle est, une, elle n'existe que ricochant sur le spectateur, qu'en se réfléchissant sur lui. Et le spectateur, comme tel, est celui qui réfléchit le spectacle qui s'adresse à lui. Il le réfléchit dans les deux sens du terme: il le répercute [...] et le réfléchit au moyen de sa conscience. La relation spectateur-spectacle est l'image exacte, la figuration de la conscience. Le spectateur est comme une conscience seconde de chacun des personnages et de tous à la fois. Simultanée et successive, particulière et s'attachant à l'ensemble, cette conscience ou ce regard du spectateur est, en fin de compte, le contenu derrière le contenu, la représentation théâtrale derrière la représentation théâtrale.

La définition est un peu hermétique mais elle n'en demeure pas moins intéressante dans sa tentative d'expliquer le lien nécessaire entre le spectateur et l'objet théâtral... Sans spectateur, le théâtre peut-il exister?


mardi 24 janvier 2012

«Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée» [Carnet de mise en scène]

Décidément, je découvre, depuis quelques temps, les diverses fonctions de mes programmes informatiques de bases ce qui me permet, d'une part, de faire de beaux graphiques (vive Paint!) et, d'autres parts, de faire des captures d'écran celles-ci, de Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée (tirées d'un document vidéo tourné lors des premières répétitions en 2004, avec les comédiens Marc-André Perrier et Isabelle Boivin):


Ces images, elles me plaisent bien... d'autant plus que nous sommes présentement de retour en salle de répétition afin d'affiner le jeu et les enjeux en vue d'une prochaine représentation saguenéenne et, bien sûr, de la sortie française en mars prochain.

Le temps a quand même bien passé depuis ces photos... En sept ans, les choses ont évolué. Ma façon de concevoir le théâtre aussi. 

Pour le moment - et mieux encore qu'à l'époque - nous nous attardons à solidifier le rapport entre le texte et les mouvements. En ce sens, le comédien ne doit pas s'énerver et prendre l'ensemble de la production, s'embrouillant du coup... mais plutôt suivre la partition du texte où les mots partagent le rythme avec une véritable ponctuation gestuelle.

Ça reste cependant toujours plus facile à dire qu'à faire...

lundi 23 janvier 2012

Comment il a écrit «Six personnages en quête d'auteur»

 (oeuvre illustrant la pièce dans sa version publiée dans la collection Classiques de poche)

La pièce Six personnages en quête d'auteur de Luigi Pirandello (écrite en 1921) est assurément l'une des pièces emblématiques du théâtre contemporain. Une pièce marquante. Troublante. Voici comment l'auteur en explique la genèse dans la revue Revue de Paris publiée en 1925:

J'ai écrit les «Six personnages en quête d'auteur» pour me délivrer d'un cauchemar.

... Je me trouvai en présence d'un homme sur la cinquantaine, en veston noir et pantalons clairs, avec les sourcils froncés, le regard revêche à force d'être mortifié; d'une pauvre petite femme en deuil de veuve, tenant d'une main une petite de quatre ans et de l'autre un garçon d'un peu plus de dix ans; d'une jeune femme hardie et provocante, vêtue elle aussi de noir, mais avec un éclat équivoque et tapageur, toute frémissante d'un dédain joyeux et mordant pour le vieux mortifié et pour un jeune homme d'une vingtaine d'années, qui se tenait distant et renfermé en lui-même, comme s'il méprisait tous les autres. En somme, c'étaient les six personnages comme on les voit maintenant apparaître sur la scène, au début de la comédie.


[...] Et ils attendaient, présents devant moi, chacun avec son tourment secret, et tous unis par la naissance et par le cours de leurs aventures réciproques, que je les fisse entrer dans le monde de l'art, en composant avec leurs personnes, leurs passions et leurs histoires un roman, un drame ou, pour le moins, une nouvelles. Ils choisissaient certains moments de la journée pour se représenter à moi, dans la solitude de mon cabinet, et tantôt l'un, tantôt l'autre ou deux à la fois, ils venaient me tenter, me proposer telle ou telle scène à représenter ou décrire les effets qu'on aurait pu en tirer... À un moment j'en arrivai même à une véritable obsession.
Une belle grande pièce...

dimanche 22 janvier 2012

Au théâtre, cette semaine! (du 22 au 28 janvier 2012)


Petite semaine sous le signe du Clown Noir...

Mercredi à samedi - 25 au 28 janvier 2012
Salle Murdock (Chic.), 20h

Le Théâtre du Faux Coffre présente en reprise, cette semaine, le solo coup de poing conçu et réalisé par Pascal Rioux, Le conte bancaire de Piédestal. J'en avais parlé ici. À (re)voir. Mais, encore une fois, mieux vaut réserver à l'avance (la salle est petite!) soit par téléphone au 418-698-3000 poste 6561 ou via la page Facebook de l'événement.

Jeudi - 26 janvier 2012
Salle Luc-Tessier (Poly. Camille-Lavoie), heures?

Encore du côté des Clowns Noirs... en représentations scolaires seulement! Le Théâtre du Faux Coffre donnera, dans ce cadre, deux représentations des Lectures de Diogène.
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Sinon, il y aussi - bien que ça n'ait strictement rien de spécifiquement théâtral!

Mercredi - 25 janvier 2012
Salle Jacques-Clément (Conservatoire de Chic.), 17h30

Le CRC tient son Assemblée générale annuelle. Il est important de soutenir cet organisme.

samedi 21 janvier 2012

François Pérusse au théâtre...

Petit samedi peinard... où la légèreté est de mise... comme ces capsules de François Pérusse...


vendredi 20 janvier 2012

Les vérités du théâtre... selon Peter Brook

 Peter Brook photographié par Michael Ward

Ce matin, à la recherche d'un sujet pour le billet présent, je tombe sur ces quelques vérités théâtrales édictées par Peter Brook à la fin de son ouvrage L'espace vide.

Répétition, représentation, assistance: ces trois mots résument les trois éléments indispensables pour que l'événement théâtral prenne vie. Mais l'essentiel reste à découvrir, car les mots sont statiques. Toute formule essaie de capter une vérité qui soit impérissable, alors que la vérité, au théâtre, est toujours en évolution.

J'aime bien la simplicité de Brook. Bien sûr, il dévoile sa propre vision du théâtre. Exigeante et rituelle. Profonde et efficace. Mais qu'on adhère ou non, sa façon de parler de son art est toujours admirable:

Dans la vie quotidienne, l'expression «comme si» est une fonction grammaticale; au théâtre, «comme si» est une expérience.

Dans la vie quotidienne, «comme si» est une évasion; au théâtre, «comme si» est la vérité.

Quand nous sommes convaincus de cette vérité, alors le théâtre et la vie ne font qu'un.

C'est un noble objectif. Cela semble difficile.

Jouer sur une scène demande un gros effort. Mais quand le travail est vécu comme un jeu, alors ce n'est plus un travail.

Jouer est un jeu.

Que rajouter de plus? Tout est dit.

jeudi 19 janvier 2012

Les catégories de comédiens...


Voici comment, dans le recueil (le lexique serait plus juste...) Les secrets des coulisses des théâtres de Paris: mystères - mœurs - usages par Joachim Duflot (publié en 1865 et retrouvé ici) on distingue trois types de comédiens au sein des différentes compagnie (enfin... des troupes...):

Troupe. — Chaque théâtre a sa troupe qui se divise en trois catégories, ainsi dénommées: la «troupe d'or», la «troupe d'argent», les «rognures de fer-blanc».

La «troupe d'or» est une sorte de bataillon sacré, composé d'artistes éminents et destinés à jouer les pièces sur lesquelles l'administration fonde les plus grandes espérances; elle n'a de relations qu'avec les auteurs de la première catégorie
[...]. Ils font recette.

Les «troupes d'argent» possèdent des acteurs de talent, mais qui ne peuvent faire de l'argent qu'à la condition de jouer une excellente pièce [...]. Le dénombrement en serait trop long.

Quant aux «rognures de fer-blanc», vous les connaissez aussi bien que nous, elles jouent les levers de rideau au milieu du bruit des portes qui s'ouvrent et ferment.

Je trouve assez amusant ce jugement de valeur. Quelque peu sarcastique... Je me demande qui, si on appliquait ce principe au milieu théâtral québécois (parce que je n'ose imaginer les ravages d'une telle application sur le milieu saguenéen!), se retrouverait où...