mercredi 27 mars 2013

Journée Mondiale du Théâtre 2013


Comme à tous les 27 mars, c'est la Journée Mondiale du théâtre (un peu d'histoire ici)... qui, comme son nom l'indique, est soulignée un peu partout dans le monde... notamment par la lecture du message officiel (voir plus bas) avant les différentes représentations qui prendront l'affiche aujourd'hui.

Ici, au Saguenay, c'est le Théâtre C.R.I. qui souligne l’évènement dans une activité spéciale... du théâtre invisible, entre 17h et 18h! J'y reviendrai.

Alors, je souhaite une bonne journée à tous ceux et celles qui font ce théâtre... et plus particulièrement ceux du Saguenay-Lac-Saint-Jean et tous les organismes qui le constitue: le Théâtre des Amis de Chiffon, le Théâtre La Rubrique, le Théâtre Mic Mac, les Têtes Heureuses, la R.I.A., le Théâtre C.R.I., le Théâtre 100 Masques, le Théâtre du Faux Coffre, le Théâtre de la Tortue Noire, le Théâtre À Bout Portant, le Collectif Les Poulpes, la Chaire de recherche pour une dramaturgie sonore... et tous les autres! Aux auteurs. Aux metteurs en scène. Aux concepteurs. Aux comédiens. Aux directeurs. Aux administrateurs. Aux spectateurs... et aussi aux chroniqueurs et journalistes culturels!

En suivant les liens suivants, il est possible de lire le message officiel écrit par Dario Fo ou de le voir en plusieurs langues, là... de même que le message canadien écrit par Micheline Chevrier.

vendredi 22 mars 2013

Le bruit du vent

Quel plaisir ce doit être de faire un spectacle «à l'ancienne» avec une machinerie telle que celle-ci... servant à créer l'illusion (car oui, c'est être en plein illusionnisme qui, en bout de ligne, mena à la crise du drame des années 1880!) du bruit du vent:


Bon. Cette machine n'est peut-être pas aussi ancienne qu'elle souhaite le faire croire, mais quand même... 

Cette vidéo est tirée du logiciel Histoire du théâtre en Occident produit par le CCDMD en 2006... et où il est possible de voir d'autres extraits (principalement des entrevues) là. 

jeudi 21 mars 2013

Et d'une autre!


Le Théâtre Mic Mac de Roberval entreprend ce soir (représentation sur invitation seulement) sa toute nouvelle production, Adieu Beauté - la comédie des horreurs de François Archambault. Alors à toute l'équipe...  

... Christian Ouellet, Joan Tremblay, Stéphane Doré, 
Ursule Garneau, Annie Girard, Mélanie Tremblay, 
Vicky Tremblay, Gervais Arcand...

...et tous les autres qui ont gravité autour de cette création (et même ceux qui n'ont pas été impliqué cette année!), un seul mot:

... MERDE!...

mercredi 20 mars 2013

De la structure...

Portrait de Vsevolod Meyerhold, Pyotr Konchalovsky, 1938

Si l'on me demande pourquoi certaines institutions théâtrales filent aujourd'hui un mauvais coton, j'en dirai la raison sans ambages. [...] Les questions d'organisation sont très importantes. On doit commencer par elles. Il faut concentrer son attention sur elles. Sinon, on finit par croire que nous sommes des créateurs géniaux qui ne travaillons qu'avec l'inspiration.

Cette citation est extraite d'un cours de mise en scène donné par Meyerhold (ce que je peux aimer lire ses ouvrages!), le 5 janvier 1939 (cours qui se retrouve dans le quatrième tome de ses Écrits sur le théâtre). Elle revient, finalement, à dire qu'il faut voir les structures, les plans d'action, les cadres établis comme étant des outils d'avancement et non pas des obstacles. Une opinion que je partage d'emblée.

lundi 18 mars 2013

Une autre saison pour «L'Heure du théâtre»


Bien que le projet de L'Heure du Théâtre soit à peine terminé, j'en suis déjà à préparer la prochaine édition qui se tiendra à compter du mois d'octobre 2013. Une nouvelle édition étalée jusqu'en mars 2014, à raison d'une rencontre dominicale à toutes les deux semaines.

J'ai établie une première liste réunissant encore dix auteurs du répertoire universel, toujours de l'Antiquité à l'époque moderne:
  • Plaute et le théâtre latin
  • Adam de la Halle et les jeux médiévaux
  • Zeami et le nô japonais
  • Caldéron et le Siècle d'Or espagnol
  • Marivaux et le marivaudage
  • Pixérécourt et le mélodrame
  • Gogol et le théâtre russe
  • Oscar Wilde et la morale victorienne
  • Alfred Jarry et le théâtre subversif
  • Franz Xaver Kroetz et le théâtre du quotidien
Une liste encore chargée avec des styles marqués et marquants qui s'insérera en travers celle de cette année... qui ouvre assurément les horizons...

Mais une autre liste me tente beaucoup. Une liste à laquelle je songe de plus en plus... qui dresserait un portrait (bien sommaire) de l'évolution du théâtre québécois (de la Nouvelle France à aujourd'hui, en passant par le théâtre canadien-français). Ce qui m'embête un peu, c'est que pour celle-ci, les textes ne sont pas nécessairement libres de droit. 




samedi 16 mars 2013

Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]



À quelques jours de la première lecture (déjà... puisqu'elle est prévue le 26 mars), je résume un peu le projet à venir... 

Le Théâtre 100 Masques replonge, pour une troisième fois (après L'Impromptu de Versailles et  Les Précieuses ridicules en 2003 et Le Médecin malgré lui en 2009) dans l’œuvre de Molière pour arrêter son choix sur deux courtes pièces (30-45 minutes chacune) de ce monument dramatique : Le Mariage forcé (une comédie-ballet présentée pour la première fois en 1664) suivi de La Jalousie du Barbouillé (qui, dans les faits, serait possiblement antérieure à la première). 

Chronologiquement parlant, ces deux textes (cataloguables dans les farces par leur intrigue simple et les multiples rebondissements fondés sur le jeu de l'arroseur arrosé...) viennent donc avant les grandes comédies qui constitueront l'apogée de l'auteur. Ils sont donc moins connus... et en ce sens, fort intéressants à travailler.

La première pièce raconte l’histoire de Sganarelle, qui s'est mis en tête d'épouser la jeune Dorimène. Il s'en ouvre à son ami Géronimo, qui se moque de lui, mais ne parvient pas à le dissuader de ce projet insensé. Il lui suggère de demander conseil à deux philosophes, Pancrace et Marphurius : le premier, docteur aristotélicien, n'écoute pas Sganarelle, car il est tout à la dispute qu'il vient d'avoir au sujet des chapeaux. Le second, docteur pyrrhonien, ne peut répondre que oui et non à la question de savoir si Sganarelle doit se marier. Ce dernier surprend une conversation entre sa promise et son amant, Lycaste, qui le décide à renoncer à son projet de mariage, mais Alcidas, frère de la jeune fille, survient et prétend que le mariage doit se faire pour éviter un affront public. Il provoque vainement Sganarelle en duel, puis se résout, en bonne logique, à le bâtonner jusqu'à ce qu'il accepte d'épouser Dorimène.

La seconde montre les tribulations du Barbouillé marié à Angélique. Il n’est pas satisfait de sa femme qui, dit-il, le fait enrager. Il demande au docteur son avis sur la façon de la punir. En fait de conseils, ce dernier se perd en verbiages creux et intarissables, qui ne font qu’exaspérer le Barbouillé, qui, pourtant, court derrière lui. De son côté, Angélique, se plaint également de son mari à son amant Valère. Le Barbouillé revient et se plaint de la présence de Valère. Gorgibus, le père d’Angélique, ne peut dissiper la dispute.

À la lecture de ces deux résumés, il va de soit que ces productions se télescopent, fonctionnent, en quelques sortes, sur le même thème : les problèmes du couple… avant et après le mariage ! Mais plus encore ! Il s’agit d’un amusant discours sur l’emprise des autres sur ses propres actions, au détriment de la véritable liberté de choix. Une exposition et une démonstration ! Avec toute la verve comique du grand maître du rire.

Plusieurs raisons motivent donc ces choix: le thème proposé, la poursuite de l'exploration du répertoire comique, la découverte d'autres textes de l'auteur que ses grandes comédies, l'appropriation d'une matière propre à créer des jeux de scènes, l'intérêt pour les pièces courtes (et leur concision et la concentration de leur action)... et la première occasion de me frotter à Molière!

vendredi 15 mars 2013

Ils...


Dans le Dictionnaire de la langue du Théâtre d'Agnès Pierron (publié en 2002, Le Robert), une entrée fait sourire par sa simplicité et sa non moins vérité:

ILS - C'est la façon qu'ont les comédiens de désigner le public. Un comédien qui n'est pas encore entré en scène demande à celui qui retourne en coulisses: «Ils sont gentils?». Suit un court dialiogue stéréotypé:
- Ils ne comprennent rien!
- Mais il y a une bonne écoute!
Le comédien a l'obsession de conquérir le public. Pour une comédie, la question, obsédante, est «Ça va? Ils se marrent?».

Cette discussion, en arrière-scène, se déroule spectacle après spectacle... comme un recherche de confiance, une tentative de se donner du courage...

jeudi 14 mars 2013

Après «Après moi»...


Petite virée, hier soir, au Mont-Jacob, pour aller découvrir Après moi, la plus récente création des Éternels Pigistes présentée par le Théâtre La Rubrique.

Après moi, c'est d'abord un texte assez bien construit de Christian Bégin. Cinq personnages, cinq solitudes. Une quête... ou plutôt une fuite par en-avant qui passe par la parole. Et des histoires aux accents existentiels (très génération X)... Drôles. Touchantes. Mais aussi... parfois... très appuyées alors que s'agite un pathos un peu gros. Surtout en finale...

Après moi, c'est aussi une mise en scène sobre de Marie Charlebois qui laisse toute la place aux comédiens dans ce lieu - la chambre d'hôtel - simplement évoqué par trois lits et trois lampes et un corridor de tapis qui les entoure... Peu d'effets scéniques. 

Après moi, c'est surtout de solides performances... notamment de Pier Paquette, en père tourmenté et Isabelle Vincent en coiffeuse frondeuse... Ce quintet se connaît, s'ajuste, explose dans une complicité manifeste. 

mercredi 13 mars 2013

De l'atmosphère des coulisses...

Sarah Bernhardt par Hans Makart, 1881

Un autre petit clin d'oeil de la grande Sarah Bernhardt... cette fois, à propos des coulisses (tiré de la page 169 son autobiographie, Ma Double Vie publiée en 1907... qu'il est possible de lire dans son intégralité ici):

Un jour, ma mère eut la curiosité de venir voir les coulisses. J'ai cru qu'elle allait mourir de dégoût. «Ah! malheureuse enfant! Comment peux-tu vivre là-dedans?» murmura-t-elle. Et, arrivée dehors, maman respira, humant l'air à plusieurs reprises.

Il y a encore de nos jours de ces coulisses qui décourageraient bien des mères! Avec leur désordre habituel qui accumule restants de nourriture, étalement de maquillage, mouchoirs, journaux épars, vêtements fripés, bouteilles d'eau à demi vides, fleurs qui sèchent par défaut, moutons de poussières...

mardi 12 mars 2013

«Après moi»... demain!


Demain soir, le Théâtre la Rubrique recevra l'Après moi des Éternels Pigistes. Moi aussi, je serai là! Ce sera ma première vraie rencontre avec cette troupe... 

lundi 11 mars 2013

Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]


Je viens de franchir une nouvelle étape pour sortir de cette saison hivernale en mettant une dernière main sur l'horaire de répétitions de la production estivale du Théâtre 100 Masques! Un horaire d'avril à juillet... de la première lecture à la première représentation... Car mine de rien, ça débute dans quelques jours!

Un horaire par la suite envoyé aux comédiens (les quatre qui se partageront tous les rôles des deux pièces de Molière que sont Le Mariage forcé et La jalousie du Barbouillé!) et confirmé par ceux-ci!

Maintenant que le plus chiant est fait, reste une production à mener à bien! 

Un beau projet terminé...


Hier avait lieu la dernière rencontre de L'Heure du Théâtre, une initiative du Théâtre 100 Masques rendue possible grâce au soutien du Conseil des arts de Saguenay pour les projets spéciaux (Volet I – Projets artistiques issus des milieux culturels et communautaires). Ce tout nouveau type d’ateliers de théâtre était axé sur l’acquisition de connaissances générales en lieu et place de la pratique: revisiter, autour d’une tasse de thé (en lien avec la thématique) et de biscuits, l’histoire du théâtre par le biais de ses grands auteurs et de ses grands textes.

De septembre 2012 à mars 2013, dix rencontres ont été tenues (il était possible de s’inscrire pour l’ensemble des rencontres… comme il était également possible de s’inscrire à la pièce), animées par différents professionnels de la scène saguenéenne. De l'Antiquité au théâtre contemporain, en passant par la farce médiévale, le classicisme, le romantisme allemand et l'absurde, les allers-retours furent nombreux et enrichissants tant pour les participants (ce sont, en moyenne, une douzaine de personnes qui ont participé, semaine après semaine) que pour les animateurs qui avaient là une occasion de remettre leurs connaissances à jour... 

Lors de ces rencontres (d’une durée d’une heure et demie), une discussion était lancée sur le contexte historique et sur la façon dont l’auteur s’inscrivait dans la pratique de l’art dramatique. Une petite séance didactique… avec projections vidéo, explications au tableau, images. Puis rapidement, le groupe entamait, à voix haute, la lecture de la pièce au programme. Cette lecture était commentée par l’animateur qui relevait les points importants, donnait des informations sur le style, sur les personnages, sur les anecdotes autour de productions de ce texte, etc. Quelques discussions sur les résonances de ces textes avec le monde actuel eurent également lieu.

Bref, un projet pilote est convaincant. Original. Et apprécié de la clientèle. Au point où une nouvelle édition se tiendra au cours de l’année 2013-2014, avec de nouvelles pièces au programme… et peut-être même une exploration du répertoire québécois, de la Nouvelle-France à aujourd’hui… Qui sait...