vendredi 19 avril 2013

Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]

Voici une série de photographies prises par Patrick Simard (d'où le fait qu'il ne soit pas sur les images!) lors du premier filage, ce matin, des quatre premières scènes du Mariage forcé. Une répétition où les choses commencent à se placer pour certains personnages...

Mélanie Potvin (Sganarelle) et Isabelle Boivin (Géronimo)

Mélanie Potvin et Isabelle Boivin... qui m'écoutent... du moins j'espère.

Marc-André Perrier (Dorimène) et Mélanie Potvin (Sganarelle)

Mélanie Potvin (Sganarelle) et Marc-André Perrier (Dorimène)


Du ménage des costumiers...


Après les sempiternelles demandes de subventions qui reviennent sans cesse, un autre travail se profile tout aussi souvent dans les organismes de production: le ménage des espaces voués à l'accumulation des différents éléments scéniques... tels les costumiers et les entrepôts.

Ces lieux qui passent d'une méticuleuse propreté à un joyeux capharnaüm au gré des ateliers, des formations, des spectacles. Ces lieux qui se perdent sous les boîtes, les supports à vêtements, les sacs, la poussière. Ces lieux qui ne donnent qu'une envie quand on y entre: en ressortir!

Ils ont toutefois une certaine valeur: celle du souvenir. 

Tel costume a été fait par tel concepteur pour tel comédien. Repris ensuite pour telle production. Telle chaise a été peinte en vert, en rouge, en noir, en or... avant de redevenir rouge. Puis noire. Tel morceau de vêtement a été récupéré parce qu'il était spécial... mais n'a encore jamais servi...

Si leur valeur monétaire peut être discutable (je ne parle pas ici de l'outillage ou du matériel technique!), ces endroits constituent pourtant une véritable richesse pour les organismes qui ont la chance d'en posséder!

jeudi 18 avril 2013

Les trois éléments de la mise en scène


Le travail de mise en scène implique la prise en compte de trois éléments:
a) l'état actuel technique, sociologique, esthétique, économique du théâtre - tout le code théâtral contemporain;
b) un spectateur imaginaire construit par le metteur en scène, selon l'univers encyclopédique et particulièrement esthétique qu'il lui prête, en relation d'identité et/ou de distorsion avec le sien propre [...];
c) un texte (fût-il un simple canevas), base de réflexion, de création.

J'aime beaucoup cette explication de la mise en scène - de la prise en compte de la réflexion, de la connaissance et du destinataire! - que je trouve complète... et tellement concise! Elle vient du petit bouquin (essentiel!) d'Anne Ubersfeld, Les termes clés de l'analyse du théâtre.

mercredi 17 avril 2013

Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]

Voici un extrait de la répétition de ce matin! Il s'agit de la toute fin de la quatrième scène du Mariage forcé, qui met en scène Sganarelle, joué par Mélanie Potvin et le Docteur Pancrace, joué par Patrick Simard. De plus, c'est là le début des répétitions... d'où le satané texte à la main...!

mardi 16 avril 2013

Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]


Une seconde scène du Mariage forcé est maintenant placée. Bien grossièrement, mais tout de même! Déjà se dessinent les personnages principaux...

Le défi (par choix!) de cette production (outre la mise en scène en elle-même!) réside dans deux éléments: l'étroitesse du plateau conjuguée au passage de multiple personnages! Il faut dynamiser l'espace sans le surcharger... l'exploiter en maximisant son efficacité en prenant bien soin de se ménager une marge de manœuvre... Car d'un personnage à l'autre (avec, en prime, le travestissement propre à une petite distribution), il faut pouvoir... il faut savoir renouveler le potentiel scénique.

Et dans cette production, l'intrigue est vive. Rapide. Nerveuse. Du coup, la construction théâtrale ne peut y échapper. Il faut donc chercher à s'inscrire dans ce mouvement sans essouffler et l'interprète, et le spectateur...

L'importance est donc accordée à l'économie du geste et du déplacement, à  la sculpturalité des corps, à leur mise en rapport (rapport à l'autre, rapport à la scène) dans l'édification des images.

lundi 15 avril 2013

Trou noir... [Carnet de mise en scène]

La comédienne, Elaine Juteau, entre deux prises...

Là où aurait pu naître la polyphonie, rien.
Là où aurait pu naître la choralité, rien.
Là où aurait pu naître une intrigue, rien.
Qu'un corps.
Q'une voix.
Qu'une figure.
Ma théâtralité.

Les répétitions ont repris ce week-end (après une série d'imbloglios!), avec vigueur. Nous avons pu traverser tout le texte, établissant des repères physiques, des enchaînements logiques, à travers tous les récurrences, les redondances, les redites... 

Nous nous sommes même permis de faire un premier filage... qui franchit à peine la demie heure! Mais tout ça devrait se calmer un peu et donner une représentation d'environ 40-45 minutes (pour un texte de 41 pages). Quand nous aurons trouver le moyen de bien contrôler le rythme!

D'ici là, il nous faut nécessairement revenir à l'essentiel de ce texte, soit l'échange avec le spectateur. Le renfermement sur la fiction (si tant est qu'elle existe) est un important écueil. Il est si facile de perdre le fil, de se perdre dans le verbiage! Il faut constamment se rappeler que bien que sous forme monologique, il doit s'agir d'une véritable discussion entre la salle et la scène.

Il faut aussi préciser les idées. Les liens entre le manifeste et la fiction... entre le concret et l'immatériel.

Puis il faut marquer le vocabulaire gestuel avec plus d'économie tout en augmentant son envergure, son discours.

Le but recherché est de donner un cadre solide dans lequel la comédienne retrouve une certaine liberté d'action, selon son état, selon la constitution de la salle, la réaction du spectateur... 

dimanche 14 avril 2013

La hiérarchie du geste


Je crois qu'il n'y a que quatre types de gestes/mouvements possibles pour le comédien. Par geste, j'entends, comme le définit Anne Ubersfeld dans Les termes clés de l'analyse du théâtre, le mouvement corporel produit par l'acteur d'une façon volontaire ou semi-volontaire [...] qui, par le fait même qu'il est produit au cours de la représentation, adopte une signification en relation a) avec la parole de l'acteur, b) avec les autres acteurs, c) avec l'espace de la représentation.

Pour revenir, donc, à mon sujet...

Il y a le geste/mouvement MAJEUR. Celui qui crée la pose, l'image. Qui modifie les différents rapports (à soi, à l'autre, à la scène) par son exécution.

Il y a le geste/mouvement MINEUR. Celui qui modifie cette pose, cette image. Qui lui donne une nouvelle lecture. Un nouvel angle.

Puis il y a le geste/mouvement TRANSITOIRE. Celui qui n'a pas forme très définie mais qui sert à déplacer le corps, à le repositionner dans l'espace, à la préparer à une nouvelle action.

Enfin, il y a le geste/mouvement PARASITE. L'indésirable. Celui qui fait brouillon... comme les piétinements, les tics, etc.

Tout ça mériterait d'être un peu plus développer...

vendredi 12 avril 2013

Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]

Ça y est. C'est commencé.

Nous voici officiellement entrés en répétition pour le théâtre d'été de cette année. Cet avant-midi, nous avons - les comédiennes Isabelle Boivin, Mélanie Potvin et moi - entamé la mise en place de la première scène du Mariage forcé. 

La plus difficile parce qu'il s'agit de l'ouverture. Du début du spectacle. Du commencement. Encore aucun code, aucun repère.

Bien qu'il se poursuivra jusqu'en juillet (jusqu'à la fin des représentations, en fait...), le travail amorcé aujourd'hui est le plus important parce qu'il définit d'ores et déjà les grandes lignes de ce qui s'en vient. Il faut jeter les bases de la création. Établir un premier cadre. Concevoir l'ébauche du contexte d'énonciation.

Nous voici donc à cette étape cruciale qu'est la construction des personnages. Physiquement, oui... mais aussi intérieurement. Je ne me convertis pas pour autant au jeu psychologique. Non. Le personnage est en quelque sorte une machine: sous la carosserie, il y a un moteur. Une façon de réagir aux stimulis. Une manière de marquer ses impulsions, de se comporter sous la pression. 

Cette mécanique scénique constituera l'essentiel du potentiel événementiel, de ce ressort dramatique qui devra se développer.


jeudi 11 avril 2013

Le code du directeur de théâtre...

Ce matin, je dépose sur ce blogue le second chapitre d'un bouquin trouvé sur Google Books au gré de mes recherches... Il s'agit de:


L'un des chapitres les plus amusants concerne les directeurs de théâtre...

DU DIRECTEUR.

Art. 1. Un directeur est roi sur son théâtre.

Art. 2. Tout roi qu'il est, un directeur, n'étant pas inviolable, doit toujours être poli avec ses sujets: plus d'un s'est repenti d'avoir oublié que l'exactitude ne devait pas être sa seule politesse.

Art. 3. Trop de franchise serait nuisible à un directeur. Pour bien administrer un théâtre, il faut être faux, recevoir tout le monde avec grâce, promettre avec l'intention de ne pas tenir, n'en faire jamais qu'à sa tête, et avoir toujours un prétexte plausible à la disposition des réclamants.

Art. 4. Un directeur n'est pas forcé d'être brave; le grand nombre d'inimitiés que l'on s'attire dans cette place le justifie d'avance de tout reproche de faiblesse. On ne peut pas avoir tous les jours l'épée à la main.

Art. 5. Un bon administrateur doit ménager les journalistes. Le quart, au moins, des lecteurs d'un journal en adopte les avis sans réflexions; et ce quart-là porte son argent au bureau comme les trois autres.

Art. 6. Un directeur doit encourager tous les auteurs, même ceux dont les essais font concevoir le moins d'espérances. Racine avait fait Alexandre avant Athalie, et M. Scribe nous avait donné Les Dervis et La Comtesse Stroun avant un Mariage d'inclination et La Dame Blanche.

Art. 7. Un directeur doit revenir le moins possible sur une détermination prise: c'est le moyen de faire respecter ses actes. Que cette nécessité cependant ne l'entraîne pas trop loin, et ne lui fasse pas prendre de l'entêtement pour de la fermeté.

Art. 8. Un directeur doit être galant avec toutes ses pensionnaires, sans montrer de préférence pour aucune. Le peuple comique a la langue pointue, et un directeur a besoin, avant tout, du respect de ses sujets.

Art. 9. Un directeur, s'il est homme de lettres, devra s'abstenir de travailler pour le théâtre qu'il dirige. S'il fait un bon ouvrage, ce qui peut lui arriver comme à un autre, tous les auteurs se ligueront contre lui, crieront à l'injustice, au monopole; et, dussent les recettes de son théâtre en souffrir, il sera bientôt forcé de rayer sa pièce du répertoire s'il ne veut pas succomber sous le poids des réclamations.

mercredi 10 avril 2013

Les défauts des acteurs...

Voici, en rafale (et tirés de la Théorie de l'art du comédien d'Aristippe Félix Bernier de Maligny paru en 1826), les différents défauts - en ordre de grandeur! - qui affligent l'acteur au cours de sa carrière...



mardi 9 avril 2013

Mickey Mouse au théâtre...

Voici un petit vidéo présentant Mickey Mouse, à ses débuts, en 1932, dans une séquence se passant sur une scène, dans un grand théâtre de variétés...

«Théâtre -Prière de fréquenter»

Éditorial de Mme Josée Boileau, du Devoir, publié hier avec le titre qui coiffe également ce billet... Je le publie parce qu'il est rare que le sujet soit abordé dans ce cadre officiel! (Et il faut savoir que j'ai pris ce texte via le site de la Coalition pour la Diversité Culturelle, ici, à défaut de pouvoir le prendre directement du journal...).

La culture devrait être accessible à tous au Québec. Accessible au sens premier du terme : arriver à entrer quelque part. Pourtant, même en 2013, cela tient encore du pari dans bien des régions. L’humour tourne, car un homme (eh oui) seul ne coûte pas cher et rapporte bien, mais malheur au théâtre, et à sa trâlée de comédiens, négligé des producteurs en région parce qu’on craint de ne pas rentrer dans ses frais.


Même le théâtre jeunesse, qui peut compter sur les sorties scolaires, n’arrive pas à faire le plein de son public. Selon une étude du Conseil québécois du théâtre (CQT), les élèves de régions comme la Gaspésie, l’Abitibi, mais aussi l’Estrie et la Mauricie, sont même extrêmement mal desservis.

On dira que la situation est meilleure qu’il y a vingt ans, mais le portrait est trompeur : les pièces « en région » sont souvent présentées en périphérie de Montréal, et mieux vaut qu’il s’agisse de très gros succès. La réalité, comme le CQT et d’autres représentants des arts de la scène l’observaient en 2011, c’est plutôt que bien des productions circulent davantage « dans le reste du Canada et en France que dans la majorité des régions du Québec ».

Louise Beaudoin, alors ministre de la Culture, avait bien présenté une intéressante politique de diffusion des arts de la scène en 1996, mais la mise en place n’a guère suivi. Depuis, la donne s’est en plus complexifiée. Année après année, la fréquentation du théâtre décline, en nombre de spectateurs d’abord, en manque de relève ensuite.

Dans le plus récent relevé des pratiques culturelles du ministère québécois de la Culture et des Communications, le théâtre se distingue d’une triste façon : c’est là que l’écart entre les 55 ans et plus et les jeunes est le plus marqué. Depuis 1979, les uns vont davantage au théâtre, les autres de moins en moins, ce que l’on ne constate pas pour les autres arts de la scène. Le public du théâtre ne se renouvelle plus.

Il faut donc saluer la volonté de la nouvelle présidente du CQT, Dominique Leduc, de mettre en place une table ronde pour que cette question soit prise au sérieux, comme elle l’indiquait au Devoir. On ne peut laisser ainsi se déserter le théâtre, art éphémère qui est pourtant le fil continu de l’humanité, où naissent toujours des histoires provocantes, stimulantes, qui racontent notre temps en un face-à-face unique avec le spectateur.

« Je m’étonne toujours de constater qu’une gifle sur scène a plus d’impact que la guerre en direct à la télévision », a déjà écrit Suzanne Lebeau, de la compagnie Le Carrousel. C’est cette force du réel que le public perd en délaissant le théâtre. Trouvons les moyens de le toucher. Partout, sur tout ce territoire où l’on arrive bien à soutenir les arénas…

Josée Boileau
De ce que je comprends, ce texte est principalement axé autour de la diffusion... et moins sur la production...