samedi 29 juin 2013
vendredi 28 juin 2013
Variantes
SCÉNOLOGIE = Science de la scène
(la théorie)
(la théorie)
SCÉNOGRAPHIE = Dessin (construction) de la scène
(le volume)
(le volume)
SCÉNOMÉTRIE = Temps de la scène
(le rythme)
(le rythme)
Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]
Il est maintenant possible d'avoir un aperçu assez juste de cette nouvelle production estivale du Théâtre 100 Masques qui prendra l'affiche à compter de la semaine prochaine.
Après un court prologue (5 minutes... inspiré de l'ouverture du Poenulus de Plaute) présenté par Patrick Simard (prologue qui n'est pas le Panégyrique des donateurs 2013... qui prendra, cette année, une nouvelle forme qui permettra aux spectateurs d'en prendre que ce qu'ils veulent), Le Mariage forcé sera en scène pour cinquante minutes.
Une pause de 10-15 minutes sera ensuite proposée... hors de la salle... le temps d'installer la seconde pièce. Puis La Jalousie du Barbouillé se jouera pour les trente minutes suivantes.
C'est donc, en quelques sortes, le cadre temporel de ce spectacle. Le cadre le plus juste puisqu'il émane directement des derniers enchaînements qui ont atteint, sous une surveillance accrue, un bon rythme de croisière. C'est donc à partir de cette mesure-étalon qu'il sera possible de juger (du point de vue purement chronométrique!) si le tout s'accélère ou ralentit avec le contact du public... en quel cas il faudra peut-être agir (ce qui s'appelle, si je ne me trompe pas trop, la scénométrie... principe que j'aime bien) pour ramener un peu de rigueur...
C'est dans ce sens que j'aime bien relire ce passage de Meyerhold: Dans notre Forêt, il y avait au début trente-trois épisodes, mais comme le spectacle se terminait tard et que les spectateurs manquaient le dernier tramway, je l'ai raccourci, à la demande des administrateurs, à vingt-six épisodes. Le spectacle, qui durait plus de quatre heures, s'en est trouvé réduit à trois heures vingt. Au bout de quelque temps, l'administration m'informe que le spectacle dure à nouveau quatre heure. J'ai alors pensé que les acteurs étaient revenus, de leur propre volonté, à des scènes que j'avais réduites. Je vais voir, mais rien de tel! Ils s'étaient tout simplement laissés aller au jeu dans les vingt-six épisodes qui restaient. Je leur fais une remontrance. Rien n'y fait. J'organise des répétitions et, le cœur serré, je réduis le spectacle à seize épisodes. Pendant quelques temps, le spectacle s'en tient à deux heures et demie, puis de nouveau s'allonge jusqu'à durer quatre heures! À la fin, le spectacle était à moitié ruiné, et il a fallu faire de nouvelles répétitions, rétablir tous les rythmes et les proportions temporelles. Il m'est arrivé une fois de prévenir que si une scène entre Pierre et Aksiouka, qui devait durer deux minutes, durait une seule minute de plus, je mettrais les interprètes à l'amende. Il faut apprendre aux acteurs à sentir le temps sur scène comme le sentent les musiciens. Un spectacle organisé de façon musicale n'est pas un spectacle dans lequel on fait de la musique, ou bien on chante constamment derrière la scène, c'est un spectacle avec une partition rythmique précise, un spectacle dont le temps est organisé avec rigueur.
C'est dans ce sens que j'aime bien relire ce passage de Meyerhold: Dans notre Forêt, il y avait au début trente-trois épisodes, mais comme le spectacle se terminait tard et que les spectateurs manquaient le dernier tramway, je l'ai raccourci, à la demande des administrateurs, à vingt-six épisodes. Le spectacle, qui durait plus de quatre heures, s'en est trouvé réduit à trois heures vingt. Au bout de quelque temps, l'administration m'informe que le spectacle dure à nouveau quatre heure. J'ai alors pensé que les acteurs étaient revenus, de leur propre volonté, à des scènes que j'avais réduites. Je vais voir, mais rien de tel! Ils s'étaient tout simplement laissés aller au jeu dans les vingt-six épisodes qui restaient. Je leur fais une remontrance. Rien n'y fait. J'organise des répétitions et, le cœur serré, je réduis le spectacle à seize épisodes. Pendant quelques temps, le spectacle s'en tient à deux heures et demie, puis de nouveau s'allonge jusqu'à durer quatre heures! À la fin, le spectacle était à moitié ruiné, et il a fallu faire de nouvelles répétitions, rétablir tous les rythmes et les proportions temporelles. Il m'est arrivé une fois de prévenir que si une scène entre Pierre et Aksiouka, qui devait durer deux minutes, durait une seule minute de plus, je mettrais les interprètes à l'amende. Il faut apprendre aux acteurs à sentir le temps sur scène comme le sentent les musiciens. Un spectacle organisé de façon musicale n'est pas un spectacle dans lequel on fait de la musique, ou bien on chante constamment derrière la scène, c'est un spectacle avec une partition rythmique précise, un spectacle dont le temps est organisé avec rigueur.
jeudi 27 juin 2013
Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]
Après le montage du système d'éclairages, la période de focus et celle des intensités, nous voici avec un kit lumières prêt à être utilisé.
Si quelques détails esthétiques restent à fignoler (un bout de planche par-ci, quelques clous par-là, quelques épingles et du fil), l'ensemble est maintenant terminé.
Les enchaînements de cette semaine portent fruit. L'aspect chorégraphique du jeu se dépose peu à peu dans la mémoire corporelle des comédiens. Le rythme - vertigineux! - devient de plus en plus assuré. Les enjeux - dramaturgiques, dramatiques, scéniques, spatiaux - se précisent.
Encore quelques jours... moins d'une semaine!... et ce sera la rencontre avec le public. Pendant ce temps, qui sait... Molière se retournera peut-être dans sa tombe...
mercredi 26 juin 2013
Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]
(Photographies de Daniel Gauthier, parues dans l'édition du Réveil du 25 juin 2013)
Encore quelques jours pour hausser d'un cran la qualité, la précision, la dynamique des deux pièces.
À force de répéter, pourtant, les interprètes perdent un peu en efficacité scénique ce qu'ils gagnent en aisance.
Il faut dire qu'arrive toujours un stade - encore plus frappant dans la comédie! - où le public devient une nécessité... où son absence se fait cruellement sentir. Cette rencontre est attendue, envisagée, présumée, prise en compte (du moins, je m'efforce de la ramener en avant-plan!)... bien qu'elle demeure, pour le moment, virtuelle.
Sans lui, le comédien perd un ancrage solide (et multiple!) dans ce face-à-face entre la salle et la scène. Sans lui, les effets comiques sont constamment inaboutis.
Les séances de notes, de plus en plus précises, cherchent à peaufiner les enjeux dramatiques, les liens inter-personnages et la forme scénique. Sous l'accumulation d'informations qui parvient aux acteurs, une seule chose prime en fin de compte: rester vigilant, alerte, conscient.
samedi 22 juin 2013
Le Mic Mac en route.
Devant: Joan Tremblay, Mélanie Tremblay, Francine Joncas.
Derrière: Sonia Tremblay, France Donaldson, Jocelyne Simard.
Photographie (et décor): Christian Roberge.
Les créateurs du Théâtre Mic Mac sont présentement en route, aujourd'hui, le 22 juin, pour assister au 6ième Gala des Arlequins organisé par la FQTA (Fédération Québécoise du Théâtre Amateur) où leur production Albertine en cinq temps (mise en scène par Réjean Gauthier en 2012) est nominée dans trois catégories: Meilleure production 2012, et deux nominations pour Meilleure comédienne 2012 (où se retrouvent Sonia Tremblay et Jocelyne Simard).
Bonne chance à eux!
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AJOUT!
Sur Facebook, on vient d'apprendre que le Mic Mac a remporté deux Arlequins: celui de Meilleure production 2012... de même que celui de Meilleure comédienne pour Jocelyne Simard!
Félicitations!
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AJOUT!
Sur Facebook, on vient d'apprendre que le Mic Mac a remporté deux Arlequins: celui de Meilleure production 2012... de même que celui de Meilleure comédienne pour Jocelyne Simard!
Félicitations!
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Le Mic Mac a, par le passé, remporté quelques Arlequins... notamment pour les Reines (Meilleure production 2007 et Meilleure comédienne pour Céline Gagnon) et pour Le Rire de la mer (Meilleure scénographie 2008) en plus de se voir nommé à d'autres occasions (pour Là, La Défonce et La Visite).
jeudi 20 juin 2013
Vers le troisième «Forum sur le théâtre au SLSJ»
Nous y voilà... enfin presque. C'est demain matin, à 10h, que s'ouvrira le troisième Forum sur le théâtre au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Sur quoi débouchera-t-il?
Ce théâtre que nous sommes plusieurs à défendre, en vaut-il le coup? Et à quoi ressemble-t-il? Comment peut-on le mieux faire connaître? Le faire circuler?
La région comme troisième pôle théâtral au Québec? Mais encore? Le vertige du vide, comme disait Turp dans sa lettre ouverte au Devoir du 23 avril dernier? Comment renverser ces impressions venues des grands centres?
Il y a là beaucoup de matière à réflexion...
Plus il y aura d'idées, de débats... et le plus un plan d'action solide et efficace ressortira de cette journée de concertation...
Libellés :
Concertation,
Forum sur le théâtre du SLSJ
mardi 18 juin 2013
Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]
Voici la distribution de cette nouvelle production estivale (photo de Julie Bernier): Pierre Tremblay, Patrick Simard, Isabelle Boivin et Mélanie Potvin. Puis il y a moi.
Déjà l'an prochain...
Je suis en mode lecture intensive en vu de la prochaine production estivale du Théâtre 100 Masques... celle de 2014... qui marquera officiellement, du coup, la quinzième année d'existence de la compagnie.
Quinze théâtres d'étés... avec notamment Tchechov, Obaldia, Hitchcock, Molière, Goldoni, Arrabal, Feydeau, Labiche, Guitry, Aristophane, Plaute...
Que faire pour cette occasion?
Plusieurs options sont sur la table... dans cette suite de répertoire, il va sans dire!
Comme de reprendre les mêmes textes que lors de ce théâtre d'été 1999. Ce spectacle était composé de courtes comédies de Tcheckhov (La demande en mariage et L'Ours) de même qu'une pièce de René de Obaldia (Le Défunt), réunies sous le titre Les Veuves Sauce Moutarde (ici). C'est là pourtant ce qui m'intéresse le moins.
J'aimerais bien aller vers le théâtre russe du XIXième siècle... Avec Gogol, plus précisément. Et Le Revizor... une pièce très drôle qui situe l'action dans une petite ville corrompue où tout fonctionne par collusion, pots-de-vin, triturage de l'opinion... jusqu'à ce que débarque l'inspecteur général. Un texte approprié dans l'état actuel de la chose politique municipale québécoise!
Je caresse pourtant une autre idée, avec un répertoire somme toute assez contemporain... celui de Georges Moineaux dit Courteline. L'as du portrait grinçant. Le nouveau Molière. L'un de mes auteurs favori (dans ce billet-là, il y a une photo de moi sur sa tombe)... Faire un spectacle à saynètes... un peu dans la lignée d'un petit projet antérieur, Courteline ou les pétunias de la bêtise présenté en 2005... C'est là une matière riche, foisonnante, amusante... directe comme de bons crochets de boxe!
Une autre idée, que je porte depuis quand même quelques années, me pousserait à délaisser la comédie pour faire une incursion dans un chef-d'oeuvre de la littérature tragique: Phèdre de Racine. Je crois que ça pourrait fonctionner... mais le risque (à tous les points de vue: mise en scène, distribution, réception) est énorme.
Peut-être y aura-t-il autre chose... Je continue de lire, ouvert à toute autre option, pour avoir un projet qui marquera bien cet anniversaire...
lundi 17 juin 2013
Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]
Bien que nous sommes entrés dans la Salle Murdock vendredi dernier, c'est aujourd'hui que nous prenons officiellement possession du lieu.
Le matériel est arrivé et dans quelques minutes, nous pourrons passer à l'étape de la concrétisation de la scénographie. À partir de cette esquisse (crayonnée de mes blanches mains!), nous avons faits les calculs nécessaires. Nos plans. Nos commandes.
Le tout devrait se passer assez rondement... et le résultat devrait être intéressant. Du moins, je l'espère.
Cette scénographie (en fait, c'est plus une scène, une aire de jeux simple, qu'un décor à proprement parlé) a pour base les tréteaux, le théâtre temporaire installé dans les jeux de paume à l'époque de Molière. C'est aussi le souhait d'avoir un espace plutôt autonome qui pourra porter sa propre technique. Je ne veux pas un décor qu'il faille mettre en valeur... mais un objet scénique qui génère sa propre dynamique, sa propre esthétique.
dimanche 16 juin 2013
De l'expression du visage... [Traité d'anatomie]
Du même ouvrage que celui cité dans le billet précédent, voici un petit traité anatomique de l'expression du visage!
Œil. — La fonction de l'œil, considéré comme organe de vision et d'expression, est ce qui frappe le plus dans la partie de la face qui constitue essentiellement le visage. Il faut généralement ménager les regards, et ne point les prodiguer à chaque parole. Les yeux perdent leur expression par un mouvement continuel. Les regards fixés de côté font beaucoup d'effet, surtout lorsque dans ce moment on ne fait aucun geste. Le plus grand acteur ne serait rien sans le langage des yeux; tout languit dès que les regards ne sont point animés. L'œil est l'âme du discours. Écoutez un grand acteur sans le regarder, il ne vous fera qu'une légère impression, retournez-vous, sa pantomime vous effraie. Le tonnerre de la parole d'un orateur ne produit qu'un bruit inutile, s'il n'est accompagné de l'éclair de ses regards, et la compassion est plus l'ouvrage des larmes que l'on voit couler, que du récit de l'infortune qui les cause. Il faut, en règle générale, regarder toujours celui à qui l'on parle,cela donne de la vérité au dialogue. Il n'existe aucune passion qui ne soit indiquée par un mouvement particulier des yeux. Pour agrandir l'œil, baissez la tête. Un coup d'œil lancé à propos dit plus vite et mieux qu'un long discours ; quand les yeux sont abusés, les oreilles le sont aussi plus aisément. Si l'acteur est profond dans son art, il fera que l'expression des yeux précède celle de la parole ; il préviendra alors si bien le spectateur de ce qu'il va lui dire, qu'il le fera entrer tout d'un coup dans ses dispositions, qui, par la suite du discours, lui feront recevoir plus aisément les impressions que l'on demande. Ordinairement, tant que l'acteur ne dit que des choses indifférentes ou de peu d'importance, il doit laisser ses yeux presque à demi fermés, et sans expression marquée ; alors ils produisent plus d'effet dans les moments importants.
Sourcils — Il y a deux mouvements dans les sourcils qui expriment tous les mouvements des passions. Celui qui s'élève vers le cerveau exprime les passions les plus farouches et les plus cruelles. Quand le sourcil s'élève par son milieu, cette élévation exprime des mouvements agréables ; dans ce cas, la bouche s'élève par les côtés, et dans la tristesse elle s'élève par le milieu. Lorsque le sourcil s'abaisse par le milieu, ce mouvement marque une douleur corporelle, alors la bouche s'abaisse par les côtés.
Front.— Le haut du visage doit jouer sans cesse; la bouche et le menton ne doivent ordinairement se mouvoir que pour articuler, excepté dans les affections bien vives; autrement l'on fait des grimaces. Le mouvement du front aide beaucoup celui des yeux. Le jeu des muscles du front produit un grand effet
Cheveux.— L'arrangement des cheveux, la manière de les distribuer sur le front influent beaucoup sur la physionomie de l'acteur.
Bouche, lèvres. —La bouche est la partie de tout le visage qui marque le plus particulièrement les mouvements du cœur. Elle est le siège principal de la dissimulation. L'articulation nette dépend du travail de différentes parties de la bouche, surtout dans la prononciation des consonnes. La voix, quelque belle qu'elle soit, ne séduira jamais en sortant d'une bouche lente et paresseuse. En général une bouche enfoncée ne peut jamais rendre avec éloquence les caractères de la douleur. La manière de contracter ou de dilater les lèvres, influe beaucoup sur l'expression de la physionomie. Les muscles de la lèvre inférieure, surtout les muscles triangulaires, produisent le plus grand effet dans les passions oppressives et contractées. — Pour parler purement, les sons doivent sortir de la voûte du palais, et le travail des lèvres doit les modifier, les épurer et les perfectionner. La plus belle partie du talent de mademoiselle Mars était sa prononciation nette et perlée; elle la devait naturellement à la conformation de sa bouche en général, et surtout à celle de ses lèvres, en particulier, qui étaient extrêmement mobiles et déliées. A force d'étude et de travail, on pourrait acquérir jusqu'à un certain point ces qualités si précieuses dans l'art du comédien, celles d'une articulation parfaite.
Nez. — Les acteurs chargés des premiers emplois dans le haut comique, finissent par acquérir une mobilité remarquable dans l'appareil musculaire des cils, du nez et de la lèvre supérieure. Tel était surtout Fleury, ce qui le rendait si supérieur, dans l'expression des caractères d'hommes à bonnes fortunes, de roués, de séducteurs, et surtout dans l'ironie et le persiflage.
Joues. — La partie dès joues qui est positivement placée sous les yeux contribue, en s'élevant et en s'abaissant, à l'expression; mais il faut être modéré dans le mouvement de cette partie qui devient aisément forcée.
De la convenance théâtrale...
Autre trouvaille due à Google Book... C'est toujours bien d'avoir une idée de l'évolution du théâtre... Voici donc comment étaient définies les convenances théâtrales en 1855 - époque hyper théâtrale s'il en est une, avec ses vedettes, ses codes, ses genres! - dans l'Encyclopédie de l'art dramatique d'Edmond Béquet (ici):
CONVENANCES THÉÂTRALES: Bienséances théâtrales; certaine conformité d'action avec les lieux, le temps et les personnes; c'est-à-dire l'exacte observation de certaines règles, qu'on ne saurait enfreindre, sans enfreindre ou négliger, sans choquer les notions les plus communes ou les moindres usages reçus dans le monde. Les convenances s'observent dans la voix, le maintien, le regard et la marche. Ordinairement il ne faut pas élever sa voix au-dessus de celle de son interlocuteur, lorsque celui-ci est placé, par son rôle, au-dessus de vous. Le maintien doit s'accorder avec la voix. Il faut aussi ménager ses regards avec prudence, suivant la qualité et l'importance de la personne à qui l'on parle, ou avec laquelle on se trouve en scène, même sans parler. Il en est de même de la marche. Les convenances théâtrales s'envisagent 1- sous le rapport du respect que le personnage se doit à lui-même; il est relatif à son rang et au genre plus ou moins grave de la pièce; 2- sous le rapport du respect que les personnages se doivent entre eux. Le respect est de même relatif au genre plus ou moins grave de la pièce, mais il a plus de détaché que le précédent.
Un valet, un artisan, un employé, etc., doit parler avec respect à son maître et à ses supérieurs, et éviter de paraître familier avec lui, à moins que l'esprit du rôle n'indique formellement le contraire. De même un homme de qualité, obligé de se travestir, devra toujours se respecter assez pour ne rien faire qui puisse dégrader le personnage caché. De même encore, en conversant avec son valet, loin de lui parler en face et comme sous le nez, il évitera même de l'approcher de trop près, et encore de le toucher d'une façon trop familière.
[...] Les actrices doivent éviter de mettre dans leur chant et dans leur jeu de l'affectation, de la lubricité, de l'indécence.
Les acteurs ne doivent pas s'ériger en critiques d'une pièce qu'ils représentent. Ils ne doivent pas rire avec le public, ou entre eux, lorsqu'ils sont en scène, des défauts d'une pièce dans laquelle ils paraissent. C'est méconnaître leur art, c'est aussi méconnaître leur devoir envers le public, et la considération qu'ils doivent aux auteurs qui leur ont confié le succès de leurs ouvrages; d'ailleurs, nous le répétons, jamais l'acteur ne doit oublier son personnage.
C'est encore une inconvenance très condamnable de la part des acteurs qui causent entre eux au moment où la pièce finit, ou bien qui, avant que le rideau soit entièrement baissé, s'empressent de quitter la scène.
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