mercredi 6 novembre 2013

«Sous le gui - 175 bonnes raisons de fêter la Noël - Spectacle non-gratuit»... [Carnet de mise en scène]


C'est ce matin qu'a véritablement débuté la création de cet ultime spectacle de Noël (cette fois, c'est le vrai puisque l'an prochain, à la même période, nous serons en pleine tragédie antique!). Et qui dit ultime dit dernier tour de piste et dernière occasion de marquer la coup par le plaisir le plus déjanté et l'éclatement!

Ce matin donc, nous avons placé (et quand je dis placé, je veux dire que nous avons conçu les personnages, mis en scène tout en écrivant le texte dans une frénésie parfois difficile à suivre!) le cadre général de la production, l'introduction et le premier tableau.

Ce tableau retrace le premier Noël au poste de traite de Chicoutimi... 

Et le style reste le même: ironie - voire cynisme! -, sarcasme et humour caustique! Et ça promet! La barre est haute pour les tableaux à venir!


mardi 5 novembre 2013

«La Fille du Tambour-Major»... [Carnet de mise en scène]


Voici un aperçu de la proposition scénographique de Christian Roberge (le même qui a signé les décors d'Orphée aux enfers, l'an dernier... et avec qui j'en suis à la huitième collaboration) pour La Fille du Tambour-Major présentée par la Société d'arts lyrique du Royaume.

Je dis aperçu parce que depuis le dépôt de cette proposition, au début du mois de septembre, les choses ont évolué, se sont précisées... mais dans l'ensemble, les présentes images sont tout de même significatives et assez près de ce que nous recherchons.

D'abord, le cadre de scène sera abaissé, laissant de l'espace (dans la partie noire) pour des sur-titres. 

Ensuite, l'espace - constitué à chaque fois par la redondance esthétique de panneaux et de paravents - sera étroit... sur toute la largeur de la scène, très près du public. Un espace parfait pour travailler les groupes scéniques sur un mode de fresque, de bas-relief.

Enfin, les éléments scéniques seront réalistes.

Ces ensembles scénographiques seront à même, je crois, de rendre dynamique la mise en scène.




dimanche 3 novembre 2013

Au théâtre, cette semaine! [Du 3 au 9 novembre 2013]

Beaucoup de choses, cette semaine!


Aujourd'hui - 3 novembre 2013
Salle Marguerite-Tellier (Chicoutimi), 14h

Le Théâtre 100 Masques offre son troisième rendez-vous de L'Heure du théâtre, consacré, cette fois, au nô japonais  et à celui qui lui a donné sa forme actuelle: Zeami. Cette rencontre, ouverte à tous sera animée par Sophie Larouche. Il en coûte 10$ pour la rencontre (incluant texte, thé et biscuit).


Lundi - 4 novembre 2013
Studio-Théâtre (UQAC), 17h

La Chaire de recherche du Canada pour une dramaturgie sonore au théâtre reçoit, pour une conférence ouverte à tous, la comédienne Marie Brassard, reconnue pour son parcours de recherche et de rigueur, afin de discuter de sa vision du théâtre et de sa pratique.


Mardi - 5 novembre 2013
Théâtre Banque Nationale (Chicoutimi), 20h
et
Mercredi - 6 novembre 2013
Salle François-Brassard (Jonquière), 19h30

Le Théâtre du Faux Coffre donne, en représentations scolaires (en priorité... mais le reste des places est disponible  pour le grand public), la dernière aventure des Clowns Noirs: Le Clown noir au masque de fer. Le coût d'entrée est fixé à 15$.



Mercredi - 6 novembre 2013
Studio-Théâtre (UQAC), 12h à 13h

La Chaire reçoit (dans le cadre de l'événement organisé par l'APES dont il sera question en fin de billet) aussi Larry Tremblay, auteur dramatique réputé, pour discuter aussi de sa pratique. C'est ouvert à tous... et fort intéressant!


Jeudi à samedi - du 7 au 9 novembre 2013
Salle de Facteur Culturel (Jonquière), 20h
(et dimanche, le 10 novembre 2013, à 14h)
PREMIÈRE SEMAINE DE REPRÉSENTATIONS

Le Théâtre C.R.I. présente sa plus récente création Hivers: passages du numéro six dans les mineures, un texte de Hervé Bouchard, mis en scène par Guylaine Rivard et interprété par l'auteur lui-même qui nous raconte le passage de l’enfance à l’âge adulte du personnage portant le numéro six au cours de ses hivers dans le hockey mineur. Le cadre est celui d’une petite ville industrielle sur le déclin. 


Samedi - 9 novembre 2013
Salle Pierrette-Gaudreault (Jonquière), 20h

Le Théâtre La Rubrique reçoit les Productions Kléos qui présenteront Le Chant de Georges Boivin, un texte de Martin Bellemare mis en scène par Mario Borges (un long monologue porté par Pierre Collin). 
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Du 5 au 10 novembre, l'Association Professionnelle des Écrivains de la Sagamie (l'APES) nous arrive avec un tout nouveau projet: LA TOTALE. Au cours de cette semaine, plusieurs activités seront proposées autour d'un auteur. Pour cette première édition, c'est Larry Tremblay, romancier et homme de théâtre réputé qui sera mis en vedette. Pour suivre toutes les activités de cet événement, il sera bon de consulter le bulletin publié par le groupe de compétence en Lettre et édition (ici).
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Ça fait pas mal le tour de mon agenda... Si j'oublie des trucs, on pourra me le faire savoir ou par courriel, ou par le biais des commentaires...

samedi 2 novembre 2013

Une brève histoire du théâtre au Québec... 6

Monique Miller (Ciboulette) et Guy Godin (Tarzan), dans Zone, 1953.

Les années '50 - Le théâtre se professionnalise

Au début des années '50, alors que le Québec est sous le joug de Duplessis et qu'éclatent de violentes grèves, Gratien Gélinas est en plein possession de ses moyens. Son Tit-Coq le mène un peu partout au Canada... et même (avec plus ou moins de succès) aux États-Unis. 

Un autre auteur imprimera bientôt sa marque sur cette époque: Marcel Dubé. Le triomphe de sa première pièce, Zone, en fera un auteur de premier plan (de veine réaliste, il va sans dire), jeune et avec une langue dynamique qui place ses personnages dans l'univers de l'adolescence qui rêvent d'un avenir meilleur que celui de leurs parents. 

La famille, thème par excellence de la dramaturgie québécoise, en prend pour son rhume.  Elle perd son unité et donnera des archétypes qui seront tenaces: le père complètement absorbé par son travail, la mère esclave de son quotidien, le fils marginal, la fille révoltée ou menacée.

À côté de ce théâtre réaliste, une autre veine plus avant-gardiste tente de se développer. Jacques Languirand amène sur les scènes, avec Les Grands départs et Les Insolites un théâtre où règne l'étrangeté alors que Claude Gauvreau fait éclater l'automatisme et la poésie langagière dans des pièces comme La Charge de l'orignal épormyable et Les Oranges sont vertes.

Les structures évoluent. Dès 1951, Les Compagnons de Saint-Laurent mettent un terme à leurs activités qui auront données, au théâtre québécois, de solides assises. 

Quelques comédiens (Jean Gascon, Jean-Louis Roux, Eloi de Grandmont, Georges Groulx et Guy Hoffman), de retour de France, se réunissent en 1952 et fondent le Théâtre du Nouveau-Monde. En 1955, Paul Buissonneault crée le Théâtre de Quat'sous.

Et même l'État s'y met... si on peut dire... après avoir été complètement absent de cette histoire. Au cours de cette décennie, deux initiatives marqueront le début d'un soutien étatique. 

En 1955, le gouvernement du Québec ouvre, à Montréal, la première section Art dramatique du Conservatoire de musique (fondé en 1948 par Wilfrid Pelletier). C'est la première reconnaissance d'un lieu de formation. En 1958 s'ouvrira une telle section au Conservatoire de Québec.

Enfin, en 1956, la fondation du Conseil des arts de la région métropolitaine amènera les premières subventions données aux compagnies.




vendredi 1 novembre 2013

«La Fille du Tambour-Major»... [Carnet de mise en scène]


Voici l'affiche de la prochaine production de la Société d'Art Lyrique, La Fille du Tambour-Major d'Offenbach, que je mettrai en scène (et dont les représentations se feront les 7, 8 et 9 février prochains).

L'exercice de conception de l'affiche est toujours un peu ardu... surtout dans un contexte où la mise en scène n'est encore qu'esquissée que dans ses grandes lignes. Comment alors rendre visuellement compte d'un spectacle?

Deux choix ont motivé cette proposition (signée par Alexandre Girard).

D'abord, le souhait exprimé (par moi, notamment) d'avoir une certaine continuité avec l'affiche de l'an dernier (qu'on peut retrouver ici), tant par la configuration que par l'esprit avec proéminence du titre sur une image somme toute neutre reléguant les informations sur une bande noire.

Par ailleurs, l'image - le drapeau français qui est l'espoir de cette pièce - a été choisie parce qu'elle avait un certain mouvement. Et qu'on avait le drapeau sans trop avoir l'imposition de l'objet... Je souhaitais (et souhaite encore) avoir une image d'époque parce que c'est aussi la ligne esthétique qu'on s'est donné de faire dans l'historique sans pourtant tomber dans l'archéologique. Les costumes et les décors devraient avoir ce côté un peu suranné et sera aussi dans ces mêmes teintes...
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Voici, en lien, l'article qui est paru dans le journal de jeudi matin, suite a la conférence de presse.

jeudi 31 octobre 2013

Les Médées

Fiona Shaw dans sa magistrale interprétation du rôle

Le Théâtre 100 Masques a, pour projet, pour marquer la fin des célébrations de son quinzième anniversaire, de travailler sur le personnage de Médée dans un nouveau retour au théâtre antique... Le but est d'établir une partition polyphonique pour une seule comédienne. Plus qu'une adaptation, il s'agit là d'un vaste chantier de réécriture. A partir de différentes sources - Euripide et Sénèque dans différentes traductions, Corneille, Anhouil et toutes les autres qui tomberont sur notre route - nous souhaitons isoler les grandes voix de ce mythe terrible pour en faire ressortir l'inéluctable et les affres de la douleur. 

mercredi 30 octobre 2013

Une brève histoire du théâtre au Québec... 5


Gratien Gélinas dans Tit-Coq.

Les années '40 - Le point tournant de la dramaturgie québécoise

Au cours de la décennie suivante, les Compagnons de Saint-Laurent continuent leur mission de rénovation de la pratique théâtrale. Pendant la Deuxième Guerre Mondiale, Montréal et la troupe accueille notamment Ludmilla Pitoëff, épouse de l'un des membres du Cartel français, George Pitoëff, venue se réfugier au Canada. Le contact sera déterminant pour les jeunes comédiens de l'époque qui partiront, à la fin de la guerre, pour poursuivre leur éducation en France avant de revenir pratiquer leur métier ici. Bien sûr, le jeu, la diction, la vision théâtrale prendront une tangente européenne...

L'émulation se fait. Une constellation de troupes apparaît autour des Compagnons... comme La compagnie du Masque (fondée par Charlotte Boisjoli et Fernand Doré), Les Comédiens de la nef (de Pierre Boucher) ou encore, L'Équipe (de Pierre Dagenais) qui marquera les esprits par son audace et son originalité.

Ce pan du théâtre québécois ne doit pas faire oublier, cependant, que la veine réaliste, plutôt américaine, continue à se développer sur nos scènes. Et c'est de ce courant qu'émergera, en 1948, ce qui est considéré comme étant la première véritable pièce canadienne-française (en ce sens où elle s'inscrit parfaitement dans la société tant par le thème que par la langue et les préoccupations): Tit-Coq, de Gratien Gélinas.

Créée le 22 mai 1948 (année du Refus Global qui, s'il bouscule le milieu de l'art visuel, sera plutôt inactif du point de vue théâtral), cette pièce remporte un succès phénoménal... et il y aura 200 représentations au lieu des 10 prévues. Avec Tit-Coq, le spectateur découvre un niveau de langage qui lui est propre. C'est un canadien qui parle aux canadiens. La pièce, qui raconte les déboires d'un conscrit, orphelin et bâtard, se situe dans le présent, dans le milieu urbain, ouvrier très reconnaissable... et réuni tous les grands thèmes du théâtre québécois: la famille, la religion, la question identitaire teintée d'un certain misérabilisme. Voici un vrai théâtre national.

La même année, deux femmes de vision, Yvette Brind'Amour et Mercedès Palomino mettent sur pied un lieu de création et de diffusion professionnel francophone qui perdurera jusqu'à aujourd'hui: le Théâtre du Rideau-Vert. 



mardi 29 octobre 2013

Une brève histoire du théâtre au Québec... 4


Les Compagnons de Saint-Laurent. De gauche à droite: Jean Coutu, Bertrand Gagnon, Yves Vien, Félix Leclerc, Andrée Vien, Guy Provost, Hélène Loiselle, George Groux, Lucille Cousineau, Denise Vachon, Père Émile Legault, Thérèse Cadorette 1944, archives de la Ville de Saint- -Laurent.

Les années '30 - La décennie fondatrice


Alors que la société se relève péniblement de la Grande Crise de 1929, le théâtre n'a définitivement plus la cote et se fait plutôt marginal. Le mélodrame (dont la pièce emblématique sera, pour le Québec, Aurore l'enfant-martyr écrite et jouée de puis 1924 des milliers de fois!), le boulevard et le burlesque (notamment sous l'égide de Jean Grimaldi et de ses augustes accolytes comme Juliette Pétrie, Olivier Guimond - le père - et La Poune) règnent en roi et maître sur les scènes québécoises. 

Pendant ce temps, on réclame, de part et d'autre (et en ce sens, Jean Béraud, en 1936, fera figure de proue), un théâtre plus rigoureux et un répertoire réellement national, soutenu par l'état. 

Et les choses changeront peu à peu... 

Dans un coin de collège classique, le Père Émile Legault fondera, en 1937, les Compagnons de Saint-Laurent. Cette troupe, soutenue par l'Église - il va sans dire! - s'attaquera au répertoire religieux... Rapidement pourtant, suite au retour d'un voyage en France - en 1938 - où il découvre le théâtre d'avant-garde d'alors (Claudel, Giraudoux, Anhouil, Pagnol, Cocteau et tant d'autres), le Père Émile Legault s'engage sur la voie de la modernisation du théâtre avec une vision artistique solide fondée sur le texte et sur le jeu d'ensemble. D'amateure qu'elle est, la troupe atteindra rapidement une notoriété certaine... et même une première véritable reconnaissance professionnelle! 

À la même période, en 1938, un jeune auteur et comédien, Gratien Gélinas, débute sur scène avec une première revue (qui se répétera les années suivantes... jusqu'en 1946), Les Fridolinades. Conçue comme un spectacle à sketchs calqués sur la réalité de l'époque, elle met en scène Fridolin, un personnage issu du milieu populaire.

Dans un des sketchs d'une de ces revues émergera un autre personnage: un jeune conscrit qui devra partir à la guerre et qui, dans l'histoire du théâtre québécois, marquera le véritable lancement de notre dramaturgie... mais il faudra attendre encore quelques années... Tout est maintenant en place.


lundi 28 octobre 2013

Une brève histoire du théâtre... 3

L'Auditorium, Québec, où s'est produite Sarah Bernhart lors de son controversé passage de 1905 (les détails ici). Source: BANQ

1855-1930 - Le premier âge d'or du théâtre francophone au Québec

En 1855 un événement marquera la suite du théâtre francophone sur le territoire. Pour la première fois depuis 1763, un navire français accoste au port de Québec, marquant enfin la reprise des échanges avec la France. Outre le fait socio-économique, il pourra désormais y avoir, parmi les grandes tournées américaines et anglaises des incursions de grandes troupes françaises qui débarqueront alors avec un répertoire nouveau et audacieux (en pleine révolution romantique et mélodramatique) pour la population locale qui n'avait pu suivre l'évolution dramatique européenne.

Si sur place, la pratique demeure amateure, il est désormais possible de voir des professionnels de langue française s'exprimer sur scène... et pas n'importe lesquels professionnels! De (très!) grands noms débarqueront, avec, autour d'eux, une odeur de souffre et de scandale que décrieront les prêtres en chaire, selon la recommandation de Mgr Bourget, évêque de Montréal en 1868 (qu'on peut lire ici), suite à la visite de Sarah Bernhardt. Ce seront aussi Coquelin l'aîné, Frédérick Lemaître, Mounet-Sully, Réjane et plusieurs autres qui viendront épater la galerie et redonner un élan créateur au peuple canadien-français.

L'Église continue de diriger l'évolution de l'art dramatique. D'ailleurs, dans la seconde moitié du XIXième siècle, le même Mgr Bourget, devant l'échec de ses interdits, décide d'appuyer les associations ouvrières qui veulent le pratiquer en échanges de quelques restrictions: le répertoire doit faire preuve d'une grande moralité; les femmes ne doivent pas monter sur scène, ni être dans la salle, et les rôles féminins doivent être gommés; les scènes amoureuses sont proscrites. Il en résultera, durant les quelques années suivantes, une tradition de non-respect du texte de même qu'une certaine médiocrité dramatique.

Au tournant du siècle, les Américains prennent le contrôle des salles de tout l'est du Canada et des États-Unis et des circuits de tournées. Ce sera dès lors le monopole de The Trust de New York qui décidera de ce qui se verra sur les planches au Québec. Et par le biais de ces Américains, un genre particulier prendra son essor ici et perdurera longtemps par la suite: le burlesque.

Des entrepreneurs francophones se lancent alors dans la fondation de salles pour contrer l'influence anglophone. Malgré des conditions financières difficiles, il y a une multiplication de troupes. Pour être rentables, celles-ci se doivent de répondre aux demandes du public en quête de divertissement. Changeant alors d'affiche de semaine en semaine, les comédiens plongent dans un répertoire de vaudeville et de théâtre de boulevard qui attire, apprennent leur texte chacun de leur côté avant que de se rencontrer pour la générale et donner les représentations dans les décors disponibles. 

Ces entreprises hautement commerciales sacrifient la qualité au profit de la quantité.

Mais cet élan, le premier depuis les tous débuts de la colonie, se brisera en 1914-1918 sur les affres de la Première Guerre Mondiale, l'épidémie de grippe espagnole et l'apparition du cinéma et de la radio.

dimanche 27 octobre 2013

Au théâtre, cette semaine! [Du 27 octobre au 2 novembre 2013]

Mercredi - 30 octobre 2013
Salle Jacques-Clément (Chicoutimi), 10h

La Société d'Art Lyrique du Royaume fera sa conférence de presse pour présenter sa programmation, dont sa production majeure, La Fille du Tambour-Major que je mettrai en scène.


Vendredi - 1er novembre 2013
Salle Michel Côté (Alma), 20h

Alma Spectacles reçoit le spectacle L'Emmerdeur. Après le retentissant succès obtenu par Le dîner de cons, voici une autre comédie signée Francis Veber et son emblématique personnage François Pignon. Passé maître dans l'élaboration de personnages gaffeurs, loufoques, mais dévoués, Francis Veber joue encore avec les relations humaines qui dérapent et dégénèrent jusqu'à atteindre l'absurde. Ainsi, un tueur à gages pour le compte de la mafia, a pour mandat de liquider un personnage dérangeant, de la fenêtre de sa chambre d'hôtel. Ce qui devait être une mission relativement simple deviendra une véritable épreuve pour le truand car, pour son plus grand malheur, il a comme voisin de chambre un certain François Pignon! Et, voyez-vous, ce voisin de chambre a des idées suicidaires et c'est surtout un emmerdeur… de classe mondiale ! Celui qui a donné du fil à retordre à Pierre Brochant se permet maintenant de côtoyer un tueur à gages qui ne l'aura pas facile! Il en coûte 30$ (régulier) pour assister à ce spectacle...

Et c'est pas mal tout pour cette semaine... à moins que je n'oublie quelque chose... en quel cas, il est possible de me le faire savoir par le biais des commentaires ou par courriel...


samedi 26 octobre 2013

Une brève histoire du Québec... 2


1763-1855 - Le théâtre sous le régime anglais

La Conquête (et les différents changements constitutionnels qui surviendront en 1774, 1791 et 1840) et n'a pas vraiment changé le cours de notre histoire théâtrale: le théâtre de langue française reste sous le joug de l'Église qui, si elle le condamne toujours publiquement (notamment à cause de la mixité qu'il implique), elle cantonne la pratique dans les lieux académiques au service de l'enseignement (surtout religieux, évidemment).

Ce qui change, c'est que la population est soudainement coupée de sa mère patrie alors que son élite retourne en Europe et que pendant près d'un siècle, les échanges commerciaux et sociaux-culturels seront stoppés au seul bénéfice des échanges avec la métropole britannique. Du coup, le théâtre professionnel ne se fera plus qu'en anglais sur le territoire... et sera le fait des tournées anglaises et américaines. Parce que dès 1786, Montréal et Québec seront annexés aux circuits des grandes tournées.

Certains hommes d'affaires tenteront bien d'ouvrir des espaces dédiés au théâtre francophone et d'y insatller des troupes à demeure, mais toutes ces tentatives se solderont, à plus ou moins longues échéances, par des échecs financiers. Il faut dire que le répertoire et la professionnalisation qui soutiendraient une telle entreprise se font toujours attendre. Il y a bien des auteurs comme Joseph Quesnell (qui écrit Colas et Colinette en 1790... d'autres informations ici) et Pierre Petitclair (qui écrit La Donation en 1842)... mais ceux-ci sortent difficilement du modèle français et ne réussissent guère à constituer un véritable public.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes: en 1824, à Montréal et à Québec, il  y aura 154 soirées théâtrales anglophones contre 5 en français...

Ce n'est donc pas encore dans cette période que le théâtre professionnel de langue française prendre son essor...

vendredi 25 octobre 2013

Une brève histoire du théâtre au Québec... 1


1606-1763 - Le théâtre sous le régime français

La première date à retenir dans notre histoire théâtrale, la première manifestation scénique, est 1606. C'est la date où Marc Lescarbot, écrivain français de passage (sa vie wikipédienne ici), pour souligner le retour de l'explorateur Poutrincourt, écrit une naumachie (théâtre sur l'eau): Le Théâtre de Neptune en Nouvelle France. J'en ai déjà parlé ici. Du théâtre, au fond, qui est extrêmement français. Comment pourrait-il en être autrement... alors que Québec n'est pas encore fondé et que la colonie n'en est qu'à ses tous premiers balbutiements? Un théâtre français au départ... qui le restera encore jusqu'au XIXième siècle...

Par la suite, on joue - principalement dans les camps militaires pour faire passer le temps - quelques pièces de théâtre de l'époques (les écrivains contemporains portant les nom de Corneille, Molière, Racine...) pour célébrer les événements importants... Jusqu'en 1694 alors que Frontenac veut faire jouer Le Tartuffe dont l'interdit est levé, en France, depuis quelques années déjà. L'Église s'y oppose (et s'y opposera!) fermement, par le biais de Mgr de Saint-Vallier (qu'on peut lire ici) et verra à ce que le théâtre, ce mangeur d'âme, ne se fasse que dans un cadre noble et vertueux, soit l'éducation, avec un répertoire éminemment religieux. Du théâtre de l'ombre... 

Et du côté du théâtre professionnel de langue française pendant cette période qui couvre 150 ans? Il est pratiquement inexistant avec une seule trentaine de représentations en tout... Plusieurs raisons expliquent cette situation. D'abord, la colonie est extrêmement vaste et très peu populeuse. Cette faible population est ensuite dans une situation plutôt précaire où l'argent manque (argent qui fut remplacé un temps par des cartes à jouer...), où éclatent des guerres contre les Anglais et les Amérindiens. Puis surtout - et ce sera l'une des raisons majeures de cette absence - aucun comédien français ne viendra s'établir en Nouvelle-France alors que dans la colonie anglaise du sud (qui deviendront les États-Unis), une troupe d'une douzaine d'acteurs fera le voyage et donnera, du coup, des racines professionnelles au théâtre américain...

Voilà donc les débuts plus que modestes du théâtre sur le territoire...