Voici un article tiré du journal La Justice du 15 juillet 1887 qui fait un résumé de l'implantation de cette nouveauté dans les théâtres parisiens:
Voici un article tiré du journal La Justice du 15 juillet 1887 qui fait un résumé de l'implantation de cette nouveauté dans les théâtres parisiens:
L'habile a ses défauts. Le malhabile a certainement aussi ses qualités. Mais cela, personne ne le remarque. L'intéressé lui-même l'ignore. L'habile se repose sur son renom et, aveuglé par son brio, ignore ses défauts. Quand au malhabile, puisque, par nature, il manque de ressources, et que, par conséquent, il ignore ses défauts, il ne comprend pas davantage qu'il peut avoir par chance quelque qualité. Donc, l'habile comme le malhabile devraient consulter les autres.
[...]
C'est en vous disant que l'habile est l'exemple du malhabile, et le malhabile l'exemple de l'habile, qu'il vous faut déployer vos efforts. S'emparer des qualités du malhabile et les intégrer dans le répertoire de l'habile, voilà le principe suprême. Le seul fait d'observer les défauts d'autrui, c'est déjà s'en faire un exemple.
C'est là une belle leçon pour tout comédien tirée du troisième livre du Fûshi-kaden - Livre de la transmission de la fleur de l'interprétation.
Il y a un peu plus de cent ans, le 13 novembre 1918, les théâtres montréalais réouvraient (article du journal Le Canada) après une fermeture imposée par la Santé Publique d'alors pour contrer l'épidémie de grippe espagnole. Le tout étant vécu comme une libération...
Voici donc, en quelques sortes, un petit télescopage du passé avec notre présent:
J'ai souvent, sur ce blogue, fait état de la lutte acharnée de dévots envers le théâtre. Parce que généralement, les arguments sont savoureusement manichéens: évitez le théâtre ou soyez condamnés! On peut lire toute une série de ces écrits journalistiques, lettres, mandements, ici.
C'est pourquoi je fus tout de suite attiré par cet article du Courrier du Canada de ce 30 mars 1883 où le rapporteur turinois s'est manifestement étranglé d'indignation, s'étouffant dans son encre et sa religion.
Le début, d'ailleurs, est un autre beau morceau d'éloquence qui donne du poids (!) à tout le reste de son argumentaire.
L'auteur de cette oeuvre (une poésie provocante qui fait de Satan, selon Wikipédia, le symbole de la rébellion contre la vie et le progrès écrite en 1863), Giosuè Carducci, obtiendra le prix Nobel de littérature en 1906.
C'est maintenant terminé pour ce projet du cours Création théâtrale à l'UQAC qui a vu mes six étudiants plongés dans l'univers du Grand Guignol pour une diffusion sur le web avec une plateforme conçue pour nous.
Dans l'ensemble, ce fut un projet très stimulant, tant en répétition qu'en représentations, de par la dose intense de folie que le tout demandait, de par l'engagement de chacun dans le processus, de par les possibilités qu'incarnaient l'outil qui serait mis à notre disposition.
Vraiment, un projet de recherche et d'exploration à faire s'enflammer l'imagination et la créativité!
Le plus grand regret est de ne pas avoir pu travailler avec cette plateforme autant que nous l'aurions souhaité (car nous n'avons fait qu'un court essai technique et un enchaînement avant la générale) et ainsi pouvoir pointer des problèmes éventuels qui surviendront, notamment, au cours de la générale et de la première.
Parce que c'est là tout l'enjeu de ce type de diffusion web. Si d'une part, le travail théâtral, dans le lieu, est prêt, efficace, dynamique, porté avec conviction par les interprètes, il y a, à même le projet, une part majeure complètement incontrôlable relevant de la technologie.
Ainsi, entre le spectacle et sa réception par le spectateur, il y a toute une chaîne qui se compose et qui, à chaque étape, comporte son lot d'écueils éventuels, de failles techniques qui pourront miner l'expérience, malgré tout le talent et l'élan de l'interprète sur le plateau.
Dès le départ, outre les répétitions, nous nous sommes soumis à un appareillage technique. Dans ce cas-ci, faute de moyens, nous avons travaillé avec la caméra de nos cellulaires (de différentes marques et différentes générations) et des micros cravates efficaces mais avec aussi leurs limites.
Par la suite, nous nous sommes fiés à la stabilité et la force du réseau internet de l'UQAC. Correct... jusqu'à ce qu'il pose manifestement problème, comme le soir de la générale ou le soir de la première... question de maintenance ou de mauvais positionnement d'une antenne wifi!
C'est de ce réseau que les données parvenaient chez Waveform qui mettait en ligne et surveillait les caméras sur la plateforme.
Entre les caméras et les micros et la mise en ligne, il n'y avait pas moyen, dans la version actuelle de la plateforme, de manipuler le son, de le moduler, de le calibrer. Cette étape aurait dû être faite à même les téléphones. C'est là, par exemple, une des limites de notre recherche.
Tout était alors en ligne. Et le spectateur pouvait se brancher pour nous voir.
Pour se faire, il se fiait alors sur son propre réseau internet dont la qualité et l'efficacité varie selon le forfait, la zone géographique, la vitesse pour visionner la représentation sur son appareil qui lui aussi variait en qualité et en efficacité.
Bref, les intermédiaires étaient nombreux!
Les répétitions - sur quinze jeudis - ont tenté de tenir compte de tous ces paramètres. Est-ce que tout ça est parfait? Bien sûr que non!
Nous aurions pu, comme toujours, approfondir encore plus le travail d'interprétation. Nous aurions pu travailler encore plus l'extra-scénique. Nous aurions pu travailler encore plus la qualité sonore (ce que nous n'avons, en réalité, que très peu fait avec Zoom). Nous aurions pu, sans doute, faire plus avec le temps qui nous était imparti.
Mais nous avons déjà fait beaucoup!
Voici ce qu'il y a au programme, cette semaine, dans le monde théâtral régional (du moins, ce qui est sur mon radar):
Il existe très peu de théâtres intacts des XVIIe et XVIIIe siècle, avec leur machinerie artisanale et leur atmosphère d'illusion.
Voici la petite histoire due la redécouverte... du sauvetage de celui du Palais royal de Drottningholm (celui des photos ci-haut), en Suède, racontée dans le Journal La Patrie, 8 octobre 1961: