lundi 11 août 2008

Troupes et compagnies

© Collections Comédie-Française
Molière et les caractères de ses comédies
par Edmond Geffroy, sociétaire de la Comédie-Française
Huile sur toile 158 x 170 cm. En bas à gauche, Molière, «le contemplateur»

Il est des moments, comme ça, où j'aimerais définitivement faire partie d'une troupe de théâtre, d'un ensemble solide et créatif.

La troupe est un rassemblement de personnes avec un même idéal théâtral, un idéal commun sur une longue durée. C'est un investissement artistique à long terme. Elle est une cellule homogène et unie, un cercle relativement fermé (sans toutefois être imperméable) qui permet un véritable travail d'approfondissement, de questionnement collectif pour faire avancer une démarche comprise et partagée par tous: chacun de ses membres est impliqué dans chacune des productions qui se font, pratiquement, en parfaite autarcie, du moins, en général. Ici au Saguenay, outre les collectifs comme la Tortue Noire ou la Chasse Pinte, il n'y a qu'une seule et unique troupe: le Théâtre du Faux Coffre... Les plus grandes maisons théâtrales du monde fonctionnent sous ce principe: la Schaubhüne de Berlin, le Berliner Ensemble, la Comédie-Française, le Théâtre du Soleil, etc.

Puis il y a les compagnies, forme sous laquelle fonctionne généralement le milieu saguenéen (les Têtes Heureuses, la Rubrique, le C.R.I., les 100 Masques, les Amis de Chiffon). Ce sont des organismes composés presque exclusivement d'une direction plus ou moins importante qui prend en charge les programmations et les équipes de production qui, du coup, sont marquées du sceau de l'éphémère et du ponctuel. Les comédiens et concepteurs deviennent, en quelques sortes, des mercenaires, des sous-contractants: la rigueur et l'implication est une question de contrats et d'horaires. Le travail de longue haleine, bien que pas nécessairement impossible, est plus difficile à planifier dans cette structure artificielle. La symbiose entre les membres de chaque équipe devient alors une coïncidence heureuse.

La troupe est un milieu social, un milieu de vie alors que la compagnie demeure un projet temporaire, un travail. Bon, il est vrai que rien n'est parfait en ce monde. Et que l'herbe est toujours plus verte chez le voisin (quoique cette année, avec toute cette pluie, la verdure à bien verdit partout...). N'empêche que parfois, l'idée de faire partie d'une communauté comblerait un vide qui ne cesse de s'étendre...

dimanche 10 août 2008

Les Robins des bois - «Goldorak»

Pour les amants nostalgiques (je pense ici particulièrement à Nada) de ce gros robot, j'offre ce sketch des Robins des bois (et de la magnifique Marina Foïs qui joue la metteure en scène): l'ironique adaptation théâtrale de ce monument du dessin animé:



Les Robins des bois sont, en quelques sortes, les 100 Limites, les RBO de l'Hexagone...

L'année des théâtres d'été?

Voici, en lien, deux articles signés par Anne-Marie Gravel, parus dans le Progrès-Dimanche de ce matin, relatant les hauts et les bas des différentes expériences estivales. Un tour d'horizon quasi exhaustif de tout ce qui s'est fait en région depuis le mois de juin:

Les théâtres d'été tirent profit du mauvais temps
Un petit baume sur quelques années difficiles

Par ailleurs, dans ce même journal, dans la rubrique Édito de la section «culture», on peut lire trois réactions à la (véritable) critique de Christiane Laforge portant sur l'exposition en cours au Centre des Arts et de la Culture, paru dans Le Quotidien du 2 août. Trois points de vue assez concordants... Comme quoi la critique a encore un rôle à jouer dans notre milieu culturel.

samedi 9 août 2008

«Une pièce rafraîchissante»

Ce matin, paraît dans le Quotidien une critique (malheureusement, le nom de la journaliste n'apparaît pas sur Cyberpresse...) de la toute nouvelle production de la Rubrique, L'Espace entre nous:

Martin Gagnon et Patrice Leblanc
Photohraphie: Le Quotidien, Sylvain Dufour
Tirée de Cyberpresse.ca

JONQUIÈRE Des personnages savoureux, des textes efficaces et une bonne dose d’humour, le cocktail idéal pour un théâtre d’été réussi et rafraîchissant. Une recette que le Théâtre La Rubrique sert au public à qui il offre, jusqu’au 30 août, la comédie «L’Espace entre Nous».

«L’Espace entre Nous» c’est d’abord une histoire de famille. C’est la rencontre impromptue entre deux frères, puis l’arrivée inattendue d’une amie de jeunesse et de la cadette de la famille. C’est l’histoire de trois enfants qui se retrouvent au chalet familial à la demande de leur père, chacun transportant ses démons et ses problèmes dans ses bagages. La cellule familiale n’a rien de simple et la réunion donne lieu à des moments de tendresse comme à l’explosion des différends. Mais, bien qu’éloignés par les années qui passent et leurs différences, les trois enfants demeurent unis par des liens invisibles à l’oeil.

Les quatre comédiens de la pièce de Nico Gagnon donnent vie à leurs personnages, tous aussi intéressants et attachants les uns que les autres, avec justesse.

Il y a d’abord Denis (Martin Gagnon), un enseignant terre-à-terre, coincé, rationnel. Un père de famille. L’aîné qu’on associe à la réussite, mais qui, en réalité, est un homme malheureux contrôlé par sa femme.

Puis Kevin (Patrice Leblanc), le plus jeune des deux frères qui ne mène rien à terme. Le célibataire qui frôle la trentaine réserve toutefois des surprises de taille à sa famille.

Nadia (Sara Simard) est une amie d’enfance, ancienne championne de trampoline. Celle que tous admiraient, qui s’adonne aux mélanges des proverbes et dictons, mais qui ne mène pas une vie aussi heureuse qu’on pourrait le croire.

Puis finalement, Marie-Andrée (Marie Villeneuve), la cadette, rêve de devenir paparazzi. La jeune femme semble habitée d’une rage envahissante.

Les comédiens s’expriment dans un langage familier, parfois vulgaire, mais qui ne frôle jamais l’exagération. Les sacres ne sont pas gratuits. Dans cette production, chaque réplique à sa raison d’être.

La comédie, mise en scène par Benoît Lagrandeur, directeur artistique de La Rubrique, se déroule dans le chalet familial. Lieu que les enfants ont déserté depuis des années. Le décor qui habite toute la scène rappelle le chalet de notre enfance. Le lit à deux étages, la radio défectueuse, les vieilles chaises aux couleurs mal assorties...

La musique occupe une place importante dans la production. C’est l’élément qui permet de passer d’une époque à l’autre, alors que les personnages nous font témoins de leur passé. Mariée à l’éclairage, la musique permet des voyages efficaces dans les années 80.

«Like a virgin», «Life is life», «The wall», «Hit Me With Your Best Shot» et autres chansons qui ont marqué le temps ponctuent la pièce avec justesse, installant un rythme entraînant.

Le jeu des comédiens, l’utilisation des éclairages et la musique réunis donnent lieu à une scène en accéléré particulièrement réussie. Un tour de force de l’équipe qui provoque la surprise et l’hilarité chez les spectateurs.

La production rappelle qu’on choisit ses amis, mais pas sa famille et se veut une belle occasion de partager une soirée de rires et de détente en bonne compagnie.

À qui appartient l'entraînement du comédien?


Extrait d'un entrevue de Matthias Langhoff, metteur en scène allemand qui a travaillé sur les plus grandes scènes du monde, et Georges Banu, monument de la critique dramatique français, portant sur les répétitions... et particulièrement sur l'entraînement du comédien, parce que je suis assez d'accord avec cette affirmation et avec cette façon de faire:

Georges Banu: Ni avan ni pendant les répétitions vous ne faites d'exercices, car les comédiens le confirment, vous considérez que c'est de leur devoir personnel et professionnel de s'entraîner en dehors de la salle de répétition à proprement parler.

Matthias Langhoff: C'est de la responsabilité de chaque acteur de savoir ce dont il a besoin corporellement pour jouer, et c'est à lui de s'exercer pour l'obtenir.

vendredi 8 août 2008

Études biomécaniques...

Étude du tir à l’arc
Séquence présentée par les élèves de Meyerhold
Z. Zlobin, L. Sverdlin, I. Meyerhold (fille de Meyerhold) et R. Genina.
© Global Performing Arts Consortium -

Cette automne (disons, cette année...) j'aimerais mettre sur pied, en collaboration avec le CRC, une formation sur la biomécanique de Meyerhold pour explorer et découvrir - autrement que par des écrits - cette forme d'entraînement (parce que non, ce n'est pas un style de jeu comme tel) pour le comédien, ce que ça signifie exactement (implication dans le jeu), etc.

Apparemment, selon des sources fiables (Rodrigue Villeneuve de l'UQAC et Irène Roy de l'Université Laval), monsieur Robert Reid, professeur à Concordia serait la personne toute indiquée pour ce genre de stage, ayant travaillé avec Gennadi Bogdanov, étudiant d'un disciple direct (Nikolas Kustov) de Meyerhold.

La biomécanique repose sur une rationalisation du comportement scénique de l’acteur, véritable « laboratoire physico-chimique ». [...] Meyerhold règle, en effet, ses comptes avec l’intériorité et « envisage d’emblée sa pratique comme distance prise par rapport au stanislavskisme, dont il conteste aussi bien le régime de travail que l’aboutissement : l’atténuation de la théâtralité. [...] Là où Stanislavski s’adresse à la mémoire individuelle, nourrie d’un passé limité aux frontières du « je », Meyerhold fonde son enseignement sur le rappel d’une mémoire collective, mémoire du théâtre et de la scène.

Comme il l’expliquera plus tard, « la loi fondamentale de la biomécanique est très simple : le corps tout entier participe à chacun de nos mouvements. Le reste n’est que perfectionnement, exercices, études. »

La biomécanique ajoute à la forme théâtrale un « quatrième créateur », le spectateur, véritable caisse de résonance de ce qui se joue sur scène, prolongeant de façon créative les actions qui lui font face : « Ne forcez pas ! Faites confiance au spectateur ! Il est beaucoup plus intelligent que nous le pensons. » Le spectateur est celui en qui se définissent les lignes de forces du théâtre, celui à travers qui s’invente une nouvelle scène, sur les débris de la « scène boite » et du quatrième mur. Car l’acteur ne joue pas seul, portes et fenêtres closes, il « doit être capable de se voir toujours mentalement dans un miroir. » :

Tu n'es pas dans la vie, que diable... Tu n'es pas dans la réalité ; on te place sur une plate-forme scénique et tu fais ton entrée en tant qu'acteur... Alors si tu ne sais pas entrer en scène, apprends à te déplacer. Il n'y en a pas que pour le mot !

[...] Meyerhold exprime l’esprit de cette technique en une formule aussi dense que concise : « d'abord le mouvement, ensuite la pensée, enfin le mot. » Mais l’on doit se garder de faire de la mécanique autre chose qu’une méthode d’entraînement de l’acteur. Et Meyerhold le rappellera à plusieurs reprises :

« Ce n'est pas quelque chose que l'on peut transporter sur scène, c'est un entraînement élaboré sur la base de mon expérience du travail avec les acteurs. Il y a 12 ou 13 séquences que le comédien doit posséder pour savoir mobiliser tous ses moyens et pour savoir les diriger vers le spectateur de façon à ce que les idées qui sont posées à la base du spectacle atteignent le public...»

(tiré du site agon.ens-lsh.fr)

Voici un document vidéo - déjà pulié sur l'ancien blogue - montrant un peu ce que c'était à l'époque... et dans lequel, vers 1m40, apparaît Meyerhold en chair et en os... du moins, en image:



jeudi 7 août 2008

Le Théâtre 100 Masques fête son dixième anniversaire


10 ans!
10 ans de productions - 19 à ce jour... - à lesquelles s'ajoutent trois ans d'ateliers!
10 ans de hauts et de bas qui feront dire à certains «Déjà?», à d'autres «Vous êtes certains?», à d'autres encore «Mon Dieu! Qui l'aurait crû!»

Pour marquer cet événement - et pour marquer notre place dans l'écologie de la pratique (j'aime bien cette expression savante...) - le conseil d'administration a appuyé, lundi soir dernier, la programmation 2008-2009 suivante:
  • La Noël de Gruntilda II - La Nativité, spectacle bénéfice, suite du succès de l'an passé que personne n'a vue, présenté en décembre 2008;
  • L'ORDRE DU MONDE éclats scéniques [fluctuations dramatiques sur fond existentialiste amplifié] de Dario Larouche, présenté (conditionnellement à l'octroi d'une bourse) à la fin mars 2009;
  • Le Médecin malgré lui de Molière, point culminant des festivités, présenté à l'été prochain (peut-être en parallèle avec une exposition rétrospective...).
Outre ces productions, il y aura la tenue habituelle de deux sessions d'ateliers réguliers (automne et hiver), d'un camp thématique pour la semaine de relâche de mars et des deux semaines de camps d'été thématiques en juillet.

Le premier théâtre de Shakespeare découvert à Londres

Et voici que ce bon vieux Shakespeare (malheureusement, ce ne fut jamais un de mes auteurs favoris même si je reconnais son immense place dans la dramaturgie universelle) refait surface en plein XXIième siècle! Un pan historique du théâtre devient donc un peu concret:



EUROPE1.fr - Créé le 06/08/08 à 18h01

Des archéologues ont mis au jour dans l'est de Londres les vestiges du théâtre où William Shakespeare a joué ses premières pièces, a annoncé le Musée de Londres mercredi. Il s'agit du Théâtre de Shoreditch où le dramaturge faisait aussi l'acteur.

Richard III, Un Songe d'une nuit d'été, Le marchand de Venise... Ces pièces célébrissimes de William Shakespeare ont été jouées pour la première fois sur les planches du Théâtre de Shoreditch, dans l'est de Londres. Un théâtre qui avait été démonté pièce par pièce une nuit de 1599 par les propriétaires en conflit avec leurs locataires. Le bois avait été réutilisé pour construire un autre théâtre, le Globe, au sud de la Tamise et jusqu'à présent, aucun vestige n'avait jamais été trouvé.

Or, des archéologues du
Musée de Londres ont récemment découvert le site du théâtre original, de forme octogonale, lors de travaux destinés à la construction d'un nouveau théâtre. "Découvrir que nous construisions un théâtre pour le 21e siècle là où certaine pièces de Shakespeare ont été montées pour la première fois est une grande source d'inspiration", a déclaré Jeff Kelly, le président de la nouvelle compagnie, la Tower Theatre Company, qui s'installe sur le site.


Les vestiges de l'emplacement où le dramaturge élisabéthain s'est produit comme acteur avec la troupe des hommes de Lord Chamberlain, devraient être conservés sur le site.


Voici un autre article portant sur le même sujet paru sur Cyberpresse ce matin et un sonnet de cet auteur mythique (son quatre-vingt-dixième, si je compte bien... et en anglais, origines obligent!), dit par Alex Jennings (qui jouait le prince Charles dans le film The Queen) et tiré de l'album The Sonnets:



mercredi 6 août 2008

Question cosmétique...

Théâtre 100 Masques: Nono de Sacha Guitry (été 2008)
Frédéric Jean (Robert) et Marilyne Renaud (Madame Weiss)
Photo Jeannot Lévesque - Le Quotidien


J'ai toujours beaucoup aimé les maquillages prononcés. Les visages théâtralisés. Les amplifications morphologiques. Le dessin des traits... Voici donc matière à approfondir ce goût, ce besoin, ce désir...

Glané dans le livre (Les Répétitions, de Stanislavski à aujourd'hui) dont il était question hier dans ce blog désormais souvenir... Il s'agit d'un article portant sur le travail accompli par la belle Ariane Mnouchkine, au Théâtre du Soleil:

Le maquillage est également utilisé comme un masque: il ne doit jamais être décoratif. Porteur de signes, il contribue à «révéler» la personne en jeu. Un acteur maquillé doit atteindre la même dimension de jeu qu'un acteur masqué. Il lui faut rayonner par sa présence et exercer la même attraction, sinon un déséquilibre se créera entre les protagonistes. (p. 179)

Soir de première!

À toute l'équipe de comédiens, de concepteurs et d'administrateurs de La Rubrique - les Benoît, Émilie, Martin, Patrice, Sara, Marie, Serge, Alexandre, Michel, Lyne et les autres! - qui attendront patiemment aujourd'hui la levée du rideau (encore faut-il qu'il y ait un rideau... mais bon...) sur leur toute nouvelle production estivale, L'espace entre nous...

MERDE!!!

D'ailleurs...tant qu'à y être, à propos du «mot de Cambronne» (extrait de la source wikipédienne):

Selon une légende très populaire, commandant le dernier carré de la Vieille Garde à Waterloo, sommé de se rendre par le général britannique Colville, Cambronne aurait répondu : « La garde meurt mais ne se rend pas ! » Puis, devant l'insistance du Britannique, il fait une réponse aussi énergique que concise, aujourd'hui connue comme le « mot de Cambronne » qu'il nia cependant toute sa vie avoir faite: « Merde ! »

On a souvent contesté la réponse qui a illustré Cambronne. La paternité de cette réponse, devenue honorable, fut disputée et valut même un procès aux descendants de Cambronne, par ceux du général Michel mais le Conseil d'État ne trancha pas.

Soigné par Mary Osburn, une infirmière d'origine écossaise, durant sa captivité, Cambronne l'épousa, et lui aurait alors juré ne pas être l'auteur de cette réplique. Ce qui lui aurait valu de recevoir une montre en cadeau.

Cette grossièreté héroïque a inspiré une pièce à Sacha Guitry : Le Mot de Cambronne. Comme elle est en vers et que le mot en question ne possède qu'une seule rime (« perde »), l'oreille du spectateur est évidemment aux aguets.

Que le mot soit authentique ou non, le nom du général y est maintenant indissociablement attaché, à ce point qu'il est devenu un euphémisme (« Oh, et puis Cambronne à la fin ! ») et l'on trouve parfois le verbe cambronniser.

Et comme le mot est censé porter chance à celui à qui on le dit, Tristan Bernard a eu cette constatation désabusée :

Cambronne, on y pense avec peine,
Ne se montra pas bien français :
Crier aux ennemis le mot qui porte veine,
C'était fatalement assurer leur succès.

mardi 5 août 2008

Et c'est reparti...

C'est avec beaucoup de chagrin et de désespoir que je reprends ici là où l'autre blog, celui qui me fait littéralement respirer depuis un an, s'est arrêté. Pourquoi? Probablement une maladresse de ma part. J'ai dû l'effacer malencontreusement dans une manoeuvre inutile.

C'est une reprise douloureuse... ou un nouveau départ. C'est selon et ça dépend du moment de la journée. C'est un peu idiot comme sentiment, je sais, mais j'ai l'affreuse impression d'être aspiré par un gouffre. C'est une peine d'amour soudaine... un an de ma vie parti dans les dédales du cyberespace...

Mais bon. Je me console. Bien qu'ayant tout perdu, je conserve la plupart de mes écrits dans des carnets "à bloguer" étant donné que je me commets rarement directement devant mon écran. C'est donc un mal pour un bien... Cet incident fâcheux me permettra donc de faire du ménage dans mes liens.

N.B.: Oui, je garde le même titre de blogue. D'ailleurs, peu de gens connaissent la raison de ce titre. C'était, au départ, un jeu de mots. Depuis la création de Hotmail, mon adresse est clapoty@hotmail.com (j'en ignore la provenance aujourd'hui) et Yoyo a, depuis ma naissance, été mon sobriquet familial (c'est une simple répétition de la dernière syllabe phonétique de mon prénom). Joindre mes deux autres identités dans un énoncé me semblait amusant à l'époque... d'autant plus que l'image ainsi créée (les hauts et les bas) collaient bien (et collent toujours bien!) à mon moral... Voilà. Je repars donc à zéro.

vendredi 1 août 2008

Mes Mémoires minuscules... 6

Le Théâtre 100 Masques et les débuts comme metteur en scène

Quelque part au milieu de l'an 2000... pendant que mon bacc. s'éternise (pour les cours complémentaires... ).

Le Théâtre de la Castonade (auquel s'est joint Steeve Roy) se saborde alors qu'au Théâtre 100 Masques, deux des trois fondratrices - Maryse Lavoie et Magalie Roy - quittent le navire... premières d'une longue série d'administrateurs qui le feront par la suite. C'est dans ce contexte que Mélanie Potvin et moi joignons cette troupe, elle pour s'occuper des finances et moi comme directeur de production. Première action: enregistrer la compagnie pour lui donner une existence légale.

Voilà donc le point de départ officiel de mon association (chaoteuse) avec cet organisme.

Notre premier projet (en mars 2001, subventionné par le Regroupement Loisirs et Sports dans le cadre de l'événement annuel Expression Culturelle Jeunesse) marque aussi un tournant dans mes activités... car en effet, pour IPSO FACTO [courtepointe désamoureuse], je signe et les textes et ma première vraie mise en scène. Je me suis entouré des comédiens Isabelle Brin, Jean-Luc Girard, Georges-Nicolas Tremblay et de l'éclairagiste Alexandre Nadeau pour travailler à ce spectacle composé de sept petits textes (dialogues et monologues) traitant d'un aspect négatif de l'amour... Le décor est constitué d'un seul praticable noir; les costumes sont noirs et je n'ai que très peu d'éclairages. Curieux autant qu'étrange... Ce spectacle est aussi le premier à se tenir dans la Salle Murdock qui vient à peine d'être inaugurée (dans les faits, si je me souviens bien, il s'agit peut-être du second... le Théâtre de la suggestion présentant quelques jours avant nous leur Bal au nez rouge...).

Au même moment, à l'UQAC, une amie se cherche un projet de fin d'études et je lui propose alors de faire sa mise en scène si elle accepte de travailler sur La Sagouine d'Antonine Maillet. Après avoir placé un monologue entier, Hélène Bergeron, superviseure, trouve le résultat un peu lourd et soumet l'idée de créer un collage... ce qui fut fait. À partir d'un monologue de Maillet traitant de la pauvreté et des classes sociales, nous avons (en fait, j'ai...) intégré plusieurs textes dramatiques ou non: Les belles-soeurs (choeur du ménage) de Tremblay, La cantatrice chauve de Ionesco, Le misanthrope de Molière, une brochure des Messagères de Notre Dame, un court texte de ma plume, une publicité de la peinture SICO, etc. Les décors - un simple bout de tapis en jute, une chaise et un sceau - fabriqués par Daniel Pelletier, servent énormément beaucoup... Le titre de ce solo (le premier d'une petite série) est Qui déjà?.

Affiche du film de Hitchcock, 1952

De retour au Théâtre 100 Masques... Nous choisissons de présenter, après plusieurs années d'absence, du théâtre d'été à Chicoutimi (nous avions préalablement fait une demande de subvention au Fonds jeunesse Québec au printemps...): une adaptation théâtrale (dont je signerais le texte) du film d'Alfred Hitchcock, Mais qui a tué Harry?. Sous la direction de Sophie Larouche, une belle équipe (entres autres financée par Emploi-Québec et le projet Jeunes Volontaires) se lance dans le projet... sans se soucier des éventuels problèmes financiers... car la réponse (positive... ouf!) de la demande effectuée nous parvient à quelques jours (2 ou 3 maximum...) de la première: nous recevons ou bien 15 000$ ou bien 25 000$ ou bien 35 000$... je ne me souviens plus. Les représentations ont lieu toujours à la Salle Murdock... dans des décors (une immense façade de maison bleue et une forêt en foin allergène!) imaginés par Cathrine Sasseville.

Enfin, cette année-là, les Têtes Heureuses proposait leur seconde année des Cartes Blanches... et c'est ainsi qu'en octobre, j'ai présenté, dans la Galerie l'Oeuvre de l'Autre, un spectacle écrit (par moi...) en vers irréguliers, Les Pleureuses. Les trois comédiennes - Sophie Larouche, Annick Pedneault et Mélanie Potvin - se tenaient pendant une heure debout, chacune dans une immense cage de verre (faite en plastique!), dans chaque coin de l'espace. Les spectateurs étaient invités à se promener entre les cages pendant tout le spectacle.

Ailleurs, La Rubrique présentait Le Cabaret des nuits blanches et Celle-là de Daniel Danis; Les Têtes Heureuses fêtaient leur XXième anniversaire de fondation en présentant L'Éventail de Lady Windermiere d'Oscar Wilde (suivi du cabaret La séduction des anges) et le C.R.I. donnait son (peut-être me trompe-je...) Catatonie I...