mercredi 7 mars 2012

Retour à mon clavier...


Je me suis remis à l'écriture dramatique. Après une longue pause (mon dernier véritable texte joué, L'Ordre du monde, remonte à mars 2009 et son écriture à 2007) entrecoupée de quelques griffonnages sans conséquence. Par besoin soudain. Envie de revenir à un travail plus personnel... avec mes propres écrits. Et parce que j'ai enfin mon filon, ma veine dramatique. Comme ça. Un déblocage. Presque.

Donc, j'écris. À partir d'un truc écrit l'an dernier. Sans conséquence. Un texte qui change encore de titre presque à chaque fois que j'ouvre le dossier!

La matière textuelle prend forme peu à peu (sur mon écran au lieu de mes habituelles feuilles mobiles). En un long monologue (que je qualifierais, pour le moment, de théâtro-poético-dogmatique) pour une figure. Seule. Tout en construction syntaxique. Tout en musicalité. Tout en rythme. Presque un aria. Pour l'instant.

Un manifeste artistique, en quelque sorte, en une longue mélopée. Pour l'instant.

Si le style s'éloigne de mes premiers textes où la prolixité règne et où des personnages peuplent mes récits, il demeure cependant quelque chose du ton général plutôt noir avec une ironie sous-jacente... Pour l'instant.

mardi 6 mars 2012

La répétition comme un affrontement




Petit débat intéressant...

Personnellement, j'ai les oreilles qui frisent lorsque j'entends - notamment mes étudiants - «aujourd'hui on va pratiquer» en parlant du travail de création. Je m'acharne à reprendre quiconque s'échappe devant moi. On ne pratique pas le théâtre; on le répète.

On pratique un instrument; on développe une technique. On pratique un sport; on développe une technique. Mais le théâtre, lui, se fait par répétition (à moins qu'il s'agisse de séances de laboratoire pour développer une technique du corps... en quel sens le théâtre pourrait se pratiquer aussi).

Odette Aslan disait*: Répéter, c'est avoir l'air d'être dans l'instant immédiat, et surtout pas dans la reproduction servile de la chose répétée.

Car c'est là que rebute le terme répétition pour certains: avoir l'impression de refaire quelque chose de figé. Moi, je le vois comme étant la remise constante du travail en cours sur le métier. De reprendre dans le but de construire. Avec une ouverture constante aux modifications, aux ajouts, aux retranchements, aux refontes, etc.

Aslan va plus loin. Pour elle, répéter c'est véritablement faire preuve de création, de corps à corps avec l'œuvre: Répéter c'est s'affronter à l'œuvre, au metteur en scène, au partenaire ou à un dispositif hostile. C'est lutter contre les bruits, les éclairages crus et toutes les tracasseries de la technique. C'est essentiellement s'aventurer sur des terres nouvelles, se colleter avec des pourquoi, des comment. S'interroger sur soi et sur le monde. C'est se fondre dans une activité de groupe et protéger sa liberté. Partager, donner, s'épuiser. Recueillir, accueillir des idées, des matériaux. Progresser, passer au stade de la maturité et redevenir enfant.

C'est bien dit... au point de donner fortement envie de se retrouver dans une salle de répétition!

lundi 5 mars 2012

Les prochains camps d'été du Théâtre 100 Masques


Bien que nous soyons encore en plein coeur de l'hiver, le Théâtre 100 Masques profite de l'occasion pour annoncer les thèmes qui seront mis de l'avant lors des prochains camps d'été (en juillet 2012). À noter que pour répondre à la demande et équilibrer le nombre et l'âge des participants, un nouveau groupe a été ajouté. Ainsi donc, il y aura le groupe de 7-9 ans, celui des 10-13 ans et enfin, celui des 14-16 ans (et le nombre de places par groupe est limité à 12).

Donc...
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Première semaine - 9 au 13 juillet 2012

7-9 ans - Du personnage comique au «stand-up»
Exploration du comique... de la blague au conte, du clown à l'humour... dans un cadre théâtral.
10-13 ans - De l'impro... et de la vraie!
 Travail d'improvisation à partir des règles établies par la Ligue Nationale d'Improvisation.
14-16 ans - Théâtre d'ombres (entre l'ombre et la lumière)
Création, à partir de fables de Lafontaine, de théâtres d'ombres.

Seconde semaine - 16 au 20 juillet 2012
7-9 ans - Du mime comme un théâtre du corps
 Développement d'histoires drôles par le corps. Du théâtre acrobatique!
10-13 ans - Un orchestre de comédiens
Exploration du jeu choral (tous ensemble) à partir du texte La goutte de miel.
14-16 ans - Du théâtre éclaté
Création d'un spectacle collectif à partir de différentes contraintes. Du théâtre fou. Du théâtre surprenant.
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Les tarifs restent les mêmes, à savoir 160$ pour une semaine et 260$ pour les deux. Les ateliers se tiendront toujours au Centre des arts et de la culture de Chicoutimi et seront animés par des professionnels de la scène saguenéenne (les équipes et les cours restent encore à déterminer) pour aboutir, à chaque vendredi, à une représentation publique (avec un coût d'entrée minime).
Les dîners et collations sont à la charge des parents (lunchs seulement).
Pour informations supplémentaires ou réservations, vous pouvez nous rejoindre par téléphone au 418-698-3895 ou par courriel à les100masques@hotmail.com.
À bientôt!

samedi 3 mars 2012

Mademoiselle Dumesnil: pompeux éloges (!?)


 Certaines grandes actrices de la grande histoire du théâtre ont su devenir de véritables icônes de leur vivant et voir, à leurs pieds, tout ce que Paris comptait d'auteurs, de philosophes, de mécènes, de protecteurs et d'amants. Une époque révolue...

Voici comment (Louis de?) Boissy* salua avec une emphase pompeuse les débuts à la Comédie-Française d'une jeune comédienne qui deviendrait une véritable vedette, Mademoiselle Dumesnil:

Dans son brillant essai qu'applaudit tout Paris
Le suprême talent se développe en elle,
Et prenant un essor dont les yeux sont surpris,
Elle ne suit personne et promet un modèle.

L'on rapporte aussi de belle et imagée façon* comment l'un de ses contemporains, le comédien anglais Garrick, parlait d'elle:

- Comment est-il possible, disait-il, qu'un être, à qui la nature semble avoir refusé tout ce qui est nécessaire aux charmes de la scène, soit si parfait et si sublime? Non, la nature a tant fait pour elle qu'elle a méprisé tous les secours d'un art étranger; ses yeux, sans être beaux, disaient tout ce que les passions voulaient leur faire dire; une voix presque voilée, mais qui se ployait à l'expression des grands sentiments et qui étaient toujours au diapason des passions, une diction brûlante et sans étude, des transitions sublimes, un débit rapide, des gestes éloquents sans principes, et ce cri déchirant de la nature que l'art s'efforce en vain de vouloir imiter, et qui portait dans l'âme du spectateur l'effroi, l'épouvante, la douleur et l'admiration; tant de beautés réunies m'ont frappé d'admiration et de respect...

Enfin, ces descriptions ne peuvent faire oublier que ce monde passé était également en proie aux cabales et aux tractations de coulisses de toutes sortes... ce qui mène la Clairon, elle aussi grande comédienne (dont j'ai abondamment parlé et ) et surtout la plus imposante rivale (qu'elle jalousait de façon quasi maladive!) de Dumesnil, à en dresser un portrait cruel et terriblement sarcastique... qui est font peut-être une description plus juste... qui sait...:

Mademoiselle Dumesnil n'était ni belle no jolie; sa physionomie, sa taille, son ensemble, quoique sans aucune défectuosité de la nature, n'offraient aux yeux qu'une bourgeoisie sans grâces, sans élégance, et souvent au niveau de la dernière classe du peuple. [...]

Sa voix sans flexibilité n'était jamais touchante, mais elle était forte, sonore, suffisante aux plus grands éclairs de l'emportement. [...] Ses gestes étaient souvent trop forts pour une femme, ils n'avaient ni rondeur ni moelleux, mais ils étaient au moins peu fréquents.

[...] L'amour, la politique, le simple intérêt de grandeur ne trouvaient en elle qu'une intelligence médiocre, mais, jeune encore, jalouse, ambitieuse, on devait tout espérer de son émulation et de ses études. Telle était Mlle Dumesnil quand je me présentai au théâtre.

L'étude à laquelle je me vouai dès les premiers moments, en m'éclairant sur tous mes défauts, m'apprit, après quelques années de réflexion, à connaître aussi ceux des autres! je m'aperçus que Mlle Dumesnil cherchait plus à séduire la multitude qu'à plaire aux connaisseurs. Des criailleries, des transitions singulières, un débit comique, des gestes bas prenaient souvent la place de ces beautés terribles et touchantes dont elle avait donné de si grandes leçons.

Les sots criaient: bravo! la nature! bravo! mais adorant le talent jusque dans mes rivales, je ne pus m'empêcher de gémir de ce changement, et j'osai lui en demander la cause...

On n'en fait plus. Maintenant, les acteurs et les comédiens sont définis, portraiturés en un ou deux qualificatifs...
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* L'anecdote est tirée de Grandes actrices, leur vie, leurs amours de Marcel Pollitzer, paru en 1958 aux éditions La Colombe.

vendredi 2 mars 2012

«Impromptu scénique VI» [Carnet de notes]


C'est maintenant au tour d'Anick Martel (investie en tant que maître de jeu) de prendre la place de la Salle Murdock en compagnie de ses comédiens: Andrée-Anne Giguère, Sophie Larouche, Patrick Simard et Marilyne Renaud.

Leur mandat - comme toutes les autres équipes! - est d'offrir aux spectateurs qui se réuniront ce soir, à 20h, à la Salle Murdock, une représentation complète (décors, costumes, éclairages, etc.) et cohérente (avec un discours clair et précis) d'au moins une heure (donc, chronométrée).

Cette représentation se construira durant les onze prochaines heures... une création sous pression et aussi, avec contraintes!

Je reviens dans quelques minutes pour compléter ce billet évolutif...
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Après un avant-midi de travail intensif, je reviens avec quelques nouvelles de l'équipe du jour...

D'abord, il faut savoir que le maître de jeu, Anick Martel, est arrivé avec un concept proche de l'OuLiPo... où les comédiens auront, au hasard, des dizaines de scènes de théâtre à faire avec de nombreuses contraintes. Des exercices de style, en quelques sortes... sous forme d'auditions.

Pour faciliter les choses, trois contraintes de départ (et pour l'ensemble du travail) ont été données par divers individus: tous les comédiens en talons hauts, tous les éléments esthétiques bleus et tous les comédiens liés ensemble en permanence.

Une nouvelle contrainte vient de leur être imposée par le grand maître: tout au cours de l'heure, il doit y avoir des rimes de façon ponctuelle, régulière.

Beaucoup de plaisirs en perspectives! Et le spectacle s'intitulera Une couleur (bleu).

jeudi 1 mars 2012

L'approche néo-meyerholdienne

Je sors d'une rencontre synthèse avec ma directrice de recherche au doctorat. Une rencontre qui permet de remettre en place les bases actuelles de mon travail. 

Ainsi donc (ce billet peut ressembler à d'autres publiés antérieurement... mais l'exercice m'est nécessaire pour élaborer un discours clair), en lieu et place d'une recherche en trois volets distincts - soit le rapport au texte, le rapport au corps et le rapport à la scène - je reforme les assises théoriques qui me guident pour prendre l'ensemble du projet sur de nouvelles bases. Exit le néo-maniérisme meyerholdien (qui peut subir un glissement sémantique défavorable) au profit de l'approche néo-meyerholdienne.


Dans cette approche, chacun des pôles est abordé en fonction des deux autres et la mise en scène correspond, au fond, au tissage constant entre ces trois éléments fondamentaux du théâtre. Sous l'apparente évidence du schéma s'ouvre toute une évolution logique de la pensée et de la pratique artistique.

Ce schéma vient également du travail effectué présentement sur Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée qui est revenu à l'avant-plan dans les derniers mois. En lieu et place du travail (parce que je suis tout de même en recherche-création) sur de nouveaux textes, repartir à zéro, il devient plus intéressant de reprendre là où je l'avais laissé en 2005 avec une œuvre déjà construite à partir de laquelle je peux déjà valider si non des trucs concrets, du moins une pensée structurée comme l'arrimage de la théorie à la pratique.

Le choix est donc de poursuivre dans cette voie, avec cette mise en scène revue et bonifiée pour encore quelques temps... Puis l'automne reprendra avec mon examen de synthèse et les crédits académiques qu'il me manque.

Et commencera enfin l'écriture de ma thèse sur L'approche néo-meyerholdienne: redéfinition d’une vision des écritures scéniques actuelles dans une réactualisation des écrits de Meyerhold. Échéance prévue: automne 2013 ou, plus vraisemblablement, hiver 2014.



mercredi 29 février 2012

Michel Tremblay en émission de radio!



Voici, en suivant ce lien (en espérant qu'il soit le plus longtemps fonctionnel...), la série radiophonique - une réalisation de Radio-Canada signée Jacques Bouchard - consacrée à  Michel Tremblay et justement nommée Une rue autour du monde... en cinq épisodes d'une heure. Une vraie belle série!

Bientôt, dans quelques jours (à compter de la mi-mars), Tremblay aura également son exposition - sur son oeuvre, ses personnages, etc. - au Musée de la Civilisation de Québec jusqu'en 2018.


Nouvelle acquisition... et nouvelle catégorie



Toujours à la recherche de nouveaux bouquins pour me stimuler l'esprit et mes recherches, je viens de faire l'acquisition de Théorie et pratique du théâtre paru en novembre 2011 (donc fort actuel...) sous la plume de Josette Féral, l'une des théoriciennes (qui enseigne à l'UQAM et à la Sorbonne Nouvelle-Paris 3) les plus actives... 

Dans cet ouvrage, il sera notamment question de la théorie en quête de pratique, de la théâtralité et de la performativité de même que de la performance. Des sujets qui me sont présentement essentiels et avec lesquels je jongle depuis quelques temps déjà.

Voici la présentation écrite par l'éditeur et publiée sur le site Fabula.org: La question des liens entre théorie et pratique est au cœur de l’analyse théâtrale. Elle traverse tout le champ artistique, soulignant les ruptures et les complémentarités. Pour que l’étude en soit efficace et pertinente, il faut impérativement couvrir tout le domaine de la pratique en s’intéressant non seulement à l’analyse du spectacle (qui constitue toujours l’objet essentiel des études théoriques) mais aussi à ce qui précède la représentation, c’est-à-dire aux processus de création.

Il apparaît plus que jamais indispensable de se pencher sur le passage du texte à la scène et sur la réception du spectacle, domaines habituellement réservés à la recherche théâtrale, mais surtout d’ouvrir le champ d’étude à tout ce qui se trouve en amont de la représentation. Théories du jeu, répétitions, processus de création, direction d’acteurs, travail du metteur en scène, cahiers de régie, etc., doivent être pris en compte, sans pour autant négliger les questions théoriques proprement dites nécessaires pour comprendre la scène théâtrale aujourd’hui : théâtralité, performativité, présence, interculturalisme.

C’est cette perspective fort large du phénomène théâtral dans toute son amplitude qui fait l’objet des études rassemblées dans ce livre.

 Il risque fort, dans les prochaines semaines, d'y avoir de nombreuses citations tirées de ce livre...

Par ailleurs, à partir de ce billet (et en tentant de retrouver les billets précédents du même type), j'instaure un nouveau libellé pour mes billets: bibliographie... qui regroupera, comme son nom l'indique, ma bibliographie de travail.


mardi 28 février 2012

De la critique... encore...

Suite à son billet, Le blues du guichet, publié sur le blogue de La Rubrique, Stéphane Boivin (directeur des communications... ou un titre de ce genre...) a reçu des commentaires... et c'est toujours agréable d'avoir des réactions. Mais parfois un peu frustrants quand ceux-ci demeurent anonymes. Surtout pour émettre une opinion négative. L'anonymat sur le web est un droit, peut-être... mais il est un peu couard de se cacher pour dire les choses qu'on n'ose dire en face (ou du moins, sous sa propre signature).

Ceci étant dit, Boivin, l'auteur du billet, revient aujourd'hui avec une suite au billet précédemment nommé pour une mise au point et une envolée sur la critique. Envolée que je partage... depuis déjà plusieurs années! La voici... avec son aimable autorisation:

Dans ce contexte périlleux où beaucoup reste à accomplir pour faire entrer le théâtre dans les moeurs, les journalistes locaux, qui parfois acceptent de porter le lourd fardeau de critiques (« Épais sur le dos! » dirait numéro 5 dans Une heure avant), jouent un rôle ambigu. Ils travaillent pour des médias généralistes et clairement leur fonction n’est pas celle de l’auteur spécialisé. De plus nos journalistes ne peuvent pas ne pas savoir que tellement de gens sont à convaincre, à partir de loin, que le théâtre est un art qui peut les rejoindre, et qu’il vaut la peine qu’on lui donne quelques chances de nous séduire. Il savent bien la portée de ce qu’ils écrieront ou diront sur le sort d’un spectacle et éventuellement d’une compagnie.

Malgré cela, Une heure avant n’a pas été épargné par la critique. Parmi toutes les plateformes et moyens de communications utilisés, deux apparitions médiatiques seulement ont eu une teneur critique. Une positive du Quotidien dont le lien était en complément du dernier billet, puis une négative chez Radio-Canada. Nous n’avons pas l’impression que la critique du Quotidien fut complaisante, pas plus que celle de Radio-Canada était injuste. Nous croyons que le journaliste écrit a vu, au delà de cette première « chancelante », la force potentielle de la proposition, du texte et des comédiens. Une force qui n’a pas tardé à se manifester après quelques soirs, à s’affiner jusqu’à cette dernière impeccable de samedi dernier. Du côté de Radio-Canada au contraire, on a choisi de mettre en avant les défauts et les faiblesses de cette première, un choix que nous respectons tout à fait.

Doit-on s’étonner que la critique la plus brutale que nous ayons reçue soit anonyme? Elle est dans les commentaires publiés à la suite du billet précédent. Anonymat qui veut donner raison à son auteur lorsqu’il déplore la dangerosité d’une telle activité dans le milieu local. Posons-nous alors la question: Que manque-t-il pour que vive une critique lucide, sachant reconnaître les bons coups et ne manquant pas de souligner les mauvais, ici au Saguenay? L’hebdomadaire culturel local ne constituerait-il pas la tribune idéale pour l’établissement d’une telle critique? En fait leur choix éditorial de servir de courroie de transmission entre l’offre culturelle et le public est sans doute salutaire pour leur éviter l’enlisement dans un panier de crabes. On s’explique ce réflexe « non-critique » en considérant la petite taille du milieu théâtral saguenéen, l’interdépendance de chacun, la difficulté de faire face à un artiste qu’on aura bafoué publiquement. Il est vrai que certains on payé le prix de leur intégrité critique dans le passé. Mais cette proximité des artisans d’un milieu incestueux est pourtant proportionnellement identique dans les métropoles.

Il est vrai que les tribunes pour la critique indépendante et spécialisée sont rares voire inexistantes en région. Les journalistes des plus grands médias locaux ont beaucoup à couvrir dans un espace restreint. Ce n’est pas d’hier que certains, dont je suis, dénoncent l’absence, autre que ponctuellement, d’une telle habitude de la critique localement, et à croire qu’une telle critique lucide ferait avancer la pratique. Mais en réalité, nous sommes tiraillés ici en région entre une sorte de protectionnisme louable, où les journalistes et autres observateurs ne veulent pas nuire aux entreprises d’artisans locaux, et l’absence d’une critique que nous reconnaissons tous comme souhaitable et productive, mais dont nous avons si peu l’habitude que nous ne pouvons apparemment pas l’encaisser.

Que manque-t-il à une véritable critique théâtrale locale? Dans une ère où les supports médiatiques à l’opinion sont aussi démocratiques et considérant qu’il n’est pas plus facile de démonter froidement l’oeuvre de quelqu’un en ville qu’en région, je suis porté à croire qu’il manque surtout le courage tenace des opinions de la part de ses énonciateurs et la capacité pour les sujets de ces critiques de surpasser l’esprit de clocher… que nous avons par ici, c’est vrai, chevillé au corps.


Voilà. En gros, ça résume bien la dizaine de billets que j'ai écrit à ce sujet. Et je trouve également que cette part critique manque au milieu culturel. Tant dans les médias que parmi les artisans.

D'un problème d'assistance


 Le Théâtre La Rubrique a fait, en fin de semaine, une sortie publique pour déplorer le peu d'assistance à sa toute dernière production, Une heure avant (d'abord sur le blogue de la compagnie, ici, et dans un article paru dans le Progrès-Dimanche tenant sensiblement les mêmes propos).

Et non, cette situation ne leur est pas exclusive. Partout - et parfois de façon drastique! - les compagnies locales  (la plupart, en fait...) voient le nombre de spectateurs fondre comme neige au soleil... alors que les productions venues de l'extérieur tirent mieux leur épingle du jeu.

Où est le problème?

La qualité? L'offre qui surpasse et de loin la demande? Le manque de promotion? L'absence d'un «star système» au niveau régional? Une méconnaissance de la vitalité théâtrale? Un décalage entre le milieu culturel et la «vraie vie»? Le médium ne dit-il plus rien de notre monde?

Manifestement, ce ne sont là que quelques pistes de réflexions... et peut-être n'est-ce que la fin d'un cycle... Mais toujours est-il qu'en attendant, une question demeure: on fait quoi, maintenant?

Un problème de compagnie ou un problème de milieu?

D'où viendra la (ou les) réponse(s)?

dimanche 26 février 2012

Un Espace Théâtre sur Radio Spirale



Radio Spirale (qu'on peut découvrir ici)  à maintenant une nouvelle émission: Espace Théâtre, reliée, si je comprends bien, à la Revue Jeu (d'où le fait que les publications correspondent aux Entrées Libres de Jeu et aux Entretiens de Jeu qui ont lieu tout au cours de l'année). Sur ce site, donc, de nombreuses discussions fort intéressantes... comme  Shakespeare, l'homme sous l'oeuvre ou encore Le dauphin, espèce en péril: les directions artistiques

De bons entretiens qui s'inscrivent dans la pratique nationale.

Pour retrouver facilement ce site, je le place en lien dans la colonne - à la toute fin - à la gauche de ce billet.

Au théâtre, cette semaine! (du 26 fév. au 3 mars 2012)


Encore une semaine à venir sous le signe des finissants en arts de l'UQAC (toute la programmation peut être consultée ici)... ce qui s'illustre assez bien par le calendrier théâtral que voici:

Mercredi à vendredi - 29 février au 2 mars 2012
Petit Théâtre (UQAC), 19h

Julie Tremblay-Cloutier présente son projet de fin de bacc., la méthode du bonheur (expérience #2), une expérimentation à partir d'un texte d'une collègue étudiante, Caroline Beaulieu.

Mercredi à vendredi - 29 février au 2 mars 2012
Studio-Théâtre (UQAC), 19h45

Simon Allard présente son projet de fin de bacc., Cinq cons et un bâton: Cinq femmes, cinq souvenirs, cinq traces, un homme...et ses cinq cons! Il est l'homme et ses cinq femmes sont Julie Bernier, Sara Moisan, Aimie Tremblay, Caroline Tremblay et Marie-Ève Gravel... dans une mise en scène d'Erika Brisson.

Mercredi et jeudi - 29 février et 1er mars 2012
Sous-Bois (Chicouimi), 20h le premier soir, 21h le second.

Marie-Claude Brassard présente son projet de fin de bacc., Les superhéros ont la queue basse: Entrez dans l’univers improbable, cynique, absurde... d’un personnage ambigu créé de toute pièce sur les mots de Carol Dallaire. Les mots en bouche, je vous offre ici rires, doutes et confusions à votre guise…

Vendredi - 2 mars 2012
Salle Murdock (Chicoutimi), 20h 

Le Théâtre 100 Masques et le Théâtre À Bout Portant s'associent pour présenter un second Impromptu Scénique... confié cette fois à Anick Martel et son équipe de comédiens: Sophie Larouche, Marilyne Renaud, Patrick Simard et Andrée-Anne Giguère. 12 heures de créations avec contraintes dans le but d'offrir aux spectateurs le soir même, une représentation cohérente et complète d'une durée minimale d'une heure! Places limitées!

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C'est ce qui se retrouve sur mon écran radar... Peut-être oublierai-je quelques trucs... le cas échéant, on peut me le faire savoir par le biais des commentaires!