mardi 7 mai 2013

Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]

Comme je le mentionnais dans le dernier billet d'hier, c'est ce soir que débuteront les répétitions de la seconde pièce au programme de cet été: La Jalousie du Barbouillé... qui n'est pas la plus connue de Molière (d'ailleurs, il faut préciser que cette oeuvre lui est hypothétiquement attribuée).

Un peu comme dans Le Mariage Forcé, il est question de mariage... cette fois consommé. Un homme, le Barbouillé, se plaint de la frivolité de sa femme alors que celle-ci fait tout en son possible pour s'amuser et pour rejoindre son amant. 

Dans cette pièce, deux scènes me semblent principalement importantes (et constituent le coeur de ce texte plutôt court): une très longue scène avec un docteur-philosophe (principe qui sera repris dans l'autre pièce... écrite une dizaine d'années plus tard) et une autre longue scène entre les deux époux proche, dans un esprit contemporain, de la célèbre scène burlesque d'Olivier Guimond rentrant chez lui saoul et découvrant, à la fenêtre, sa femme personnifiée par Manda Parent...

Il y a là un bon défi en perspective...

lundi 6 mai 2013

Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]

Petite esquisse griffonnée samedi matin, pendant le premier enchaînement du Mariage Forcé... C'est vers ce type de métamorphose des coffres que j'aimerais aller pour la seconde pièce, La Jalousie du Barbouillé dont les répétitions débutent demain (ou mercredi?)



Des coupures...


Je me suis attelé, tout dernièrement, à l'une des tâches - disons! - intellectuelles que je préfère, théâtralement parlant: revoir un texte, un livret pour le mettre à ma main... sans le dénaturer!

Cet exercice (qui vaut cette fois pour une œuvre française de la seconde moitié du XIXième siècle...) de coupures (d'au moins une vingtaine de pages!), de gommage de personnages, de reconfiguration des scènes a quelque chose de jouissif. Tout radical qu'il soit, ça demeure un exercice d'essence.

Qu'est-ce qu'il faut nécessairement garder? Qu'est-ce qui peut et doit passer à la trappe pour le bénéfice du spectateur? Comment garder l'idée exprimée dans le dialogue sans garder les protagonistes et la situation d'origine?

Il fait entrer au cœur même des scènes alors qu'il faut, préalablement, en comprendre le schéma dramatique, en saisir les enjeux tout en définissant le meilleur moyen d'atteindre le but recherché dans une plus grande clarté.

C'est, en quelques sortes, revoir la dynamique, le rythme scénique...

jeudi 2 mai 2013

Les premières auditions publiques pour les gens du milieu théâtral

C'est cet après-midi que se tiendront les premières auditions publiques pour comédien(ne)s découlant des Forums sur le théâtre au SLSJ (et du groupe de compétence en théâtre du CRC) et pilotées par un comité. 

Cette initiative avait été proposée pour permettre aux jeunes comédiens professionnels de même qu'aux plus établis (s'ils le désirent) de se faire connaître, de se rappeler au bon souvenir des producteurs.

Pour cette première édition, donc, une dizaine de candidatures ont été retenues. Ces artistes auront cinq minutes pour faire valoir leur(s) talent(s) dans des courtes scènes préparées devant un public de producteurs (les directions des compagnies de théâtre et des réalisateurs).

Ça aura lieu dès 14h30, à la Salle Murdock du Centre des arts et de la culture de Chicoutimi.


mercredi 1 mai 2013

De la difficulté de ramasser de l'argent pour la culture...

Ce qu'il peut être difficile de ramasser de l'argent quand nous ne sommes qu'un petit organisme culturel. Pas de grandes structures (comme les festivals ou les produits d'appel) qui draineront des milliers et des milliers de spectateurs. Pas de grandes causes sociales (les jeunes, la recherche sur les maladies, les campagnes du ruban rose, etc.). Pas de personnes à sauver. 

Que de la nourriture de l'esprit... dans un monde où celui-ci semble plutôt à la diète.

L'ère n'est pas au mécénat. Ou si peu.

Et toujours cette foutue impression de quêter alors que le soutien au milieu culturel rehausse l'indice de bonheur (!) d'une ville, d'une société...




lundi 29 avril 2013

De la précision.


C'est ce type de précision dans le geste, dans le mouvement que j'aimerais retrouver chez les interprètes de théâtre. Cette même rigueur physique. Cette même conscience de l'espace (des murs, des angles, du public) dans l'exécution des séquences. Cette même force, cette même puissance... dans une apparente légèreté.

Un corps travaillé. Un corps d'effort. Un corps de maîtrise et de calcul (fascinant... quand il «retombe» quasi au ralenti après un saut).

Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]


Et ça continue...

Présentement, sept scènes ont été placées... et à ce rythme, à la fin de la semaine, ce sera tout Le Mariage forcé qui aura été traversé une première fois.

Déjà quelques constatations peuvent être faites.

D'abord, cette pièce est très (très!) dynamique, enchaînant toute une suite de tableaux et de personnages tous plus loufoques les uns que les autres. Chaque scène fonctionne avec une certaine autonomie, comme un numéro de cabaret. L'intrigue (simple) est vive, rapide, concise. Du coup, la scène ne peut qu'en être affectée. Le jeu sera assurément nerveux (mais en plein contrôle).

Ça bouge!

Dans ce contexte, le rythme devient tyrannique (et par rythme, il faut surtout éviter de tomber dans la rapidité et l'accélération). Les cafouillages sont proscrits. L'écoute est primordiale... et idéalement, les comédiens doivent sentir, ressentir le temps scénique pour puncher à temps...

Ensuite (et découlant de la première remarque), une rigoureuse attention doit être portée à l'espace. Dynamiser la pièce ne doit pas se faire au détriment de l'espace... et celui-ci doit être en phase avec ce qui se passe, soutenir le mouvement, le contraindre efficacement tout en le rehaussant. L'économie du geste et du déplacement sera toujours plus profitable. 

Les comédiens doivent faire preuve d'une maîtrise de leur corps et de leur voix pour passer, l'espace d'une réplique, d'un personnage à un autre. Et l'exécution de ceux-ci doit être précise. Parfaite. Dans un apparent calme malgré l'intensité de la pièce.

Cette mise en scène se fait donc beaucoup selon les principes du jeu choral (un jeu imbriquant les actions et les réactions,construit sur différents tempos, impliquant toute la scène dans l'édification de l'image scénique).


dimanche 28 avril 2013

Un ballet?


Ce n'est pas du théâtre à proprement parlé... mais il me vient parfois (surtout quand je vois de tels vidéos) de furieuses envies de monter un ballet (avec une approche toute néophyte, il va sans dire!). Et mon choix irait d'emblée vers un répertoire moderne comme le Roméo et Juliette de Prokofiev (Sergueï Sergueïevitch Prokofiev, un grand compositeur russe contemporain de Meyerhold) d'où est tirée cette entêtante Danse des chevaliers datant du début des années 2000.

En voici une version datant de la fin des années 70 (début des années 80):


En voici une autre version (plus proche du premier vidéo) datant de 1966:

samedi 27 avril 2013

Le charme acadien


Hier soir, le Théâtre La Rubrique présentait son dernier spectacle adulte de la saison 2012-2013: Les trois exils de Christian E., une coproduction (signée par Christian Essiambre et Philippe Soldevila) du Théâtre Sortie de Secours et du Théâtre de L'Escaouette.

Seul en scène, sans décor ni accessoire si ce n’est qu’une simple chaise, sans effet d’éclairages, au centre d’un carré blanc dessiné au sol, le comédien accueille le public en s’étirant, se déliant la bouche… 

Puis pendant plus d’une heure et demie, il se lance dans une histoire - qu’on suppose personnelle… le propre de l’auto-fiction – composée d’un efficace entrelacement d’anecdotes et de commentaires. 

Voici donc la présentation de Christian E., Acadien d’origine, en exil à Montréal pour tenter de faire carrière. Entre deux auditions et de longues séances de jeux vidéo, il vivote. Se cherche. Et des circonstances familiales le poussent à faire, entre son Acadie natale et la représentation (sans tomber dans un folklore élimé), une profonde introspection.

Un texte bien construit qui présente des personnages (mais jusqu’à quel point le sont-ils?) qui amusent, font sourire : sa mère, son père, ses trois autres cousins, les touristes au Pays de la Sagouine, la Sagouine elle-même! 

En pleine maîtrise de son jeu, de son espace, de son discours, Christian E. propose un spectacle éminemment physique, d’une précision chirurgicale dans les pirouettes… sans jamais en perdre le fil intimiste et touchant. Sous cette apparente aisance doit se cacher de multiples calculs. 

Devant ce type de représentation, il est difficile de ne pas songer au travail d’un Fred Pellerin (avec le même type d'humour - sans le merveilleux du conte - qui fera rire et touchera de la même façon)... Mais qu’à cela ne tienne, ce comédien réussira, par sa présence et la complicité qu’il sait créer, à le faire oublier. 

vendredi 26 avril 2013

La formation du théâtre soviétique

Je viens de trouver, sur Youtube, un document vidéo d'un plus de deux heures intitulé (vive les traductions en ligne!) La formation du théâtre soviétique, datant des années 20 (dont j'ai déjà vu et publié ici quelques extraits...) . S'il est intéressant, c'est qu'il présente des images de tous ces grands noms qui ont donné de nouvelles bases au théâtre moderne: les metteurs en scène Stanislawski, Meyerhold, Taïrov, Evreinov, Vakhtangov... et les acteurs Babanova, Illinsky, Garin...

S'il est une époque qui m'est chère, c'est bien celle-là!


Je vais tenter, dans les minutes et les heures à venir, de mettre des points de repères pour faciliter la lecture de celui-ci...

jeudi 25 avril 2013

De l'écriture à la voix...

L'écriture est encre sèche,
elle claque comme un fouet,
elle est trace, marque:
consonne.
La voix est onde, ondée,
salive, larme et sang.
Elle est présence du corps humide:
voyelle.

Je l'ai déjà dit. Je l'ai déjà écrit. À plusieurs reprises même. L'un des meilleurs bouquins portant sur le théâtre (et celui d'où est tirée cette citation) a été rédigé par l'acteur, metteur en scène et réalisateur français Daniel Mesguish: L'éternel éphémère. Tant par son style que par sa poésie. Tant par sa vision théâtrale que par sa manière d'en parler.

mercredi 24 avril 2013

Rester dans son jus!


Il y a de ces trucs, au théâtre, qui rendent insupportable une situation banale...  comme ces costumes qu'on portent et reportent... et qui obligent le comédien à rester dans son jus!

Vite, un détour par le Dictionnaire de la langue du théâtre d'Agnès Pierron:

Rester dans son jus: C'est, pour un comédien, avoir à porter un costume qui n'a pu être lavé; soit que l'habilleuse n'en ait pas eu le temps - ce qui est possible en tournée - soit que le costume soit particulièrement délicat ou long à sécher. Le comédien sera contraint de jouer dans un costume imprégné de sa transpiration.

Un peu dégoûtant... mais véridique!

Combien de ces costumes embaument parfois les loges? Combien de ces costumes qui rebutent quand vient le temps de se changer? Combien de ces costumes qui, sur scène, font lever le cœur quand il faut s'en approcher?

Et que dire quand cette effluve survient à l'essayage du vêtement... ce qui implique alors que cette odeur n'est pas la nôtre...?

C'est dans ces situations - toujours un peu désagréables! - que le théâtre perd un peu de son charme et de son aura de mystère pour sombrer dans une réalité bien olfactive.

Voilà. 

C'est avec cette idée en tête que j'attends Mélanie Potvin qui fera, cette année, les costumes de la production estivale du Théâtre 100 Masques!