mardi 6 mai 2014

«La Paix chez soi et autres bêtises humaines»... [Carnet de mise en scène]

Depuis le 16 avril dernier, les répétitions vont bon train... à raison d'un ou deux blocs par jour, du lundi au vendredi: sur les onze textes à mettre en scène, sept ont maintenant une ébauche pour guider le travail à venir.


Le rythme - cet élément capital! - est le plus grand défi à relever d'une pièce à l'autre... mais aussi à l'intérieur même de chaque petite oeuvre. Axées, pour la plupart, sur la conversation, ces textes sont d'abord des partitions rythmiques. Et dans les interstices du verbe (dans l'optique d'un jeu séquentiel parole-action-parole) se déploient tout un canevas de gestes, de mouvements, de déplacements. Du coup, c'est bel et bien une machine qui est créée. Un système dynamique. Un système qui n'admet - ô horreur! - ni retard, ni précipitation. 

D'où l'exigence tyrannique d'apprendre les textes en amont pour qu'en salle de répétition, le corps, les bras et les yeux (j'admets que l'esprit, lui, ne comptent pas dans cette énumération!) soient libérés de toutes entraves imposés par le livret. Exigence terrible pour qui préfère apprendre en faisant... Exigence qui, pourtant, au final, ouvre la palette de possibilités scéniques parce qu'alors, le théâtre se fait sur ses véritables motivations: les relations à l'autre, à soi, à l'espace. 

À ces considérations rythmiques se joint un autre défi: celui de l'interprétation, de l'incarnation de différents personnages par le même comédien. Trouver le bon caractère, le bon corps, la bonne intonation... et refaire le même exercice selon le texte qui est en chantier. 

Il n'y a pas à dire: la suite promet!

jeudi 1 mai 2014

Fin de semaine d'auditions...

Cet après-midi, à 15h, auront lieu les secondes auditions publiques professionnelles pour le théâtre et le cinéma, à la Salle Murdock du Centre des arts et de la culture de Chicoutimi. Une initiative qui découle du premier Forum sur le théâtre au SLSJ de 2011.

Six personnes (des finissants de l'UQAC, des comédiens de retour dans la région, des acteurs d'ici mais qui veulent se rappeler à notre bon souvenir) se prévaudront de l'offre et feront montre, devant des metteurs en scène et des réalisateurs (en plus de leurs pairs curieux) de leur talent sur la scène et - ô nouveauté de cette année! - à l'écran (dans de courtes scènes qui ont été tournées plus tôt par la Bande Sonimage).

Tout de suite après cet événement, je quitterai pour Montréal où m'attendent (en compagnie de Louise Bouchard, directrice artistique de la SALR et d'Aline Kutan) les auditions en vue de la prochaine production de la SALR (une autre audition au SLSJ devrait se tenir un peu plus tard dans le mois, j'imagine). Ce seront près de soixante solistes qui passeront devant nous, en deux jours.


mercredi 30 avril 2014

Retour sur le Grand Bal Masqué


Le 19 avril dernier, le Théâtre 100 Masques a donné son premier (y en aura-t-il d'autres?) Grand Bal Masqué pour souligner ses quinze ans d'existence. Près d'une centaine de personnes ont répondu à l'invitation et se sont présentées à la Marina de Chicoutimi.

Pour l'occasion, l'équipe de la compagnie s'est adjoint les services de Marilyne Bédard, blogueuse (pour le très suivi blogue Je m'habille chez nous!) et styliste (qui signera la conception des costumes de la prochaine production estivale en cours de répétition), qui a photographié, tout au cours de la soirée, les participants. 

Alors, plutôt que de décrire cet événement, laissons parler les images! Voici le lien pour voir quelques photos.

mardi 29 avril 2014

«La Paix chez soi et autres bêtises humaines»... [Carnet de mise en scène]

Portrait de Courteline jouant avec son théâtre de marionnettes, par Charles Léandre

Dans cette mise en scène (compte-tenu du nombre de textes, je devrais parler au pluriel!), deux  éléments sont particulièrement importants dans l'élaboration des jeux scéniques:

1- l'utilisation des accessoires au point de les rendre essentiels; 
2- l'agrandissement du plateau (plutôt réduit!) par la convention des personnages (gestes, déplacements, interrelations).

Ce sont là, en quelques sortes, les lignes directrices de l'ensemble de la production. 

À cela s'ajoute, bien entendu, toutes les questions de rythme (à ne pas confondre avec la précipitation) inhérentes à toutes bonnes comédies de boulevard!


lundi 28 avril 2014

«La Paix chez soi et autres bêtises humaines»... [Carnet de mise en scène]


Pour la mise en scène de cette quinzième production estivale du Théâtre 100 Masques, il fallait un espace qui puisse accueillir non pas un, deux ou trois textes différents... mais bien onze! Un espace neutre (sans pour autant être banal) mais dynamique agissant plus comme un écrin de présentation que d'univers scénographique. 

Le plateau sera donc constitué - comme la maquette préliminaire le montre - d'un aire de jeu directement au sol, encadré par un mur de portes utilisables - théâtre de boulevard oblige! - qui seront sur-utilisées! 

Pour chacune des petites pièces, un seul élément accessoire marquera le lieu et conférera, par convention, une fonction précise au lieu ci-haut mentionné.  

Esthétiquement parlant, l'ensemble reste encore à déterminer. Quelle en sera la (ou les) couleur(s) dominante(s)? Quel style sera développé (quoique sur cette question, les idées commencent à se préciser!)? Comment se succéderont les différentes propositions?

Pendant ce temps, nous entamerons, cette semaine, notre troisième semaine de répétitions... et termineront, sous peu, la première mise en place de l'ensemble des projets. 

jeudi 10 avril 2014

La mise en scène selon Copeau


Le rôle du metteur en scène, à la fois son droit et son privilège est d'être présent partout et cependant invisible, sans opprimer la pensée de l'acteur ni froisser la pensée du poète, et ne dépensant son génie qu'à servir l'un et l'autre. Tous ses efforts tendent à composer et à édifier un objet parfaitement cohérent et proportionné, solide et harmonieux, comparable à ces petites cathédrales que le «donateur» à genoux présente devant lui dans les retables.

[...]

Le metteur en scène invente et fat régner entre les personnages ce lien secret et visible, cette sensibilité réciproque, cette mystérieuse correspondance des rapports, faute de quoi le drame, même interprété par d'excellents acteurs, perd la meilleure part de son expression.

Ce sont là deux belles définition de ce qu'est le metteur en scène... et elles viennent de Jacques Copeau, lui-même metteur en scène quasi ascétique. Elles sont consignées dans le premier tome de ses écrits théâtraux réunis sous le vocable Registres.

mercredi 9 avril 2014

Quand Brassens parle de Courteline...

À quelques jours de débuter les répétitions de la prochaine production estivale du Théâtre 100 Masques, La Paix chez soi et autres bêtises humaines, qui présentera un florilège d'oeuvres de Courteline, reportons-nous quelques années en arrière (quelque part à la fin des années 50 ou au début des années 60) où le grand Georges Brassens donne son avis sur les qualités comiques de Courteline:

jeudi 3 avril 2014

«Au Champ de Mars»... [Carnet de mise en scène]


C'est aujourd'hui la première d'Au Champ de Mars (de Pierre-Michel Tremblay) au Théâtre Mic Mac, à Roberval. Nous sommes donc à quelques heures de cette première vraie rencontre avec le public! Mais en attendant... l'attente. Ce long et pénible moment qui ne sert qu'à accumuler le stress, le trac, la nervosité, la fébrilité.

Mais bon. C'est aussi ça, le théâtre.

MERDE AUX COMÉDIENS
STÉPHANE, CÉLINE, GERVAIS, 
FRANCE, DENIS
ET TOUS LES COLLABORATEURS!

mercredi 2 avril 2014

«Au Champ de Mars»... [Carnet de mise en scène]

Après une générale réussie, voici quelques autres photos prises, cette fois, par Alexandre Nadeau:






mardi 1 avril 2014

La mise en scène comme un souque à la corde


Si le metteur en scène a entre les mains l'une des extrémités du fil par lequel il tire l'acteur, l'acteur tient l'autre extrémité de ce même fil par lequel il tire le metteur en scène...

Et c'est précisément la raison pour laquelle j'affirme que le metteur en scène n'a pas le droit d'élaborer d'avance son plan dans les détails. C'est seulement lorsque j'arrive devant le collectif des acteurs [...] que peut naître la mise en scène. Bien entendu, je ne m'écarte jamais de ma conception générale. Mais je dois toujours être disponible pour l'initiative des acteurs, prêt à répondre à une contre-proposition comme aux échecs où l'on doit trouver la meilleure solution. Pour moi, l'initiative de l'acteur ne se manifeste pas quand il a dit sur scène «M. le metteur en scène, selon moi, il fut faire un pas à droite et non pas à gauche», mais dans la façon dont il perçoit ma proposition. Si je vois qu'il y réagit d'une façon hésitante, impuissante, cela signifie qu'il y a une erreur, soit dans ma suggestion qui n'est pas assez évidente pour cet acteur, ne le convainc pas et ne pénètre pas librement sa conscience, soit chez l'acteur lui-même qui ne fait pas assez d'efforts pour comprendre. Dans ce cas, mieux vaut abandonner le travail sur cette scène, y réfléchir et n'y revenir que quelques jours plus tard.

C'est là une conception toute meyerholdienne (toujours y revenir en production!) de la mise en scène et du lien entre le metteur en scène et ses interprètes... une conception qui me plaît bien et qui me semble être en phase avec ma propre façon de travailler...

lundi 31 mars 2014

«Au Champ de Mars»... [Carnet de mise scène]

Nous avons terminé (en quelques sortes...) les répétitions de la nouvelle production du Théâtre Mic Mac qui prendra l'affiche à compter de jeudi. D'ici là, ne reste plus que deux générales, ce soir et demain, pour finaliser l'ensemble du projet et faire les derniers ajustements. Un projet qui trouve, à chaque nouvel enchaînement, son ton et son rythme. Voici d'autres photos (toujours prises par Christian Roberge) au cours de la fin de semaine dernière:

France Donaldson (Anabelle) et Denis Lavoie (Sergent de film)

Gervais Arcand (Marco)

Stéphane Doré (Éric), Gervais Arcand (Marco) et Denis Lavoie (Sergent de film)

Gervais Arcand (Marco) et Céline Gagnon (Rachel)

Stéphane Doré (Éric)

Céline Gagnon (Rachel) et France Donaldson (Anabelle)

Gervais Arcand (Marco), Stéphane Doré (Eric), Céline Gagnon (Rachel), France Donaldson (Anabelle) et Denis Lavoie (Sergent de film)

Gervais Arcand (Marco) et Stéphane Doré (Eric)

samedi 29 mars 2014

Berhnardt ou La Duse?


Ici sont réunies deux des plus grandes comédiennes de l'histoire du théâtre (qui plus est, contemporaines!), la française Sarah Bernhardt et l'italienne Eleonara Duse (surnommée simplement La Duse). Deux génies des planches. Deux forces scéniques. Deux monstres sacrés. 

Semblables? Pas vraiment. 

Voici comment les comparait André Chaumeix (un journaliste et critique français de la première moitié du XXième siècle):

Sarah Bernhardt et elle ont représenté les deux formules les plus achevées, essentielles, de l'art romantique. L'une a rayonné, ébloui, comme le soleil, empli l'univers de ses caprices, de sa fantaisie poétique, de sa splendeur séductrice. L'autre a ébranlé toutes les sensibilités par le jeu pathétique et sans recherche de coquetterie féminine d'un visage nu, sans beauté régulière, mais rendu sublime par l'expression. La douleur qu'exprimait Sarah Bernhardt tordait les nerfs et grisait à la fois par la beauté d'un style approprié à l'artiste; on pleurait avec elle, sur elle, mais, après la chute du rideau, on n'avait plus qu'un désir: celui d'acclamer l'enchanteresse, de l'approcher comme une divinité représentant une des formes de la beauté. Sarah Bernhardt était «tonique», même après une représentation de Phèdre, de La Tosca ou de L'Aiglon. La douleur de la Duse, aux belles mains, entrait en nous comme un mal contagieux. Elle ne tordait pas les nerfs, elle déchirait l'enveloppe d'apathie qui habituellement préserve l'âme. On était envahi non par l'enthousiasme, mais par le désespoir. Après avoir entendu Eleonara Duse jouer La Dame aux Camélias, La Dame de la mer, La Gioconda, on n'avait envie que de solitude. On n'aurait pas imaginé rencontrer dans un salon cette vivante statue de douleur. L'action de cet art était intérieure et profonde. 

Quelles descriptions!