samedi 26 juillet 2014

J'arrive!


Avec la fin de la production du Théâtre 100 Masques, mon été commence... au Saguenay! L'occasion idéale pour aller rendre visite à mes collègues! Eh oui! Je me propose  bien d'aller voir la plupart des spectacles théâtraux de la région: Le Cabaret À Tour'drôle - Les Meilleures Mômans à Jonquière, La Maison coupée en deux à Saint-Fulgence, Ce soir on passe à la télé à Chicoutimi puis Une fois au chalet à Roberval... Il y a aussi la présentation, du 18 août à la mi-septembre, au 150 rue Racine, de Le Voisin par la Maison des artistes, nouvelle compagnie intriguante.

Je compte bien, dis-je, aller voir tout ça... et me remettre aussi à l'écriture de billets rétrospectifs (comptes-rendus, opinions, réflexions) sur ce blogue... pratique que j'ai un peu délaissée au cours des derniers mois.

Voilà! Bon été!

vendredi 25 juillet 2014

«La Paix chez soi et autres bêtises humaines»... [Carnet de mise en scène]


C'est déjà le dernier tour de piste pour tous les personnages (il sont vingt-quatre!) de La Paix chez soi et autres bêtises humaines et, du coup, pour les quatre comédiens qui les portent avec vaillance, dynamisme, talent! 

La fin d'une production, dans le contexte régional (où 12 représentations représentent la norme), a quelque chose de déchirant: voilà un spectacle au faîte de son efficacité, rythmé, précis... qui voit malheureusement son élan freiné. Mais bon. Une dernière, c'est une dernière... comme Philippe Torreton (l'auteur du Petit lexique amoureux du théâtre) le dit: La dernière est l'ultime représentation d'un spectacle, elle peut être souhaitée dans certaines circonstances où l'ambiance entre acteurs est exécrable ou que la qualité du spectacle n'est pas totalement au rendez-vous mais, la plupart du temps, c'est avec beaucoup d'émotion et de fébrilité que l'on aborde la dernière représentation. Il n'est pas rare de ressentir alors un trac particulier ressemblant à s'y méprendre au trac des premières. 

Avant de faire un retour critique sur le projet, un bilan (financier, de guichet et d'assitance), encore un dernier soir pour apprécier tout le talent de cette équipe (déjà cannée pour la production 2015!).

Pour Josée, Mélanie, Patrick, Pierre, Sophie, Alexandre, Marilyn, Erika, Camille et Clara (même en France!), dernier et retentissant MERDE!!!

mardi 22 juillet 2014

Décore ta vie... une déformation professionnelle!

Depuis le 1er juillet dernier, je suis devenu directeur général de la Société d'art lyrique du Royaume (en plus de cumuler les directions générale et artistique du Théâtre 100 Masques). L'une des premières tâches que je me suis assignée fut de donner un nouveau look aux locaux qui nous sont assignés (au Complexe Saint-Nom-de-Jésus)... voire un complet remodelage des espaces, une mise en valeur des lieux physiques (par l'utilisation d'accessoires et de morceaux de décors), une véritable mise en scène de la compagnie (on n'en sort pas!)!

Concrètement, ça donne ça (bon... il manque quand même le «avant» pour bien juger des différentes modifications apportées)... bien que le tout soit encore en chantier...









Ma philosophie est que dès qu'un visiteur (partenaire, collaborateur, contractant) entre dans nos locaux il soit happé par l'impression d'être dans un lieu hautement artistique, un lieu de création permanente. Par ailleurs, je cherche aussi à implanter fortement la SALR au Complexe, à bien marquer ce bâtiment de sa présence tout en donnant une nouvelle ambiance régnante...

lundi 21 juillet 2014

Saint Isidore et la comédie pernicieuse et nuisible...

J'aime bien les sermons prononcés par les grands prédicateurs qui, de tous temps, ont mis le théâtre à mal... J'aime bien leurs visions apocalyptiques du théâtre. Leur excès dans la dénonciation d'un art qui excite les passions... En voici un tout nouveau dans ma longue collection (que je retranscrirai plus bas en français contemporain pour faciliter la lecture), Saint Isidore:

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Les comédiens ne s'appliquent principalement qu'à pervertir le peuple, et non pas à la rendre meilleur; car c'est la débauche de leurs spectateurs qui fait leur félicité; de sorte que s'ils s'appliquaient à la vertu, le métier de comédien serait aussitôt anéanti. C'est pourquoi ils n'ont jamais penser à corriger le dérèglement des hommes; et quand ils le voudraient entreprendre, ils ne le sauraient faire, parce que la comédie d'elle-même, et de par sa nature, ne peut être que pernicieuse et nuisible.

dimanche 20 juillet 2014

Des questions... et des répétitions!


Depuis quelques temps, je suis replongé dans les numéros 52-53 et 54 d'Alternatives théâtrales, consacrés aux répétitions. À quoi servent-elles? Comment se font-elles? Quelles préparation demandent-elles? Quelle ouverture commandent-elles de part et d'autre de la scène? Quel est l'apport de chacun au cours de celles-ci? Et bon nombre d'autres questions. 

Les grands maîtres (Stanislawski, Meyerhold, Brecht, Strehler et tant d'autres!) y sont abordés de cette façon: comment ont-ils façonné ces moments de recherche, de création? Puis de nombreux praticiens (auteurs, metteurs en scènes, concepteurs, acteurs) contemporains - bon, ces numéros datent maintenant d'il y a près de vingt ans! - y dévoilent leur(s) vision(s) de la chose. 

Une lecture passionnante qui, comme créateur, me fait réfléchir sur ma propre conception de ce passage obligé qu'est la répétition. Outre monter un spectacle, quel est le modus operandi que je me donne, de rencontre en rencontre? Parce que oui, il doit bien y en avoir un, comme une façon de faire du théâtre, comme une signature. 

Comment est abordé le texte?
Comment est abordé le comédien? 
Quelle place lui donne-je?
Comment se construit le personnage?
Comment se construit la scène?
Quand se font les premiers filages?
À quoi servent-ils?
Qu'est-ce qui est gardé et qu'est-ce qui est rejeté?
Et surtout, à quelle vitesse se fait chacune des étapes précédemment citées?
Quel temps est consacré à ces répétitions?
De quelle façon se font les retours critiques sur le travail?
Quelle importance (et quelle forme) prennent les notes données aux comédiens?

Voilà une belle matière à réflexion (enrichie par un long questionnaire de Georges Banu tiré de cette revue qui a déjà été publié, en 2010, sur blogue, et )! Il me faudra y songer avant la prochaine saison théâtrale! Comme une introspection, une mise à jour de ma pratique, un nécessaire regard par en-arrière.

samedi 19 juillet 2014

Prochaine lecture de vacances



Ce roman s'est aussi vu octroyer le Prix des libraires du Québec 2014... C'est donc dans cet univers que je me prépare tout bientôt à entrer...

vendredi 18 juillet 2014

Une vie pour un rôle...


Je suis un fervent collectionneur d'anecdotes sur la grande époque du théâtre (surtout celui du XIXième siècle), sur ses grands auteurs, ses grands comédiens. 

Parmi les grandes actrices du temps passé (les Clairon, Mlle Mars et Rachel... pour ne nommer que ceux-là), une se démarque particulièrement par son caractère enjoué (bien qu'elle ait eu, au final, une bien triste vie) qui poussait parfois un peu loin ses recherches pour atteindre la vérité d'un rôle!

mardi 15 juillet 2014

«La Paix chez soi et autres bêtises humaines»... [Carnet de mise en scène]

Voici quelques autres photographies qui ont été prises par Alexandre Nadeau, lors de la première des générales, le 29 juin dernier:

 Mélanie Potvin et Patrick Simard dans Avant et après

Patrick Simard, en plein massacre, dans Les Boulingrin 

Josée Gagnon et Mélanie Potvin dans Gros Chagrin 

 
Josée Gagnon et Pierre Tremblay dans Le Maître de Forges 

Pierre Tremblay et Josée Gagnon dans Le Gora 

Josée Gagnon et Patrick Simard dans L'honneur des Brossarbourg 

 Pierre Tremblay, Mélanie Potvin et Patrick Simard dans Le Petit Malade

Mélanie Potvin et Patrick Simard dans La Paix chez soi 

  Mélanie Potvin et Patrick Simard dans Sigismond

Mélanie Potvin et Pierre Tremblay dans La Peur des coups

Nous voici déjà arrivés à la moitié des représentation prévues. Ce qui signifie aussi qu'il en reste encore autant à faire! 

Dans ces longues séries de représentations, il me prend parfois des envies, en mi-parcours, de revenir à la salle de répétition pour revoir certaines scènes... réviser des déplacements, des gestes, des intentions... modifier quelques entrées, quelques sorties, etc... Non pas que ça aille mal... au contraire!

Mais avec le temps, avec l'aisance du comédien, avec l'assurance qu'il acquiert, les risques s'accumulent: risque de prendre pour acquis ce qui doit rester rigoureux; risque de perdre une certaine spontanéité; risque de relâchement; risque de ne plus rester vigilant; bref, risque de sombrer dans une routine néfaste, une habitude. Et c'est encore plus vrai dans la comédie où le rythme, le timing, le punch sont les maîtres du jeu!

samedi 12 juillet 2014

De l'énergie...


Voici comment Philippe Torreton, comédien-français, décrit, dans son savoureux Petit lexique amoureux du théâtre, cet ésotérique élément qu'est, sur la scène, l'énergie du comédien: 

E comme Énergie 

C'est ce qu'il faut trouver chaque soir, comme du pétrole. Un acteur doit être conscient que jouer suppose d'être en état de jouer. [...] 

Jouer un spectacle est un effort physique. La peur, en accélérant le rythme cardiaque avant même que le rideau se lève, pompe déjà quelques kilocalories. En pleine action, le coeur monte aux même fréquences que lorsque vous poussez vos limites à vélo. La représentation se passe après une journée, qui, parfois, a pu être chargée.  [...] Il [faut que les comédiens trouvent] en fin de journée un second souffle. Cela nécessite de s'alimenter sérieusement au moins trois heures avant de jouer, afin de ne pas ressentir les effets troublants de l'hypoglycémie.

Mais l'important est de se connaître, de connaître ses limites, car il arrive souvent que des acteurs fatigués assurent une très belle représentation. La fatigue rationalise l'utilisation de l'énergie de façon moins volontaire, plus fluide, comme si l'acteur d'instinct se concentrait sur l'essentiel, comme s'il épurait son parcours. Mais surtout, ne cherchez pas à vous fatiguer en espérant mieux jouer, ce serait trop simple. Ce métier n'est pas une science exacte, on peut être fatigué et jouer comme un pneu crevé.

L'énergie c'est l'envie qui la donne plus que le glucose. L'envie de dire quelque chose à quelqu'un, voilà le vrai sucre lent! 

mardi 8 juillet 2014

«La Paix chez soi et autres bêtises humaines»... ce qu'ils en ont dit...

Voici ce qu'on dit quelques médias écrits à propos de la production 2014 du Théâtre 100 Masques, La Paix chez soi et autres bêtises humaines, que je viens de mettre en scène:

Le Quotidien (Joël Martel) - Savoureusement grotesque

Le Journal de Québec (Pierre-Luc Desbiens) - Une pièce d'été «pas reposante»

dimanche 6 juillet 2014

Du paradoxe de la «répétition»...

Retour au fameux numéro 52-53-54 d'Alternatives théâtrales (déc. 96-jan. 97) consacré aux répétitions - décidément et quasi officiellement devenu une lecture estivale - et à ce petit passage fort intéressant où Frédéric Dussenne, metteur en scène belge, y va de considérations sur la répétition... petit passage qui donne une bonne matière à réflexion:


Répéter, c'est l'essence même du théâtre. La représentation consiste, en effet, en la répétition, chaque soir, d'une chaîne d'actes, d'images, de mots, dans un ordre déterminé durant le travail préparatoire. Paradoxalement, c'est la période qui précède les représentations qui porte le nom de «répétitions». Je dis paradoxalement, parce que c'est le moment du travail où on fait tout sauf «répéter», où tout est mouvant, continuellement remis en question, où rien n'est définitif. «Répéter», au sens où on utilise ce mot de manière conventionnelle, pour désigner le travail préparatoire au théâtre, c'est, au contraire, avancer dans le noir, sans savoir où on va arriver, se mettre en quête de l'inconnu, prendre tous les risques. Ce n'est qu'à la fin du travail, c'est-à-dire quelques jours avant la première, qu'on commence véritablement à répéter quelque chose de reproductible. Il faudrait remplacer le mot «répéter» par le mot «essayer». La première partie du travail, c'est une série d'essais, au cours desquels se dégage la matière dont sera fait le spectacle à venir. Vient ensuite le temps des choix. On ne garde pas tout, il y a une énorme part de déchet, de matière inemployée. On organise ensuite, peu à peu, à partir de ces choix, la représentation dans le temps et dans l'espace. On structure l'objet théâtral. Il émerge du flot riche et multiple des possibles qui se sont dégagés des essais des acteurs, du metteur en scène, du scénographe, de l'écrivain... On lui donne une forme, qui rendra son propos communicable. Il est, alors, défini, lisible. La représentation sera la répétition de cette forme en public.

mercredi 2 juillet 2014

«Les Comédiens»... saison 2, épisode 1

Voici le premier épisode de la seconde saison de la décapante série web Les Comédiens (les autres épisodes peuvent se retrouver à partir de ce billet) qui se joue des mythes reliés au milieu du théâtre. Cette fois, c'est au tour des profs d'y goûter.