Le calendrier théâtral de cette semaine est quand même chargé! Avis aux amateurs de spectacles: il y a de quoi remplir tout une fin de semaine!

Le calendrier théâtral de cette semaine est quand même chargé! Avis aux amateurs de spectacles: il y a de quoi remplir tout une fin de semaine!

La question de la langue a fait l'objet de nombreux débats tout au long de la petite histoire du théâtre québécois. Mais ce n'est rien comparé à celui lancé dans les années '60 avec le fracassant avènement des Belles-Soeurs de Michel Tremblay!
Le joual fait alors couler beaucoup d'encre. Certains élèvent cette langue populaire (bourrées de sacres, d'anglicismes) au rang de langue nationale. D'autres (principalement des milieux intellectuels) la décrient avec fermeté pour sa pauvreté syntaxique et l'image qu'elle renvoie de nous-même.
Les détracteurs sont féroces! Au point où, comme nous l'apprend La Presse du 10 août 1974, un action en justice est même tentée:
Les comédiens célibataires sont-ils moins bons que les comédiens mariés? Le Canada du 13 septembre 1909 répond par un tout petit entrefilet:
Nous serons en générale, ce soir, pour le projet théâtral concerté Dix Huis-Clos et +. Un retour en scène avec mes collègues après plusieurs mois d'arrêt. Un retour certes encadré par de nouvelles mesures sanitaires contraignantes... mais néanmoins retour!
Retour de la camaraderie (bien que distanciée et masquée). Retour des différentes visions du théâtre, des différentes pratiques, des différentes aspirations. Retour des projets esquissés pour plus tard. Retour des potins de coulisses!
Pendant ce temps, le Côté-Cour voit ses espaces occupés dans leurs moindres recoins. Ça bruisse. Ça bourdonne. Ça rit. Ça se questionne. Et petit à petit, dix univers - et tout autant de propositions esthétiques! - se sont installés tout au long d'un parcours déambulatoire:
Depuis six mois, le milieu théâtral régional s'est mis sur pause. Alors la fébrilité qui nous anime aujourd'hui à imaginer la rencontre très prochaine avec nos spectateurs est très grande!
Ce soir, générale...
Étrangement, tout collectif soit-il, ce projet voit chaque équipe relativement isolée et nous n'aurons pas la chance (du moins, dans cette première série de représentations qui débutent) de voir ce que font les autres! Mais ce n'est que partie remise!
Même si le contexte actuel n'est pas propice à la profusion de spectacles, je reprends quand même du service pour faire, de façon hebdomadaire, le calendrier théâtral régional.
JEUDI, VENDREDI, SAMEDI, 17-18 ET 19 SEPTEMBRE 2020, AU CÔTÉ-COUR (JONQUIÈRE), DÉBUT DU CIRCUIT DÈS 19H30 (DÉPARTS TOUTES LES 10 MINUTES)
C'est la première semaine de représentations de Dix Huis-Clos et +. un projet issu de la concertation théâtrale! Le spectateur est convié à se promener à travers un lieu, pour partir à la découverte de 10 petites créations originales de compagnies d'ici (Théâtre CRI, Théâtre 100 Masques, Théâtre À Bout Portant, La Tortue Noire et le Théâtre du Mortier) et d'artistes indépendants (Marilyne Renaud, Bruno Paradis, Marie Gaelle Verspecht, Josée Gagnon et le duo Christine Rivest-Héneault et Marilou Guay. Un thème unit toutes ces présentations, d'autant que chaque prestation se fait dans un cadre fort intimiste: Le Dévoilement.
Chaque équipe occupe donc un local et les spectateurs, à coups de 4, se déplaceront de l'une à l'autre! Ce sera donc une opportunité unique de voir à l'oeuvre plusieurs acteurs du milieu!
Les billets sont en vente (avec, encore une fois, des départs à toutes les 10 minutes, l'accueil se fera sous l'égide de Clowns Noirs du Théâtre du Faux Coffre!) au coût de 15$ (plus les frais applicables) chez Diffusion Saguenay: 418-698-4080 ou diffusion.saguenay.ca
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Notez qu'il reste quelques jours avant le début des ateliers du Théâtre 100 Masques qui reprendront le 26 septembre au matin. Pour informations/inscriptions: 418-698-3895
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Je pense que c'est tout... mais il se peut fort bien que j'oublie des trucs! Alors n'hésitez pas à les ajouter dans les commentaires!
Voici, bien expliquée dans ce petit entrefilet publié dans Le Courrier du Canada en ce 21 janvier 1885, la manière qu'ont trouvée les théâtres pour passer outre aux remontrances du clergé et pouvoir poursuivre leurs activités:
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Dans quelques jours, les spectateurs d'ici auront la chance de constater la richesse de notre milieu théâtral (du moins d'une bonne partie de celui-ci) par ce projet ambitieux qui présentera 10 courtes créations, confiées à des compagnies ou des artistes indépendants de la région.
C'est pour ce projet que le Théâtre 100 Masques s'active actuellement à monter la courte farce médiévale La Confession Margot!
Le Progrès du Saguenay du 4 novembre 1915, re-publie une opinion de M. Paul Doyon, de L'Action Catholique. Rien de bien nouveau sous le soleil...: la plupart des théâtres et certains livres sont mauvais pour l'âme...
Si quelqu'un me demandait quel est l'art le plus difficile, je répondrais: l'art de l'acteur.
Si quelqu'un me demandait quel est l'art le plus facile, je répondrais aussi: l'art de l'acteur.
[...]
Dans tous les autres arts le créateur (l'individu qui crée), le matériau, l'instrument et l'oeuvre d'art elle-même qui est l'aboutissement de tout le mécanisme de la création sont isolés les uns des autres; l'instrument, le matériau et l'oeuvre elle-même existent matériellement en dehors de la personnalité du créateur; c'est uniquement dans l'art de l'acteur que le créateur, le matériau, l'instrument et l'oeuvre d'art elle-même sont réunis organiquement en un seul et même objet, qu'ils sont devenus indissociables.
[...]
Vous êtes acteur. Vous (votre «moi») être un créateur qui conçoit et réalise une oeuvre de votre art, vous-même, votre corps (c'est-à-dire vos mains, vos jambes, votre tronc, votre tête, vos yeux, votre voix, votre langage) représentez les matériaux à partir desquels vous devez créer; c'est vous, vos muscles, vos articulations, vos cordes vocales, qui servez d'instrument nécessaire; c'est vous, c'est-à-dire toutes vos facultés individuelles au complet, incarnées dans l'image scénique, qui êtes finalement l'oeuvre d'art engendrée par toute votre activité créatrice.
Vous êtes tout, tout est en vous, tout passe par vous.
C'est là, je trouve, une fort belle description, une fort belle définition de l'art de l'acteur!
Bien que je ne sois pas un très grand fan d'Alexandre Taïrov (metteur en scène russe, directeur du Kamerny Theatre, de 1914 à 1949... et adversaire farouche de Meyerhold), je dois admettre qu'il a une belle façon de parler de l'acteur, du travail et de la recherche de l'interprète, fondement essentiel de sa pratique.
C'est qu'il place le comédien au centre de ses préoccupations: tant sa vie intérieure que l'extérieur qu'il présente au spectateur. Le contenant et le contenu.
Le tout est tiré du bouquin (p. 53) que je lis présentement: Le théâtre libéré.
Lors de l'Exposition Universelle de Paris, en 1900 (voici, en lien, des articles promotionnels du Phono-Cinéma-Théâtre), Clément Maurice, l'un de inventeurs, présente de courts films, mettant en vedette les grandes stars scéniques de l'époque...
... comme Coquelin l'Aîné (biographie ici) dans la scène du duel de Cyrano de Bergerac (et ce serait le premier film alliant son et image):
Voici, en lien, la liste (du Catalogue des restaurations et tirages de la Cinémathèque française) des extraits qui ont été filmés par Clément Maurice et tout une histoire, par ailleurs fort intéressante, de la sauvegarde de ceux-ci.