Il y a, toutefois, la tenue des Journées de la Culture les 25-26 et 27 septembre prochain... Surveillez les activités... parmi lesquelles un atelier offert par le Théâtre C.R.I. et des représentations des Trois cheveux d'or, une production des Amis de Chiffon!
dimanche 20 septembre 2009
vendredi 18 septembre 2009
Mes activités à venir...
Bon, tout se place peu à peu...
Dans la prochaine année, soit pour 2009-2010, mon agenda s'est bien remplit...
Ainsi, outre le doctorat et la gestion courante du Théâtre 100 Masques (et de toutes ses activités), je ferai, pour ce dernier, la mise en scène du spectacle de Noël de même que le prochain théâtre d'été... de la tradition des Fêtes à la comédie antique.
Entrelacés entre ces 4 pôles de ma vie professionnelle, je vais également participer, à titre de coordonnateur, au projet de lectures des auteurs régionaux dans le cadre de l'événement - dont le nom m'échappe - créé à partir de Chicoutimi en bouffe...
Enfin, je suis à lire un texte qu'on me propose de monter dans les mois qui viennent... ce qui devrait se faire aussi. J'y reviendrai très bientôt.
Bref, je n'ai pas à me plaindre...
Dans la prochaine année, soit pour 2009-2010, mon agenda s'est bien remplit...
Ainsi, outre le doctorat et la gestion courante du Théâtre 100 Masques (et de toutes ses activités), je ferai, pour ce dernier, la mise en scène du spectacle de Noël de même que le prochain théâtre d'été... de la tradition des Fêtes à la comédie antique.
Entrelacés entre ces 4 pôles de ma vie professionnelle, je vais également participer, à titre de coordonnateur, au projet de lectures des auteurs régionaux dans le cadre de l'événement - dont le nom m'échappe - créé à partir de Chicoutimi en bouffe...
Enfin, je suis à lire un texte qu'on me propose de monter dans les mois qui viennent... ce qui devrait se faire aussi. J'y reviendrai très bientôt.
Bref, je n'ai pas à me plaindre...
De la théâtralité...
Une bonne partie de mes années prochaines sera consacrée à des recherches sur le théâtre actuel, sur la définition d'une nouvelle formalisation, d'une nouvelle théâtralité...
À ce propos, je viens de trouver, dans mes pérégrinations sur la rue Saint-Jean (parce que je suis à Québec... un peu contre mon gré... et pour la politique!), le numéro de l'automne 2008 de la revue Tangence ayant, comme sujet d'études, le Devenir de l'esthétique théâtrale sous la direction de Gilbert David et d'Hélène Jacques.
Le sujet est fort intéressant (et fort bien mené!) pour comprendre le fonctionnement du théâtre contemporain... et repose la question tant de fois tournée et retournée: qu'est-ce que la théâtralité...
[...] La notion de «théâtralité», que l'on a pensé apte à cerner la spécificité de l'art du théâtre, se révèle plus que jamais fuyante: en rompant avec les catégories de la modernité, l'esthétique théâtrale n'a eu de cesse de se «dé-définir» au fil du temps, en rendant caduques les catégorisations aussi bien que les critères formels et discursifs qui permettaient d'appréhender les productions du théâtre contemporain, d'en discuter la valeur et la pertinence. Sur fond de «surmodernité» et sur les ruines des Grands Récits, nous pensons plus que jamais nécessaire de mettre au jour les nouvelles modalités d'une critique des oeuvres, par-delà la singularité des orientations que prennent les créateurs du théâtre contemporain.
J'y reviendrai sans doute en long et en large dans les prochains jours, les prochaines semaines... le sujet promet!
Libellés :
Théâtralité et performativité,
Théories
jeudi 17 septembre 2009
Le dernier mot...
Le dernier mot est le bon.
Le dernière mot de Phèdre est : pureté.
Le dernier mot de Chimène est: paternel.
Le dernier mot d'Auguste est: oublier.
Le dernier mot d'Hamlet-le-bavard est: silence.
Le dernier mot du Prince de Hombourg est: brandebourg (patrie).
Le dernier mot d'Harpagon est: cassette.
Le dernier mot de Macbeth est: enough!
Le dernier mot d'Oedipe-Roi est arracher.
Le dernier mot de Prométhée est: j'endure.
Le dernier mot d'Oedipe à Colonne est: heureux à jamais.
Et les derniers mots de Roméo sont:
Thus with a kiss I die.
Le Poète a toujours le dernier mot.
Jean Vilar, De la tradition théâtrale, 1955
Le dernière mot de Phèdre est : pureté.
Le dernier mot de Chimène est: paternel.
Le dernier mot d'Auguste est: oublier.
Le dernier mot d'Hamlet-le-bavard est: silence.
Le dernier mot du Prince de Hombourg est: brandebourg (patrie).
Le dernier mot d'Harpagon est: cassette.
Le dernier mot de Macbeth est: enough!
Le dernier mot d'Oedipe-Roi est arracher.
Le dernier mot de Prométhée est: j'endure.
Le dernier mot d'Oedipe à Colonne est: heureux à jamais.
Et les derniers mots de Roméo sont:
Thus with a kiss I die.
Le Poète a toujours le dernier mot.
Jean Vilar, De la tradition théâtrale, 1955
Un salon du théâtre...
Peut-être serait-ce intéressant, dans le cadre de la Journée Mondiale du Théâtre, d'organiser le 1er Salon Régional du Théâtre...
En gros, l'événement (élaboré et réalisé en concertation) pourrait se tenir sur une après-midi et un début de soirée... avec kiosques associés aux compagnies, présentations d'extraits mettant en vedette les comédiens d'ici en continu... table ronde sur des sujets précis (la critique, la relève des grandes compagnies, les liens intercompagnies, etc.), conférences... et fermeture de l'événement par la lecture du manifeste annuel de la Journée Mondiale... et un spectacle, bien sûr.
En gros, l'événement (élaboré et réalisé en concertation) pourrait se tenir sur une après-midi et un début de soirée... avec kiosques associés aux compagnies, présentations d'extraits mettant en vedette les comédiens d'ici en continu... table ronde sur des sujets précis (la critique, la relève des grandes compagnies, les liens intercompagnies, etc.), conférences... et fermeture de l'événement par la lecture du manifeste annuel de la Journée Mondiale... et un spectacle, bien sûr.
Les buts poursuivis seraient de donner une visibilité au milieu théâtral, de se réunir aussi autour de la thématique théâtrale...
mercredi 16 septembre 2009
«Ça va mal à' shop!»
Il semble que ce ne soit pas la session des ateliers! Les activités de ce type tombent l'une après l'autre depuis quelques jours... À quoi est-ce dû? Je l'ignore... Manque d'intérêt? Cycle infernal et négatif pour le moment? Crise économique? Manque d'enthousiasme et de dynamisme? Les prochaines semaines répondront sûrement à ces questions...
Toujours est-il que j'ai pris la décision d'annuler la session d'ateliers offert à un groupe adulte au Théâtre 100 Masques devant le manque d'inscriptions... pendant que les groupes d'enfants et d'adolescents sont faméliques. Encore là, pourquoi? Manque de publicité? Coûts trop élevés? Cursus plat et inintéressant? Qu'à cela ne tienne, mon équipe et moi se pencherons sur la question dans les mois qui viennent.
Mais une décision me chagrine un peu plus... celle d'annuler l'activité théâtre par le Services des affaires étudiantes de l'UQAC par manque d'inscriptions... donc de mettre une pause dans les activités de la troupe Mine de rien (troupe de théâtre amateur) fondée il y a 4 ans et avec laquelle je travaille depuis le début (voir le billet suivant).
Sont-ce des problèmes liés avec ma façon de faire, ma façon de voir? Encore là, je l'ignore. Peut-être est généralisé... peut-être n'est-ce juste plus dans l'air du temps. Peut-être est-ce la temps de passer à autre chose... de revoir la (les) formule(s)... mon intérêt...
Sont-ce des problèmes liés avec ma façon de faire, ma façon de voir? Encore là, je l'ignore. Peut-être est généralisé... peut-être n'est-ce juste plus dans l'air du temps. Peut-être est-ce la temps de passer à autre chose... de revoir la (les) formule(s)... mon intérêt...
De la modestie...
J'aime bien l'idée de l'acteur (et du metteur en scène) comme principal élément du théâtre. L'acteur (corps et voix) est le principal médium... le principal émetteur de la théâtralité... son principal porteur. Et, magnifiant l'acteur, c'est magnifier aussi le texte.
Le comédien digne de ce nom ne s'impose pas au texte. Il le sert. Et servilement. Que l'électricien, le musicien et le décorateur soient donc plus humbles encore que ce juste interprète.
[...] Réduire le spectacle à sa plus simple et difficile expression, qui est le jeu scénique ou plus exactement le jeu des acteurs. Et donc, éviter de faire du plateau un carrefour où se rencontrent tous les arts majeurs et mineurs (peinture, architecture, électromanie, musicomanie, machinerie, etc...).
[...] En résumé, éliminer tous les moyens d'expression qui sont extérieurs aux lois pures et spartiates de la scène et réduire le spectacle à l'expression du corps et de l'âme de l'acteur.
(Jean Vilar)
Voilà une belle façon de décrire ce vide radical prôné par plusieurs...
[...] Réduire le spectacle à sa plus simple et difficile expression, qui est le jeu scénique ou plus exactement le jeu des acteurs. Et donc, éviter de faire du plateau un carrefour où se rencontrent tous les arts majeurs et mineurs (peinture, architecture, électromanie, musicomanie, machinerie, etc...).
[...] En résumé, éliminer tous les moyens d'expression qui sont extérieurs aux lois pures et spartiates de la scène et réduire le spectacle à l'expression du corps et de l'âme de l'acteur.
(Jean Vilar)
Voilà une belle façon de décrire ce vide radical prôné par plusieurs...
mardi 15 septembre 2009
Pour une définition de la critique...
Pour faire suite au dernier billet sur ce blogue portant sur la critique versus internet, je me suis reposé, une nouvelle fois, la question fatidique: qu'est-ce que la critique? qu'est-ce qu'une bonne (pour ne pas dire une vraie) critique? quels sont son essence et son fondement? Et par hasard, je tombe sur ces mots de Copeau:
Je veux qu'[elle] soit sincère, grave, profond[e], se sachant investi[e], à l'égard du poète, d'une fonction créatrice, digne de collaborer à la même oeuvre que lui et de porter, comme lui, la responsabilité de la culture.
Quelle définition! Le jour où nous auront une telle critique, le milieu pourra se dire mature.
Je veux qu'[elle] soit sincère, grave, profond[e], se sachant investi[e], à l'égard du poète, d'une fonction créatrice, digne de collaborer à la même oeuvre que lui et de porter, comme lui, la responsabilité de la culture.
Quelle définition! Le jour où nous auront une telle critique, le milieu pourra se dire mature.
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La critique et internet...
Voici un compte-rendu du 5ième salon du théâtre tenu du 22 au 24 mai 2009, quelque part en France... Le sujet est fort intéressant: le rôle du critique, la place du critique dans les médias, l'apport ou les obstacles d'Internet... Par ailleurs, j'aime beaucoup l'idée du Salon du Théâtre... et peut-être trouverait-elle écho dans notre petit milieu:
« Seul le talent compte, pas l’outil. »
Au cœur du 5e Salon du théâtre et de l’édition théâtrale, nous étions plusieurs correspondants des « Trois Coups » à nous être donné rendez-vous à un débat qui nous concernait au plus haut point : la liberté du critique et ce que l’Internet change dans son rôle. Si le premier point fut des plus passionnants et animés, le second nous laissa sur notre faim. En voici quelques échos.
La presse – et le métier de critique de théâtre – est en crise. Nul ne saurait le nier. Crise du théâtre concurrencé par le cinéma, la télé et les jeux vidéo. Crise de la presse payante fragilisée par la gratuité, l’Internet et le reproche facile de gâcher du papier. Crise de l’opinion elle-même, qui n’a plus l’habitude de l’exercice critique, jugé négatif. Mais, face à toute crise, chacun « juge » que cette période est occasion de risques ou d’opportunités. Manifestement, c’est la première option qu’ont choisie nos brillants et réputés intervenants. Jean-Pierre Léonardini (l’Humanité) réunit Armelle Héliot (le Figaro), Philippe Tesson (l’Avant-scène), Jacques Nerson (le Nouvel Observateur) et Gilles Costaz (Paris-Match, Politis…). Le débat devient parfois joute oratoire, grâce aux jeux de manches et envolées de Philippe Tesson. Se définissant eux-mêmes comme des « vieux briscards » ou mieux des « dinosaures » du métier de critique, se plaçant avec toutes les réserves d’usage dans la lignée littéraire des Gautier, Nerval et autre Colette, ils se posent en témoins d’une époque révolue.
Le « critique » ? Le critique est un spectateur privilégié qui se fait médiateur, passeur, au service de son lecteur. Journaliste, il se doit d’informer, de laisser une trace de spectacles qui continuent à vivre bien après leur représentation. Il apporte une lumière, un jugement personnel, un point de vue, des raisons d’aimer ou de détester un spectacle. Armelle Héliot rappelle combien le critique est au service d’un lecteur dont il ne faut jamais perdre le souci. Elle souhaite conduire le public vers le théâtre, en étant la moins décourageante et la moins arrogante possible, l’intéressant mais aussi le dissuadant d’aborder des œuvres qui lui seraient trop ardues. Le travail régulier du critique, qui écrit dans l’urgence, se fait sur un journal éphémère « dans lequel se fera dans quelques jours la pluche des carottes ».
Sa liberté ? Selon Philippe Tesson, elle s’inscrit au cœur de trois dépendances : le monde du théâtre, le public et le support pour lequel il écrit. Alors qu’il considère que rendre des comptes est une aliénation, ces dépendances altèrent pour lui la liberté du critique. Lui répondant, Jacques Nerson affirme n’avoir jamais écrit contre sa pensée, tout en veillant à ne pas piéger son lecteur en le prévenant du contenu d’un spectacle. Répondant à Philippe Tesson qui dit parfois s’interdire d’écrire pour ne pas déplaire à son public, Jacques Nerson réaffirme que le critique se laisse ligoter quand il le veut bien et que sa liberté a un coût. Ainsi, se préoccuper de son lecteur n’est pas s’interdire de dire ce que l’on pense, mais lui ménager les clefs de sa propre appréciation. Considérant que le théâtre ne peut guère transformer la société, nombre de rédacteurs en chef considèrent la critique comme un art mineur, lui accordant du coup une relative liberté.
La fin d’un magistère tout-puissant. Nos intervenants se disent nostalgiques d’une l’époque où le critique pouvait couvrir tous les spectacles. Avec la multiplication des représentations, il se morfond de n’être pas là où sont les autres, nourrissant une mauvaise conscience héritée d’une période plus prospère. La critique est en soi un genre littéraire, classique, qui tend à répondre à un objet artistique par une belle écriture. Elle exprime le mieux possible des idées sur le monde, et hisse le journaliste dans l’ombre de l’écrivain. L’autorité du critique s’acquiert au fil du temps, par la confiance renouvelée d’un lectorat : le critique « commence jeune en faisant semblant d’être vieux », puis devient un expert. Jean-Pierre Léonardini pose la question de la légitimité du critique en terme de « magistère ». Il est des pontifes qui craignent pour leur trône ! Portant une responsabilité, une autorité morale, le critique peut se faire prescripteur. Faut-il limiter l’accès à l’écriture critique ? Quand l’écriture se démocratise, que devient l’autorité du critique ?
L’Internet, un danger pour la critique théâtrale ? L’Internet est perçu par plusieurs intervenants comme moins littéraire, n’offrant à l’écriture ni la même longueur ni la même densité, se limitant à un commentaire de « ressenti ». Un ressenti à la portée de tout un chacun, selon Philippe Tesson. C’est à voir ! Car, c’est sur ce volet que le débat brutalement pâtit. Les intervenants feignent de méconnaître la Toile, mise à part Armelle Héliot qui tient un blog. Ils confondent allègrement les sites et les commentaires qui y sont postés, le chat, les blogs… dans un même maelström de piètre qualité. Ignorent-ils que leurs journaux respectifs s’investissent de plus en plus sur l’Internet, prolongeant la version papier et trouvant un nouveau public ? Ignorent-ils que des journalistes professionnels y créent des sites, avec la même déontologie et le même talent que sur papier ? Poussé par les questions du public, Jean-Pierre Léonardini le réaffirme : « Seul le talent compte, pas l’outil. ». Ouf !
Nos orateurs semblent prêter à l’Internet la même dangerosité attribuée autrefois à la radio puis à la télévision envers la presse écrite. Tout un chacun sait pourtant que les médias nouveaux affaiblissent, mais ne détruisent pas les anciens. La Toile ne pourrait-elle aussi rendre compte de spectacles que les médias traditionnels ne peuvent plus couvrir ? Qu’il est surprenant enfin de voir chez ces êtres de culture une telle frilosité et une telle superbe envers un nouveau véhicule d’échanges ! Comme s’ils avaient eux-mêmes restreint le champ de leurs découvertes, tel un Colomb trop usé pour découvrir une terra incognita ! Somme toute, engluée dans la force de l’habitude et ce qui est (re)connu, la liberté de certains critiques est toujours conditionnelle. Et restreinte par leurs propres peurs.
Au cœur du 5e Salon du théâtre et de l’édition théâtrale, nous étions plusieurs correspondants des « Trois Coups » à nous être donné rendez-vous à un débat qui nous concernait au plus haut point : la liberté du critique et ce que l’Internet change dans son rôle. Si le premier point fut des plus passionnants et animés, le second nous laissa sur notre faim. En voici quelques échos.
La presse – et le métier de critique de théâtre – est en crise. Nul ne saurait le nier. Crise du théâtre concurrencé par le cinéma, la télé et les jeux vidéo. Crise de la presse payante fragilisée par la gratuité, l’Internet et le reproche facile de gâcher du papier. Crise de l’opinion elle-même, qui n’a plus l’habitude de l’exercice critique, jugé négatif. Mais, face à toute crise, chacun « juge » que cette période est occasion de risques ou d’opportunités. Manifestement, c’est la première option qu’ont choisie nos brillants et réputés intervenants. Jean-Pierre Léonardini (l’Humanité) réunit Armelle Héliot (le Figaro), Philippe Tesson (l’Avant-scène), Jacques Nerson (le Nouvel Observateur) et Gilles Costaz (Paris-Match, Politis…). Le débat devient parfois joute oratoire, grâce aux jeux de manches et envolées de Philippe Tesson. Se définissant eux-mêmes comme des « vieux briscards » ou mieux des « dinosaures » du métier de critique, se plaçant avec toutes les réserves d’usage dans la lignée littéraire des Gautier, Nerval et autre Colette, ils se posent en témoins d’une époque révolue.
Le « critique » ? Le critique est un spectateur privilégié qui se fait médiateur, passeur, au service de son lecteur. Journaliste, il se doit d’informer, de laisser une trace de spectacles qui continuent à vivre bien après leur représentation. Il apporte une lumière, un jugement personnel, un point de vue, des raisons d’aimer ou de détester un spectacle. Armelle Héliot rappelle combien le critique est au service d’un lecteur dont il ne faut jamais perdre le souci. Elle souhaite conduire le public vers le théâtre, en étant la moins décourageante et la moins arrogante possible, l’intéressant mais aussi le dissuadant d’aborder des œuvres qui lui seraient trop ardues. Le travail régulier du critique, qui écrit dans l’urgence, se fait sur un journal éphémère « dans lequel se fera dans quelques jours la pluche des carottes ».
Sa liberté ? Selon Philippe Tesson, elle s’inscrit au cœur de trois dépendances : le monde du théâtre, le public et le support pour lequel il écrit. Alors qu’il considère que rendre des comptes est une aliénation, ces dépendances altèrent pour lui la liberté du critique. Lui répondant, Jacques Nerson affirme n’avoir jamais écrit contre sa pensée, tout en veillant à ne pas piéger son lecteur en le prévenant du contenu d’un spectacle. Répondant à Philippe Tesson qui dit parfois s’interdire d’écrire pour ne pas déplaire à son public, Jacques Nerson réaffirme que le critique se laisse ligoter quand il le veut bien et que sa liberté a un coût. Ainsi, se préoccuper de son lecteur n’est pas s’interdire de dire ce que l’on pense, mais lui ménager les clefs de sa propre appréciation. Considérant que le théâtre ne peut guère transformer la société, nombre de rédacteurs en chef considèrent la critique comme un art mineur, lui accordant du coup une relative liberté.
La fin d’un magistère tout-puissant. Nos intervenants se disent nostalgiques d’une l’époque où le critique pouvait couvrir tous les spectacles. Avec la multiplication des représentations, il se morfond de n’être pas là où sont les autres, nourrissant une mauvaise conscience héritée d’une période plus prospère. La critique est en soi un genre littéraire, classique, qui tend à répondre à un objet artistique par une belle écriture. Elle exprime le mieux possible des idées sur le monde, et hisse le journaliste dans l’ombre de l’écrivain. L’autorité du critique s’acquiert au fil du temps, par la confiance renouvelée d’un lectorat : le critique « commence jeune en faisant semblant d’être vieux », puis devient un expert. Jean-Pierre Léonardini pose la question de la légitimité du critique en terme de « magistère ». Il est des pontifes qui craignent pour leur trône ! Portant une responsabilité, une autorité morale, le critique peut se faire prescripteur. Faut-il limiter l’accès à l’écriture critique ? Quand l’écriture se démocratise, que devient l’autorité du critique ?
L’Internet, un danger pour la critique théâtrale ? L’Internet est perçu par plusieurs intervenants comme moins littéraire, n’offrant à l’écriture ni la même longueur ni la même densité, se limitant à un commentaire de « ressenti ». Un ressenti à la portée de tout un chacun, selon Philippe Tesson. C’est à voir ! Car, c’est sur ce volet que le débat brutalement pâtit. Les intervenants feignent de méconnaître la Toile, mise à part Armelle Héliot qui tient un blog. Ils confondent allègrement les sites et les commentaires qui y sont postés, le chat, les blogs… dans un même maelström de piètre qualité. Ignorent-ils que leurs journaux respectifs s’investissent de plus en plus sur l’Internet, prolongeant la version papier et trouvant un nouveau public ? Ignorent-ils que des journalistes professionnels y créent des sites, avec la même déontologie et le même talent que sur papier ? Poussé par les questions du public, Jean-Pierre Léonardini le réaffirme : « Seul le talent compte, pas l’outil. ». Ouf !
Nos orateurs semblent prêter à l’Internet la même dangerosité attribuée autrefois à la radio puis à la télévision envers la presse écrite. Tout un chacun sait pourtant que les médias nouveaux affaiblissent, mais ne détruisent pas les anciens. La Toile ne pourrait-elle aussi rendre compte de spectacles que les médias traditionnels ne peuvent plus couvrir ? Qu’il est surprenant enfin de voir chez ces êtres de culture une telle frilosité et une telle superbe envers un nouveau véhicule d’échanges ! Comme s’ils avaient eux-mêmes restreint le champ de leurs découvertes, tel un Colomb trop usé pour découvrir une terra incognita ! Somme toute, engluée dans la force de l’habitude et ce qui est (re)connu, la liberté de certains critiques est toujours conditionnelle. Et restreinte par leurs propres peurs.
(Référence: Olivier Pradel, Les Trois coups)
Doc...
Mes études doctorales sont désormais enclenchées.
Le séminaire se passe bien et montre tout l'ampleur de la tâche qui m'attend en plus de poser une multitude de questions afin de bien me faire cerner le sujet, sa problématique, ses enjeux, ses forces, ses faiblesses... à un point tel qu'il est parfois un peu confondant de s'y retrouver. C'est alors que je me rappelle avec force cette citation de Cocteau (qui déjà ouvrait mon essai à la Maîtrise): Il faut d'abord avoir le droit de se nouer pour savoir ensuite se dénouer. Il me faut préciser que c'est tout de même assez grisant...
Grisant... Pourtant rien n'empêche que ce soit intense et ardu.
Le seul véritable hic, pour le moment, est le fait de ne pas avoir (et de ne pas trouver!) encore de directeur de recherche. Par conséquent, j'ai un peu l'impression de voguer à l'aveugle et dans l'institution qu'est l'Université Laval, et dans un parcours académique qui, bien que je l'aie choisi, n'en demeure pas moins monumental.
Le séminaire se passe bien et montre tout l'ampleur de la tâche qui m'attend en plus de poser une multitude de questions afin de bien me faire cerner le sujet, sa problématique, ses enjeux, ses forces, ses faiblesses... à un point tel qu'il est parfois un peu confondant de s'y retrouver. C'est alors que je me rappelle avec force cette citation de Cocteau (qui déjà ouvrait mon essai à la Maîtrise): Il faut d'abord avoir le droit de se nouer pour savoir ensuite se dénouer. Il me faut préciser que c'est tout de même assez grisant...
Grisant... Pourtant rien n'empêche que ce soit intense et ardu.
Le seul véritable hic, pour le moment, est le fait de ne pas avoir (et de ne pas trouver!) encore de directeur de recherche. Par conséquent, j'ai un peu l'impression de voguer à l'aveugle et dans l'institution qu'est l'Université Laval, et dans un parcours académique qui, bien que je l'aie choisi, n'en demeure pas moins monumental.
lundi 14 septembre 2009
Make'em laugh
Si on pouvait se rapporter à samedi dernier, au Côté-Cour de Jonquière, à quelques minutes de la présentation de L'Entre-Vue de ManiGanses, peut-être aurait-on la surprise de rencontrer, en coulisses, 10 personnes aux prises avec l'angoisse, le stress, le doute, la fatigue...
Un peu plus de 24 heures après réception des thèmes et des contraintes (voir le billet du 11 septembre dernier), il fallait passer devant le public attentif et prêt à se bidonner, habitué qu'il est des dernières éditions.
La première équipe appelée à casser la glace était composée de Sara Moisan et de Anne Laprise qui, armées d'une bassine emplie d'eau et de vin et de pâtes fraîches et de papier, se sont adonnées à l'esprit fellinien... Sensualité italienne et bouffe orgiaque réinterprétant La Dolce Vita...
Suivit l'équipe formée par Marc-André Perrier et Marilyne Renaud qui s'est vomie sur scène, possédée qu'elle était dans son petit lit truqué lui permettant de se tourner la tête en tout sens... À côté de cette solide performance, L'Exorciste devenait alors un joliesque petit exercice de style.
Caroline Tremblay et Johanna Lochon ont pris la relève accompagnée de leurs marionnettes en bas de laine pour se mesurer à une scène déjà fort drôle de La Cage aux folles! Leur Alvin et Renato ont su pourtant eux aussi se gagner le coeur des spectateurs avec leur manipulation de biscottes et de beurre dur! Il faut noter, dans ce numéro, la présence lumineuse de Sonia du Côté-Cour en John Wayne!
Poursuivant avec le même entrain (et cultivant une certaine curiosité spectatrice), Martin Gagnon et Guylaine Rivard relevaient le défi du western spaghetti La belle, la brute et le truand... relevaient le défi d'une scène composée que de regards lourds de sens! Malheureusement, je n'ai rien vu de ce moment...
Pendant ce temps, je mourais derrière.
Car Maud Côté et moi furent les derniers à prendre place sur scène. Le matin même, nous nous trouvions un peu ébahi devant la scène que nous devions reprendre... du film Singing in the rain, Fais le pitre! est un numéro incroyable de danse, de chant et d'acrobaties de toutes sortes avec de multiples objets... Après nombre de tentatives, nous nous sommes entendus pour revenir à l'essence même de ce morceau de bravoure: le texte! Malheureusement, nous n'avions que la version anglophone. Tant pis. Un texte en anglais et un mauvais accent (après tout, l'important, est de faire rire!), une marionnette et une piètre manipulation, tel était notre présentation qui a remporté, pourtant, un fort bon succès!
Ce fut une très belle soirée, animée, de mains de maître, par Vicky Côté! Je participe de nouveau dès que possible!!!
La semaine théâtrale (du 13 au 19 septembre 2009)
Peu de choses durant cette petite semaine... outre tout une somme de travail abattu par les compagnies s'activent à créer présentement (je pense au Théâtre C.R.I., au Faux Coffre... et principalement, aux Têtes Heureuses)...

L'un des seuls points à retenir est la départ de l'équipe de Dragage 01, recherche présentée jeudi et vendredi dans le cadre de l'Entre-Deux de Maniganses, pour Montréal pour participer (je crois même que c'est aujourd'hui... et, après vérification, je confirme!) à l'événement Dramaturgies en dialogues organisé par le CEAD...
Voilà... si j'oublie des trucs, faites-le moi savoir... Pour ma part, je passe la semaine à Québec pour régler des questions d'ordre techniques dans la poursuite de mes études... et j'en profiterai pour revenir plus en détails sur la présentation de Dragage de même que sur l'Entre-Vue à laquelle j'ai participé!
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