samedi 26 septembre 2009

En coulisses

Gravure de Charles Coypel (1694-1572).

Questionnements matinal sur l'usage du terme coulisses et de son origine...

Le mot vient de coulisser, glisser: c'est l'endroit réservé, de chaque côté de la scène, au rangement des éléments de décor qui coulissent le long des rainures aménagées à cet effet. C'est aussi le lieu où les acteurs attendent avant de faire leur entrée et où ils retournent à leur sortie. L'accès des coulisses est interdit à toute personne - même du théâtre - n'ayant rien à y faire. [...] Le mot s'écrit au pluriel, puisqu'il y a deux coulisses. Mais il peut, tout aussi bien, s'employer au singulier dans des expressions telles que: regarder en coulisse ou faire les yeux en coulisse, qui se réfèrent à la place des coulisses, sur le côté; dans la coulisse, qui évoque le secret des coulisses.
A. Pierron, Le Théâtre, ses métiers, son langage, 1994

Enfin, la définition un peu plus scientifique de Michel Corvin dans son Dictionnaire encyclopédique du théâtre (1998):

Ce mot témoigne exemplairement de la rhétorique de la langue théâtrale. À l'origine, et littéralement, une coulisse est un support ayant une rainure le long de laquelle une pièce mobile peut glisser. Elle contribue à la définition de la scena ductilis (scène coulissante). Désignant d'abord la glissière, elle s'affecte ensuite au châssis géométral qu'elle supporte; puis à l'espace masqué par le châssis, par lequel l'acteur entre; enfin aux parties lattérales de la scène où se trouvent, invisibles, acteurs et techniciens. Ainsi passe-t-on du plein au vide, de la cause à l'effet, du décor à son envers, pour aboutir au sens usuel aujourd'hui de côté caché, de coin secret.

jeudi 24 septembre 2009

Le théâtre et autres maux...

Caricature d'un exploiteur. Aujourd'hui, 1894. Lithographie couleur,
par Théophile Alexandre Steinlein
reproduite dans Le Chambard socialiste illustré n° 15 du 24 mars 1894

J'invite fortement les gens à lire et/ou à voir la sortie remarquée de Serge Lapierre, directeur technique de la Rubrique et scénographe de son état, sur l'exploitation des artistes en région.

Au Téléjournal de ce soir... sur ce lien (autour de la 6ième minute)
Sur le blogue du Voir (accompagné du billet de J-F Caron)... sur ce lien

Le théâtre et autres mots...

MADAME, 2006 (sur la photo: Marie Villeneuve et Alexandre Larouche)
Photographie: si je ne m'abuse, la photo est de Jean-François Caron, non?


Je m'ennuie un peu de l'écriture théâtrale... du plaisir d'aligner des mots sur une page avec le je des sonorités propres à la parole... Le plaisir de créer des personnages. J'aime les longues narrations, la prolixité, la performance de l'interprète. En ce sens, parmi mes oeuvrettes, j'apprécie particulièrement ces morceaux théorico-dramatiques du personnage principal qui débutaient chacun des tableaux de MADAME petites fables excessives et irrévérencieuses pour égocentrisme d'actrice écrit en 2005:


Le théâtre.
Règne de l’archétype et de la norme.
Dans ce monde contrefait, cette allégorie où la cohérence emprunte les détours parfois sinueux de l’intrigue et de la fable, s’exalte la continuelle emprise de la convention.
Avec elle, la femme, personnage mythique de cette aire de jeu.
Construite à même un système de codes sémiotiques issu des lubies d’un auteur en quête de créativité, elle n’est, au fond, que le docile pantin de désirs extérieurs aux siens.
Interprète d’une chorégraphie plastique et machinale.
Elle tient le cap.
Délicate, malgré sa prestance spectaculaire, pâle reflet d’un prétexte parsemé d’entrelignes et d’un temps en expansion.
Le pétillement et la maîtrise de son jeu vous renvoient à l’implacable et imminente putrescence…
Le temps a passé.
Le germe bubonique de son défunt mari – suprême partage d’un hymen souffreteux! – se combine désormais à la hargne qui l’enfièvre pour lui faire traverser le fleuve antique qui la sépare de la catastrophe.
Son vêtement, alourdi par ses fluides et par une hygiène rendue inutile, se fait dernier refuge.
Quant à sa demeure, métaphore de son angoisse existentielle, elle se réduit, à présent, à une cave sombre et sordide.
Le lustre n’est plus qu’ampoule chaotique de laquelle surgit difficilement une lumière blafarde.
Le mobilier s’est volatilisé au profit d’un désert de moisissures et de cloportes grouillants à chaque coin de ces catacombes domiciliaires.
Entre deux protubérances rocheuses attifées de mousses et de champignons suintant un rebutant liquide brunâtre, la femme regarde avec dédain, deux rats goulus se disputant les décombres posthumes du cuisinier.
Laissant une jambe derrière elle, mue par une impulsion subite de possessivité envers cette viande vétuste, elle s’abat de tout son long dans cette mare sanguinolente, poussant un cri rageur, à la grande confusion des deux rongeurs en fuite.

Et ainsi de suite...

mercredi 23 septembre 2009

Le singulier Noël de Mme Weiss... [Carnet de notes]

Maryline Renaud (Mme Weiss) dans La Noël de Gruntilda II-La Nativité
Théâtre 100 Masques, décembre 2008
Photographie: Dario Larouche

C'est ce matin que débute, par une première rencontre de travail, la production du prochain (et troisième!) spectacle de Noël du Théâtre 100 Masques, Le singulier Noël de Mme Weiss.

Sur la trame de La petite fille aux allumettes, Marilyne Renaud (l'interprète du personnage) et moi établirons et des variantes, et des numéros, et l'ordre de ceux-ci, et les possibilités des rebondissements par le biais des deux autres personnages incarnés par Jessyka Maltais-Jean (Beatrice) et Patrick Simard (le petit pauvre).

Par son pathétisme originel (Mme Weiss faisait partie de la distribution de Nono et représentait la vieille maîtresse dont on se débarrasse) et son hystérie caractérielle, le personnage permet, confrontée à la manipulation émotive, le cynisme et la mauvaise foi de l'autre vieille fille (Beatrice étant la belle-mère type de La Serva Amorosa présentée en 2004), de créer de belles situations propices aux rires et à l'ironie.

Car là est le but de ce spectacle: revoir les thèmes principaux (l'amour, la joie, le partage, la fête) et les traditions (les cartes de Noël, les cantiques, la crèche); faire de l'humour parfois (et très souvent!) noir; explorer, finalement, le dialogue entre la salle et la scène dans le rire...

Les idées commencent déjà à poindre et promettent déjà beaucoup de plaisir dans le travail!

Des nouvelles plus tard en saison...

mardi 22 septembre 2009

Nostalgie...


Ce soir, j'ai retrouvé mon tout premier blogue (au début de juillet 2007) intitulé, à l'époque, Les clapotis d'un Yoyo - les hauts et les bas de ma subjectivité et son contraire... Que de temps et que de mots depuis... Ce qui me rappelle cette étrangeté: le présent blogue appelé Les Clapotis d'un Yoyo II est, en fait, mon troisième espace... le véritable second ayant disparu en août 2008...

Qu'on se le tienne pour dit!

Némirovitch-Dantchenko et Stanislawski

Tout ce qui trouble la vie créatrice du théâtre est un crime.

Retard, paresse, caprice, crise de nerfs, mauvais caractère, rôle mal su, obligation de répéter deux fois la même chose: tout cela nuit au travail et doit être banni.


Ces mots (tirés du Protocole du Théâtre d'Art accessible à tous) sont de Stanislawski et de Némirovitch-Dantchenko et datent de 1898. C'est en ces termes qu'ils décrivent l'exigence du théâtre, la rigueur de l'interprète, l'investissement de tous...

Les choses n'ont guère changées depuis... et ce qui était vrai à l'époque l'est encore aujourd'hui.. et, personnellement, je les endosse totalement.

En début de répétition, j'exige un certain nombre de choses: ponctualité, curiosité, capacité de propositions et, surtout, l'apprentissage rapide (souvent avant même de commencer le travail concrètement) du texte. Sur ce dernier point, Meyerhold (encore...) affirmait - et je le paraphrase parce que je n'ai pas le temps de chercher la référence exacte... - que faire répéter un texte à la main était aussi risqué que de faire marcher un funambuliste aveugle sur un fil de fer mouvant...

lundi 21 septembre 2009

Le mal nécessaire


Avec l'automne, se mêlent aux feuilles des arbres celles un peu plus complexes des différentes demandes de subventions qui trônent sur mon bureau.

Après avoir terminé et posté dans les temps une demande au Conseil des Arts du Canada, je termine (avec un peu d'avance... enfin!) les deux demandes les plus importantes pour le Théâtre 100 Masques... soit une demande au projet au Conseil des Arts et Lettres du Québec et une au fonctionnement au Conseil des Arts de Saguenay...

Des dizaines et des dizaines de pages résumant le projet, brossant le portrait de la compagnie, ses réalisations et ses ambitions... Des dizaines et de dizaines de pages questionnant, précisant (le tentant, à tout le moins!), définissant l'un des éléments les plus confus de la pratique: la direction artistique. Des dizaines et des dizaines de pages enlignant de nombreuses colonnes de chiffres.

Mais c'est fait... jusqu'à l'hiver prochain!

dimanche 20 septembre 2009

La semaine théâtrale (du 20 au 26 septembre 2009)

Cette semaine, petite semaine...

Il y a, toutefois, la tenue des Journées de la Culture les 25-26 et 27 septembre prochain... Surveillez les activités... parmi lesquelles un atelier offert par le Théâtre C.R.I. et des représentations des Trois cheveux d'or, une production des Amis de Chiffon!

vendredi 18 septembre 2009

Mes activités à venir...


Bon, tout se place peu à peu...

Dans la prochaine année, soit pour 2009-2010, mon agenda s'est bien remplit...

Ainsi, outre le doctorat et la gestion courante du Théâtre 100 Masques (et de toutes ses activités), je ferai, pour ce dernier, la mise en scène du spectacle de Noël de même que le prochain théâtre d'été... de la tradition des Fêtes à la comédie antique.

Entrelacés entre ces 4 pôles de ma vie professionnelle, je vais également participer, à titre de coordonnateur, au projet de lectures des auteurs régionaux dans le cadre de l'événement - dont le nom m'échappe - créé à partir de Chicoutimi en bouffe...

Enfin, je suis à lire un texte qu'on me propose de monter dans les mois qui viennent... ce qui devrait se faire aussi. J'y reviendrai très bientôt.

Bref, je n'ai pas à me plaindre...

De la théâtralité...

Une bonne partie de mes années prochaines sera consacrée à des recherches sur le théâtre actuel, sur la définition d'une nouvelle formalisation, d'une nouvelle théâtralité...

À ce propos, je viens de trouver, dans mes pérégrinations sur la rue Saint-Jean (parce que je suis à Québec... un peu contre mon gré... et pour la politique!), le numéro de l'automne 2008 de la revue Tangence ayant, comme sujet d'études, le Devenir de l'esthétique théâtrale sous la direction de Gilbert David et d'Hélène Jacques.


Le sujet est fort intéressant (et fort bien mené!) pour comprendre le fonctionnement du théâtre contemporain... et repose la question tant de fois tournée et retournée: qu'est-ce que la théâtralité...

[...] La notion de «théâtralité», que l'on a pensé apte à cerner la spécificité de l'art du théâtre, se révèle plus que jamais fuyante: en rompant avec les catégories de la modernité, l'esthétique théâtrale n'a eu de cesse de se «dé-définir» au fil du temps, en rendant caduques les catégorisations aussi bien que les critères formels et discursifs qui permettaient d'appréhender les productions du théâtre contemporain, d'en discuter la valeur et la pertinence. Sur fond de «surmodernité» et sur les ruines des Grands Récits, nous pensons plus que jamais nécessaire de mettre au jour les nouvelles modalités d'une critique des oeuvres, par-delà la singularité des orientations que prennent les créateurs du théâtre contemporain.

J'y reviendrai sans doute en long et en large dans les prochains jours, les prochaines semaines... le sujet promet!

jeudi 17 septembre 2009

Le dernier mot...


Le dernier mot est le bon.
Le dernière mot de Phèdre est : pureté.
Le dernier mot de Chimène est: paternel.
Le dernier mot d'Auguste est: oublier.
Le dernier mot d'Hamlet-le-bavard est: silence.
Le dernier mot du Prince de Hombourg est: brandebourg (patrie).
Le dernier mot d'Harpagon est: cassette.
Le dernier mot de Macbeth est: enough!
Le dernier mot d'Oedipe-Roi est arracher.
Le dernier mot de Prométhée est: j'endure.
Le dernier mot d'Oedipe à Colonne est: heureux à jamais.
Et les derniers mots de Roméo sont:
Thus with a kiss I die.

Le Poète a toujours le dernier mot.

Jean Vilar, De la tradition théâtrale, 1955

Un salon du théâtre...


Peut-être serait-ce intéressant, dans le cadre de la Journée Mondiale du Théâtre, d'organiser le 1er Salon Régional du Théâtre...

En gros, l'événement (élaboré et réalisé en concertation) pourrait se tenir sur une après-midi et un début de soirée... avec kiosques associés aux compagnies, présentations d'extraits mettant en vedette les comédiens d'ici en continu... table ronde sur des sujets précis (la critique, la relève des grandes compagnies, les liens intercompagnies, etc.), conférences... et fermeture de l'événement par la lecture du manifeste annuel de la Journée Mondiale... et un spectacle, bien sûr.

Les buts poursuivis seraient de donner une visibilité au milieu théâtral, de se réunir aussi autour de la thématique théâtrale...