jeudi 8 octobre 2009

Recrutement


Je rencontre dans quelques minutes une personne pressentie pour faire partie du conseil d'administration du Théâtre 100 Masques, en remplacement de Monsieur Michel Lemelin qui a quitté celui-ci le mois dernier après 4 ans d'efforts.

Si la direction générale et artistique participent à donner du corps à une compagnie, le conseil d'administration lui donne une âme, un cadre à partir duquel il sera possible d'évoluer.

On y discute des choix de la programmation, des investissements, des actions majeures à poser (embauche, restructuration, tarification, communication avec les instances subventionnaires, avec les assurances, campagne de financement) en plus de participer activement à la levée de fonds. Les conseils d'administration se doivent d'être les gardiens ultimes de l'intégrité des compagnies.

Toujours est-il que ce soir, je rencontre la personne pressentie pour lui brosser un portrait le plus fidèle de la situation, des projets en cours et à venir... et des attentes que nous avons établies en fonction de ses compétences présumées.

mercredi 7 octobre 2009

Le singulier Noël de Mme Weiss... [Carnet de notes]


Nous avons placé, il y a quelques heures, l'ouverture du spectacle Le Singulier Noël de Mme Weiss. Nous construisons le fil à partir d'idées... nous plongeons sans un texte... mais bien avec plusieurs tout aussi disparates les uns que les autres. Le collage permet une souplesse et une aisance propre à l'animation théâtrale.

Malgré le fait que ce ne soit qu'une ébauche à peine esquissée, l'élan que celle-ci nous donne est prometteur! Encore faut-il que ce qui nous fait rire dans la salle de répétition passe la rampe et ait le même effet sur les spectateurs!... Et le rire est une chose assez complexe à manipuler!

Ainsi donc, nous plongeons d'ores et déjà dans les décorations de Noël, les traditions, les cantiques et les histoires de boules et de grelots. Comme quoi il n'y a pas que Dollarama qui revêt si tôt les parures scintillantes!

mardi 6 octobre 2009

Le tout et la partie


Je tiens pour impossible de connaître
les parties sans connaître le tout,
non plus que de connaître le tout
sans connaître particulièrement les parties.

Blaise Pascal

Voilà une bonne maxime pour guider mes présentes recherches... Il y a tant de choses qui pourraient se faire... Tant de choses intéressantes... au point où il me semble que pour le moment, ma recherche recherche une recherche! Plus les jours passent et plus la somme de travail à effectuer au cours des prochaines années apparaît dans toute sa splendeur.

Jean Cocteau disait, pour sa part (et cette citation ouvre l'essai résultant de ma maîtrise): Il faut savoir se nouer pour avoir le droit de se dénouer!

Le champ d'action est si vaste...
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Par ailleurs, ma directrice de thèse (mais j'y reviendrai plus abondamment plus tard) sera Madame Irène Roy.

dimanche 4 octobre 2009

Retour en avant

Demain (lundi) je dois donner mon premier exposé à l'Université Laval dans le cadre du cours Séminaire de thèse. Le sujet? Mon sujet.

Je dois donc, en une quinzaine de minutes, tracer les grandes lignes de ce projet: la problématique, ma position personnelle dans l'espace de la pratique, l'articulation de mon projet... le tout parsemé de quelques définitions de concepts-clés.

C'est vraiment ce qu'on appelle replonger dans les études! Je me sens comme un élève du primaire qui doit faire un exposé oral!

La semaine théâtrale (4 au 10 octobre 2009)


Qu'est-ce qu'il y a à l'agenda cette semaine... ?

Je cherche...

D'emblée, rien du côté du Théâtre du Saguenay, qui ont dû (!) mettre le théâtre de côté en cette année de turbulences (à défaut d'être celle de la rénovation...).
Rien non plus du côté de l'Auditorium d'Alma...
Rien du côté de la Rubrique...
Rien du côté d'aucune autre compagnie régionale...
Rien du côté de l'UQAC...

Lundi - 5 octobre 2009
Palais Municipal (La Baie), 14h

(Et peut-être dimanche le 4 et jeudi le 8 octobre 2009... mais à confirmer) Présentation de The Kingdom of Saguenay... la version anglaise de La Fabuleuse histoire d'un Royaume (et non pas des Aventures d'un Flo). Nouvel attrait touristique pour qui met le pied en terre saguenéenne par le Fjord... Pour plus de détails, suivre ce lien.

Si j'oublie des trucs, faites-le moi savoir...

samedi 3 octobre 2009

Pour une autre définition du théâtre contemporain

Affiche du 23ième Festival de théâtre amateur contemporain, Châtillon, 2009

Encore un texte qui donne un assez bon aperçu (du moins, si je me fie à mes nombreuses lectures!) du théâtre contemporain... de ce théâtre que l'on nomme post-dramatique. Cet extrait est tiré de l'article Du déclin de la fiction à l'émergence du fictif (paru dans la revue Théâtre/Public de juin 2007) par Maryvonne Saison (p.82):

[...] L'écriture dessine le paysage de la page. Or c'est précisément cela que cherche le théâtre contemporain: le geste d'écriture dans l'artifice de la fiction comme dans tout ce qui s'écrit. Proférer un texte relève, dans ce contexte, d'une performance étrangère à tout exercice de récitation ou de diction: le déplacement de la fiction au fictif exige un jeu de l'acteur radicalement repensé. On serait tenté de dire que l'acteur est invité à renoncer à tout jeu, qu'il s'agit moins pour lui de chercher ce que dit la fiction que ce qu'elle échoue à dire ou le seul fait du dire. Le défi est de retracer le texte dans le souffle qu'il commande, qui habite l'écriture, pour coïncider en quelque sorte avec «le corps du texte».

L'acteur est convié à un corps à corps avec les mots et la page; il ne calque plus son rythme sur le sens: ce qui se dit masque un autre niveau du texte qu'il cherche à restituer.
[...] La remontée à un geste fondamental, écrire/dire, déstabilise le geste du comédien entendu dans son sens le plus banal de mouvement significatif. L'acteur [...] n'est plus que présence.

vendredi 2 octobre 2009

Amazing... ???


Ce matin, je suis outré... outré d'une outrance qui remonte au moment même où la nouvelle était sortie il y a quelques mois...

Hier avait lieu la première de la version anglophone de La Fabuleuse histoire d'un Royaume...

Une version écourtée, peut-être... Pour quelques bateaux? Bon... Mais anglophone? À 200 000$ pour quelques représentations? Pour 5 représentations, si je ne m'abuse? Quel compromis de la langue insensé pour accueillir des touristes!

Pourquoi le besoin d'une traduction alors que la plupart des spectacles étrangers qui viennent au Québec donnent une transcription en directe du spectacle? Tout comme le font les opéras, par ailleurs... Pourquoi pas une Fabuleuse en français (avec, en prime, le charme de la langue) avec sous-titres? Les touristes ne sont-ils pas capables de lire leur propre langue? À moins que ça ne fasse partie des visées de la Capitale Culturelle du Canada 2010?

Je suis outré. Si le spectacle était traduit par et pour une équipe étrangère, la question ne se poserait pas. Par une équipe d'ici pour les étrangers (parce que ce spectacle est tout nouveau...) relève d'un non-sens éblouissant.

Oui. Je suis outré. Scandalisé. Et tout cela pour quelques bateaux!... On pourra dire obtus? Tant pis.

(À lire: le compte-rendu du Quotidien)

mercredi 30 septembre 2009

Pour une nouvelle définition de la théâtralité...


Cela commence peut-être à transparaître au fil des années et des billets qui se succèdent: l'une des préoccupations majeures de ma pratique (et de ma recherche...) concerne l'articulation scénique de la théâtralité, concept qui, bien qu'on en saisisse généralement bien le sens, demeure flou et difficile à circonscrire.

À preuve, voici ma première tentative de sa définition... lors du dépôt de mon sujet de recherche au doctorat (voir le billet du 20 mars dernier).

La théâtralité... Barthes la définit ainsi: «C’est le théâtre moins le texte, c’est une épaisseur de signes et de sensations qui s’édifie sur la scène à partir de l’argument écrit[1]

En d’autres termes, c’est le langage concret de la scène. C’est le discours visible qui s’élabore en mimétisme, en complémentarité, en parallèle ou en opposition avec le discours audible. Elle englobe un grand nombre de vecteurs différents[2] concentrés en un même lieu pour une stylisation de la vérité scénique.

Enfin, «on peut aussi parler de théâtralité à propos de la présence, dans la représentation, de signes qui disent clairement la présence du théâtre[3]».

Alors que je croyais la chose naïvement la chose réglée (si tant est que cela puisse être!), voilà qu'on en rajoute et qu'on retourne la question en tout sens. Ainsi donc, nouvelle petite définition nuancée et pleine d'ouvertures de Bernard Dort, dans les notes du Liminaire (par Gilbert David et Hélène Jacques) du numéro 88, Devenir de l'esthétique théâtrale, de la revue Tangence (voir, à ce sujet, le billet du 18 septembre):

Bernard Dort a proposé de redéfinir ainsi la théâtralité: «Il ne s'agit plus de savoir qui l'emportera, du texte ou de la scène. [...] C'est une compétition qui a lieu, c'est une contradiction qui se déploie devant nous, spectateurs. La théâtralité, alors, n'est plus seulement cette épaisseur de signes dont parlait Roland Barthes. Elle est aussi le déplacement de ces signes, leur impossible conjonction, leur confrontation sous le regard du spectateur de cette représentation émancipée» (La représentation émancipée, Arles, Acte Sud, coll. Le temps du théâtre, 1988, p.183).
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[1] Cité dans Les termes clé de l’analyse du théâtre, Mémo Seuil, Paris, 1996, p.83.
[2] Nous y retrouvons, entres autres, la mise en scène, les types de jeu, la scénographie, les éclairages, la musique, les accessoires, les costumes, etc.
[3] Ubersfeld, Anne, Les termes clé de l’analyse du théâtre, Mémo Seuil, Paris, 1996, p.83


mardi 29 septembre 2009

Théâtre et iconoclastie


Voilà une définition du théâtre qui me plaît bien... en fait, il ne s'agit pas d'une définition, mais plutôt d'un objectif du théâtre:

Le mot théâtre résonne vraiment de façon la plus inattendue et la plus éloignée. Pour moi c'est un mot qui passe et repasse par un autre mot moins connu, mais non moins fascinant, un mot du patrimoine byzantin et inflexible: «iconoclastie». Le théâtre, et chaque forme d'art qui ne se mesure pas à sa propre possibilité, factuelle, de ne pas y être, ne m'intéresse pas.

Cette citation vient de Romeo Castellucci... dans Les Pèlerins de la matière (p.99), essai publié aux Solitaires Intempestifs en 2001.

lundi 28 septembre 2009

Une région en deuil

Je viens d'apprendre la triste nouvelle: monsieur Ghislain Bouchard est décédé la nuit dernière, à l'âge de 77 ans. Il fut l'instigateur des grands spectacles, dont le plus connu demeurera sans doute La fabuleuse histoire d'un Royaume (puis suivra Le Tour du monde de Jos Maquillon et La tournée folle du Grand-Brûlé). Au cours des dernières années, je l'ai rencontré pour les productions Huit femmes et L'Opéra de quat'sous...

Un caractère bouillonnant... avec qui j'ai eu beaucoup de plaisir.

Mes sympathies à toute sa famille et ses amis proches qui ont tenu le théâtre à bout de bras durant des décennies.

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Décès d'un grand bâtisseur (JF Caron, Voir)
Un bâtisseur nous quitte (D. Pelletier, Spécial du jour)

Pour une définition de l'acteur contemporain...

Belle petite définition de l'acteur (osons le mot!) post-dramatique tirée de la description du travail de Romeo Castelluci sur Giulio Cesare de Shakespeare (1998) avec des corps stigmatisés... car bien que fort spécifique, ces quelques lignes peuvent donner une bonne idée de la place de ce corps, de cet acteur dans le théâtre contemporain, l'avant-garde contemporaine:



(vidéo faite par la Societas Raffaello Sanzio, cie de Castelluci)

L'acteur, quant à lui, exposé à des regards stigmatisants, est réduit à son seul corps. Le rôle, le personnage, la personne même, disparaissent et le corps stigmatisé s'avance seul sur scène. L'acteur n'est plus alors une personne en scène pour représenter le personnage; il n'est plus une personne sociale, civile, il est un corps, et corps ne désigne «que sa seule présence dans une auto-deixis» (Lehmann, 2002: 264) tant, parfois, la focalisation sur le stigmate et l'horreur qu'il génère peuvent être grande.
Bénédicte Boisson, Annuaire Théâtral no.37, Le Théâtre ou l'exhibition du monstre


dimanche 27 septembre 2009

L'offre et la demande


Tiré de la chronique de Nathalie Petrowsky, Ça manque à ma culture, La Presse, samedi 26 septembre 2009:

Mais en même temps que Brault [Simon Brault, directeur de l'École Nationale du Théâtre qui vient de faire paraître Le Facteur C] se réjouit de l'effervescence culturelle, affirmant au passage que désormais l'avenir passe par la culture, il s'inquiète aussi. Un peu de la surabondance de la production artistique et beaucoup de la demande, pour ne pas dire du déclin de la demande. Car une vie culturelle ne peut être en santé, épanouie et pertinente que si elle répond à une demande. Or au Québec, nous avons beaucoup développé l'offre et un brin négligé la demande, convaincus que les oeuvres intéresseraient les gens parce qu'elles existaient et que les salles se rempliraient d'elles-mêmes tout simplement parce qu'elles avaient quelque chose à offrir. Malheureusement, le public ne répond pas toujours à l'appel.

C'est fou comme ce petit paragraphe peut être appliquer pratiquement mot pour mot au contexte culturel d'ici!