lundi 12 octobre 2009

D'un candidat à l'autre...

À quelques jours des élections municipales 2009, je cherche encore ce qui, culturellement parlant, pourrait me faire pencher pour l'un ou l'autre des deux candidats qui se présentent à la mairie de Saguenay...

Car si je n'approuve et ne soutient les anémiques vues et visées artistiques de l'un (et ses conceptions plutôt mercantiles et populistes de l'«art»...), j'ignore tout de celles de l'autre... la culture n'étant guère un dossier chaud (quoique sporadiquement elle refasse surface, notamment pour la nouvelle salle de spectacle...) pour les dirigeants municipaux.

Si l'on excepte les auto-congratulations (?) de l'équipe en place en ce qui a trait à l'établissement du Conseil des Arts de Saguenay (salué de toute part, par ailleurs...), ou à l'obtention du titre de Capitale culturelle 2010... quelle place cette même équipe fait-elle à la culture quand celle-ci n'est pas dite «d'appel»? Et qu'est-ce que les prétendants au trône en pensent? Quel est le plan d'action de cette Ville?

Les jeux sont peut-être faits... mais rien ne va.


dimanche 11 octobre 2009

Le rideau tombera-t-il ou ne tombera-t-il pas?

Ce matin, dans le Progrès-Dimanche, en page 57, le journaliste Daniel Côté y va d'une page pleine consacrée à Patrice Leblanc... le Trac des Clowns Noirs (Théâtre du Faux Coffre) qui, petit à petit, est véritablement en train de percer dans la Métropole. Avec sa fougue habituelle!

Suite à ce bel article, un autre plus petit (toujours de la plume de Côté), en bas de page, attire l'attention:


Le prochain spectacle risque d'être le dernier
DIFFICILE D'ALIGNER LES PLANÈTES


Le prochain spectacles des Clowns Noirs sera-t-il le dernier? Sans dire carrément oui, le comédien Patrice Leblanc constate que [cette production] que présentera le Théâtre du Faux Coffre, pose des problèmes de logistique qui trahissent le passage du temps. [...] Pourtant, il y a un doute en ce qui touche le calendrier. On sent un léger flottement.

[...]
Le problème ne tient pas à l'existence d'un conflit au sein de l'équipe. [...] Ce qui complique les choses, c'est tout bêtement le non-alignement des planètes. «Ce n'est pas une question de chicane. C'est lié à l'évolution des gens, à leur vie à eux, et ça reflète le fait que les collectifs ont une durée de vie limités», explique le comédien.

[...]
Une chose est sûre, la jeune compagnie n'est pas en danger. «On va tout faire pour garder le Faux Coffre en vie. C'est certain qu'il va survivre aux Clowns Noirs», soutient l'interprète de Trac.

Le phénomène théâtral des dernières années peut-il s'essouffler? En cas de réponse positive, il sera intéressant (même si le public peut regretter ces personnages déjantés...) de voir l'évolution de cette compagnie telle que souhaitée dans le dernier paragraphe.

De l'impudeur des spectacles


Autre dimanche, autre flétrissure théâtrale d'un autre Père de l'Église latine (et c'est qu'il y en a beaucoup!): Saint Cyprien (210-258). Cette fois, il en va de l'impudicité du théâtre, de son action mauvaise sur les moeurs et les pauvres âmes... et, encore une fois, assurément, le Malin guette!

Jetez la vue sur les théâtres: vous y verrez des choses pitoyables et honteuses tout ensemble. La Tragédie fait gloire de représenter les crimes passés; et l'on y renouvelle l'horreur des parricides et des incestes, de peur que la mémoire de ces belles actions ne s'efface par le temps. Ces crimes ont cessé, et l'on en fait des exemples. Les bouffonneries honteuses des Comédiens représentent les infamies qui se font dans les maisons, ou apprennent celles qu'on y peut faire: car on apprend à commettre des adultères lorsqu'on en voit; et l'autorité du Magistrat qui approuve ces désordres flattant nos mauvaises inclinations, une femme qui était peut-être allée chaste à la Comédie en revient impudique. D'ailleurs, combien les postures indécentes des Farceurs sont-elles capables de corrompre les mœurs et de fomenter les vices! Quelles impressions n'est point capable de donner un homme de cette sorte! Il émeut les sens, il flatte les passions, il bannit toute honte des cœurs les plus chastes!
(Sur la corruption qui règne dans le monde)


Au moins, à l'époque, le théâtre avait-il un pouvoir...


La semaine théâtrale (du 11 au 17 octobre 2009)

À l'agenda:

Jeudi - 15 octobre 2009
Palais Municipal (La Baie), 14h

Présentation de The Kingdom of Saguenay... la version anglaise de La Fabuleuse histoire d'un Royaume (et non pas des Aventures d'un Flo). Nouvel attrait touristique pour qui met le pied en terre saguenéenne par le Fjord... (Peut-être y aura-t-il une représentation lundi le 12 octobre... mais ce n'est toujours pas confirmé...) Pour plus de détails, suivre ce lien.

Samedi - 17 octobre 2009
Salle Pierrette-Gaudreault, 13h30

La Rubrique présente La Migration des oiseaux invisibles, un spectacle pour les 8 à 11 ans (et les adultes... bien entendu!) écrit par Jean-Rock Gaudreault et dont la mise en scène a été confiée à Jacinthe Potvin (une co-production de Mathieu, François et les autres, du Théâtre Les Gens d'en bas et du Théâtre du Vieux-Terrebonne): Assistez à la naissance d'une amitié qui donne des ailes en compagnie de Sinbad et Rat d'eau, deux enfants qui trouveront ensemble la force de faire vivre leurs rêves (pour plus de détails, consulter le site de La Rubrique).

samedi 10 octobre 2009

L'empire des signes


Petit détour par l'Orient...

J'aime un jeu d'acteur stylisé. J'aime un jeu d'acteur construit à même un système de codes et de conventions marquées. J'aime un jeu d'acteur chorégraphique.

Bref, j'aime un théâtre où la primauté de l'acteur (et de son texte) est manifeste.

Du coup, cette description du théâtre oriental tirée du Monde des Littératures (publié en 2003 chez Universalis) et titrée comme ce billet me semble ouvrir une piste importante ou, du moins, élargir les perspectives pour mes recherches actuelles:

L'agent essentiel du langage scénique, en Orient comme en Europe, c'est l'acteur, mais il est envisagé ici comme un hiéroglyphe, porteur d'une signification concrète, élaboré et transcrit avec une haute préméditation: toute la gamme de ses capacités expressives est répertoriée et ne peut être mise en branle qu'au terme d'un minutieux apprentissage, qui suppose une abnégation totale et une concentration de tout instant. [...] Il doit acquérir connaissance et maîtrise de son corps, comme d'un instrument aux ressources multiples, muscle par muscle et membre par membre, pour lui faire parler le langage des signes: les yeux, les doigts, les jambes, les articulations sont travaillés, souvent à contre-nature, pour obtenir positions, mouvements, attitudes, qui correspondent chacun à une signification immémorialement éprouvée.

[...] Dans tous les cas, le corps de l'acteur est traité comme un objet à dominer et à manier, matériellement.

Bon, le cadre radical du théâtre oriental n'est pas tout à fait dans mes visées. Par contre, j'admire la force des interprètes et ce principe du corps-signe. Toutefois (décidément, j'ai une facilité pour les marqueurs de relation!), sans tomber dans un mimétisme primaire, je ne cherche pas nécessairement un corps métaphorique... mais plus une façon de ponctuer le texte, de le marquer corporellement, de le bouger.

vendredi 9 octobre 2009

Le théâtre: pulsation d'une société

J'y reviens encore et encore (après en avoir parlé abondamment dans des billets antérieurs): quel plaisir que de feuilleter le florilège de textes théâtraux (plus de deux cents écrits - et une centaine de citations! - d'auteurs, metteurs en scènes, théologiens, théoriciens, concepteurs, comédiens, spectateurs... et j'en passe!) colligés par Odette Aslan sous le titre L'Art du Théâtre!

Que de perles! Que de belles trouvailles... comme cette description du rôle que doit occuper le théâtre dans une société (lire ici, dans la région!) écrite et lue lors d'une causerie au Teatro Espanol, par Federico Garcia Lorca le 31 janvier 1935:


Le théâtre est un des instruments les plus expressifs, les plus utiles à l'édification d'un pays, le baromètre qui enregistre sa grandeur ou son déclin. Un théâtre sensible et bien orienté à tous ses niveaux, de la tragédie au vaudeville, peut transformer en quelques années la sensibilité du peuple. Tandis qu'un théâtre dégradé, où le sabot fourchu remplace les ailes, peut gâter et endormir une nation entière.

Le théâtre est une école de larmes et de rire, une tribune libre où l'on peut défendre des morales anciennes ou équivoques et dégager, au moyen d'exemples vivants, les lois éternelles du cœur et des sentiments de l'homme.

Un peuple qui n'aide pas, qui ne favorise pas son théâtre est moribond, s'il n'est déjà mort; de même, le théâtre qui ne recueille pas la pulsation sociale, la pulsation historique, le drame de son peuple, et la couleur authentique de son paysage et de son esprit, ce théâtre-là n'a pas le droit de s'appeler théâtre mais «salle de divertissement» local tout juste bon pour cette horrible chose qui s'appelle «tuer le temps».

Ça donne à réfléchir... Et ici? Quel rôle donne-t-on au théâtre? Quel rôle le théâtre lui-même se donne-t-il... si tant est qu'on lui en attribue la possibilité?

jeudi 8 octobre 2009

Recrutement


Je rencontre dans quelques minutes une personne pressentie pour faire partie du conseil d'administration du Théâtre 100 Masques, en remplacement de Monsieur Michel Lemelin qui a quitté celui-ci le mois dernier après 4 ans d'efforts.

Si la direction générale et artistique participent à donner du corps à une compagnie, le conseil d'administration lui donne une âme, un cadre à partir duquel il sera possible d'évoluer.

On y discute des choix de la programmation, des investissements, des actions majeures à poser (embauche, restructuration, tarification, communication avec les instances subventionnaires, avec les assurances, campagne de financement) en plus de participer activement à la levée de fonds. Les conseils d'administration se doivent d'être les gardiens ultimes de l'intégrité des compagnies.

Toujours est-il que ce soir, je rencontre la personne pressentie pour lui brosser un portrait le plus fidèle de la situation, des projets en cours et à venir... et des attentes que nous avons établies en fonction de ses compétences présumées.

mercredi 7 octobre 2009

Le singulier Noël de Mme Weiss... [Carnet de notes]


Nous avons placé, il y a quelques heures, l'ouverture du spectacle Le Singulier Noël de Mme Weiss. Nous construisons le fil à partir d'idées... nous plongeons sans un texte... mais bien avec plusieurs tout aussi disparates les uns que les autres. Le collage permet une souplesse et une aisance propre à l'animation théâtrale.

Malgré le fait que ce ne soit qu'une ébauche à peine esquissée, l'élan que celle-ci nous donne est prometteur! Encore faut-il que ce qui nous fait rire dans la salle de répétition passe la rampe et ait le même effet sur les spectateurs!... Et le rire est une chose assez complexe à manipuler!

Ainsi donc, nous plongeons d'ores et déjà dans les décorations de Noël, les traditions, les cantiques et les histoires de boules et de grelots. Comme quoi il n'y a pas que Dollarama qui revêt si tôt les parures scintillantes!

mardi 6 octobre 2009

Le tout et la partie


Je tiens pour impossible de connaître
les parties sans connaître le tout,
non plus que de connaître le tout
sans connaître particulièrement les parties.

Blaise Pascal

Voilà une bonne maxime pour guider mes présentes recherches... Il y a tant de choses qui pourraient se faire... Tant de choses intéressantes... au point où il me semble que pour le moment, ma recherche recherche une recherche! Plus les jours passent et plus la somme de travail à effectuer au cours des prochaines années apparaît dans toute sa splendeur.

Jean Cocteau disait, pour sa part (et cette citation ouvre l'essai résultant de ma maîtrise): Il faut savoir se nouer pour avoir le droit de se dénouer!

Le champ d'action est si vaste...
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Par ailleurs, ma directrice de thèse (mais j'y reviendrai plus abondamment plus tard) sera Madame Irène Roy.

dimanche 4 octobre 2009

Retour en avant

Demain (lundi) je dois donner mon premier exposé à l'Université Laval dans le cadre du cours Séminaire de thèse. Le sujet? Mon sujet.

Je dois donc, en une quinzaine de minutes, tracer les grandes lignes de ce projet: la problématique, ma position personnelle dans l'espace de la pratique, l'articulation de mon projet... le tout parsemé de quelques définitions de concepts-clés.

C'est vraiment ce qu'on appelle replonger dans les études! Je me sens comme un élève du primaire qui doit faire un exposé oral!

La semaine théâtrale (4 au 10 octobre 2009)


Qu'est-ce qu'il y a à l'agenda cette semaine... ?

Je cherche...

D'emblée, rien du côté du Théâtre du Saguenay, qui ont dû (!) mettre le théâtre de côté en cette année de turbulences (à défaut d'être celle de la rénovation...).
Rien non plus du côté de l'Auditorium d'Alma...
Rien du côté de la Rubrique...
Rien du côté d'aucune autre compagnie régionale...
Rien du côté de l'UQAC...

Lundi - 5 octobre 2009
Palais Municipal (La Baie), 14h

(Et peut-être dimanche le 4 et jeudi le 8 octobre 2009... mais à confirmer) Présentation de The Kingdom of Saguenay... la version anglaise de La Fabuleuse histoire d'un Royaume (et non pas des Aventures d'un Flo). Nouvel attrait touristique pour qui met le pied en terre saguenéenne par le Fjord... Pour plus de détails, suivre ce lien.

Si j'oublie des trucs, faites-le moi savoir...

samedi 3 octobre 2009

Pour une autre définition du théâtre contemporain

Affiche du 23ième Festival de théâtre amateur contemporain, Châtillon, 2009

Encore un texte qui donne un assez bon aperçu (du moins, si je me fie à mes nombreuses lectures!) du théâtre contemporain... de ce théâtre que l'on nomme post-dramatique. Cet extrait est tiré de l'article Du déclin de la fiction à l'émergence du fictif (paru dans la revue Théâtre/Public de juin 2007) par Maryvonne Saison (p.82):

[...] L'écriture dessine le paysage de la page. Or c'est précisément cela que cherche le théâtre contemporain: le geste d'écriture dans l'artifice de la fiction comme dans tout ce qui s'écrit. Proférer un texte relève, dans ce contexte, d'une performance étrangère à tout exercice de récitation ou de diction: le déplacement de la fiction au fictif exige un jeu de l'acteur radicalement repensé. On serait tenté de dire que l'acteur est invité à renoncer à tout jeu, qu'il s'agit moins pour lui de chercher ce que dit la fiction que ce qu'elle échoue à dire ou le seul fait du dire. Le défi est de retracer le texte dans le souffle qu'il commande, qui habite l'écriture, pour coïncider en quelque sorte avec «le corps du texte».

L'acteur est convié à un corps à corps avec les mots et la page; il ne calque plus son rythme sur le sens: ce qui se dit masque un autre niveau du texte qu'il cherche à restituer.
[...] La remontée à un geste fondamental, écrire/dire, déstabilise le geste du comédien entendu dans son sens le plus banal de mouvement significatif. L'acteur [...] n'est plus que présence.