jeudi 29 octobre 2009

Première!

Aujourd'hui, c'est jour de première pour les Têtes Heureuses, pour leur UBU ROI d'Alfred Jarry. Un UBU ROI surprenant par le ton, la mise en scène, par le jeu... Ah oui, j'ai vu la générale. (Et j'attendrai le début de représentations pour écrire à ce sujet.)

À toute l'équipe - la direction, les concepteurs, les comédiens, les régisseurs - je souhaite un retentissant, pataphysicien et ubuesque

MERDRE !

Merdre à Rodrigue, Hélène, Alexandre, Michel, Yasmina, Patrice, Christian, Martin, Éric, Guillaume, Marc-André, Simon-Pier, Jean-François et les trois autres garçons, Jessyka et tous ceux que j'oublie!

«S'il n'y avait pas de Pologne, il n'y aurait pas de Polonais!»


Publicité conçue et réalisée par Guillaume Langlois


mardi 27 octobre 2009

Du perfectionnement...

Ces messieurs sérieux, Tadeusz Kantor, 1981

À chaque nouveau projet, je me dis qu'à un moment donné, je serai face à un mur insurmontable: jusqu'à quel point est-il possible de se renouveler, de se perfectionner en art? Le danger de se perdre dans un style, dans une forme n'est-il pas omniprésent? N'y a-t-il pas un risque de se figer dans une forme morte? Voici ce qu'en dit Kantor, Tadeus Kantor, dans son recueil Le théâtre de la mort:

L'évolution de l'artiste, si importante pour qu'il puisse garder sa vitalité, n'est pas un PERFECTIONNEMENT de la forme. Le perfectionnement, si apprécié et adoré par l'opinion conventionnel, devient avec le temps, une APPARENCE de création et un moyen qui apporte l'approbation, l'acceptation, et à l'artiste lui-même
un abri
une paix paresseuse
mais aussi le prestige.
L'évolution est une adaptation constante de l'artiste à son époque, jusqu'à la fin de ses forces intellectuelles (hélas!).

En ce sens, l'artiste peut-il se permettre une quête - disons... - formaliste sans se dénaturer?

lundi 26 octobre 2009

À quelques pas d'un espace


L'espace est peut-être la question la plus préoccupante quand débute un projet. Où se joue le drame? Dans quel lieu? Pourquoi? Comment le représenter? Qu'est-ce que ce lieu?

L'espace est l'une des question primordiale pour le metteur en scène... la pierre angulaire de la création...

Présentement, c'est l'une des questions qui me tourmente dans le cadre d'un projet qui aura lieu après les Fêtes. Une pièce difficile à situer. Un spectacle qui, malgré les nombreuses lectures et l'analyse et les nombreuses pistes, refusent encore de se matérialiser... L'espace nébuleux...

... Il y a un espace de l'intrigue, espace géométrique où les hommes et les choses prennent leurs figures et leur dimensions; il y a un espace de l'action où certaines formes trouvent une signification; dans Macbeth, un escalier découpe et ordonne un lieu intensément tragique; en permettant au jeu de se déployer dans la hauteur, il joue lui-même; il isole et surélève le petit morceau d'étendue où s'accomplit le destin du couple maudit. C'est là que le roi fera ses derniers pas, là que le crime cessera d'hésiter, là qu'une apparition horrible et pourtant pitoyable découvrira la grandeur du châtiment.
Il y a un espace de l'intrigue, espace géographique où les hommes se déplacent, où les choses occupent un lieu; il y a un espace de l'action qui n'est plus seulement celui des atlas, où la géographie est gonflée d'histoire et d'une histoire éclairée de l'intérieur par la poésie des souvenirs ou la foi créatrice d'un avenir, c'est l'espace du Soulier de Satin où l'espagne catholique, la France, l'Afrique, l'Amérique reçoivent une réalité surcatographique dans la géographie mystique que dessine l'histoire sainte selon Paul Claudel. Ainsi l'action détermine un espace dramatiquement qualifié qui est, à sa manière, ce que Gaston Bachelard nomme un «espace poétique».

Henri Gouhier, L'Oeuvre théâtrale (milieu du XXième siècle)

dimanche 25 octobre 2009

La semaine théâtrale (du 25 au 31 octobre 2009)

Deux événements à noter:

De jeudi à (dimanche) - du 29 oct. au 1er nov. 2009
Petit Théâtre (UQAC), 20h (14h)


Les Têtes Heureuses lancent leur nouvelle production, Ubu Roi d'Alfred Jarry dans une mise en scène de Rodrigue Villeneuve. Pour plus de détails, suivre ce lien.

Vendredi - 30 octobre 2009
Salle Pierrette-Gaudreault (Jonquière), 20h


Le Théâtre La Rubrique présente Le Boxeur de, par et avec Patric Saucier (qui a fait, pour cette compagnie, la mise en scène, entre autres, de Toilette de Soirée et Il pleut des vies), une production du Théâtre du Transport en commun (Québec). L'histoire du Boxeur commence en prison, mais n'avait-elle pas commencé bien des années auparavant? Et bien loin de guérir sa violence jusque là refoulée, les barreaux vont l'exacerber. L'homme, l'ours, le gros si longtemps méprisé devient, en cellule, un boxeur adulé autant que détesté. Son poids fait pencher la balance vers une descente dont on ne se relève pas. Pour plus de détail, suivre ce lien.

samedi 24 octobre 2009

L'équilibriste...

Cirque, dessin tiré du site owiy.net

L'équilibre du plateau...

L'équilibre est, pour moi, une impression que tout se tient, que tout est cohérent, que tout est imbriqué afin de se maintenir.

C'est aussi l'impression qu'il n'y a aucun «trou» sur scène pendant la représentation, que tout y est habité, que d'un seul regard le spectateur puisse y ressentir une plénitude scénique, un épanouissement architectural.

C'est l'impression qu'en changeant un seul paramètre, l'unicité serait brisée, modifiée, bref que tout y est par nécessité... que ça ne pouvait finalement être autrement.

C'est l'impression d'une justesse dans la construction, d'une rigueur: tout répond effectivement à des critères de placement invisibles et efficaces, à des règles concrètes, et que rien ne peut et ne semble y déroger.

Et cet équilibre, à quoi tient-il? Au rythme, à la précision, au dessin de la scène, à la mise en place, aux groupements humains et d'objets dans l'espace.

vendredi 23 octobre 2009

Un pied dans le gouffre...

Dullet Griet, Pieter Brueghel (1561)

Petite citation d'un auteur dramatique anglais, Edward Bond, qui pose de belle façon le paroxysme du cynisme... l'inversion du paradigme social depuis quelques années (pour ne pas dire décennies):

Dans le passé
nous nous sommes créés
à travers la comédie
de la tragédie humaine,
maintenant
il se peut que nous nous anéantissions
dans la tragédie
de la comédie humaine.


jeudi 22 octobre 2009

... !

Louis-Joseph PAPINEAU, le tribun populaire
par Octave-Henri JULIEN (1852-1908),
reproduction à l'aquarelle sur crayon
d'un dessin de Charles William JEFFREYS,
Archives nationales du Canada, Ottawa (C-073725)


On a coutume de dire: tout est politique.
Non. Tout est théâtre.
Surtout la politique.
Michel Galabru


Alors que les chiffres sortent d'un peu partout en cette (sombre) période d'élections (et particulièrement du Quotidien...) et donnent un aperçu parfois un peu biaisé de la réelle situation (du moins, j'ose le croire!), il faut parfois se rabattre sur ce que l'on fait de mieux... dans le cas présent, le théâtre.

La vie [et j'ajouterais la politique!],
c'est une pièce de théâtre: ce qui compte,
ce n'est pas qu'elle soit longue
mais qu'elle soit bien jouée.

Sénèque, Lettres à Lucilius


mercredi 21 octobre 2009

Non


Ce billet n'a rien de théâtral. Quoique...

Est paru un sondage ce matin, qui «couronne» Jean Tremblay avec 86% des intentions de votes pour les élections qui approchent (avec un taux de satisfaction qui frise le 90% à Jonquière!). Il faut donc croire que je fais partie (et tout mon entourage!) des 14% qui ne voteront pas pour lui.

Je refuse de cautionner ses visions de la culture (plusieurs exemples récents pourraient être données... dont son tout dernier discours au Salon du Livre...). Je refuse de cautionner la culture comme «produit d'appel». Je refuse de cautionner les produits culturels «touristiques» comme la Fabuleuse en anglais. Je refuse de jouer la comédie de «Saguenay, capitale culturelle 2010» dans laquelle la Ville tiendra un beau rôle... qu'elle peine si souvent à esquisser. Je refuse aussi pour tout le reste: cafouillis dans la salle de spectacle, choix économiques, débat coûteux sur la prière à l'hôtel de ville, les jugements de la cour dans l'affaire B.T.F. et j'en passe.

Je ne voterai donc pas pour Jean Tremblay. Reste Michel Potvin...

À quand un véritable deus ex machina dans la vie municipale?
_____________________________________

AJOUT: Quelle Ville... Ce matin, jeudi 22 octobre, paraissent les résultats de 3 sondages sur les appuis au Maire dans différents dossiers... dont ces deux-ci qui retiennent l'attention.

Le premier concerne la préférence pour la salle de spectacle: au total, 65% des répondants préfèrent la rénovation de l'Auditorium Dufour...

Le second se penche sur la gestion du Maire dans le dossier BTF: au total, 52% des gens estiments qu'il a agi dans l'intérêt de ses citoyens.

mardi 20 octobre 2009

Les Fridolinades

Petit document réalisé en 1945 par l'ONF pour garder quatre scènes de cette revue populaire écrite et mise en scène par Gratien Gélinas, le fondateur de la dramaturgie québécoise...

lundi 19 octobre 2009

Quand il est question d'UBU

Esquisses de costumes pour une production de UBU,
par David Hockney (1966), MoMA (New York)


J'arrive tout juste de la conférence de presse tenue par Les Têtes Heureuses pour présenter leur très prochaine production, Ubu Roi d'Alfred Jarry et leur(s) autre(s) activité(s) pour l'année.

Un Ubu Roi contemporain... personnifié par Christian Ouellet... et, par conséquent, à l'opposé de l'imagerie populaire qui fait de ce personnage un grotesque pantin. Une mère Ubu sous les traits de Martin Giguère (un travestissement cher aux Têtes Heureuses), trois autres comédiens et un choeur de cinq étudiants avancés en théâtre (bien qu'indiqué dans leur mission, ce volet académique fait toujours l'objet d'un débat et nuit bel et bien à la compagnie....). Un espace comme le metteur en scène les aime: dépouillé, central, et intégré dans l'architecture du Petit Théâtre.

Pourquoi monter Ubu Roi de no jours (la pièce a été écrite en 1888 et créée en 1896)? Cette pièce, étrange, comme le dit le directeur artistique, met en scène le modèle le plus répandu du pouvoir au XXième siècle. Ubu c'est bien sûr Staline, Hitler, Mao, Ceausescu, et sa Pologne imaginaire le Rwanda ou le Cambodge. Mais plus contemporain, c'est un président Poutine, plus modeste un premier ministre Tim Horton, plus proche un maire sans opposition. Et plus proche encore, c'est chacun de nous: «Monsieur Ubu est un être ignoble, ce pourquoi il nous ressemble (par en bas) à tous» (Jarry).

Un peu plus (bien que le choix de la pièce ait été influencé par le contexte actuel d'élections à répétitions au niveau fédéral, provincial et par les élections municipales), et ce spectacle deviendra un manifeste clamant haut et fort l'utilité du théâtre et son pouvoir de changer les choses... à tout le moins, sa capacité de donner conscience à ses spectateurs.

____________________________

Pour des raisons qui me dépassent quelque peu et par un chronique manque de temps, c'est la première fois, depuis de nombreuses années, que je ne suis pas directement impliqué dans un de leur projet... Comme tout passe...

Des pleurs et des pleutres


À lire... l'édito de Daniel Côté dans le Progrès-Dimanche dans lequel il se demande où sont les artistes, leurs prises de position, dans la campagne municipale (et tous les autres événements électifs)... notamment après la sortie de Pierre Demers de la semaine dernière et sa vente de poupées vaudou à l'effigie de notre bon Maire.

Si je me souviens bien, ce n'est pas la première fois que Côté écrit ce genre de choses, exprime un besoin de voir le milieu culturel en action...

L'ART DE SE TAIRE

[...] Cela étant dit [nda: petit historique des manifestations culturelles versus le pouvoir dans le monde et dans le temps], on doit constater que l'une des qualités prêtées aux artistes, le goût de la transgression, fait défaut à Saguenay. Ce ne serait pas si grave si ce silence quai absolu reflétait un profond acquiescement aux vues de l'administration Tremblay.

Or, comme la signalé Pierre Demers dans les pages du Quotidien, mercredi, les créateurs comme les institutions chargées d'animer la vie culturelle sont loin d'adhérer aux politiques du maire. Ce serait plutôt le contraire. [...]

Pierre Demers attribue ce décalage entre le discours privé et le non-discours public à la crainte de perdre des subventions. C'est sans doute vrai dans une certaine mesure, mais comment interpréter le silence de ceux qui ne reçoivent rien de la ville, ou qui sont trop pauvres pour faire l'objet d'hypothétiques représailles (après tout, que peut-on enlever à quelqu'un qui n'a rien?)?

Serait-ce que les artistes sont plus peureux qu'avant? Ou qu'ils ont moins le réflexe collectif? Peut-être aussi qu'ils sont devenus défaitistes, qu'ils croient la société figée à l'os et préfèrent se cantonner dans leur pratique personnelle. Si tel est le cas, la perte est autant pour eux que pour nous.

Et vlan.

dimanche 18 octobre 2009

La semaine théâtrale (du 18 au 24 octobre 2009)


J'ouvre mon agenda... et que vois-je?

Mardi - 20 octobre 2009
Petit théâtre (UQAC), 10h (?)


Tenue de la conférence de presse annuelle des Têtes Heureuses concernant leur production à venir, UBU ROI de Jarry et leur(s) autre(s) activité(s).

Mercredi et vendredi - 21 et 23 octobre 2009
Palais Municipal (La Baie), 14h


Deux dernières présentations (annoncées) de The Kingdom of Saguenay... la version anglaise de La Fabuleuse histoire d'un Royaume. (J'ouvre ici une parenthèse pour répondre à ceux qui trouve paradoxal que j'annonce un spectacle que je désapprouve... Eh bien, que ceux-ci sachent que depuis le début de mes calendriers, j'annonce toute chose théâtrale... peu importe mes opinions.)

C'est tout... alors que pendant ce temps, plusieurs équipes s'activent pour préparer le déferlement théâtral qui approche (avec les Têtes Heureuses, le Théâtre C.R.I., le Théâtre du Faux Coffre et le Théâtre 100 Masques qui se chevaucheront jusqu'à la mi-décembre... sans compter toutes les diffusions d'oeuvres extra-régionales)!