Voici la maquette préliminaire de la prochaine production estivale du Théâtre 100 Masques (préliminaire dans le sens où les moyens financiers dicteront les choix et préliminaire dans la mesure où celle-ci n'est pas à l'échelle et, par conséquent, ne donne peut-être pas une vision juste de la réalité):
samedi 10 avril 2010
vendredi 9 avril 2010
La Défonce [Carnet de notes]
Ai assisté, hier soir, à la reprise des représentations de La Défonce à Roberval après une semaine de relâche. Voici, pour ceux qui ont vu la production en même temps que moi ce que j'en ai pensé globalement (et ce sont les notes que recevront ce soir les comédiens):
Tout d'abord, laissez-moi vous féliciter pour la soirée d'hier. Je trouve que vous vous en sortez très bien. Vous êtes généralement assez précis et assez juste... et ça donne un spectacle vraiment intéressant à regarder... mais bon, étant le metteur en scène, je ne suis peut-être pas objectif (quoique mes trois amis d'hier soir on beaucoup aimé et m'ont fait beaucoup de commentaires positifs sur la route qui, soit dit en passant, était fort mauvaise jusqu'à Desbiens!).
Ce qui ne m'empêche pas de voir quelques trucs à vous faire remarquer...
La première chose! Bien que je trouve que vous atteignez une belle précision de gestes, je trouve toutefois que vous en reperdez dans le placement, dans vos positions des uns par rapport aux autres. Certains de vos déplacements manquent d'intentions, manquent de fluidité, de grâce, manquent de d'ancrage au sol (certains déplacements, surtout Benoît, semblent flous). Par ailleurs, ça piétine un peu (et ça paraît quand vous tentez de vous replacer comme il le faut après un déplacement manqué).
Même chose pour le ton. Vous avez tous fort bien travaillé... mais attention de ne pas pousser le jeu... notamment lors des reprises. L'intensité de votre présence ne se manifestera pas par un jeu vocal forcé. Parler plus fort, plus vite, avec plus de «sentiments» (haine, rage, peine, etc.) fausse plus l'ensemble que ça ne l'améliore. La simplicité dans l'exécution de votre partition (telle qu'on l'a vue) sera toujours plus efficace.
Encore une fois, ne précipitez rien; l'urgence n'est pas dans le rythme mais dans le tonus et la tension. Vous devez rester à l'écoute des autres en tout temps. Plus les représentations avancent, plus vous serez à l'aise et le plus vous devrez vous le rappeler. Attention de ne pas embarquer dans un cycle d'automatismes qui perdent contact avec le récit, avec le partenaire, avec la scène et, ultimement, avec le public. Demeurez alertes.
Mais enfin, je le redis, c'était quand même une bonne reprise... tant technique que scénique. Si ce ne sont ces quelques notes en rafales:
Et ici, je poursuis en détails qui alourdiraient le commentaire...
Tout d'abord, laissez-moi vous féliciter pour la soirée d'hier. Je trouve que vous vous en sortez très bien. Vous êtes généralement assez précis et assez juste... et ça donne un spectacle vraiment intéressant à regarder... mais bon, étant le metteur en scène, je ne suis peut-être pas objectif (quoique mes trois amis d'hier soir on beaucoup aimé et m'ont fait beaucoup de commentaires positifs sur la route qui, soit dit en passant, était fort mauvaise jusqu'à Desbiens!).
Ce qui ne m'empêche pas de voir quelques trucs à vous faire remarquer...
La première chose! Bien que je trouve que vous atteignez une belle précision de gestes, je trouve toutefois que vous en reperdez dans le placement, dans vos positions des uns par rapport aux autres. Certains de vos déplacements manquent d'intentions, manquent de fluidité, de grâce, manquent de d'ancrage au sol (certains déplacements, surtout Benoît, semblent flous). Par ailleurs, ça piétine un peu (et ça paraît quand vous tentez de vous replacer comme il le faut après un déplacement manqué).
Même chose pour le ton. Vous avez tous fort bien travaillé... mais attention de ne pas pousser le jeu... notamment lors des reprises. L'intensité de votre présence ne se manifestera pas par un jeu vocal forcé. Parler plus fort, plus vite, avec plus de «sentiments» (haine, rage, peine, etc.) fausse plus l'ensemble que ça ne l'améliore. La simplicité dans l'exécution de votre partition (telle qu'on l'a vue) sera toujours plus efficace.
Encore une fois, ne précipitez rien; l'urgence n'est pas dans le rythme mais dans le tonus et la tension. Vous devez rester à l'écoute des autres en tout temps. Plus les représentations avancent, plus vous serez à l'aise et le plus vous devrez vous le rappeler. Attention de ne pas embarquer dans un cycle d'automatismes qui perdent contact avec le récit, avec le partenaire, avec la scène et, ultimement, avec le public. Demeurez alertes.
Mais enfin, je le redis, c'était quand même une bonne reprise... tant technique que scénique. Si ce ne sont ces quelques notes en rafales:
Et ici, je poursuis en détails qui alourdiraient le commentaire...
jeudi 8 avril 2010
De la p'tite musique dans les oreilles...
Un peu écœuré de la mode théâtrale actuelle, sous-produit venu tout droit du sud de notre frontière, de Broadway:
Belles-soeurs en comédie musicale (je dois être plus conservateur que je ne le crois!);
Les filles de Caleb en comédie musicale (ici, c'est un non-sens et quasiment un sacrilège!);
Le Blues d'la métropole, comédie musicale! (un concept appauvri par le n'importe-quoi-isme!);
et tous les autres ABBA, Dracula, Notre-Dame de Paris, Les 10 commandements, Le petit Prince, Roméo et Juliette, Don Juan et j'en passe!
Des trames narratives pauvres, textes mièvres, trop souvent des chanteurs qui ne savent pas jouer... Bon, c'est un coup de gueule un peu gratuit, mais il fait du bien.
Belles-soeurs en comédie musicale (je dois être plus conservateur que je ne le crois!);
Les filles de Caleb en comédie musicale (ici, c'est un non-sens et quasiment un sacrilège!);
Le Blues d'la métropole, comédie musicale! (un concept appauvri par le n'importe-quoi-isme!);
et tous les autres ABBA, Dracula, Notre-Dame de Paris, Les 10 commandements, Le petit Prince, Roméo et Juliette, Don Juan et j'en passe!
Des trames narratives pauvres, textes mièvres, trop souvent des chanteurs qui ne savent pas jouer... Bon, c'est un coup de gueule un peu gratuit, mais il fait du bien.
mercredi 7 avril 2010
L'Assemblée des femmes [Carnet de notes]
Le projet est enclenché.
Nous avons fait hier soir la première lecture de L'Assemblée des femmes d'Aristophane (dans la nouvelle version établie par moi-même). Il est bon d'entendre un texte de la bouche même de celles qui joueront. Ça colore les personnages différemment. Un metteur en scène (dont le nom ne me revient pas) disait de cet exercice qu'au moins, ça assurait que tout le monde avait lu le texte en entier au moins une fois!
Après les commentaires d'usage (à savoir ce qui m'intéressait dans ce texte) et les questions d'ordre historico-politico-morales qui ne manqueront pas d'intervenir tout au cours du travail, nous avons donc passé au travers des quelques 50 pages qui devraient, à mon avis, donner un spectacle d'environ une heure et vingt minutes.
Le début des répétitions est pour le 22 avril.
Après les commentaires d'usage (à savoir ce qui m'intéressait dans ce texte) et les questions d'ordre historico-politico-morales qui ne manqueront pas d'intervenir tout au cours du travail, nous avons donc passé au travers des quelques 50 pages qui devraient, à mon avis, donner un spectacle d'environ une heure et vingt minutes.
Le début des répétitions est pour le 22 avril.
lundi 5 avril 2010
Maille égocentrique
Quand il s'agit d'interpréter un texte, pour Jean Cocteau, les acteurs doivent donner l'illusion du du naturel et ne pas manquer une virgule s'ils veulent que ce naturel conserve son surnaturel. S'il manque une virgule, c'est comme une maille qui saute, le bas craque.
Ce genre de phrase (prise dans Les entretiens avec André Fraigneau, éd. 10|18, 1965) me pose toujours la même question: et moi, qu'est-ce que je demande à mes comédiens qui doivent dire un texte?
Ce genre de phrase (prise dans Les entretiens avec André Fraigneau, éd. 10|18, 1965) me pose toujours la même question: et moi, qu'est-ce que je demande à mes comédiens qui doivent dire un texte?
En panne d'inspiration

Bon. Rien ne vient aujourd'hui... J'ai beau écumer le web, tourner des dizaines de pages de carnets de notes et grappiller dans mes livres, je ne trouve pas de bougie d'allumage pour l'écriture d'un nouveau billet. Tant pis.
dimanche 4 avril 2010
Au théâtre, cette semaine! (du 4 au 10 avril 2010)
En ce dimanche pascal, voici quelques dates théâtrales pour la semaine à venir... Si j'en oublie, qu'on me le fasse savoir
Rendez-vous donné par le Théâtre Mic Mac pour cette seconde semaine de représentations de La Défonce de Pascal Chevarie mis en scène par moi-même. Pour plus de détails, voir, sur ce blogue (en cliquant sur Défonce dans la section Libellés de la colonne de gauche), les différents billets sur le sujet...
Dans le cadre de la 15ième édition de Vue sur la relève professionnelle des arts de la scène, le Théâtre À Bout Portant (et Vicky Côté) présente une version écourtée de 45 minutes de sa dernière création (présentée en mars dernier), Rage. Pour plus d'information, cliquer sur le lien.
Je pense que c'est tout... sinon que c'est mardi soir, le 6 avril que je débute par la première lecture le travail fait sur L'Assemblée des femmes qui constituera le prochaine théâtre d'été du Théâtre 100 Masques!
Jeudi à samedi - 8 au 10 avril 2010
Salle Lionel-Villeneuve (Roberval), 20h
Salle Lionel-Villeneuve (Roberval), 20h
Rendez-vous donné par le Théâtre Mic Mac pour cette seconde semaine de représentations de La Défonce de Pascal Chevarie mis en scène par moi-même. Pour plus de détails, voir, sur ce blogue (en cliquant sur Défonce dans la section Libellés de la colonne de gauche), les différents billets sur le sujet...
Vendredi - 9 avril 2010
Maison de la culture Frontenac (Mtl), 20h
Maison de la culture Frontenac (Mtl), 20h
Dans le cadre de la 15ième édition de Vue sur la relève professionnelle des arts de la scène, le Théâtre À Bout Portant (et Vicky Côté) présente une version écourtée de 45 minutes de sa dernière création (présentée en mars dernier), Rage. Pour plus d'information, cliquer sur le lien.
Je pense que c'est tout... sinon que c'est mardi soir, le 6 avril que je débute par la première lecture le travail fait sur L'Assemblée des femmes qui constituera le prochaine théâtre d'été du Théâtre 100 Masques!
samedi 3 avril 2010
De quelques mots sortis d'un autre âge...
Qu'il est bon, parfois, de replonger au coeur même de l'Histoire du théâtre... non pas dans les grandes théories mais bien dans la petite histoire anecdotique, surannée, qui dévoile, par ses mots d'esprits, ses cabales, ses épigrammes, un pan toute entier d'une pratique sortie d'un autre âge. En ce sens, Google Book devient un outil efficace permettant d'ouvrir des ouvrages (!) aujourd'hui introuvables, comme celui-ci, Anecdotes de théâtre, comédiens-comédiennes, bons mots des coulisses et du parterres paru en 1875 (l'entièreté du livre se trouve sur le lien suivant).
En voici un extrait donnant le ton de ce beau milieu:
Et un autre:
Libellés :
Histoire,
Traditions et métiers anciens
vendredi 2 avril 2010
La Défonce [Carnet de notes]
Voici un article paru ce matin sur le site (et probablement dans le journal... bien que je ne connaisse pas le jour de sa parution) de L'Étoile du Lac: Une pièce dure couronnée par l'audace d'Hélène Gagnon
Question de caractère...
Tiens, tiens...
Quand je fais une mise en scène (et, là-dessus, les comédiens du Mic Mac acquiesceront sans doute!), je suis plutôt avare de compliments. Non par manque d'enthousiasme ou d'ennui. Non par lassitude ou par absence d'émotions. Non. J'ai toujours cru manifester mon euphorie de travailler avec les acteurs, ma tendresse et mon intérêt pour la production d'une autre façon que la flatterie (entres autres choses par mon plaisir d'être, avec eux, dans la salle de répétition et en pleine création). De cette façon, oui, au moment des notes, des commentaires, je pointe les points négatifs, les erreurs, les faiblesses au détriment des grandes scènes, des beaux morceaux et des moments de grâce...
C'est comme cela et je ne me suis jamais posé plus de questions... et ce matin, en lisant le bouquin sur André Brassard paru il y a peu (Brassard de Guillaume Corbeil, Éd. Libre Expression, 2010), je trouve cet extrait (p.133) qui me fait sourire et que j'aurais presque pu répondre quand on me reproche cet état de fait:
Depuis longtemps, je choisis mes mots avec prudence pour parler d'un spectacle ou du jeu d'un acteur. Après une répétition, je vais dire que c'était pas pire, et des fois que c'était bien. C'est le maximum. Quand tu dis à un acteur qu'il est extraordinaire, ça l'empêche de travailler. Ça lui crée un stress, il a l'impression qu'il doit toujours répondre à ça, être à la hauteur de standards qu'il a lui-même fixés. Ces mots-là sont terriblement dangereux. Si tu as le malheur de dire à quelqu'un que c'est bon, ce qu'il a fait pendant sa scène au deuxième acte, il ne sera peut-être plus jamais capable de la rejouer aussi bien. Il se mettra à ruminer, à se demander ce qu'il a fait de spécial pour être bon cette fois-là. [...] Il voudra s'imiter lui-même et ne trouvera plus la vérité de ce qu'il a fait. Il ne vivra plus la scène, il tentera de la reproduire. Alors mieux vaut parler de ce qui ne marche pas plutôt que de ce qui marche. Ça semble méchant, mais au fond c'est une façon de protéger les gens d'eux-mêmes.
C'est bien dit... un peu sentimental, mais bien dit.
La Défonce [Carnet de notes]
Quelques mots sur la première d'hier...
Il me semble que ça allait. La nervosité n'a jamais été apparente chez les comédiens qui paraissaient en contrôle, en pleine possession de leur moyen. Petits accrochages minimes... mais rien de catastrophiques. Le seul véritable problème réside en la force de la voix parce qu'une salle recouverte de tapis, ceinturée de rideaux et pleine de personnes a la fâcheuse tendance à absorber le son. Mais encore là, rien de catastrophique. Pendant une heure et dix minutes, les spectateurs ont partagé ce moment de théâtre.
Les réactions étaient généralement positives.
Pour ma part, pour une des rares fois, je me retrouvais parmi le public, assis, à l'aise, à regarder cette production prendre son envol avec plaisir. Je suis vraiment très content du résultat obtenu.
Mais ce n'est pas fini...
Meyerhold (bon, j'y reviens toujours comme un mantra!) disait (et je l'appuie!) que les critiques souhaiteraient tout particulièrement que la maturation de l'artiste ait lieu quelque part dans un laboratoire avec des fenêtres voilées et des portes closes. Mais nous poussons, mûrissons, cherchons, nous nous trompons et nous trouvons sous les yeux de tout le monde, et en collaboration avec le spectateur. C'est le sang versé sur le champ de bataille qui instruit le chef d'armée. L'artiste, lui, apprend au prix de son propre sang... Et qu'est-ce qu'une erreur? L'erreur d'aujourd'hui peut parfois engendrer le succès de demain.
Maintenant, par exemple, les comédiens (soutenus par l'équipe du Mic Mac) doivent poursuivre le travail avec rigueur et professionnalisme pour parfaire l'évolution scénique de La Défonce. Une production comment véritablement à vivre à partir des représentations! Pour ça, compte-tenu de mon éloignement, je leur fais entièrement confiance!
La prochaine fois que j'irai, la semaine prochaine, je m'attends à remarquer cette évolution!
jeudi 1 avril 2010
En cette journée de première...
La jouissance artistique, esthétique, nous la recevons au théâtre de l'interprète, non de la pièce disait Valery Brioussov dans son manifeste Une vérité inutile paru en 1902. Pour lui, [les auteurs dramatiques] sont des artistes souverains que tant qu'on les lit; sur scène, leurs pièces ne sont que des formes dans lesquelles les acteurs instillent leur contenu. Donnez sa place à l'interprète, placez-le sur le piédestal de la scène pour qu'il règne sur elle en tant qu'artiste. Par sa création, il donnere un contenu à la représentation dramatique.
____________________________________
À tous les comédiens de LA DÉFONCE
(Benoît, Charles, Jean-Sébastien, Joan et Réjean)
À toute l'équipe de conception
(Sonia, Christian, Alexandre, Ursule,
Francine et tous les autres)
MERDE! MERDE! MERDE!
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(Benoît, Charles, Jean-Sébastien, Joan et Réjean)
À toute l'équipe de conception
(Sonia, Christian, Alexandre, Ursule,
Francine et tous les autres)
MERDE! MERDE! MERDE!
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Paru ce matin, dans le Voir de la semaine, un article de Jean-François Caron, Audace et défonce qu'il est possible de lire ici.
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