lundi 6 juin 2011

Vers le premier «Forum sur le théâtre au SLSJ»

Il ne reste plus qu'une petite semaine avant la tenue du premier Forum sur le théâtre au SLSJ. Ce matin se réunit, pour une dernière fois (enfin, officiellement), le comité d'organisation de l'événement pour voir à son bon fonctionnement.

Une mise à jour sera placée ici, en ajout, dès la fin de la réunion. À suivre...

dimanche 5 juin 2011

Au théâtre, cette semaine! (du 5 au 11 juin 2011)


Bien que ça répète dans tous les coins en vue de la saison estivale, le milieu théâtral saguenéen semble amorphe. Suspendu. Aucune activité publique n'a lieu cette semaine. Période creuse. Rien. Une accalmie artistique.

Tant mieux, au fond. Cela laisse le champ libre pour la dernière semaine de préparation avant le Forum sur le théâtre au SLSJ!

samedi 4 juin 2011

L'Affaire de la rue Lourcine [Carnet de mise en scène]


Voici l'affiche de la prochaine production estivale du Théâtre 100 Masques, conçue et réalisée par Patrick Simard.

L'Affaire de la rue Lourcine [Carnet de mise en scène]


Les scènes de la production se peaufinent. Les personnages suivent.

Bon. Demeure toujours l'écueil d'un jeu psychologisé qui entrave plus le comédien qu'il ne l'aide dans ce type de théâtralité. Le sentiment, dans le style de jeu que je privilégie, n'est pas une émotion mais une forme. Une forme assumée avec fermeté. Force. Puissance. Et complicité avec le public.

Ce que je cherche: la virtuosité d'un acteur-acrobate-cabotin-technicien du verbe et du geste.

Le rythme se consolide. Le théâtre en général - et le vaudeville en particulier! - est une question de tempo. Comment être rythmé (que beaucoup confondent avec rapide) sans être précipité? Comment prendre le temps de montrer et de faire sans tomber dans une lenteur lourde? Comment se donner, en scène, les moyen de dynamiser son jeu par la mise en espace et les relations créées de la sorte? Ce sont là quelques questions qui guident le travail en cours.

Du coup, la première ébauche de mise en place est revue de fond en comble. Les détails et les nuances sont nombreux. Les ajustements sont multiples. Les modifications s'amoncellent. C'est d'ailleurs l'une des difficultés rencontrées pour le moment: réintégré des nouveaux paramètres scéniques (d'autant plus que le mobilier entre chaque jour davantage) dans une routine déjà (trop vite...) installée.

vendredi 3 juin 2011

Vers le premier «Forum sur le théâtre au SLSJ»

Une trentaine de personnes ont confirmé leur présence lors du premier Forum sur le théâtre au SLSJ qui se tiendra dimanche, le 12 juin 2011, à la salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière. Il faut passer le mot pour qu'il y ait le plus de gens possible.

Lors de l'envoi électronique, tous ont reçu le document préparatoire qui énonce les grands thèmes, qui donne quelques pistes de réflexion et qui montre l'horaire de la journée. On peut le retrouver ici.

Certains se posent la question: pourquoi encore une rencontre de ce genre? où ça mène? quelle place ai-je là-dedans?

Mes réponses seraient qu'il est important de se réunir et de dresser, de temps en temps, un état des lieux pour se donner une idée du développement de notre art... Sur quoi peut déboucher cette rencontre et quelle place chacun y a dépend, en fin de compte, de chacun. Plus nous serons nombreux, de tous les horizons, de tous les corps de métier, de tous les genres et le plus la prise en charge du milieu par le milieu sera valable. Ce n'est pas une rencontre exclusive aux compagnies. Ce n'est pas une rencontre exclusive au Saguenay.

Je rappelle qu'il reste encore quelques jours pour les inscriptions et que celles-ci peuvent être complétées (paiement et formulaire) à la porte le jour même du Forum.

mardi 31 mai 2011

L'Affaire de la rue Lourcine [Carnet de mise en scène]


La bonne gestion scénique des objets et des accessoires de cette production est primordiale. Ils sont nombreux... et malgré leur nombre, aucun ne doit être fortuit. Il faut, en quelque sorte, que chacun devienne le prolongement du comédien. Il revient à ce dernier de les mettre en valeur.

Voici, en ce sens, une partie de la description de l'objet de Anne Ubersfled dans Les termes clés de l'analyse du théâtre:

La fonction esthétique de l'objet est double: a) l'objet figure matériellement sur scène et fait partie de tableaux dans lesquels il a par sa forme et sa couleur une valeur; b) en tant que lexème il est un élément du texte. Et en tant que tel, il peut être une figure de rhétorique, métaphore, symbole... Il est doublement élément d'une poétique de la représentation. Mais parfois sa complexité est assez grande pour qu'on l'analyse comme un texte organisé.

Si la caractéristique de l'objet est d'être manipulable, il a donc des rapports essentiels avec les acteurs: les objets peuvent être liés à un personnage (éléments de costume ou d'activité ou de goût), ou au contraire être la cause ou l'occasion de rapports entre les comédiens; enfin ils peuvent être, et sont le plus souvent, à l'origine de jeux: la fonction ludique de l'objet est fondamentale au théâtre.

Bouger avec Meyerhold

Détail d'un portrait de Meyerhold peint par Boris Grigoriev en 1916...
portrait qui illustre, par ailleurs, la couverture de la biographie du Maître écrite par Gérard Abensour.


Ce qui pourrait n'être qu'un titre d'émission de conditionnement physique sur un canal communautaire renvoie plutôt à la philosophie du jeu, du geste et du mouvement chez l'acteur meyerholdien, tout coloré de biomécanique et de conventions conscientes.

La description est de Béatrice Piccon-Vallin - spécialiste meyerholdienne s'il en est une! - dans l'un des tomes de la collection Les voies de la création théâtrale (une collection plus qu'excellente) consacré à Vsevolod Emilievitch Meyerhold, en page 54.

L'essentiel de son jeu [ndr: en parlant de l'acteur] passe par le travail du corps, mais ce n'est pas un corps naturel, le corps utilitaire ou instinctif de la vie, c'est d'abord un corps libre et inventif qui défie les lois du quotidien, multiplie les prouesses [...]. Le corps-défi et le corps qui pose, «le geste inventé qui ne convient qu'au théâtre», l'exclamation joyeuse et la «diction théâtrale artificielle» qu'il crée à partir d'un registre de «mille intonations différentes». Le terme décoratif qu'emploie Meyerhold peut se comprendre à trois niveaux. Décoratif parce que graphique: l'acteur connaît la force du dessin de son corps dans l'espace. Décoratif parce qu'artificiel, modelé, poli par l'habileté humaine et non par la nature: corps artificiel opposé à l'«homme vivant». Décoratif enfin, comme projet artistique d'ensemble auquel le moindre mouvement doit participer [...].

C'est, à quelques mots près, ce que j'essaie d'appliquer dans mon travail avec les acteurs... sans encore pourtant avoir atteint des résultats probants. Maîtriser avant d'aller plus loin ou ailleurs... tel est mon mot d'ordre.

lundi 30 mai 2011

L'Affaire de la rue Lourcine [Carnet de mise en scène]


Petite définition sur le genre tirée du Dictionnaire encyclopédique du théâtre de Michel Corvin... alors qu'à partir d'aujourd'hui sont reprises chacune des scènes de la production estivale.

VAUDEVILLE: Le mot vaudeville est ancien mais son acception a sensiblement évolué entre l'époque où le genre était tiré plutôt vers la chanson, et aujourd'hui où l'on a tendance à en faire un des cantons du théâtre de Boulevard. Le plus intéressant est la mécanique dramatique et stylistique qu'il met en branle, marquée au sceau de la folie, du côté des situations comme des personnages.

Historique

À l'origine, chanson bachique et satirique originaire du «Val» ou du «Vau-de-vire» et dont la tradition attribue la création, vers 1430, à Olivier Basselin. Le terme vaudeville, dont l'étymologie demeure contestée (il aurait pu aussi subir l'attraction paronymique de «voix-de-villes», recueil de chansons populaires), désire tour à tour des chansons gaies, grivoises et caustiques, puis les couplets chantés sur des airs connus introduits dans une comédie légère, enfin la comédie elle-même. Aujourd'hui, il désigne une comédie d'intrigues sans couplets, riche de complications (généralement amoureuses) nées de rencontres fortuites et de quiproquos.

[...] Toutefois, dans la plupart de ces innombrables pièces, qu'elles tirent vers la «folie», l'anecdote ou la farce grivoise, l'argument était mince et ne reposait souvent que sur quelques calembours et le talent de l'acteur. Le mérite de Scribe, qui domine le genre de 1815 à 1850, est de donner au vaudeville une charpente fortement construite où le suspens ménagé n'exclut ni sentiment, ni psychologie, ni critique sociale. Cette évolution conduit vers 1860 à la disparition des couplets chantés. Le vaudeville accentue encore la rigueur de sa construction sous l'impulsion de Labiche qui, à partir d'Un chapeau de paille d'Italie (1851), donne plus de tempo au mouvement, hypertrophie les procédés comiques, en particulier les répétitions, les méprises, et la logique des situations où sont jetés des personnages tétanisés.

Cet héritage sera repris par A. Hennequin (1842-1887) et surtout par Feydeau qui construit des pièces le plus souvent en trois actes où l'intrigue très complexe et méticuleusement agencée, après un quiproquo ou une rencontre inattendue, lance les personnages dans un monde où, avec frénésie, s'enchaînent des péripéties saugrenue et où règne la logique loufoque de l'absurde.

Après Feydeau, le genre s'affadit et s'apparente au théâtre de Boulevard, qu'il marque de son empreinte.
[...]

Il est toujours bon de connaître l'historique d'un genre avant que de ne l'explorer...

dimanche 29 mai 2011

Au théâtre, cette semaine (du 29 mai au 4 juin 2011)


Il ne se passe que bien peu de chose dans le petit milieu théâtral saguenéen (et jeannois)... du moins, en apparence. Parce que la plupart des compagnies et des organismes sont présentement fort actifs qui pour financer leurs activités, qui pour préparer la production estivale annuelle, qui pour développer de nouveaux projets. Un milieu, donc, en chantier.

À l'écran radar de cette semaine, qu'un truc (si j'en oublie, on pourra les rajouter dans les commentaires)... enfin deux.

Vendredi - 3 juin 2011
Pavillon des arts (UQAC), pm
SUR INVITATION SEULEMENT

La Chaire pour une nouvelle dramaturgie sonore de l'UQAC présentera les résultats de ses trois dernières semaines d'exploration sur le binôme, le duo, la relation entre le son et diverses composantes théâtrales.

Vendredi et samedi - 3 et 4 juin 2011
Théâtre du Palais Municipal (La Baie), 20h

Diffusion Saguenay reçoit l'opéra-folk Les filles de Caleb (musique de Michel Rivard et livret de Micheline Lanctôt). Pour ceux qui sont intéressés, à 87.50$, d'entendre les Daniel Boucher, Luce Dufault et autres comparses pousser la note sur l'oeuvre marquante d'Arlette Cousture... Personnellement, cette mode de la chansonnette me laisse perplexe...

Voilà.


samedi 28 mai 2011

Dernier acte.

Journée un peu morose aujourd'hui... alors je profite de l'occasion pour montrer ici un reportage sur le décès de Sacha Guitry, un de mes auteurs dramatiques favoris pour son impertinence et son esprit, sa désinvolture et sa cruauté. Suivront quelques images muettes du cortège funèbre. Ce décès, son seul il va sans dire!, a eu lieu le 24 juillet 1957 (et non pas 2957 comme je l'avais indiqué!).







Son écriture a un petit côté suranné qui fait tout son charme. Le côté «pièce bien faite» ne lui enlève rien, pourtant, de sa truculence.

vendredi 27 mai 2011

Le mouvement décortiqué


Tout mouvement passe par cinq points:
le point d'élan,
le point de décision,
le point critique,
le point d'aboutissement,
le point d'amortissement.

Cette rationalisation du mouvement - qui rappelle avec insistance le mouvement biomécanique meyerholdien (voir le billet du 11 octobre 2008) - est de Patrice Pavis en page 49 de son essai Vers une théorie de la pratique théâtrale. Il serait intéressant de voir, maintenant, comment chaque comédien interpréterait cette définition et comment il l'appliquerait dans sa pratique. Toute aussi abstraite qu'elle peut paraître, il s'agit toutefois là d'une concrétisation (en mot) de tout geste.

Petit exercice de visualisation. Où se situeraient chacun de ses points si, par exemple, sur scène, un comédien assis à une table se penchait pour prendre une tasse?

Enfin, dernier petit commentaire, il est intéressant de constater que cette affirmation, ce schéma du mouvement reprend quasiment mot pour mot le schéma du théâtre classique.


jeudi 26 mai 2011

L'Affaire de la rue Lourcine [Carnet de mise en scène]


Nous avons fait un nouvel enchaînement de L'Affaire de la rue Lourcine hier soir. Un enchaînement correct, mais sans plus. À un peu plus d'un mois de la première, il faut maintenant que le travail s'enclenche d'une façon plus rigoureuse. Sur le métier, nous remettons notre ouvrage.

Généralement, tous les déplacements, gestes, mouvements, actions sont brusques. Il faut atteindre une fluidité et une précision en tout, un synchronisme lorsque nécessaire, une force motrice continue d'un bout à l'autre de la production.

L'espace réduit qui confine à une proximité continuelle, comme je l'ai à quelques reprises mentionné, ne supporte aucune faille, aucune improvisation, aucune hésitation. À ce titre, je n'attends rien de moins que la perfection scénique, la virtuosité de la part des acteurs.

Du coup, les comédiens ne peuvent se permettre de relâchement(s) en scène. Ils doivent maintenir leur corps en tension, en état de jeu constant, prêt à réagir au quart de tour.

La calme doit régir le travail de jeu. Avec cette histoire de faux-fuyants, d'urgence, de crainte, de frayeur, de terreur, il est facile de tomber dans l'incontrôlable et l'incontrôlé, le criard, le cabotinage. Cette production est très physique. L'essoufflement, l'émotion ne doivent en aucun cas devenir le canevas de construction du personnage.

Tous les apartes doivent être revus. Ces moments où le comédien doit marquer la complicité avec le public doivent se faire plus clairement.

Le langage doit être plus châtié ou, du moins, un peu plus homogénéisé d'un acteur à l'autre. C'est toujours un problème avec les textes français (dans le sens de «venus de France») et leur mise en bouche d'un comédien à l'autre.

Enfin, tout doit encore être travaillé... peaufiné... nuancé... précisé... amélioré... dynamisé... rehaussé.