mardi 14 mai 2013

Nostalgie risquée


Dans mon bureau, sur ma grande bibliothèque, trône un objet... banal en apparence... Il s'agit d'un coffre. En carton. De taille moyenne. Pas vraiment beau. Qui passe fort probablement inaperçu à travers une pile de livres de théâtre, entre Meyerhold et d'autres bouquins théoriques. Et pourtant...

Cette boîte renferme toutes les cartes, les mots de comédiens et de collaborateurs que j'ai reçus à la suite de productions. Depuis le tout premier spectacle que j'ai fait (comme comédien!, à l'UQAC) au tout dernier... Une quinzaine d'années de rencontres ponctuelles, de rencontres récurrentes, d'amitiés sur des bouts de papiers. Des noms et des projets oubliés. D'autres, inoubliables. 

Mon émotive mémoire théâtrale (et mon plus précieux - et le plus irremplaçable! - bien relié à mon travail)... Ma ghost light personnelle... 

Une lecture (oh... très rare... sauf les jours de grand ménage comme aujourd'hui!) qui rend nostalgique... et qui, devant tant d'épithètes positifs écrits dans la fébrilité d'une première ou d'une dernière, rend prétentieux l'ego créateur!

samedi 11 mai 2013

Entre l'illusion et la vérité...


Cette magnifique description du théâtre, de son lien infrangible entre la vérité et l'illusion, a été écrite par un autre des grands acteurs de la seconde moitié du XIXième siècle, Constant Coquelin (dans son bouquin L'Art du comédien). Une description toute simple mais ô combien sensible...

vendredi 10 mai 2013

Un autre départ...

Le milieu théâtral perd une grande figure avec le décès d'Huguette Oligny (voir l'article sur Cyberpresse). Pour un métier comme le théâtre qui a peu de mémoire, le deuil n'en est que plus grand. Parce qu'avec ces grands noms qui nous quitte, c'est toute une génération de créateurs - ceux là même qui ont fondé le théâtre professionnel au Québec - qui disparaît.

Exo-... Endo-...


Ce que je cherche, ce n'est pas tant un interprète qui créera un personnage cohérent en l'enrobant d'une pensée et d'une vie intérieure mais plutôt un technicien du jeu qui sera en mesure de créer des effets scéniques et des chorégraphies qui eux, constitueront une figure proche du personnage. C'est une préférence pour l'exopersonnage, son extérieur, son image, sa forme (par rapport à  l'endopersonnage qui passe par un travail intérieur).

Je préfère une interprétation exécutoire à une interprétation psychologique. 

Si, au final, le résultat peut sembler être du pareil au même pour le spectateur, il en va tout autrement du type de travail en salle de répétition. 

Il peut être question de distanciation, oui. Il peut être question de jeu mécanique, oui (sans aller jusqu'au robotique!). Il peut être question de control freak de ma part, oui. 

jeudi 9 mai 2013

Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]


Ce qui est intéressant, avec l'oeuvre de Molière, c'est sa capacité à faire appel à diverses sources pour exister... et qu'elle s'auto-citera par la suite!

De La Jalousie du Barbouillé, vraisemblablement tiré du Jaloux Corrigé  (Le Décaméron de Boccace) Molière reprendra et développera dans Le Mariage forcé la fameuse scène du docteur (de même que dans Le Dépit amoureux)... puis reprendra l'anecdote comme base pour écrire son George Dandin...

Le Mariage forcé, lui, serait tiré notamment du Tiers Livre de Rabelais où Panurge consulte des docteurs pour savoir s'il doit se marier...

Et aussi, l'an dernier, le Théâtre 100 Masques montait La Marmite de Plaute qui servit de base à L'Avare.

Il y a quelque chose de stimulant dans cette filiation Plaute-Rabelais-Molière. Il y a un rire gras, licencieux. Une obscénité comique dont il ne faut pas avoir peur, dont il faut faire un mécanisme scénique. 

mercredi 8 mai 2013

Quand Meyerhold rencontre Jouvet

Louis Jouvet et Vsevolod Emilievitch Meyerhold

Meyerhold a fait quelques voyages en France, à Paris, dans les années 20. En 1927, d'ailleurs, il y a rencontré nul autre que le monument du théâtre français, Louis Jouvet. 

Armand Salacrou, un auteur dramatique de l'époque (né en 1899 et mort quatre-vingt-dix ans plus tard...), a décrit une scène de cette rencontre dans son ouvrage C'était écrit. Du même coup, il donne un bon aperçu de l'approche meyerholdienne:

Dans la loge de Jouvet, Meyerhold. Un air bourru et timide à la Dullin. Il ne dit rien. Puis comme Jouvet parle de l'encombrement des bagages dans les tournées, il dit gentiment: «Supprimez les décors, la lumière suffit. Supprimez les accessoires, les gestes suffisent.» Et il mime une scène: il mange. Il boit. Il apporte une lettre sur un plateau et s'assied sur une chaise invisible et qu'il nous fait apparaître... Jouvet pense-t-il à sa jeunesse, du temps où il déclara au Vieux-Colombier pendant que Copeau plaçait un paravent sur mur nu de la chaise: «Alors, ici, maintenant, c'est le Châtelet?»

mardi 7 mai 2013

Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]

Comme je le mentionnais dans le dernier billet d'hier, c'est ce soir que débuteront les répétitions de la seconde pièce au programme de cet été: La Jalousie du Barbouillé... qui n'est pas la plus connue de Molière (d'ailleurs, il faut préciser que cette oeuvre lui est hypothétiquement attribuée).

Un peu comme dans Le Mariage Forcé, il est question de mariage... cette fois consommé. Un homme, le Barbouillé, se plaint de la frivolité de sa femme alors que celle-ci fait tout en son possible pour s'amuser et pour rejoindre son amant. 

Dans cette pièce, deux scènes me semblent principalement importantes (et constituent le coeur de ce texte plutôt court): une très longue scène avec un docteur-philosophe (principe qui sera repris dans l'autre pièce... écrite une dizaine d'années plus tard) et une autre longue scène entre les deux époux proche, dans un esprit contemporain, de la célèbre scène burlesque d'Olivier Guimond rentrant chez lui saoul et découvrant, à la fenêtre, sa femme personnifiée par Manda Parent...

Il y a là un bon défi en perspective...

lundi 6 mai 2013

Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]

Petite esquisse griffonnée samedi matin, pendant le premier enchaînement du Mariage Forcé... C'est vers ce type de métamorphose des coffres que j'aimerais aller pour la seconde pièce, La Jalousie du Barbouillé dont les répétitions débutent demain (ou mercredi?)



Des coupures...


Je me suis attelé, tout dernièrement, à l'une des tâches - disons! - intellectuelles que je préfère, théâtralement parlant: revoir un texte, un livret pour le mettre à ma main... sans le dénaturer!

Cet exercice (qui vaut cette fois pour une œuvre française de la seconde moitié du XIXième siècle...) de coupures (d'au moins une vingtaine de pages!), de gommage de personnages, de reconfiguration des scènes a quelque chose de jouissif. Tout radical qu'il soit, ça demeure un exercice d'essence.

Qu'est-ce qu'il faut nécessairement garder? Qu'est-ce qui peut et doit passer à la trappe pour le bénéfice du spectateur? Comment garder l'idée exprimée dans le dialogue sans garder les protagonistes et la situation d'origine?

Il fait entrer au cœur même des scènes alors qu'il faut, préalablement, en comprendre le schéma dramatique, en saisir les enjeux tout en définissant le meilleur moyen d'atteindre le but recherché dans une plus grande clarté.

C'est, en quelques sortes, revoir la dynamique, le rythme scénique...

jeudi 2 mai 2013

Les premières auditions publiques pour les gens du milieu théâtral

C'est cet après-midi que se tiendront les premières auditions publiques pour comédien(ne)s découlant des Forums sur le théâtre au SLSJ (et du groupe de compétence en théâtre du CRC) et pilotées par un comité. 

Cette initiative avait été proposée pour permettre aux jeunes comédiens professionnels de même qu'aux plus établis (s'ils le désirent) de se faire connaître, de se rappeler au bon souvenir des producteurs.

Pour cette première édition, donc, une dizaine de candidatures ont été retenues. Ces artistes auront cinq minutes pour faire valoir leur(s) talent(s) dans des courtes scènes préparées devant un public de producteurs (les directions des compagnies de théâtre et des réalisateurs).

Ça aura lieu dès 14h30, à la Salle Murdock du Centre des arts et de la culture de Chicoutimi.


mercredi 1 mai 2013

De la difficulté de ramasser de l'argent pour la culture...

Ce qu'il peut être difficile de ramasser de l'argent quand nous ne sommes qu'un petit organisme culturel. Pas de grandes structures (comme les festivals ou les produits d'appel) qui draineront des milliers et des milliers de spectateurs. Pas de grandes causes sociales (les jeunes, la recherche sur les maladies, les campagnes du ruban rose, etc.). Pas de personnes à sauver. 

Que de la nourriture de l'esprit... dans un monde où celui-ci semble plutôt à la diète.

L'ère n'est pas au mécénat. Ou si peu.

Et toujours cette foutue impression de quêter alors que le soutien au milieu culturel rehausse l'indice de bonheur (!) d'une ville, d'une société...




lundi 29 avril 2013

De la précision.


C'est ce type de précision dans le geste, dans le mouvement que j'aimerais retrouver chez les interprètes de théâtre. Cette même rigueur physique. Cette même conscience de l'espace (des murs, des angles, du public) dans l'exécution des séquences. Cette même force, cette même puissance... dans une apparente légèreté.

Un corps travaillé. Un corps d'effort. Un corps de maîtrise et de calcul (fascinant... quand il «retombe» quasi au ralenti après un saut).