mardi 29 juillet 2014

La Maison des Artistes


Il y a quelques semaines, paraissaient sur les sites d'offres d'emploi, les fils d'actualité des réseaux sociaux et les boîtes courriels, un appel de candidatures pour comédiens en vue d'une production de la Maison des Artistes, Le Voisin, tenue à compter du 14 août (jusqu'au 27 septembre),

Une apparition toute aussi soudaine qu'intrigante... un OVNI dans un petit milieu où tout le monde connaît tout le monde. Alors qu'est-ce? Qui sont-ils?

Voici.

Sur la page Facebook de l'organisme, on dit: Fondée en 2013, La Maison des Artistes est un organisme sans but lucratif ayant pour mission de développer la nouvelle dramaturgie dans une optique sensorielle et avant-gardiste. Notre désir est de rendre le théâtre plus accessible et percutant en immergant le public à l'intérieur même du processus créatif afin de lui faire ressentir de manière personnelle et unique l'histoire racontée. De cette manière, nous enrichissons la réflexion qui se doit de soutenir tout bon texte et renforçons l'identification du public afin de se rapprocher le plus possible de la catharsis.

Cette compagnie - portée par Marilyne Bouchard (qui a grandi à Roberval) et Nicolas Dupuis, tous les deux venus du Baccalauréat spécialisé en Art Dramatique de l'Université de Moncton - en est à sa seconde saison (cette même production a été jouée l'an passée à Montréal avec une autre équipe), sans avoir encore d'attaches à un lieu précis. Le Saguenay? Peut-être. Rien n'est encore fixé. Chose certaine, les deux fondateurs ont choisi le terme Maison parce qu'ils voulaient vraiment créer un lieu de rencontres et d'enrichissement pour tous les artistes. Un endroit communautaire et chaleureux, ou les artistes et amis aiment venir se retrouver.

Donc, pour revenir à la pièce...  Le Voisin a été écrit et mis en scène par Marilyn: De jeunes gens soumis à la loi de l'attraction se retrouvent pris-au-piège de leur environnement. À travers leurs fabulations et leurs névroses, ils sont à la recherche de l'amour mais prennent tous les mauvais moyens pour y arriver.


Cette comédie déjantée joue sur les limites entre l'imagination et la réalité, entre les mondes qu'on se crée et ceux qui existent, et ne manque pas d'interpeller le public face aux questions sur les relations, le contact humain et l'isolement où notre individualisme nous enferme. 

Une comédie dramatique de situation, d'incommunicabilité, mais surtout d'amour qui ne manquera pas de faire rire, réfléchir et soupirer.


Elle sera présentée ici, au Saguenay, avec une nouvelle équipe de comédiens, dans un local de L'Atrium, sur la rue Racine. Pour réserver une place, il faut soit passer par la page Facebook de l'événement (ici), soit par téléphone, au 418-376-2887.

«Joe» de Jean-Pierre Perreault

Voici des extraits d'une oeuvre chorégraphique (québécoise!) que je trouve fabuleuse, Joe de Jean-Pierre Perreault (il est possible de trouver d'autres informations sur cette pièce en suivant ce lien qui mène au site de l'artiste et de son oeuvre).




dimanche 27 juillet 2014

Les portes-voix




Dire que le milieu théâtral d'ici est petit est un bel euphémisme... Un milieu petit et enchevêtré alors que chacun a, à un moment ou à un autre, croisé professionnellement la route d'un autre. Un milieu petit qui offre pourtant un nombre de productions relativement élevé impliquant, du coup, de nombreux collègues. Des productions en tout genre. Qui s'adressent à tous les publics... incluant, bien sûr, le public des praticiens de la région.

Pourtant, cette dernière frange spectatrice fait souvent défaut: manque de temps pour cause d'autres répétitions, de représentations simultanées, de tournées; fatigue; manque d'argent; désintérêt pour le sujet ou la forme... 

Nous (je m'inclus dans cette catégorie) avons tous connu ce dilemme entre le «J'y vais!» et le «Ça ne me tente pas!». Et nous avons tous, à un moment ou un autre, penchés vers la seconde option qui nous installe ailleurs que dans une salle de spectacle.

Cet état de fait ne change malheureusement rien à l'affaire: à chaque spectacle, nous scruterons les cahiers de réservations... et au  bilan, nous ferons tous la liste de ceux qui ne sont pas venus en supputant les causes de cette désaffection.

Alors, la question se pose. Faudrait-il, comme praticiens faisant partie de ce milieu, tout voir? Sommes-nous moralement tenus de tout voir? Un tel engagement envers le théâtre saguenéen (et jeannois) serait d'une lourdeur sans pareil! Tout voir? Je ne pense pas.

À mon avis, notre devoir - le terme est peut-être un peu fort... responsabilité conviendrait peut-être mieux! - est d'un autre ordre: se tenir informer... et littéralement devenir les portes-voix de ce qui se trame sur nos scènes et ce, dans nos familles, dans nos réseaux, dans nos milieux de vie respectifs (incluant les espaces virtuels). C'est là que devrait se jouer, à mon avis, la solidarité des créateurs saguenéens et jeannois. Pas dans les présences (bien que souhaitables) à tout crin dans les salles (en quel cas le théâtre d'ici deviendrait rapidement tautologique), mais dans les efforts concertés pour faire rayonner les informations auprès de nos différents publics en espérant les ouvrir aussi à ce que font nos collègues.

Vision un peu romantique de la chose, peut-être. Mais j'y crois.

samedi 26 juillet 2014

J'arrive!


Avec la fin de la production du Théâtre 100 Masques, mon été commence... au Saguenay! L'occasion idéale pour aller rendre visite à mes collègues! Eh oui! Je me propose  bien d'aller voir la plupart des spectacles théâtraux de la région: Le Cabaret À Tour'drôle - Les Meilleures Mômans à Jonquière, La Maison coupée en deux à Saint-Fulgence, Ce soir on passe à la télé à Chicoutimi puis Une fois au chalet à Roberval... Il y a aussi la présentation, du 18 août à la mi-septembre, au 150 rue Racine, de Le Voisin par la Maison des artistes, nouvelle compagnie intriguante.

Je compte bien, dis-je, aller voir tout ça... et me remettre aussi à l'écriture de billets rétrospectifs (comptes-rendus, opinions, réflexions) sur ce blogue... pratique que j'ai un peu délaissée au cours des derniers mois.

Voilà! Bon été!

vendredi 25 juillet 2014

«La Paix chez soi et autres bêtises humaines»... [Carnet de mise en scène]


C'est déjà le dernier tour de piste pour tous les personnages (il sont vingt-quatre!) de La Paix chez soi et autres bêtises humaines et, du coup, pour les quatre comédiens qui les portent avec vaillance, dynamisme, talent! 

La fin d'une production, dans le contexte régional (où 12 représentations représentent la norme), a quelque chose de déchirant: voilà un spectacle au faîte de son efficacité, rythmé, précis... qui voit malheureusement son élan freiné. Mais bon. Une dernière, c'est une dernière... comme Philippe Torreton (l'auteur du Petit lexique amoureux du théâtre) le dit: La dernière est l'ultime représentation d'un spectacle, elle peut être souhaitée dans certaines circonstances où l'ambiance entre acteurs est exécrable ou que la qualité du spectacle n'est pas totalement au rendez-vous mais, la plupart du temps, c'est avec beaucoup d'émotion et de fébrilité que l'on aborde la dernière représentation. Il n'est pas rare de ressentir alors un trac particulier ressemblant à s'y méprendre au trac des premières. 

Avant de faire un retour critique sur le projet, un bilan (financier, de guichet et d'assitance), encore un dernier soir pour apprécier tout le talent de cette équipe (déjà cannée pour la production 2015!).

Pour Josée, Mélanie, Patrick, Pierre, Sophie, Alexandre, Marilyn, Erika, Camille et Clara (même en France!), dernier et retentissant MERDE!!!

mardi 22 juillet 2014

Décore ta vie... une déformation professionnelle!

Depuis le 1er juillet dernier, je suis devenu directeur général de la Société d'art lyrique du Royaume (en plus de cumuler les directions générale et artistique du Théâtre 100 Masques). L'une des premières tâches que je me suis assignée fut de donner un nouveau look aux locaux qui nous sont assignés (au Complexe Saint-Nom-de-Jésus)... voire un complet remodelage des espaces, une mise en valeur des lieux physiques (par l'utilisation d'accessoires et de morceaux de décors), une véritable mise en scène de la compagnie (on n'en sort pas!)!

Concrètement, ça donne ça (bon... il manque quand même le «avant» pour bien juger des différentes modifications apportées)... bien que le tout soit encore en chantier...









Ma philosophie est que dès qu'un visiteur (partenaire, collaborateur, contractant) entre dans nos locaux il soit happé par l'impression d'être dans un lieu hautement artistique, un lieu de création permanente. Par ailleurs, je cherche aussi à implanter fortement la SALR au Complexe, à bien marquer ce bâtiment de sa présence tout en donnant une nouvelle ambiance régnante...

lundi 21 juillet 2014

Saint Isidore et la comédie pernicieuse et nuisible...

J'aime bien les sermons prononcés par les grands prédicateurs qui, de tous temps, ont mis le théâtre à mal... J'aime bien leurs visions apocalyptiques du théâtre. Leur excès dans la dénonciation d'un art qui excite les passions... En voici un tout nouveau dans ma longue collection (que je retranscrirai plus bas en français contemporain pour faciliter la lecture), Saint Isidore:

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Les comédiens ne s'appliquent principalement qu'à pervertir le peuple, et non pas à la rendre meilleur; car c'est la débauche de leurs spectateurs qui fait leur félicité; de sorte que s'ils s'appliquaient à la vertu, le métier de comédien serait aussitôt anéanti. C'est pourquoi ils n'ont jamais penser à corriger le dérèglement des hommes; et quand ils le voudraient entreprendre, ils ne le sauraient faire, parce que la comédie d'elle-même, et de par sa nature, ne peut être que pernicieuse et nuisible.

dimanche 20 juillet 2014

Des questions... et des répétitions!


Depuis quelques temps, je suis replongé dans les numéros 52-53 et 54 d'Alternatives théâtrales, consacrés aux répétitions. À quoi servent-elles? Comment se font-elles? Quelles préparation demandent-elles? Quelle ouverture commandent-elles de part et d'autre de la scène? Quel est l'apport de chacun au cours de celles-ci? Et bon nombre d'autres questions. 

Les grands maîtres (Stanislawski, Meyerhold, Brecht, Strehler et tant d'autres!) y sont abordés de cette façon: comment ont-ils façonné ces moments de recherche, de création? Puis de nombreux praticiens (auteurs, metteurs en scènes, concepteurs, acteurs) contemporains - bon, ces numéros datent maintenant d'il y a près de vingt ans! - y dévoilent leur(s) vision(s) de la chose. 

Une lecture passionnante qui, comme créateur, me fait réfléchir sur ma propre conception de ce passage obligé qu'est la répétition. Outre monter un spectacle, quel est le modus operandi que je me donne, de rencontre en rencontre? Parce que oui, il doit bien y en avoir un, comme une façon de faire du théâtre, comme une signature. 

Comment est abordé le texte?
Comment est abordé le comédien? 
Quelle place lui donne-je?
Comment se construit le personnage?
Comment se construit la scène?
Quand se font les premiers filages?
À quoi servent-ils?
Qu'est-ce qui est gardé et qu'est-ce qui est rejeté?
Et surtout, à quelle vitesse se fait chacune des étapes précédemment citées?
Quel temps est consacré à ces répétitions?
De quelle façon se font les retours critiques sur le travail?
Quelle importance (et quelle forme) prennent les notes données aux comédiens?

Voilà une belle matière à réflexion (enrichie par un long questionnaire de Georges Banu tiré de cette revue qui a déjà été publié, en 2010, sur blogue, et )! Il me faudra y songer avant la prochaine saison théâtrale! Comme une introspection, une mise à jour de ma pratique, un nécessaire regard par en-arrière.

samedi 19 juillet 2014

Prochaine lecture de vacances



Ce roman s'est aussi vu octroyer le Prix des libraires du Québec 2014... C'est donc dans cet univers que je me prépare tout bientôt à entrer...

vendredi 18 juillet 2014

Une vie pour un rôle...


Je suis un fervent collectionneur d'anecdotes sur la grande époque du théâtre (surtout celui du XIXième siècle), sur ses grands auteurs, ses grands comédiens. 

Parmi les grandes actrices du temps passé (les Clairon, Mlle Mars et Rachel... pour ne nommer que ceux-là), une se démarque particulièrement par son caractère enjoué (bien qu'elle ait eu, au final, une bien triste vie) qui poussait parfois un peu loin ses recherches pour atteindre la vérité d'un rôle!

mardi 15 juillet 2014

«La Paix chez soi et autres bêtises humaines»... [Carnet de mise en scène]

Voici quelques autres photographies qui ont été prises par Alexandre Nadeau, lors de la première des générales, le 29 juin dernier:

 Mélanie Potvin et Patrick Simard dans Avant et après

Patrick Simard, en plein massacre, dans Les Boulingrin 

Josée Gagnon et Mélanie Potvin dans Gros Chagrin 

 
Josée Gagnon et Pierre Tremblay dans Le Maître de Forges 

Pierre Tremblay et Josée Gagnon dans Le Gora 

Josée Gagnon et Patrick Simard dans L'honneur des Brossarbourg 

 Pierre Tremblay, Mélanie Potvin et Patrick Simard dans Le Petit Malade

Mélanie Potvin et Patrick Simard dans La Paix chez soi 

  Mélanie Potvin et Patrick Simard dans Sigismond

Mélanie Potvin et Pierre Tremblay dans La Peur des coups

Nous voici déjà arrivés à la moitié des représentation prévues. Ce qui signifie aussi qu'il en reste encore autant à faire! 

Dans ces longues séries de représentations, il me prend parfois des envies, en mi-parcours, de revenir à la salle de répétition pour revoir certaines scènes... réviser des déplacements, des gestes, des intentions... modifier quelques entrées, quelques sorties, etc... Non pas que ça aille mal... au contraire!

Mais avec le temps, avec l'aisance du comédien, avec l'assurance qu'il acquiert, les risques s'accumulent: risque de prendre pour acquis ce qui doit rester rigoureux; risque de perdre une certaine spontanéité; risque de relâchement; risque de ne plus rester vigilant; bref, risque de sombrer dans une routine néfaste, une habitude. Et c'est encore plus vrai dans la comédie où le rythme, le timing, le punch sont les maîtres du jeu!

samedi 12 juillet 2014

De l'énergie...


Voici comment Philippe Torreton, comédien-français, décrit, dans son savoureux Petit lexique amoureux du théâtre, cet ésotérique élément qu'est, sur la scène, l'énergie du comédien: 

E comme Énergie 

C'est ce qu'il faut trouver chaque soir, comme du pétrole. Un acteur doit être conscient que jouer suppose d'être en état de jouer. [...] 

Jouer un spectacle est un effort physique. La peur, en accélérant le rythme cardiaque avant même que le rideau se lève, pompe déjà quelques kilocalories. En pleine action, le coeur monte aux même fréquences que lorsque vous poussez vos limites à vélo. La représentation se passe après une journée, qui, parfois, a pu être chargée.  [...] Il [faut que les comédiens trouvent] en fin de journée un second souffle. Cela nécessite de s'alimenter sérieusement au moins trois heures avant de jouer, afin de ne pas ressentir les effets troublants de l'hypoglycémie.

Mais l'important est de se connaître, de connaître ses limites, car il arrive souvent que des acteurs fatigués assurent une très belle représentation. La fatigue rationalise l'utilisation de l'énergie de façon moins volontaire, plus fluide, comme si l'acteur d'instinct se concentrait sur l'essentiel, comme s'il épurait son parcours. Mais surtout, ne cherchez pas à vous fatiguer en espérant mieux jouer, ce serait trop simple. Ce métier n'est pas une science exacte, on peut être fatigué et jouer comme un pneu crevé.

L'énergie c'est l'envie qui la donne plus que le glucose. L'envie de dire quelque chose à quelqu'un, voilà le vrai sucre lent!