mardi 17 novembre 2020

La bible du Grand Guignol

 

Je viens tout juste de recevoir ce bouquin... 

Il ne s'agit rien de moins que du plus gros recueil de pièces du Grand Guignol, publié en 1995 chez Laffont: 42 pièces d'épouvante, des photos et divers autres documents d'archives! Théâtre de l'horreur. Théâtre de l'angoisse. Théâtre du sang. Et tout ça, sous couvert d'une forte sensualité! Du théâtre spectaculaire (beaucoup plus que littéraire)! Un genre un peu méprisé. Un genre délaissé. Un genre oublié. 

Ce sera là un immense plaisir de lecture! 1435 pages de sensations! 

Et aussi, éventuellement, une belle matière à travailler! À venir... 

dimanche 8 novembre 2020

Au théâtre, cette semaine! [Du 8 au 14 novembre 2020]

 


Il n'y a rien de prévu, rien de prévisible à court terme dans ce monde théâtral (et culturel) qui se voit confiné à nouveau. 

Alors au lieu de poser ici les affiches des représentations à venir, voici une autre ghost light - la lumière laissée sur une scène entre deux représentations tant pour éclairer la scène dans un souci de sécurité que pour éloigner les esprits qui hanteraient les théâtre. En fait, il s'agit d'une chanson... qui m'intéresse moins que les fort belles images qu'elle présente.

Est-ce que je pratique cette tradition? Non. Mais je devrais car c'est la superstition théâtrale que je trouve le plus poétique.

dimanche 1 novembre 2020

Au théâtre, cette semaine! [Du 1er au 7 novembre 2020]

 


Un calendrier hebdomadaire plutôt simple à dresser: le milieu théâtral passe de nouveau en zone rouge et, du coup, j'imagine que la plupart des représentations sont annulées. 

À moins de faire erreur, la tournée du spectacle Bang! de Denis Bouchard qui devait se produire à Alma, à Dolbeau et au Saguenay passera à la trappe pandémique... tout comme l'accueil du Macbeth muet au Théâtre La Rubrique... 

Le monde de la scène va rallumer la ghost light dans l'attente de jours meilleurs... 


samedi 31 octobre 2020

Dans le bestiaire obscur des anciens géants

 


Soir d'Halloween... enfin presque (c'était hier soir, dans mon cas). Presque minuit au moment du départ. 23h20 pour être plus précis. Nous étions dans la voiture depuis déjà un bout, à écouter une radio complice, jeter les bases d'un parcours à venir pendant que tout autour s'activaient de nombreuses personnes, des ombres et des marionnettes. Une contextualisation à grand déploiement qui laisse présumer un colossal travail de mise en scène et de coordination.

Puis quelques coups toqués à la fenêtre nous intime l'ordre de sortir et de commencer: un moine nous attend... Ils seront plusieurs tout au long du chemin, guidant le spectateur toujours sans un mot, dans une atmosphère lourde de mystère. Ils se feront passeurs entre les mondes et les personnages fantastiques, tant réels que marionnettiques. 

Et les univers se succèderont dans tout autant de conceptions esthétiques, toutes plus magnifiques les unes que les autres. Ils dématérialisent littéralement le Centre culturel du mont Jacob, recréent un labyrinthe  déboussolant où il est impossible de rebrousser chemin. Chaque détour, chaque porte, chaque corridor, chaque escalier devient source d'attente, de curiosité. Le potentiel événementiel s'accroît à chaque pas alors que la trame narrative laisse, finalement, toute la place à la magie visuelle qui opère.

Parmi mes coups de coeur il y a ce joueur d'orgue troublant, ce scientifique obnubilé par sa connaissance, cette concierge furtive, ce Gorla et sa maîtresse... et tant d'autres tableaux! Avec des incarnations intenses et hypnotisantes, avec des manipulations sensibles... avec du théâtre qui sait, encore une fois, se faire spectaculaire!

Mais au sortir de ce déambulatoire à sensations, l'angoisse change de forme alors que pointe une empathique pensée pour tous les artistes et artisans de cet événement qui de leur zone sinistrée fictionnelle passeront sous peu dans l'inquiétante zone rouge bien réelle...

dimanche 25 octobre 2020

Au théâtre, cette semaine! [Du 25 au 31 octobre 2020]

Cette semaine - aujourd'hui, pour être plus précis - j'entame, avec le Théâtre 100 Masques, les répétitions pour la treizième création de Noël! Alors que mon équipe plongera dans l'univers des Fêtes, d'autres s'activeront sur d'autres projets! 

Voici donc ce qui est au calendrier (encore une fois, il se peut que des événements, des rencontres, des prestations, des conférences me passent sous le nez, en quel cas on pourra ajouter les informations dans la section commentaire plus bas):

HAVRE
MERCREDI 28 OCTOBRE, 19H30
SALLE LIONEL-VILLENEUVE, ROBERVAL


Le Théâtre Mic Mac donne sa seconde lecture publique de la saison... Il y en aura quatre en tout. Ces activités permettent d'une part aux membres de la troupe de faire du théâtre, de jouer, de concevoir, de mettre en scène... et d'autre part, de découvrir de nombreux textes qui ont fait partie de leur comité de lecture. Une fort belle initiative! (Les informations se retrouvent sur l'image.)

LE BESTIAIRE OBSCUR DES ANCIENS GÉANTS
VENDREDI ET SAMEDI, 30 ET 31 OCTOBRE 2020, 21H
CENTRE CULTUREL DU MONT-JACOB, JONQUIÈRE
COMPLET!


Le Théâtre La Rubrique et le FIAMS convient la population a un parcour immersif, à l'intérieur des murs du Centre Culturel. Une centaine de participants! Des marionnettes géantes! Une mise en scène de Dany Lefrançois! Ça promet! Mais pour ça, il aura fallu réservé plus tôt car c'est maintenant complet! 

samedi 24 octobre 2020

Le péril moral du théâtre... eh oui, encore!

Dans la littérature journalistique des dix-neuvième et vingtième siècles qui pourfend le théâtre,  il est généralement question de ce théâtre malsain - épithète accolé par ailleur à tant d'autres choses! - venu de France. Le journal (ultramontain) La Vérité du 30 novembre 1907 y va d'une thèse un peu différente en intégrant un autre péril: le théâtre américain! 



Il est à noter que l'auteur en question est le fondateur même de ce journal qui m'a fourni, jusqu'à présent, beaucoup de matériel pour ce blogue! 

mercredi 21 octobre 2020

Du rapport aux textes...


Une oeuvre dramatique, même celle d'un génie comme Shakespeare, n'est pas encore une oeuvre théâtrale.

Elle le devient seulement au moment où elle est transfigurée ou, si vous voulez, «défigurée» [...] par la création du théâtre.

Le théâtre n'est pas seulement un art qui interprète ou qui paraphrase. Non. Le théâtre est un art souverain, un art premier, portant une valeur en soi. Sa mission n'est pas d'interpréter ou de concrétiser le dessein du dramaturge sur la scène; il prend le texte dramatique comme matériau et avec lui crée une oeuvre d'art théâtral, nouvelle et indépendante.

C'est pourquoi le théâtre est absolument libre dans son approche d'un auteur et de son oeuvre; si cette approche en soi, par rapport au théâtre, art vivant, n'est pas sans talent, le théâtre a absolument raison. 

C'est là le point de vue exprimé d'Alexandre Taïrov, metteur en scène russe de la première moitié du vingtième siècle. L'idée est partagée, à l'époque, par plusieurs... dont Meyerhold (mon maître à penser) qui ira d'expériences radicales de coupures, collages et réécritures.

Bien sûr, cela soulève d'emblée la question des droits de l'auteur (de l'auteur vivant ou de sa succession courante), de la propriété intellectuelle. 

Pourtant j'aime bien cette idée du texte comme matériau. Du théâtre comme art de création à partir de celui-ci et non pas juste de concrétisation. Je suis plutôt partisan, dans ma pratique (à partir des textes anciens), de cette option: chercher la voix du théâtre avant celle de l'auteur.



dimanche 18 octobre 2020

Au théâtre, cette semaine! [Du 18 au 24 octobre 2020]

 Je reprends après une première publication où il n'y avait rien d'annoncé! Comme quoi je ne peux pas tout savoir! 


Café Royal
Vendredi et samedi, 23 et 24 octobre 2020
Salle Lionel-Villeneuve (Roberval), 19h 


Dans le cadre des Journées de la Culture, Étienne Genest donnera deux nouvelles représentations de son projet de fin bacc, Café Royal, présenté en février dernier. Il s'agit d'un théâtre-documentaire touchant et efficace sur sa famille, dont j'avais brièvement parlé ici. Si vous ne l'avez pas vu, faites le détour! Les informations nécessaires se retrouvent sur l'événement Facebook.

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Voici mes principales sources de consultations pour établir le calendrier:
  • sites web des compagnies d'ici: Théâtre Mic Mac, Théâtre des Amis de Chiffon, Théâtre La Rubrique, Théâtre CRI, Théâtre 100 Masques, Théâtre du Faux Coffre, Théâtre À Bout Portant, Théâtre de la Tortue Noire, Théâtre du Mortier;
  • sites web et des programmations des diffuseurs: Diffusion Saguenay, Côté-Cour, Théâtre La Rubrique, Ville d'Alma Spectacles, Ville de Roberval, Vieux Couvent de Saint-Prime, Comité des spectacles de Dolbeau-Mistassini;
  • informations des cégeps et de l'UQAC;
  • réseaux sociaux;
  • Vitrine culturelle du Saguenay.
Si vous avez des projets, des annonces (théâtrales) à faire, vous pouvez me les envoyer à mon adresse courriel personnelle ou par Messenger!

vendredi 16 octobre 2020

L'économie du théâtre

Souvent, sur ce blogue, je reviens avec des billets sur les embûches qui se sont élevées devant le théâtre et je reviens très souvent aussi avec des personnages dont la verve n'existe que pour conspuer cet art. La fin du dix-neuvième et le début du vingtième siècle en regorgent! 

Pourtant, certains le défendront, ce théâtre. Comme Etienne Henriot, dans l'Annuaire théâtral (p.26) publié en 1908 et qui y attaque sous un angle inattendu: l'économie! 

Les bienfaits du théâtre sont nombreux! 


jeudi 15 octobre 2020

Pour un petit bec...

 Quand on se scandalisait pour si peu... La Revue du théâtre, du 2 février 1929:



mercredi 14 octobre 2020

Quand les comédiens sont interdits de sacrements

Le théâtre, en Neuve-France, fut frappé, en 1694, suite à l'affaire Tartuffe, d'un interdit par le très strict et austère Jean-Baptiste de La Croix de Chevrière de Saint-Vallier... plus communément connu comme étant Monseigneur St-Vallier, évêque de Québec de 1688 à 1727. (Vous trouverez ici une courte biographie du personnage.)


Allant toujours un peu plus loin dans le zèle contre le théâtre, il fit publié, en 1703, le Rituel du diocèse de Québec dans le lequel il y a cet article V où il dresse la liste des pécheurs publics à qui doivent être refuser les sacrements... dont bien sûr les comédiens et les farceurs:


Avec ce Pasteur aux commandes spirituelles de la colonie, inutile de dire que le terreau artistique n'était pas particulièrement fertile...

Voici, en terminant, deux références complémentaires à ce billet, soit le Rituel du diocèse de Québec à proprement parler, sur le site de BaNQ et un bon article, sur l'ouvrage, publié dans la Revue de BaNQ en 2011

mardi 13 octobre 2020

Le théâtre de la réalité en Nouvelle-France



Pendant longtemps nos ancêtres ont trop vécu les dures réalités, 
presque quotidienne, 
de la tragédie et du drame 
pour avoir l'inclination d'en écrire en faveur des générations futures.
Père Georges-Henri d'Auteuil


C'est un euphémisme de dire que le théâtre a eu de la difficulté à s'implanter en Nouvelle-France. Plusieurs raisons expliquent la chose: manque d'effectif, manque de temps, manque de ressources, manque de tout, situation de la colonie, opposition du clergé.

Mais voici une explication plus poétique (et plus en phase avec l'écriture légèrement pompeuse du XIXe siècle que j'aime tant) de Pascal Poirier... auteur dont il était question hier:

Le drame qui se déroulait alors dans le pays n'avait pas besoin du secours de la fiction pour être grand. Les décors en avaient été préparés par la grande nature. C'était, à droite, les monts Alleghanys, et à gauche, l'orgueilleuse chaîne des Laurentides; avec les grands lacs, pour perspectives, au second plan; et, en face du public européen, l'Acadie, cinq fois incendiée, éclairant la rampe de ses feux couleur de sang. La scène, avec des changements à vue dans le genre de ceux qu'on voit dans Macbeth, s'étendait en longueur depuis Détroit jusqu'à Saint-Jean de Terre-Neuve, et en largeur de la baie d'Hudson à l'Île Manhatte. Quant aux acteurs, c'étaient nos pères, tenant tous un rôle, tous, depuis l'enfant jusqu'au vieillard, et jouant ce drame dont le dénouement, plus sombrement religieux que ceux des trilogies d'Eschyle, était la conservation du Canada à la France catholique, ou son abandon à l'Angleterre protestante. 

Un point de vue qui se tient... ou qui, à tout le moins, fait joliement image!